‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 29 sur 181 · Jrrcstéj fixé · texte numérisé non relu

Jrrcstéj fixé

et qui avoit beaucoup veu, mesmes avoit faict le voyage du royaume de INaples avecques le roy Charles VQT, l'avoil cognu et remarqué pour un fort honneste homme et de grande valeur. Et, bien qu'il fust recherché de fort grandz partis et plus riches que M. de Bourdeille, si est qu'il eut la préférence sur tous autres de sa fille ; car il disoit qu'il estoit d'une très -grande et des plus anciennes maisons de Guyenne, et très-brave et vaillant, et surtout trèshomme de bien et d'honneur. Pour toutes ces raisons il luy bailla sa fille, qui n'avoit que treize ans quand il l'espousa, qu'on craignoit qu'il la gastast, et ne pust jamais avoir enfans; car il avoit un advitaillement' si grand et advantageux, qu'il eust faict peur et appréhension à une femme d'un plus grand aage. Lorsqu'il l'espousa, il n'eut pas de maryage que vingt mille francs, qui estoient beaucoup pour lors, et comme aujourd'huy quarante mille, mais son père la rappella^, puis après, ainsy qu'en est la coustume de Poictou : et despuis en hérita de plus de soixante mille escus, tant en terres que les beaux meubles d'Amville^, qui estoient lors des plus beaux qui fussent en maison de Guyenne.

' Elle fut superbement habillée pour ses nopces, car la reyne Anne, qui estoit sa maraine, et qui aymoit singulièrement M. le séneschal, voire d'amour, luy légua par testament deux robbes de drap d'or, deux de toile d'argent et deux de damas rayez d'or et

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