‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 24 sur 181 · Léans, dedans · texte numérisé non relu

Léans, dedans

le père et la mère estoient pour luy ; et luy voulant persuader qu'il tournast, il luy diet seulement : « Recommandez-moy à mon père et à ma mère, et « dictes-luy que je fais ce qu'il a faict d'autrefois, et cf que jem'envaisveoyr le monde, et chercher guerre « au royaume de Naples. Il ne me verra jamais que « je ne soye plus honneste homme que ne suis ny « ne serois, si je voulois le croire et me faire tenir « cher* dans une boëte pleine de cotton comme une « relique. » Il envova aussi ses recommandations à sa mère et ses frères et sœurs, et ainsy s'en alla vers Naples : où estant venu, il fut très-bien receu de tous les grandz seigneurs et capitaines françois qui y estoient, et principallement de Louys comte d'Armaignac, son parent, de messieurs de la Palysse, de Louys d'Ars, de M. de Bayard et plusieurs autres.

Il n'eut pas faict long séjour en ces pays et guerres, qu'il s'y fit fort recognoistre pour estre très-brave et vaillant, et surtout pour emporter la réputation d'estre le meilleur et le plus rude homme d'armes de tous les François; car il estoit un très-bon homme de cheval, et ny avoit cheval, tant rude fust-il et allast tant haut^ et incommodément qu'il pust, qui luy fist jamais perdre l'estrieu; et, de ce temps-là, les chevaux n'estoient dressez, ny alloient à temps, comme despuis. Et ay ouy dire à un vieux gentilhomme de nostre maison que sur tel cheval rude qu'il fust ne refusa jamais à monter dessus, ny que

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