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POKSIKS INKDITES. /.*
Las! je languis, et ma douleur empire De jour en jour, me voyant escarté De celle-là dont la rare beauté Fait, la voyant, que pluHJe la désire;
Et tout ainsi qu'un pauvre criminel Qui, languissant dessous l'omhre éternel D'une prison, la lumière réclame,
Ainsy, je vy, banni de voz beaux yeux, Pasie, pensif et triste et langoureux, La mort au front et le feu dedans l'âme.
DiscTiurant, l'autre jour, avecques vous, Madame, Des effetz de l'Amour, me demandastes lors. Si j'aimois pour sentir ses violent/ effort/,, Pour réjjutation, ou bien pour prendre femme?
Icy je ne diray, les discours de ma flamme,
TVy quelles ont esté mes amours, ni les torts
Qu'ay soutt'trt fKjur l'Amour, ny de w^mbien de morts
Je suis mort de ses traits dont noz cœurs il enflamme.
Seulement vous diray d'asseurance non feinte, Madame, que je n'ay dedans mon âme emprainte Autre image, autre amour que la vostre ; et ne veux
Récompense de vous que vostre lx;nne grâce, Cet heur et cet honneur que je tienne la place De servir vos beautez pour estre bienheureux.
Ha! Dieu, que c'est une grand* cruauK?
Se voir bannir de l'amoureuse grâce
442 POESIES INEDITES.
D'un œil divin qui les astres surpasse, Pour un fascheux qui cache sa beauté.
Si Jupiter, jaloux de la clarté De son soleil, à cette terre basse Pouvoit cacher les rayons de sa face, Il le feroit contre nous irrité.
Mais s'il ne peut, et si la force est telle De son soleil que la sienne chancelle Et ne peut rien sans son bénin secours.
Qui gardera * que ne voyons l'image D'une beauté qui peut, maugré - l'orage, Le sourcy haut, trouver un nouveau cours.
Hélas! je le vei bien, quand cet œil languissant, Cet œil à demy clos, le courrier de mon âme, Dressa dedans mon cœur une si douce trame Que je vy plus content qu'un Monarque puissant
Heureux comm' un nocher qui, sous l'air brunissant D'un orage ensouffré, abandonnant la rame, Voit sur le mast panché les rayons d'une flamme ', Espoir d'un temps serain dont se va repaissant.
Mais si le ciel le trompe et l'orage s'augmente. Il tombe en désespoir, n'ayant plus douce attente Qu'une soudaine mort. Doncques voulant périr.
Je veux vivre, sans plus, sous la douce espérance D'alonger mon malheur pour avoir souvenance D'elle, puis tost après heureusement mourir.