Le 23 mai
4. A partir de cet alinéa les erreurs abondent dans la généalogie. Archambaud IV, comte de Périgord et neveu de Talairan de Périgord, évêque d'Auxerre et cardinal, mort en 1364, n'était point fils de François de Montberon mort en 1470, mais de Roger-Bernard, comte de Périgord, et de Léonor de Vendôme.
60 OPUSCULES ET PIECES DIVEPxSES.
dame Loiiyse, est descendu autre messire François de Montbron, maryé avec Françoise* de Vandosme, fille du comte de Vandosme.
Vf. Et d'iceux est sorty messire Eustache de Montbron, qui espousa la fille puisnée du comte de La Marche*, l'aisnée ayant été maryée avecques le roy Charles V, duquel sont venuz les ducs d'Orléans et les comtes d'Angoulesme, d'où sont venuz le grand roy François et ses successeurs de Valois.
VII. Dudict Eustache de Montbron et de ladicte de La Marche est venu messire Adrian de Montbron, qui espousa Marguerite d'Arcliiac, dame et principale héritière dudict lieu, fille aisnée de messire Jacques d'Arcliiac et de madame Marguerite de Lévy, deux des grandes maisons d'antiquité et de richesses qui fussent en Guyenne.
Vin. D'iceluy Adrian, et de ladicte d'Archiac, est issu François de Montbron, maryé avecques madame Jehanne de Montpezac, fille puisnée du viscomte de Chastillon ; M. le marquis de Villars, ayant espousé l'aisnée, de laquelle est issue madame la duchesse du Mayne^ .
1. La fille de Pierre de Vendôme s'appelait Jeanne et non Françoise.
2. Marguerite, la femme d'Eustache, n'e'tait point fille du comte de La Marche, mais bien de Jean d'Estuer, seigneur de Lisleau. La femme de Charles V, Jeanne de Bourbon, était fille aîne'e de Pierre I"" duc de Bourbon.
3. Il y a une grande confusion dans cet aline'a. Voici comment il faut rétablir les faits : François de Montberon épousa Françoise de Montpezat veuve de Alain de Foix, vicomte de Castillon, laquelle avait eu de son premier mari une fille, Jeanne [alias Françoise) de Foix, mariée à Honorât de Savoie, marquis de Villars. La
IX. Dudict messire François, et de ladicte Jehanne, vint messire René, mort sans hoirs à la bataille de Gravelines, et madicle dame Jacquctte de Montbron, dame des viscomtez et baronies de Bourdeille, Archiac, Maillas, la Tour-Blanche et Sertonville, maryée avecques feu messire André de Bourdeille, en son vivant seigneur des susdictes seigneuries, viscomtez et baronnies, chevallier de l'ordre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, séneschal, gouverneur et lieutenant de Sa Majesté en Périgord.
Entre autres belles preuves d'antiquité de ladicte maison de Montbron, je vous diray qu'il se treuve par escrit dans les vieux romans comme, lorsque le roy Artus, roy de la Grande-Bretaigne, institua les chevalliers de la Table-ronde, qu'on nommoit autrement les chevalliers errans, se trouva une Frédégonde de Montbron, qui, par sa richesse, beauté et vertuz, fut fort recherchée desdictz chevalliers errans, pour laquelle ils firent plusieurs beaux exploictz d'armes. Aussy le principal subject de leur institution estoit pour conquérir leurs femmes, plus par leurs beaux faictz que par leurs richesses et moyens, et surtout de secourir les belles et honnestes dames en leurs afflictions, si aucunes leur mésadvenoient*.
L'on pourra dire que ce sont fables que ces contes de ce roy Artus et des chevalliers errans. Aucuns le disent, d'autres non. Certes, plusieurs contes s'en
fille issue de ce mariage, Henriette de Savoie, épousa en preniicres noces Melchior des Prez, seigneur de Montpezat et du Fou, et en secondes noces, Charles duc de Mayenne. 4. Mésadvenir. survenir malheureusement.
font, qui paroissent un peu fables^ mais d'autres paroissent histoires, en ce qui contient les beaux faictz d'armes desdictz chevalliers, ainsi que nous en voyons aujourd'liuy faire parmy nous.
Tant y a qu il ne faut point doubter de ceste dicte institution du roy Artus : elle est trop certaine, et despuis s'est fort continuée parmy les armes, et mesmes du temps des braves palladins de Charlemaigne. EL, bien que lesdictz contes fussent fables, pour le moins ceste fille de Montbron, se treuve en estre de ce temps là : et que si elle n'y fust estée ny au monde, on n'en eust point parlé.
Il se treuve que, du temps et règne de Charles VI, les Angloisprindrent le chasteau de Montbron, estant le seigneur en France, servant son roy très-fidèlement. Il revint en aprez et le reprint, où s'estoit retirée une abbesse de là auprès, qui apporta toutes ses reliques, richesses et tlirésors, parmy lesquelz on trouva deux grandes pièces d'or, chascune pesant cent escus, où y estoient gravez deux hommes armez de toutes pièces, à cheval, l'espée à la main, avec ces mots escritz : F^e les nobles seigneurs de Montbron ! et lesdictes pièces estoient faictes et forgées il y avoit plus de trois cens ans d'auparavant.
