Dialoi^ue Je Portografe^ p. 5y
2. Les questions relatives à l'ancienne prononciation du français sont complètement traitées duns un ouvrage actuellement sous presse à l'imprimerie nationale : De la prononciation française depuis le commencement du xvi* siècle, d'après les témoignages des grammairiens^ par M. Thurot, membre de l'Institut.
j'espère que si j'ai commis quelques omissions elles sont de peu d'importance. J'ajouterai que la comparaison des différents passages où figure la même expression m'a permis de rectifier plus d'une fois les explications que j'avais précédemment données en jiote.
Je terminerai en prévenant le lecteur qu'il y a certains mots pour lesquels je me suis borné à renvoyer au volume et à la page, sans les accompagner d'aucune citation. I^es phrases dans lesquelles ils sont encadrés sont d'une telle nature que j'ai cru pouvoir me dispenser de les réimprimer une seconde fois.
A^ avec, par. J'ay receu vos lettres qui font mention d'un
nommé Iluisson que vous dictes qu'a faict plusieurs maux à une commyssion qu'il dict avoir eue de moy ■>-> (lettre de Louis XI), II, 343.
A ce f]ue^ avec cela que. Il (Canaples) estoit grand, puissant et de haute taille et forte corpulance, si bien qu'il lui estoit bien aisé de faire de tels coups, à ce qu'il estoit fort adroict, III, 72.
A ce <]ue^ pour que. Licurgus ordonna que les filles vierges fussent mariées sans douaire d'argent, à ce que les hommes les espousassent par leurs vertuz, non pour l'avarice, IX, 694.
A tant, attant, cependant. A tant, c'est assez parlé de ce grand capitayne. I, 115. Attant le messager se départit d'avec Gruffy, iX, 241.
A tout^ avec. Le prince d'Orange qui venoit d'Allemaigne à tout une grosse armée, IV, 88. Voy. Mandil.
Abattre, abbattre, mettre à bas, ruiner. En telles choses, les despans y sont grandz et excessifz et bien souvant emportent leur homme et l'abbattent, VI, 114.
Abattre une femme, en triompher. Que j'en ay cogneu plusieurs
de ces dames qui contrefaisoyent leurs dames sages, prudes et
censoriennes.... que bien souvent on abattoit plus tost qu'aucunes jeunes, IX, 351.
Abhorrahle, qui doit être abhorré. Hz (les Italiens qui jurent) prennent Dieu, la Vierge Marie et tous les saincts et sainctes, par le haut, par le bas, par le mitan, que c'est chose fort abhornible, VII, 200.
Abboyer à la mort, être aux abois, être mourant. Il y combattit (Saint-Pol, à Pavie) si vaillamment qu'il fut trouvé après entre
les morts, abboyant à la mort, III, 203, Oudin explique la locution ahhayer après quelque chose par désirer, espérer, attendre.
Abois (rendre les derniers), rendre le dernier soupir. Et ce que ne peust faire Dom Jouan d'Autriche, peu devant qu'il rendist les derniers abois, I, 318. Voy. abbojcr.
Jburd, affluence. Il (un grand prince) le blasma fort (François I*') de deux choses L'une pour avoir introduict en sa
court les grandes assemblées, abordz et résidences ordinaires des dames; et l'autre, pour de mesmes }' avoir appelle, installé et arresté si grande affluence de gens d'église, III, 127.
Abord, abordage, voy. Afferrer (s').
Abordade (d'), de prime abord. Et d'abordade (les impériaux) allèrent assiéger Marseille, VII, 269. Cf. V, 136.
Abrever, informer, instruire. Je cognois un gentilhomme..., lequel voulant abrever le monde qu'il estoit venu amoureux d'une belle et honneste dame, que je sçay, fit un jour... IX, 123. Voy. Oudin, art. abbreuver.
Absolu^ complet. Et s'il (Salvoyson) l'heust peu dilayer..., l'entreprise fust estée du tout absolue, IV, 105.
Absoluement (régner), régner avec un pouvoir absolu. Mais aussi qu'est la chose que l'on n'endure et que l'on ne fasse pour régner absoluement et de se vanger de son peuple rebelle, et le ranger à son obéissance, VII, 423.
Abstraim, astreint. Or ne pensez pas que ce grand roy (François \") fust si abstraint et réformé au respect des dames qu'il n'en aimast de bons contes, IX, 479.
Absubjectir^ assujettir. Non qu'elle (Mme de Bourdeille) s'yvoulust (à la cour) par trop assiduer ny absubjectir, X, 68.
Abus, erreur. La plus part des assiégeans avoient opinion qu'il (Biron) s'entendoit avec ceux de dedans (La Rochelle) — ; ce qui est le plus grand abus du monde, Y, 133.
Abuser, mésuser. Encor de ces deniers ceste dame (Diane de Poitiers) n'en abusa point, car elle fit bastir et construire ceste belle maison d'Anet, III, 247.
Acahrer (s'), se cabrer. Un raeschant cheval malheureux, un jour en s'acabrant villainement, se renversa sur moy, me brisa et fracassa tous les raings, V, 211.
Jcaignarder (s), faire le cagnard. Estant jeune comme il est
(Henri II), il n'a garde s'acaignarder en oisivetté ny aux plaisirs de sa court, I, 29.
Avarer^ mettre face à face, confronter. Il (Colignv) envoya prier la reyne de ne faire mourir ce malheureux (Poltrot) qu'il ne fust premièrement acaré à lui et affronté, pour le faire desdire des menteries qu'il disoit de luy, IV, 253.
Araser^ établir; en italien accasare. Estant à Turin, je passay pardevant la boutique d'un cordonnier.... maistre Blaize, de la Réole, mais acasé à Turin, VI, 156.
Accarer, tirer; de l'espagnol ^«farar. Le cruel Buzarto — le tua cruellement (La Palisse), luy accarant une grosse arquebus de calibre dans sa cuirasse, II, 379.
Accessoire, embarras, perplexité. Je pense bien que ledict M. de Bressuire fut en grand accessoire, après ceste lettre receue, pour attraper ledict M. de Sainct-Lou, II, 342.
Accnmparer, comparer. Ma grand'mère l'accomparoit (Charles VIIl) à un gentilhomme près de nostre maison, et disoit que c'estoit sa vray semblance, II, 320. Cf III, 20G.
AccompUssemens, qualités accomplies. La vaillance — qu'elle estimoit bien autant que les autres vertus et accomplissemens et perfections, IX, 384.
Accoster quelqu'un, s'entendre, s'arranger avec lui; voy. Pardonroit.
Accoubler, accoupler. Le maistre des cérimonies les accoubla
tous deux, M. de Montluc et de Vassé pour aller et marcher ensemble aux cérimonies, IV, 94.
Accoustrer, préparer. Ainsi qu'on les convioit (les soldats espagnols) de se raffraischir et faire la collation que Don Sanche avoit faict très bien accoustrer, II, 18o.
