‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 137 sur 181 · Le feu Saint-EIme · texte numérisé non relu

Le feu Saint-EIme

POESIES INEDITES.

Las, sans la voir, je la vois à toute heure Cette beauté qui paroist à mes yeux Quand le jour vient, un jour si gracieux Que je n'ay point d'autre clarté meilleure .

Mais, le malheur, las ! il faut que je meure Sans adorer celle-là dont les Dieux Seroient contens abandonner les cieux Pour luy bastir là haut une demeure.

Non, je veux vivre et la veux honorer

Comme l'on voit saintement adorer

Nostre grand Dieu qu'on n'a pas veu encore.

Comme Déesse, elle cognoist mon cœur; Comme Déesse, elle mérite honneur'.

SONNET QUI ME FUT ENVOYÉ d'uNE DAME BIEN SAGE ET BIEN VERTUEUSE ^.

L'amour ressemble un champ, le laboureur, l'amant; L'un et l'autre présume, à la fin de l'année, Selon qu'elle sera mauvaise ou fortunée. Moissonner le chardon, la paille ou le fourment ^ .

La paille, est la douceur d'un vain contentement, Mais le vent la desrobe aussitost qu'elle est née ;

-I . Il manque un vers à ce sonnet, comme il en manque deux à une des pièces précédentes, la pièce LVII.

2. L'auteur de ce sonnet nous est inconnu, Marguerite de Valois et Jacquette de Montberon pourraient peut-être se le disputer, Brantôme a répondu très décemment et respectueusement.

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