LUI
Je ne puis oublier mes premières amours ;
C'est trop gardé son cœur ; or, il se faut desdire,
Il se faut parjurer ! non, non je la désire
Servir mieux que jamais, et l'iionnorer tousjours.
i . Voyez la noie 5 du sonnet XLIX,
436 POESIES INEDITES.
Ah ! Dieu, quand je luy vois faire de certains tours De ses yeux attirans, ou que je la vois rire, Je veux rentrer soudain en mon premier martire, Et, là, je veux finir heureusement mes jours.
Si j'ay pour quelque temps retiré ma parolle. Pour cela le penser qu'incessamment m'alFolle N'a jamais délaissé la place de mon cœur ;
Car, puisqu'il faut mourir, je ne sçauroi pas croire Qu'il fût plus belle mort, pour augmenter sa gloire, Que mourir en servant une telle grandeur.
Non, non *, je le confesse, il faut dire le vray. Je ne suis plus celuy qui, par une alliance ^, A tousjours acosté Vbstre brave j^résence Par un amour gaillard, ne par un discours gay ;
Ces traitz de vos beaux yeux et ces beautez que j'ay Tant prisées en vous, pour toute récompense Ont changé voz façons avec une acointance De vous servir d'esclave autant que je vivray.
Mais c'est bien employé ne pouvois je cognoistre Si j'ay quelque raison, ne pouvoir estre maistre Dessus vos volontez par dessus vos beautez ;
Ainsi telles douceurs, quand l'on fait du folastre, Comme un oiseau qui vient dedans les retz s'esbatrc Prisonniers, tout à coup, nous rendent arrestez.