Accroire à quelqu'un (faire), le faire passer pour, l'accuser injustement. J'ouy dire qu'on luy (à l'archevêque de Tolède) faisoit tort, et qu'on luy faisoit acroyre qu'il avoit mangé le lard, pour jouir de ce fort revenu, I, 61.
Accroire (s'en faire), se prévaloir. Le Grand Seigneur commanda à Barberousse d'obéyr du tout en tout au capitaine Poulin
En quoy il (Poulin) s'en sceut très bien faire accroyre, car Barberousse n'osa jamais , IV, 142.
Accroire^ faire illusion, tromper. Au contraire du naturel de la vengeance d'aucuns, laquelle du commencement est fort ar-
n2 LEXIQUE.
dente et chaude à s'en faire accron-e, mais par le temponsement et longueur elle s'attiédist, IX, 496.
décroissance^ augmentation. D'autant qu'on le (Vieilleville) tenoit lors pour fort suspect, à cause de la religion nouvelle et qu'il luy avoit donné trop grand pied et accroissance à Metz, V, 50.
Accroppi (être), croupir. Ainsi qu'a esté toujours leurcoustume (aux gentilshommes français) d'aller chercher la guerre..., quand ne la treuvent près d'eux, se faschans d'estre par trop accropis en oysivetez, I, 27.
Accuyllir, accueillir. Fallut qu'elle (l'armée allemande) s'en retournast encor en Allemaigne..., ayant accuylly les seigneurs de Mouy, de Janlis, etc., IV, 88.
Achapter^ acheter. De mesme en font les Turcs en leur basestan en Constantinople.... quand ilz achaptent des esclaves, IX, 279.
Ache^ hache. Pour la façon et enrichissement des galères, de leurs poupes et proues, tant pour l'art de l'ache, qu'on appelle la charpente en Levant, que pour la menuiserie, III, 253.
Achever^ cesser, mettre fin à. Pour Dieu, mon très cher oncle, achevez vostre plainte, X, 8o.
Ac.ommencei\ commencer. J'acommence mon œuvre par l'exaltation d'aucuns grands capitaynes, I, 9, note I.
Acousiner, traiter en cousin. Dès-là nous nous estions fort rendu privez et acousinez, V, 392.
Acquester, acquérir. Et n'a voulu faire (Espernon) comme un feu M. le connestable..., et autres favorys de roys qui se sont plus délectez à avoir et acqnester de belles places, VI, 100.
Acquiescer , laisser aller. Toute la noblesse se formalisa pour ledict
marquis (de Villanne] et pour ce l'empereur le passa (le délit
du marquis) etaquiesca tellement quellement, VI, 383, Cf. X, 150.
Acquisitif^ acquit. Ce fut donq' (Marguerite d'Angoulême) une princesse d'un très grand esprit et fort habille, tant de son naturel que de son acquisitif, car elle s'adonna fort aux lettres, VIII, H 5.
Acquitté (Être), s'acquitter d'une charge, d'une fonction. 31. de Maugiron.... qui fut un très bon capitaine et bien employé en toutes ces guerres de ce temps et très bien acquitté, II, 423.
Acravanter^ écraser. Ayant pris dedans (la tour de Montbrison) cent ou six vingtz soldatz qu'autres par composition et sur sa foy, il (des Adrets) les fit amprès tous précipiter du haut en bas et acravanter, IV, 33.
LEXIQUE. in
/tcrarre, vo} . accroire.
jédattcr^ adapter. Ce serait mal parler et l'adatter (un proverbe) très faucement à luy, II, 404.
Addresser^ voy. adresser.
Àdtmal. Ce mot écrit ailleurs à de mal n'a été employé que deux fois par Brantôme et avec des acceptions un peu différentes; il ne se trouve, à ma connaissance, dans aucun lexique et je ne l'ai rencontré dans aucun autre éc*ivain, mais les deux sens que je lui donne (diflicile, chagrinant) ne me semblent pas devoir soulever grande objection. Il paraît, à ce qu'on m'a dit, qu'il est encore en usage dans quelques provinces.
\()us autres catholiques l'apjjcliions toujours M. le cardinal (de Chastillon), car il nous estoit fort ademal de luy changer de nom, 111, 189. Vieil leville..., empescha MM. de Lude et Montsallez, avecqu'une fort belle noblesse de Poitou, de monter à cheval, auxquels il leur estoit fort à de mal qu'ilz ne menassent les mains à si bonne et belle occasion, V, 51-52.
Jde.Ttre^ adroit. Le roy (Charles VIII) et toute sa court en furent en très grande admiration, pour veoir une telle beauté si adcxtre à cheval, Vlll, 142. Voy. Desultoirc.
Adextrer (s'j, se rendre adroit. Et (les Turcs) se sont si bien adextrez et apropriez à ces harquebuz, que guièi'es plus ilz font d'estat des arcz et flesches. V, 227. Cf. VI, 78.
Admirer., émerveiller. Cette belle hlle espagnole estoit si
excellente en beauté que partout où elle passoit, elle animoit et admiroit les yeux de tous à la regarder, IX, 291.
Adnioncstcmenty admonestaticm. Les exercices et l'administration de leur foy, de leurs saincts sacremens, et l'admonestement de les continuer, III, 135.
Adomhrer.^ voiler, déguiser; en italien adnmbrare. Voilà les propres mots du discours de cette dame.... qu'elle fait au corn mencement de son compte (conte), qui se faisoit d'elle-mesme, mais elle l'adombroit par d'autres noms, IX, 215.
Adonner (s'), se prêter. M. le mareschal (S. André) s'estoit placé si bien, en lieu si advantageux et commode, ce qui fut un trait de grand capitaine ou que le lieu par hasard s'y adonnast, V, 44.
Aduter, adopter. Voy. Desdire.
Adoulourer (s'), s'affliger; en italien addnlorare. S. -Augustin
mesmes, en lisant le quatriesme livre des Aeneides^ ne s'en esmeut-il pas de compassion et s'en adouloura? IX, 573.
Adresse^ direction, action de diriger. Ce grand roy (François I"), vouloit y faire passer (à Chambord) un bras de la rivière
de Loyre et en destourner le cours, et luy bailler là son
adresse, III, 125. Ce qui fut une chose de grand estime et de grand soing, tant pour l'adresse et conduitte du roy (Charles VIII) que pour son arrae'e et son train, II, 302.
Adresser à.... (s'), s'en prendre à Si que tous ensemble
(les croisés assie'gés dans Antioche), désespérez de ceste malle rage de fain, peu s'en fallut qu'ilz ne s'addressassent à Dieu, ne le maugréassent, II, 493.
Adalater, aduler, flatter. Elle luy dit après : « Non, madame, ce n'est point pour vous adultérer », voulant dire adulater,
Advancer (s'), se mettre en avant. Voy. Retiré.
