Advantageiix^ avantagé (pour la taille
La o^uerre s'esmeut en la Romaiiie', oii le rov envoya secours au pape Jules, pour le recouvrement de Boulongne contre les Benlivogles ; ce que très-mal despuis et fort ingratement il recognut, comme il se trouve parmv les histoires. M. de Bourdeille faisoit tousjours j)arler de luy en quelque belle faction, et se rendoit fort aymable et agréable à un chascun; car il estoit avecques sa valeur ini très-beau jeune homme, et surtout de fort bonne conversation, et qui disoit fort bien le mot.
Le pape le prit doncques enamytié, etprenoit plaisir de causer et de jouer avecques luy, car il estoit bon compaignon et familier. Un jour ilz jouèrent ensemble, qu'il gaigna à mon père quelques trois cens escuz, et ses chevaux, qui en avoit de beaux, et tout son équipage. Après qu'il eut tout perdu contre luy, et qu'il luy en faisoit la guerre, et luy dit : « Chadieu bénit » (car c'estoit son jurement quand il estoit fasché, et quand il estoit en ses bonnes il juroit chardon bénit), « Pape, joue moy cinq cens escuz sur « une de mes oreilles, rachetable dans huict jours. a. Que si je ne la rachète, je te la baille à couper, et « en fasses un pâté si tu veux, et le manges. » Le pape le prit au mot, et confessa après que s'il ne l'eust rachetée il ne luy eust pas faict couper, mais il l'eust obligé tellement à luy qu'il l'eust contrainct de ne bouger d'avec luy de six mois, pour luy tenir com paignie, qu'il trouvoit très-aymable, comme vous oyrez cy après. Mais mon père s'asseuroit si bien de son faict, et du recouvrement de son oreille, qu'il ne