far. Je sentis en mon âme
7. Ce doit être pendant le premier voyage de'Brantôme en Italie, vers <B57. Le second eut lieu en <5G6, il écrivait di)nc ces vers sept ans après, c'est-à-dire en 4 564. Il avait alors une trentaine d'années.
Certes, il me promit assez heureuse fin
Et me dit, jiar trois fois : « L'heure de ta naissance
« T'a ordonné du ciel une bonne influence,
ce Car je ne vois ton cours qu'à tout bonheur enclin.
« Tu doys être che'ry du Roy, ton puissant maistre ;
« Les princes les plus grands te voudront bien * cognoistre;
« Tu seras fort heureux sur terre et sur la mer.
« Aussi tu dois aimer à la Cour une Dame « Qui, jeune de vingt ans, eschauffera ton âme « Et te fera mourir cent fois pour trop l'aimer. »
A RONSARD
Tant que l'Amour heureux un subjet m'a preste Et que j'ay eu, gaillard, ma poitrine chargée D'une fureur, Ronsard, d'une amour enragée, J'ay tousjours de l'Amour à mon plaisir chanté.
Ores que lu me vois en mon chant arresté, Je fai comme l'on voit la troupe encouragée Des hazardeux soldatz, en bataille rangée, Perdre le cœur soudain, qui tant brave a esté,
Quand elle voit près soy d'un canon le tonnerre Son brave général ^ estendre mort par terre. Hélas! aussi depuis qu'ay perdu, par hazard, Celle qui me guidoit bravement à l'armée, J'ay perdu ma vertu et ma force animée. Et ne suis plus d'Amour cet hazardeux soudard.