f^ar. Fort
a. F'ar. Courouni'l.
POESIES INEDITES. 41»
J'ai vescu d'autres fois, j)resque deux mois ou trois, Cent fois plus fortuné que l'Empereur d'Asie; Ains que nîa liberté fut esclave, saisie Dans l'œil d'une beauté que pour rare ' j'avois,
El qui lors m'eust voulu égaler à noz Rois, Qui ont en ceste Cour leur demeure choisie Et servant leur maistresse ont quelque courtoisie. J'estois sage et heureux, qu'on dit, tout à la fois.
Mais, las ! qui tel m'a veu aujourd'huy me voit estre Tel que je suis, plus mal qu'un laboureur champestre ; Mon Dieu, qu'il dira bien : que les effetz d'Amour
Aujourd'huy sont divers ; qu'il monstre en ce pauvre homme Qu'inconstant et léger et volage on le nomme ; Ce qu'il fait en trois mois il le rompt en un jour.