L ONCLE
Au lieu de beaux œillelz, de lys et roses tendres, Je vous offre mes pleurs, mes larmes, mes sanglots : Au lieu d'un marbre beau pour en couvrir vos cendres, Je vous offre mes yeux pour arrouser vos os.
LA NIEPCE
Mais, plustost que pleurer et des larmes répandre. Jetez à pleins paniers sur mon triste tombeau Roses, lys et œilletz. J'yi'^V tant mieux descendre. Et tant plus doucement, là-bas en ce champ beau.
l'oncle.
Mais qui est-il celuy, fust de fer, fust de roche. Qui, vous ayant perdu, si parfaicte en vertuz. Songeant à un tel deuil d'une perte si proche, Ne crève de pleurer, et n'ayt les sens perduz ?
LA NIEPCE
Tant de pleurs me sont vains, et tant de larmes vaines, Ores que j'ay mes yeux sillez* pour désormais, Cest bien pour appaiser les personnes humaines. Mais non les déïtez qui n'en veulent jamais.