‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 113 sur 181 · Brantôme avait d'abord mis Ronsard, qu'il a effacé · texte numérisé non relu

Brantôme avait d'abord mis Ronsard, qu'il a effacé

412 POESIES INEDITES.

Ou bien corner * la guerre entre nous et l'Espaigne, Qu'on me troublast ainsi mes amoureuses nuictz!

Quand je verrois, alors, un brouillis de la guerre, Qu'on iroit à l'assaut, ou bien sur un rampart Qu'il faudroit faire teste à l'obstiné' soudart,

Possible, le premier, je cherrois ^ mort par terre, Ou, pour le^moins, Strozze, je n'aurois le loisir De songer si souvent à mon ardent désir.

J'en aymay une et la servy dix mois Pour me vanter d'aimer une grand' grâce Et de servir une angélique face Sans ces tourmentz des amoureuses lois.

(O, qu'un changer est fatal quelques fois ! ) Elle m'aimoit, aussi je ne menace Que ma trop brave et trop cuidée ^ audace. Quand, pour choisir un butin '* de noz Pioys

Et pour servir une brave ^ Déesse, J'abandonnay ma si douce Maistresse Qui me monstroit assez de privautez.

De cette-cy j'ai assès bon visage

L'œil assès bon, assès bon le langage

Mais, las! je meurs quand je voi ses beautez.

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