Advantage (d'), de plus, suffisamment. D'avantage quel tort tient-on à madame de Nemours, fille de madame de Ferrare, en partie héritière de la duché de Bretaigne ! IV, 273. Le marquis de Villanne, l'un des plus grandz seigneurs d'Espaigne, à qui l'empereur ayant ost^.... deux de ses plus belles terres, néanmoins pour cela il n'en demeura si pauvre et desnué qu'il ne luy en restast encore d'advantage, tant il estoit oppulant. II, 444.
Advantageux, avantagé. M. de Bayard estoit petit, et non si fort ny advantageux (pour la taille) que mon père, X, 40.
Advènement^ arrivée, entrée. J'ay leu dans un livre espagnol que son (à Ant. de Lève) premier advènement de guerre et de Naples fut lorsque.... I, \1 k. Y oy . Harauder.
Adi'isement, sagacité, jugement. J'ay oui dire.... qu'alors on ne parloit que de la beauté, sagesse et advisement de ceste princesse (Blanche de Montferrat) , IX, 633. Cf. IV, 351.
Adviser^ regarder. Eux (les cordeliers), après luy (à Strozzi), avoir demandé comment il luy alloit du corps et de l'Ame, il les
advise furieusement, et.... leur demanda , II, 256. M. d'Es-
trozze et moy advisasmes derrière, et n'y vismes point notre homme ny nostre brave, II, 396. Cf. III, 176.
Aàviser^ viser. Ny l'un ny l'autre n'advisèrent guièresau corps, mais aux cuysses, dont il en eut un qui donna à l'autre une grande estocquade dans la cuysse, VI, 284.
Adviser, pourvoir. Voy. Tahut.
Jdvitaillement, membrure. Il (F. de Bourdeille) avoit un advitaillement si grand et advantageux qu'il eust fait peur et appréhension à une femme d'un plus grand aage, X, 46.
Aesle, aile. Voy. Brier.
Affaire, occupation, besogne. Il (Montpensier) vint en Poitou où il trouva de l'allaire et un homme.... M. delà Noue, V, 15.
Affaner^ ou s'affaner, se donner de la peine, se fatiguer, en italien, affannare ; en espagnol, afanar. Ainsi ce seigneur (Montmorency) s'est agrandy peu à peu...., affanant fort et travaillant à mériter ce qu'il a eu, III, 341. Ainsi que son mari s'efibrçoit et s'affanoit de forcer sa forteresse, IX, 361 .
Affecté, voy. Affetté.
Affecter, affectionner. Toutefois (Louis XII) dans son âme ne l'affecta-il point (La Trémouille) tant , ny carressa le comme d'autres capitaines de ses compagnons, II, 399. Le roy Henry (II) jura.... qu'il iroit par ses gallères en la mer de Tos'jane, et delà à Sienne, pour voir cette ville si affectée à soy et à son party, IX, 417. Cf, V, 77.
Affermer, affirmer. Ces grandz et suffisans sénateurs, messieurs de la court du parlement de Paris afferment que les roys peuvent vendre, disposer et user des biens temporelz de l'Esglise, III, 108. Cf. V, 428.
A /ferrer [s), s'accrocher; de l'espagnol aferrar. Au troisième abord et combat, les petites galères vindrent de front pour s'investir et s'afferrer, III, 235.
Affetté, affecté j recherché, coquet, mignard. Par leur gentillesse.... et leurs habits mondains et affectez, on les prendroit pour fort débauchées, IX, 213. Leurs robes fort courtes qui monstrent à plein leurs belles jambes et belles graves, et leurs pieds affettez et bien chaussez, Ibid., 323.
Affettiment, gentiment, coquettement. Et prenions pardessus tous très grand plaisir leur voir.... frétiller leurs pieds si affettement que rien plus, IX, 321 .
Affiné, perfectionné, achevé; en espagnol afinado. Un soldat canarien, mais pourtant espaignoUisé et affiné par les bandes espaignoUes, VII, 23.
Affiné, serré. D'autant que lesdictes (manches de) mailles
n'estoient pas trop aflinces, mais assez longues et avantageuses, VI, 284.
A (fouler (s'), se porter en foule, l.c peuple s'y affouloit avecqu'une si grand'presse que ( Guise ) demeura près d'une grand'heure avant qu'arriver au logis du roy. IV, 233.
A ff nullement^ presse, en italien affulamento. M. du Lude.... n'en pouvant plus à cause du grani affoullement et rafraîchissement des gens des ennemis qui lui venoient sur les bras, II, 412.
Affront^ obstacle, danger à affronter. Là oii il y a plus d'hasard et d'affront, là plus de gloire s'acquiert, VII, 109.
Affronter^ confronter. J'ay bien mis dans mes tablettes le jour et l'heure de vos nopces ; quand on les affrontera à celuy et celle de vostrc accouchement, vous aurez de la honte, IX, 98. Voyez Acarer.
Affronter (s'), se choquer. Ainsi que les battailles marchoient pour s'affronter, I, 347. Cf. VI, 148, 314.
A fiât. Voy Fiat.
Agasser^ harceler. Les Mores qui agassoient à tont'heure l'armée, I, 201.
Age secj vieillesse. En homme remuant qu'il estoit (Trivulce), aussi bien en son aage sec comme verd, II, 221, note 3. (Victor Hugo a dit dans une de ses Orientales : Un derviche soudain, cassé par l'âge aride).
Age ccrd^ jeunesse. Voy. l'article jjrécédent.
A gendarmer (s'), mener la vie d'un gendarme. Non que je vueille que cette dame face les actes d'un homme, ny qu'elle s'agendarme comme un homme, IX, 411.
Agent, acteur, celui qui agit. Cela gist en l'imagination qu'on en pourroit faire, tant pour les agents que pour les arregardans, IX, 304.
Agents, gens. Après avoir couru le cerf quelque temps, voyant le roy (François I"^"") que ses agents estoient loing de luy, fors le comte, VI, 471 .
Agravcr, grever, charger, accabler. Le ro}' (Henri III) luy (à Matignon ) commanda aveq'une grand'joye pour agraver sa sœur (Marguerite)..., de plus en jilus de desplaisirs, VIII, 70.
Agresser, attafjuer. Je les prends (les armes) non pour agresser, mais pour me deffendre, VII, 24S.
Jguet^ piège, embûche. On luy (à Cosne de Médicis) avoit prc-
paré une fois des espées très poinctues et dagues dans le fons du fleuve (l'Arno) fichées en terre, afin qu'ainsi qu'il se jetteroit du haut en bas (pour nager), il trouvast les poinctes de ces espées en l'air qui le lardassent.... Mais cet aguct fut découvert, II, 15.