Vous trouverez au catalogue des mareschaux de France un seigneur de Montbron, mareschal de France *, faict dès la première institution.
Pour éviter la trop grande prolixité sur les grandes louanges de ceste noble race, je diray que tous lessei-
l. Jacques, sire de Montberon, maréchal de France, mort en 1422.
gneiirsdeMontbron de pères en filz onteslez toiisjours estimez Irès-braves et très-vaillans chevalliers, etsesont fuietz signaler en toutes les »nerres où ilz se sont trouvez, tant en Terre-Saincte que de celles de delà et deçà de les monts : dont entre autres, pour parler briefvement, je ne nommeray que messire Adrian deMontbron, grand père de madicte dame, qui se trouva à la bataille de Fournoue, lequel le roy Charles VIII print pour l'un de ses neuf preux et confidens esleuz pour se tenir prez de sa personne ce jour-là, qui l'assista très-bien avec tous ses compaignons, et y fut fort blessé, et mesmesd'un grand coup de lance qu'il eut au cou, dont toute sa vie il le porta un peu tors le moins du monde, comme on en dit de mesmes du grand Alexandre. Et, despuis, nos roys Charles, Louys et François, l'advancèrent pour ses vaillances, et l'honorèrent de grandes charges; car il fut lieutenant de roy en Guyenne et gouverneur de La Rochelle, autant aymé et honoré des habitans que gouverneur ait esté.
Il se trouve par escrit comme le roy Louis XII, ce père du peuple, disoit qu'il avoit plusieurs jeunes gens favoris qu'il aymoit fort, mais que s'ilz lui demandoient quelque don qui foulast le peuple, il ne les aymeroit jamais, et que le seigneur de Montbron (qui estoit lors messire Adrian, et l'un de ses favoris), le luy avait ainsi conseillé. Parla vous voyez la bonté dudict de Montbron. Il laissa plusieurs enfants après luy, dont l'aisné fut messire François de Montbron, père de Madame dont nous parlons, très-brave et généreux chevallier, qui fut gouverneur et lieutenant de roy dans Blaye ; de laquelle charge s'en acquitta
tousjours très-dignement, et mesmes en une entreprise que liront une fois les Espaignolz et Anglois là-dessus, que sans la valeur, conduitte et hardiesse diidict messire François de Montbron^ ladicte place estoit prinse d'amblée.
Ledict messire François aprez luy laissa procréez de sa chair, et de dame Jehanne de Montpezac d'Agenez, une très-sage et très-vertueuse dame^, messire René de Monlbron et madicte dame Jacquette de Montbron. Ledict René commença à porter les armes fort jeune, en l'aage de seize ans, aux guerres d'Italie et Toscane, quand nous la tenions soubsnostre grand Henri II. Puis, venant de là en France, il fut guydon de la compaignie de cinquante hommes d'armes de ce grand capitaine M. de Sansac, à laquelle commandant mourut à la bataille de Gravelines en Flandres, livrée entre ces deux grandz capitaines, l'un françois et l'autre flamand, le mareschal de Termes et le comte d'Aveuemond. Là mourut ledict sieur René de Montbron, après avoir rendu plusieurs beaux faictz d'armes, en très-grande réputation et regret de son roy et de tous les gens de guerre, pour lors estant en l'aage de dix-huit ans, laissant sa sœur, madame Jacquette de Montbron, sa seule sœur et héritière, riche en ce temps-là autant qu'héritière aucune de la France, et très-belle, très-sage et très-bon neste, peu de temps avant maryée avec messire André de Bourdeille, désirée et pourchassée de plusieurs grandz de la France de fort bonne et grande maison; mais il l'emporta par dessus tous eux, autant par ses mérites que pour la grandeur de son antique race, de laquelle je ne m'estendray longuement pour en discourir, et me
contenteray dire seulement que ceste race est des plus antiques de la France. Nos histoires françoises n'en font seulement mention, mais les italiennes et espaignolles. Aussi, vous trouverez dans les françoises et vieux romans que, comme j'ay dict, ne doivent estre à rejetter, qnoy qu'on die (ou bien il ne faut advouer un grand empereur Charlemaigne, ses pairs, ses grandz barons, palladins et chevalliers qui ont faict tant de beaux faictz d'armes contre les Sarrazins et Infidèles) ; vous trouverez donc dans ces vieux livres imprimez en lettre gottique, et escritz à la main, comme ce grand empereur Charlemaigne, se plaignant à ses barons du peu d'assistance que luy avoient faict en une entreprise tramée alors des Sarrasins contre luy, il dit que sans le grand et bon secours que luy donna Yvon de Bourdeille, il estoit très-mal. On treuve force titres de cest Yvon encore dans le thrésor du chasteau de Bourdeille.
Les histoires italiennes et espaignolles parlent d'un Angelin de Bourdeille, qui fut commandé par l'empereur d'aller recognoistre les ennemis la vigile de la battaille de Roncevaux, où il fut tué et fort regretté de l'empereur et des siens. L'histoire le met au rang des palladins, qui n'estoit pas peu de chose de ce temps-là, et après les pairs marchoient les premiers, et tenoient grand lieu*. Ceste histoire se treuve dans un vieux livide italien nommé Morganl'^y et un roman espaignol qui s'intitule : El suceso de la hatalla