Romanie, la Romagne, ou les Etats romains
s'en soucyoil point quand ^ ill'eust perdue, comme il luv dit despuis; car il avoit tant d'amys à l'armée qu'il eust trouvé tousjours plus de deux milles escuz à emprunter. Hz se remirent doncques à jouer^ et la fortune voulut que mon père se racquittast de tout, fors d'un fort beau coursier et d'un fort beau petit cheval d'Espaigne, et une fort belle mule, que* le pape coupa queue' au jeu, et garde ces trois, et ne voulut plus jouer. Mon père, luy dit : « Eh ! chadieu, « Pape, laisse-moy doncques mon cheval d Espaigne « pour de l'argent (car il l'aymoit fort), et garde le <( coursier pour te faire tomber et rompre le cou, si « tu y monte dessus, car il est trop rude pour toy. « Et pour la mule, garde-la, et f... la, si tu veux; « mais garde qu'elle rue et qu'elle ne te rompe une « jambe. » Le Pape ryoit si fort qu'il ne s'en put arrester, tant il prenoit plaisir à ses naïvetez et parolles. Le Pape après luy dict : «Je feray mieux; je vous « rendray vos deux chevaux, mais non la mule, et « vous en donneray deux autres beaux, si vous me « voulez tenir compaignie jusqu'à Rome et y demeu- « rer deux mois avecques moy. Et passerons bien le « temps, sans qu'il vous couste rien, » Mon père luy « respondit : « Chadieu, Pape, quand tu me donnecc rois ta mitre et ta calotte, je n'en ferois rien; et ce pour ton bien je ne quitterois pas mon général ny ce mescompaignons. Adieu vous, garniment*. » Et le pape à rire, et les grandz capitaines françois et ita-
d. Quand^ quand même,