Jheurtvr (s'), s'oi)Stiner, s'opiniâtrer, (Le chien) retourna pour la troisiesrae fois à la chasse avecques son maistre, qui s'y aheurtoit quasi plus qu'il ne debvoit, X, 110. Voy. Ahurter.
Ahir^ haïr. Dieu n'ahist (rien) tant que le sang respandu de quelque créature que ce soit, IV, 301.
Ahurter (s'), se heurter, se choquer. Il (Gonzalve de Cordoue) se voulut ahurter et s'esprouver à ce brave chevalier M. d'Aubigny, I, 131. Voy. Aheurtcr.
Aiguillette (rraisner 1'), traîner sa vie. (Brancaccio) après avoir traisné l'aiguillette en France, nacquetté les trésoriers de l'Espargne sur quelque chétive pcntion qu'on luy donnoit...., il fit requérir dom Joan d'Austrie de sa grâce au roy d'Espagne, II, 28.
Aimable. Voy. Amiable et Aymable .
Aimer (s'), se plaire. Elle (Marie de Bourgogne) mourut d'une cheutte de cheval où elle s'aymoit fort, pour tenir aussi compaignie à son mary, I, 78.
Air^ manière, allure. (D'Amville) avoit ordinairement une grand' quantité de très bons et beaux grands chevaux en son escuyerie, qui sçavoient aller de tous airs, III, 370.
Aise. Voy. Ayse.
Aisij ainsi. Mais tout aisi qu'il avoit esté bienheureux en ceste belle entreprise et exécution, le malheur fut tel pour luy que...., IX, 661.
Aisse, ais. Ils advisarent de la boucher (la chatonnière) avec une aisse, IX, 549. Cf. Vil, 439.
Ajamber ou csjatnber^ empiéter. (Charles VIII) ne se contentant.... de son grand et très ample royaume, et si estendu, duquel estoit la totalle ambition du roy son père sans attenter ny vouloir ajamber sur un autre, II, 285. Cf. Esgemher.
Alauter^ haleter, IX, 197, note 1.
Alfier^ porte-enseigne, de l'espagnol alfierez. Les capitaines, alfi^rs et force soldatz s'habillèrent de deuil, I, 198.
Allaine^ haleine. Ce grand duc d'Albe le vint assiéger (Nassau), sans luy donner loysir de prendre allaine, II, 177,
Allaiter^ téter, lactare. Charles-le-Quint, le plus brave et magnanime empereur qui allaicta oncques mammelles de mère, I, S6, note.
Allambiqnement , distillation. Voy. Atténuation.
Allehastre^ albâtre. Voy. Entrelas.sure.
Allehrenèy pour lialbrené, terme de fauconnerie, épuise, éreinté. Et plusieurs y en a, qui aymeroyent mieux un bon artisan de Vénus, frais et bien émoulu que quatre de ceux de i\Iars ainsi allebreiiez, IX, 400. (L'amiral d'Annebaut) mit sur pied une très belle armée..., laquelle servit bien à raffraischir celle du roy qu estoit fort allebrenée et mal menée, III, 211.
Allciner, balener, sentir l'haleine. J'ay cogneu plusieurs femmes, lesquelles.... alleiner autant vaudroit qu'un anneau de retrait, IX, 181. Et pour ce, ne vouloit estre alleinée, ny sentir à la sienne une bouche salle, IX, 59. Voy. Hallainer.
Aller (s'y en), s'ensuivre. Voy. Orion.
Aller devant quelqiCun^ le surpasser, le précéder. Et me semble que vos filles (les filles de Catherine de Médicis) vous portent grand honneur, car elles ne vont point devant vous, VII, 343.
Aller à temps^ avoir une allure réglée, régulière. De ce tempslà, les chevaux n'estoient dressez ny alloient à temps, comme despuis, IX, 39.
Aller hautj se cabrer. Il (F. de Bourdeille) estoit un très-bon homme de cheval, et n'y avoit cheval, tant rude fust-il et allast tant haut et incommodément qu'il pust, qui luy fist jamais perdre l'estrieu, X, 39.
Alors de, lors de. Mais après, ilz sceurent qu'il n'en estoit rien et qu'alors de la lettre il (Strozzi) estoit à la prise de Callais, II, 2o9.
Altération, inquiétude, fâcherie. J'en ay cogneu une, laquelle, ayant esté trouvée avec son amy par son mary, il n'en dit rien ny à l'un ny à l'autre...., et la laissa là-dedans avec son amy fort panthoise et désolée et en altération, IX, 77. Les dames le craignoient fort (Henri III).... et leur faisoit lui-mesme des réprimendes ou en prioit la reine sa mère, qui de soy en estoit assez prompte, mais non pour aymer les médisans..., auxquels y prenant pied et altération, que pouvoit-elle faire aux autres quand ils touchoient au vif et à l'honneur des dames? Ibid., 498.
Altercaty altercation, querelle. M. le prince de Melfe voyant (à
l'armée de Piémont) .... les abus, insollences et escandalles, meurtres, esclandres, supercheries, strectes et altercats qui s'y commettoient, VI, 389.
Altère^ trouble, agitation, angoisse, émotion. Et en ces altères (Egmont et Horn condamnés à mort) demeurarent jusques à neuf heures du lendemain matin, II, 160. Estans pasmées en ces doux altères de plaisir, IX, o22. Une fiebvre pestilencieuse la saisit (une comtesse huguenote) à Paris si contagieusement qu'elle luy causa la mort. Estant sur ses (ces) altères, se perdit fort en grands regretz. Ihid.^ 668.
Jltéré^ inquiet. Mondict sieur le mareschal (de 3Iontmorcncy) de son costé en estoit altéré, en allarme et en jalousie de son gouvernement (de Paris), III, 3u7.
Altérer (s'), se troubler, s'émouvoir, se mettre en colère. Le comte d'Aiguemont, trouvant fort estrange une si triste nouvelle (celle de sa condamnation), s'estomacqua et s'altéra outre mesure, II, io8. Et aimoit ((Catherine de Médicis).... jusques à lire les belles invectives qui se faisoient contre elle, dont elle se mocquoit et s'en rioil sans s'en altérer autrement, VII, 373.
Altesse^ altezze^ grandeur, dignité. Demain matin, me despouillant de la grandeur et altezze que j'ay, je vous feray appeller dans la forest, VI, 473. (La Chapelle-Montmoreau) mourut à Nancy, ayant esté envoyé ambassadeur par remjjereur son maistre vers l'altesse de madame sa niepce, VII, 244.
Amasser, ramasser, réunir. J'ay leu dans une vieille histoire de France que j'ay veu traisner en un cabinet de nostre maison.... et l'aiant amassée, VII, 317.
Ambigu, douteux. Voy. Trahistre.
Amenances, conduite que l'on faisait aux nouveaux mariés quand l'époux amenait sa femme chez lui. Les nopces furent fort somptueuses et magnifiques, et bien fort aussy les amenances qui se firent à la Tour-Blanche et à Bourdeille, X, 47.
