Je m^en appropriay^ j'en pris possession
monsieur mon cousin du Pont^ ou monsieur du Verger. Et voylà pourquoy je veux et entendz que cediet grand pont, la place des ormeaux, le beau grand jardin et le pré qui en descend au dehors, se partagent entre mes héritiers et héritières, ainsy qu'ilz verront, et en fassent leur profit. Car tel abbé qui viendra après ma mort sera bien ayse d'acheter le tout, et beaucoup pour une si belle commodité. Mesmes que je fus une fois et longtemps en dessein d'y flûre bastir un chasteau en forme de citadelle, par despit, pour commander aux environs et chemins; et avois là desjà faict le marché d'un champ là auprès, qui appartenoit a Rasleau, à cause de sa femme : mais la despense qu'il m'a fallu faire aux guerres, à la cour et aux voyages, me retrancha ceste despense, qui fust estée grande et belle chose à voir. Et par ainsy mesdictz héritiers et héritières se pourront prévaloir de mesmes, et y poursui\Te ce mesme dessein s'ilz veulent ; et n'est à mespriser d'y bastir au lieu où il y a eu autresfois un chasteau, dont les ruynes qui paroissent pourroient servir; car c'est un beau bien, et qui mérite bien une jolye maison.
P. DE BOURDEILLE