Superbité^ beauté
M. l'évesque de Lavau * et abbé de Brantôme, et en acheta le champ des bonnes gens qui avoyent là leurs chanvres, qui lui coustèrent bon; mais, pour sa faveur, il fallut qu'ilz lui laissent avecques bon argent; avecques aussy le petit pré auprez de la rivière que j'ay mis maintenant en un clierebaud*. M. d'Auzances, mon bon cousin, qui courut ladicte abbaye pour moy aprez la mort dudict M. de Lavau, son oncle, comme son héritier en prétendit lesdictz pont, jardin et autres susdictz champs, estre acquetz faictz dudict son oncle, et pour ce, le tout appartenir à luy, et l'eust très-bien contesté contre quelque autre qui eust eu Pabbaye que moy : mais, pour la parenté et bonne amytié qu'il me portoit, il acquiesça, et m'en fit don librement du tout, sans jamais plus en parler ; et, pour ce, je m'en appropriay ', et jouys tousjours comme de mon propre et véritablement à moy très-bien donné, et non comme appartenant à Fabbaye. Mesmes, après la mort dudict M. d'Auzances, mon bon cousin, madame de Sansac, sa sœur et héritière, m'en voulut inquietter et demander le tout, pourtant par forme de ris, car elle m'aymoit; me disant que si c'estoit un autre que moy, qu'elle débattroit le tout par bon procez, et m'en priveroit. Mais je luy rompis le coup, tout en ryant aussy, et fus quitte de luy donner un diamant de cent escuz que j'avais au doigt. Par ainsy nous demeurasmes bons cousins et amys, et le plus souvent m'appeloit