Amiable^ digne d'être aimé. Aucunes autres (dames), lesquelles sont si belles, si nettes, propres, fraisches, caillées, si amiables et si en bon point, IX, 279. Cf. VIII, 16.
Amiablement, aimablement. Henri III.... s'alla jetter dans la foy de l'empereur, qui le receut très gracieusement et amiablcment, IX, 600.
Amodérer (s'), se modérer, s'adoucir. Ces paroles prononcées
d80 LEXIQUE.
si bravement... . donnarent à songer à l'empereur, si bien qu'il s'aniodora et visita le roy (François I"), VIII, 120. Cf. VI, 367. Amotir de (pour 1'), à cause de, à raison de. Hz (les Alleraans) luy (à Henri III) en vouloient fort, pour l'amour de la fesle de la Sainct-Rarthélemy, IX, 600.
Amprès ^ apiès. On disoit pourtant que c'estoit en nom de mariage, mais par amprès on en sceut le contraire, IX, ^89.
Amutiné^ mutiné; en italien ammutinato. Ayant faute d'argent pour contenter et payer ses soklatz, mesmes les lansquenetz amutinez il (Ant, de Lève) s'advisa de la ruse., , I, 163.
Ainuiinement^ révolte. Il eust mieux valu qu'il (François I") les eust (les soldats espagnols) entretenus en cest'humeur et amutinement, I, 233.
Andt'm'e^ voy. Anntnmie.
Angunisner^ engaîner. Elle (Anne de Beaujeu) luy (à une de ses filles) fist la comparaison d'une espée desgainée qui ne se peut jamais non plus qu'une autre anguaisner, si le fourreau se remue, VIII, lO'i.
Anicrnchement^ anicroche. (M. le connestable) en desdaignant la superfluité (du luxe des soldats) par trop grande.... advisa d'en faire plusieurs retranchements sur les payes. . , bref y faire quelques petitz anicrochemens, VI, 107.
Animé^ passionné, mal intentionné. Je croy que quelque malhabile de correcteur ou animé d'imprimeur ont adjousté à la lettre, VI, 276.
Animosité^ animation, ardeur. On tenoit que l'animosité et le courage grand qu'il avoitde combattre, luy (à Imbercourt) esmouvoit ainsy les entrailles et le ventre, II, 40i.
Anneau de retrait^ lunette de privé. Voy. Alleiner. Annichiller^ annihiler, rendre propre à rien, inutile. Et d'autant que la noble coutume est là (à Malte) de ne les entretenir (les chevaliers) ny de les annichiller en oyzivetté, IV, 151.
Annoncer, dénoncer, déclarer. Lorsqu'il (Charles-Quint) annonça la guerre aux protestans, I, 3o.
Annonciateur^ envoyé. L'on changera tant de ces noms d'ambassadeurs et de nunce du pape qu'à la fin ou viendra dire : voylà l'ange ou l'anoncialeur ou le précurseur du pape, qui vient parler au roy et à la reyne, IV, 29o.
Annonciation^ annonce. J'en voys (vais) nommer aucunes
(grandes dames) qui,... volontairement ont receii (accepté) la mort bien que sur le coup l'annonciation leur soit fort amcre et odieuse, IX, 4o3.
Anotomie^ pour anatomie, squelette, corps desséché. Comment seroit-il donc dit qu'à la fleur de mon aage.... qu'au lieu d'une dame de belle chair je devinsse une carcasse ou plutôt une anotomie? IX, 543. — D'Aubigné parlant du siège de Paris dit qu'on voyoit « les hospitaux pleins de charongnes de morts de faim, les rues bordées de languissans et pavées d'anatomies ». [Hist. univ.j édit. de 1626, t. II, col. 324.)
Anté^ ente. Au bout du devant du morion, il y avoit enchâssée et antée une courte dague, VI, 28a. Voy. Hanté.
Aorner^ embellir, orner ; adnrnare. Et pour aorner le tout, il y avoit un cabinet à part remply de toutes sortes sortes d'engins de guerre, II, 243.
Aposté^ fait à poste (voy. Poste), fait exprès. On leur donna (aux huguenots) temps et loisir de s'esloigner et tirer de longue par un séjour de deux jours que l'on fit mal à propos sur la malladie du mareschal (de Cossé) qu'aucuns disoient apostée, IV, 86. Cf. Appostcment.
Apopthème^ apophtegme. (Montpensier) le fit (des Marays) exécuter aussi tost, se fondant sur son apophtème que je viens de dire, V, 10.
Apostumer^ venir à suppuration. Laissant apostumer la playe et faire son etTect, IV, 13.
Appareiller, apprêter, II, 137. Voy. Traicieur.
Appareiller (s'), s'apprêter. Si bien que luy (Antoine de Bourbon) s'appareillant pour aller à l'assaut, IV, 366.
Apparcssance^ apparence, trace apparente. Sa mort (de F. de Guise) fut amprès bien vangée à la Sainct-Barthélemy et bien autrement que celle de M. son fils dernier, dont on ne sçaroit dire une vangeance pour un seul double,...; df)nt l'on s'en estonne fort, encores plus qu'il n'y en a aucune apparessance de vangeance, IV, 260, Sa beauté (de Marguerite de Valois) est telle que les coups de ladicte fortune n'ont nulle apparessance sur elle, VIII, 23, Cf. VII, 415.
Apparoistre (s'), apparaître, faire son apparition. Sachant (Montmorency) que l'ennemy se préparoit à la bataille, luy tout coura-
geux se lève, monte à cheval et vient, s'apparoist ainsy qu'on marchoit, III, 298.
Jppaster quelqu'un, lui tendre un appât, un piège. Ceux qui en eschai)parent ((le la Saint-Barthéleniy) en blàmarent mondict sieur de Biron...., disans qu'il les estoit tous allé amadouer et appaster pour les mener tous au marché de la boucherie, V, 131.
Appertise^ prouesse, exploit. Il y (François I" à Marignan) combatist si vaillamment de sa personne, et y fit si grandes appertises d'armes que jamais on ne vist mieux fère à combattant, III, 137.
Appetisser ^ rapetisser. La taille luy appetissa un peu, IX, 358.
Appétit^ gré, caprice. M. de l'Autrecq fit en cela une grand' faute de combattre soubz l'appétit de ses soldats, III, 26. Voy. I. Faut-il qu'à l'appétit et opiniastreté d'un marrane nous périssions ainsi misérablement, V, 317-318.
Appétit de (A 1'), à raison de.... La principale occasion
qui anima plus la reine d'Hongrie à allumer ces beaux feux vers
la Picardie...., ce fut à l'appétit de quelques insolents bavards ,
IX, 506. M. de Serre luy (à Guise) remonstra qu'il devoit faire r'abiller le pont de Sainct-Mesmin...., et que ce ne seroit qu'à l'appétit de quatre à cinq cens écus, IV, 257-258.
Appétit de (àl'), par la faute de.,.. Elle (la duchesse de Lorraine) mourut de mal d'enfant à l'apétit d'une vielle sage-femme et grosse yvrongne de Paris, VIIÎ, 138.
Appostement^ guet-à-pens. Il y avoit aussi le capitaine Bernardo, bon capitaine et bon françois, et pour ce fut tué d'un coup de pistollet à Paris par l'appostement et pourchas du duc Cosme de Florence, V, 298. V. Aposté.
Appréhemible, appréhensif, craintif. La reine-mère.... toujours appréhensible, IV, 367.
Apprendre qiielquun^ l'instruire, l'enseigner. Il (Brissac) avoit sa bande de violions, la meilleure qui fust en toute l'Italie..., desquelz en ayant esté faict grand cas au feu roy Henry et à la reyne, les envoyarent demander à M. le mareschal pour apprendre .les leurs qui ne valoient rien et ne sentoient que petits rebecs d'Ecosse au prix d'eux, IV, 82. Sur quoy faut estimer une grande lidellité ancienne.... des maistres (d'armes) qui apprenoient leurs disciples pour combattre, que jamais ils ne les trahissoient, VI, 296.
Appreneur^ voy. A preneur.
Jpprochement, approche. Voy. Cogitation.
Apreneiir^ maître. Les pouvres filles.... se servent le plus souvant de leurs valletz...., des joueurs de luth...., des apreneurs de dances, IX, tJTo.
Jproffiter^ profiter. Il y en a qui aproflitent plus en un morceau de guerre que d'autres en cent repas, IV, 122.
y//;ro/?/-/er quelque chose à quelqu'un, l'en mettre en possession. Et (Coligny) luy (à Charles IX) alloit conquester tout un pays aussi grand qu'un royaume et le luy aproprier, IV, 298. Cf. X, 150.
J raine ^ sable. Nous autres (femmes) sommes du naturel des hydropiques ou une fosse d'araine, qui tant plus ilz avallent d'eau et plus ilz en veulent avaller, IX, 540.
Arauder. Voy. Marauder.
Jray^ aurai. Hélas ! je voys bien que j'en aray (des enfants) encor tant de vous, IX, 094.
Arballestier, arbalétrier. Il n'y a qu'arballestier gascon de jadis et d'aujourd'liuy encores, V, 302.
Arballcitière, endroit où se plaçaient les arbalétriers sur les navires au moment du combat. Les soldats aux arballestières, poupes, rambades, proues et coursies, III, 2d4.
Arhre^ mât de galère. Et outre fit monter le caro (pavillon) à l'arbre et la flamme à la peno (vergue), tous signalz de bataille, II, 114.
Arbre fourchu (faire 1'), avoir les jambes écartées. Entra quelque compaignie qui la surprit faisant ainsi l'arbre fourchu, IX, 522.
Arches^ archives, arcse. Aussi ce bon seigneur (le grand-maître La Valette) voulut-il faire enregistrer tous nos noms dans le grand et principal papier de leur trésor et le garder là dans les arches à perpétuité, V, 233.
Archipelage (1'), l'Archipel. Quand il fut vers l'Archipelage, il rencontra une grand'nau vénétienne bien armée, IX, 463.
Aré^ voy. Haré.
Aregarder^ arregarder, regarder, aviser. Leurs maistres qui les (les chevaux) arregardoient piteusement périr et noyer devant eux, I, 72. A quoy doibvent arregarder les gens de guerre d'estre sçavans, s'ilz peuvent, IV, 104.
AreSj ores, maintenant. Il n'y a rien que nous avions le roy de Navarre, ares il est pour vous autres, IV, 38.
Jrgtisil, argoiisil^ alguasil. J'ay ouy dire que le marquis de
VlUaue pour avoir menacé un argosil..,., il cuyda estre en
grandpeine, IX, ri2o. Cf. VI, 383.
Argiit, rusé, habile. Il (le cardinal de Lorraine) estoit fort prorapt, argut et très subtil en ses parolles et devis, IV, S'T.
Jrmé, cuirassé. Aucuns ouyrent ledit La Chasnaye crier haut : « Ah! paillard, tu ez armé », ainsi qu'il l'avoit tasté (Sourdiac) d'un grand coup qu'il luy avoit tiré au corps, VI, 442.
j4nfierie, armoirie. Montez sur de très bons chevaux bardezde diverses parures, ung chacun scelon leur couleurs ou autrement leur blazons de armerie. II, 304.
Armes (avoir les), avoir le choix des armes dans un duel. Si celuy qui a les armes propose à l'autre de se battre en chemise, faut que cela soit, VI, 420.
Armurerie, ce qui concerne les armes. Voy. Exquis.
Jrnois, harnois, armure. (M. de Mareuil) ayant esté blessé en trois endroits, l'un d'un coup de pistollet dans le bras gauche, et l'autre d'espée dans le corps au deffaut de l'arnois, VII, 406.
Arraisonnement, conversation. Et souvent aussi, quand il (François I") les voyoit en grand arraisonnement avec leurs maistresses, il les venoit accoster, IX, 479.
Arraisonner quelqu'un, lui parler, l'entretenir. La reyne l'accommance à l'arraisonner et luy demander — , II, 254.
Arrays ou reïs, capitaine de navire. Il (Dragut) se donna page d'unarrays, corsaire de sa mesme patrie, II, 48.
Arremens, erremens. Lors ledit héritier en pouvoit prendre arremens de la poursuitte, IX, 589.
Arrest, chose arrêtée, décidée. Ledict roy (Henri III) ne tint pas son arrest et résolution, V, 105.
Arrest, constance; arrestée (mal), inconstante. Cette femme (Jeanne I() laissa ung bruit de femme impudique et mal arrestée, comme de qui l'on disoit qu'elle estoit arrestée en cella seul qu'elle n' avoit point d'arrest, VIII, 193.
Arrest de... (avoir!'), s'arrêter à Elles n'ont pas l'arrest
d'ouïr ny songer à autre chose, sinon à leurs pettitz esbateraentz, IX, S8o.
Oudin rend la locution : // ri a point cV arrest, par : Il est tous- Jours en action.
Arresté, prudent, circonspect. Lequel (La Palisse) n'estoit si
posé ny si arresté qu'il n'aimast mieux tousjours de combattre et de venir aux mains que de donner conseil contraire, II, 377. Voy. Jrrest.
Ar rester^ fixer. Voy. Abord.
Arrivement^ arrive'e. Et sur cet arrivement (de 6,000 Suisses), M. le Prince ne chauma pas de bastir pour soy, IV, 3^4.
Arrny^ train, appareil. En tout ce grand arroy, a;quipage et compaignie, s'achemina ainsin le roy (Charles Vill), II, 302. Nous avons conservé le dérivé désarroi.
Arsenac^ arsenal. Il (Caumont] se sauva dans l'arsenac chez M. le mareschal de Biron, IV, 30.
Artiller^ V, 301. Voy. Edabouré.
Arzille^ argile. Comme faict un potier, qui d'une mesme terre et arzille faict des potz et des vases, les uns pour l'honneur et la beauté, les autres pour l'infamie et la sallauderie, V, 2S.
Ascendant^ horoscope. Là est ceste ville (Rome) qu'au temps passé pronostiqua un sage astrologue de moy (le connétable de Bourbon) me disant qu'infaliiblement à la prise d'une ville mon lier ascendant me menaçoit que j'y devois mourir, I, 266.
Aspergez, goupillons. Et monstrèrent leilr deuil par leurs habits bruns, plus d'eau-bénistiers, d'aspergez d'or engravez, IX, 122.
Aspre^ cruel Priant Dieu qu'il luy envoyast une mort douce et point aspre et langoureuse, IX, 4o9.
Asprezze, âpreté de douleur; en italien asprezza. Je m'étois résolu.... que je mepeusse dellivrer et mon esprit d'une si grande asprezze, VII, 70.
Asquenée^ haquenée. La planchette d'or qui estoit à l'asquenée de la duchesse (de Savoie) quand elle chevauchoit dessus, IV, 106.
Assaisiner^ assasiner; en espagnol asesinar. Il (L. Strozzi) fit pendre tous ces maraux qui l'avoient (le cardinal de Saint- André) >si misérablement assaisiné, IV, 123.
H. Estienne dit (p. 51) à propos du mot assacinateur : « Il a bien fallu que l'Italie ait dict assasinn longtemps devant que la France dist assacin ou assacinateur, veu que le mestier d'assaciner avoit esté exercé en ce pays-là longtemps auparavant qu'on sceust en France que c'estoit. Et ce beau mestier ayant passé les monts, et estant venu jusques en France, on a esté assez empesché à se donner garde de ceux qui s'en mesloyent, sans s'amuser à luy cercher un autre nom que celuy qu'il avoit apporté de son pays. »
Ceci est une invective à l'endroit des mœurs italiennes, mais le mot, sous une forme un peu différente, est bien plus ancien que ne voudroit le faire croire H. Estienne. Voy. Littré, au mot assassin.
Assape^ sapeur. Hz (les Viennois) ne furent point battuz en batterie.... mais bien de mines et de sappes qui furent faictes par les assapes, I, 321.
Assaillemcnt^ attaque. Don Pedro... ne vouloit qu'ilz bougeassent..., voulans là attendre l'assaillement, V. 317.
Assaut^ assaille. M. de Mandelot se trouve à l'audevant et l'assaut, VII, 292.
Assçavoir-mon. Voy, sro{'oir.
Asseicher^ dessécher. 11 (Montsallez) avoit les poulmons et le foye tous bruslez, gastez et asseichez, V, 483. Cf. IX, 543.
Assemblée^ chasse. Elle (Catherine de Médicis) alloit ordinairement avec luy (Henri II) à l'assemblée du cerf et autres chasses, VII, 345. Cf. Ihid., 399.
— ce Je croy, dit Cellophile, que je n'ay pas besoin de vous advertir qu'on dit : le roy est allé à l'assemblée, non pas à la chasse; car desjà de vostre temps on parlet ainsi. » (H. Estienne, p. 265).
Assemblement^ réunion, jonction. Messieurs le Prince et l'admirai le suivirent (Montpensier) pour se mettre entre deux (entre lui et le duc d'Anjou) et empescher leur assemblement, V, 15.
Asseuré^ sûr, ferme. Il (d'Amville) mettoit peu souvent dedans (le but, en courant la bague), à cause de sa veue qu'il n'avoit trop asseurée.... Il falloit bien que celuy fust assuré qui ne branlast soubs son coup, III, 371.
Asseurément^ avec assurance. Luy (M. de Lorge), sans s'estonner, met sa cappe au poing et l'espée à l'autre main, et s'en va asseurément parmy ces lions recouvrer le gand, IX, 390.
Assidu^ continuel. Ses combats (du baron de Lagarde) qui ont estez si fréquens et assidus, IV, 149.
Assicluellement^ continuement. Elle (Y voy) fut battue, deux jours durant, de trente-six pièces en batterie, si assiduellement qu'un coup n'attendoit pas l'autre, I, 305.
Assiduer (s'), se rendre assidu. Voy. Absujectir,
Assiègementj action d'assiéger. Je ne raconteray point l'assiègement du pape dans le castel Sainct-Ange, I, 280.
Assignation^ rendez-vous. Il fut apporté à César.... un petit
billet.... que Servilla, sœur de Caton, luy envoyoit qui portoit assignation ou rendez-vous pour coucher ensemble, IX, 506.
Assigné^ fixé, assuré. Ayant esté contrainct pour obvier à la
pauvreté d'aller prendre la croix à Malte , pour avoir au moins
de quoy se pourvoir et avoir la vie assignée pour la (in de ses vieux jours, VI, 288,
Jssoleiller (s'), se mettre au soleil. Et pour ce qu'il faisoit froid et qu'il faisoit là beau s'assoleiller, je m'y plaisois bien, V, 333.
Assoi'j^ assouvi. En cela M. de Bayard — , possible qu'il n'estoit pas assez assovy de la vengeance, VI, 268.
Assurer^ rassurer. Tous les regardans qui estoient sur le port
(de Syracuse) se perdoient d'admiration et d'ayse de nous
voir , les assurans de notre venue, qu'ilz n'eurent plus peur,
disoient-ilz, de cesle armée turquesque, V, 408.
Assus (courir), courir sus. Un simple capitaine piéton aller deffier un colonnel, tout le monde luy devoit courir assus, VI, 429.
Ast (armes d'), armes de hast. Pertuzanes, hallebardes et autres diverses armes d'ast, III, 254.
AstheurCj à cette heure. C'est assez parlé des princes, parlons astheure encor un peu d'aucuns par cy-devant, V, 30.
Jstrophile^ astrologue, astronome. Le principal présage de sa mort (de Charles IX) fut une estoille ou cornette qui apparut.... au plus proffond de la planette de Mercure ; ce qui n'est jamais guières advenu, ainsi que disent les resveurs astrophiles, V, 272. Cf. V, 240.
Astrosite^ astrologue. Les bons astrosites pourroyent là dessus en fayre quelque composition, VIII, 122.
Astuc ou astut^ prudent, astucieux. Voylà pourquoy M. l'admirai fut fin et astuc d'user de très sobres paroUes à l'endroict de ce maraut (Poltrot), IV, 254.
Aihéiste^ athée. Un grand docteur de la Sorbonne, nommé M. Poncet,... dict tout haut que telle parole estoit d'un vray athéiste, II, 327.
Attache^ attaque. Aussi estime-on fort un beau et bon lévrier d'attache.... qui ne s'attaque point à des simples animaux, mais aux j)lus furieuses et courageuses bestes. V, 187. (On appelait aussi chien d'attache le chien qui était ordinairement attaché, mais ici le sens n'est pas douteux). — « Ce mot attaquer, dit H.Estienne (p. 8i) participe du françois attacher (qui est le vray
mot et nayf) et de l'italien attacar.... Vous savez que les Picards, comme un cat et un kien, aussi disent-ils attaquer pour attacher. » Suivant Oudin, Texpress'on limier d'attache désignait o un païsan, im lourdaut. «
Attelage^ attirail. Où ne pouvant arriver (Alviano à Marignan) avec son infanterie et tout le reste et attelage de son armée, prit l'eslite de sa cavallerie, II, 197.
Attenté (être), être l'objet d'attentats. Il (d'Espernon) a esté guetté, cavallé, vendu, attenté et conjuré en toutes façons, VI, 97.
Attenter^ tenter, aspirer à.. . D'autres dames a} -je cogneu qui n'avoyent nul cœur ny ambition pour attenter choses hautes, IX, 5. Cf. IX, 448.
Atténuation^ exténuation. J'ay veu une vieille vefve qui mit sur les dentz, en moins de quatr'ans, son troisiesrae mary et un jeune gentilhomme.... et les envoya dans terre non par assassinat ni poison, mais par atténuation et allambiquement de la substance spermaticque, IX, 683.
Atténué^ affaibli, exténué, amoindri. Elle l'espousa, non pour l'amour qu'elle luy portoit, mais parce qu'elle le voyoit maladif, atténué et allanguy, IX, 144. Voy. Estiomené.
Aitiffaict^ attifet, coiffure de veuve. D'Espernon avoit juré cent fois.... qu'il tueroit Aubeterre et fairnit porter l'attifaict à sa femme, VI, 433.
Attirer^ envoyer, aposter. Elle attira un jour un sien vallet de chambre.... en sa chambre (la chambre de Gruffy) qui luy vint dire un jour, IX, 239. M. d Estrozze attira un courrier venir en poste et porter les nouvelles de la mort de Brusquet, avec son testament qu'il avoit supposé et faict faux, II, 258.
Attitrer, aposter. Cette dame de Milan qui, ayant donné assignation à feu M. de Bonnivet, une nuict attitra ses femmes de chambre avec des espées nues pour faire bruit sur le degré, IX, 388. M. de Salvoyson attitra des espions... ausquelz fit courir le bruit et donna langue comme dans un tel jour assigné le remuement devoit se faire, IV, H4.
Attitrer (s'), s'intituler. Voy. Intéresser.
Attrempé^ tempéré, adouci. Et ce que j'en escritz d'une plume attrempée, VI, 192.
Au devant (à 1'), au devant. M. de Guise lui vint (au connétable) à l'audevant luy donner le bon jour, III, 298. Cf. Assaut.
Aumenfation ^ aitmrnter^ augmentation, augmenter. Ce fut le roy François qui les (les maréchaux) aumenta à cela (au nombre de cinq) Le roy Charles et Henri III et Henri IV en ont faict la grande aumentation, V, 185.
Ausmnnnier^ qui aime à faire l'aumône. Elle (Marguerite de
Valois) donnant à tout le monde.... tant charitable, tant aus-
monnière à l'endroict des pauvres, VIII, 76.
Jusf^ août. Il y eut quelques-uns des nostres, auxquelz escheut, pour mesgarde,de manger de la chair la vigille de Nostre-Dame d'Aust, V, 409.
Ausiruchier^ celui qui dresse des autours pour la chasse. Les autres l'appeloient (Biron) le faux perdrieur (les austruchiers, fauconniers et chasseurs cognoissent ce mot), V, 131.
Autain^ autan, midi. Nous nf)us servons de tout le monde, dont nous avons fait revue, de l'autain et de la bize, X, 14.
Autant^ grandement. Elle (Mlle d'Atrie) fut l'une des honnestes, belles et sages de lu court.... et qui, par sa bonlé et douceur, se faisoit autant aymer et honnorer, II, 28.
Auttntique ^ certain, sûr. Lorsque M. d'Espernon vouloit aller en Provance, M. le mareschal (Matignon) manda au roy pour un grand conseil et fort autentique, qu'il rompist ce voyage, V, 170.
Auteur^ hauteur. Fut pris dans une forteresse un soldat lansquenet de si extrême auteur qu'on le lenoit pour un ge'ant, VII, 111.
Authnrisahle, qui fait autorité. Sur quoy j'allégueray un exemple plaisant.... non pourtant qu'il doive estre fort authorisable ny rejetable aussy, IX, 691.
Autîior'iser quelqiiiin^ lui donner de l'autorité. Parmyles estrangers, il falloit ainsi faire valoir et authoriser son roy, afin qu'ilz y prissent exemple à le mieux respecter, IV, 74.
Autrice, féminin d'auteur. On l'a (Catherine de Médicisj fort accusée du massacre de Pans, mais j'ay bien ouy dire qu'elle n'en fut la première autrice, VII, 363.
Avaléj tombant, pendant. D'autres sont opulentes en tétasses avalées, pendantes plus que d'une vache allaitant son veau, IX, 264.
Avantage. Voy. Afhantage.
Avarice, cupidité. Il n'y avoit guières dame ou fille résidente à
la cour.... qui ne fust débauschée ou attrapée par son avarice, IX, 482.
Jvarois, Avares. Caucan, roy des Avarois, IX, 381.
Jverlan, averlant^ partisan, compagnon. Machiavel et ses bons averlans ou adhérans ont fort loué Gœsar Borgia, II, 203. Par le moyen de Sainct-Barlhellemy, son bon averlant, il (le cardinal de Lorraine) le fit mourir (le prince de Portian),VI, 494.
Avezar (s'), s'accoutumer; en \\.A\iGn avvczzursi . Enfin elles s'y avezarent si bien qu'elles ne firent plus de scrupule d'y boire (dans une certaine coupe du duc d'Anjou), IX, 48.
Avis (sembler), penser, avoir la conviction. Voy. Foy.
Aviiallement, envitaillement, membrure. Son estrange avitallement le faysoit aymer d'elle, IX, 704.
Avoir à dire. Voy. Dire.
Ai'ous pas (n'j, n'avez-vous pas. A quoi luy répondant (l'infante Isabelle au duc d'Arschot) et luy donnant un grand soufflet, elle luy dist : N'avons pas honte de médire ceste paroUe? II, 128.
Ajmable^ agréable. Bien estoit-il (La Chastaigneraie) brunet, mais le teinct fort beau et dellicat et fort aymable, V, 88.
Ajse (à 1'), aisément. Mais la majeur part (des troupes) qu'il avoit (le duc de Guise) les eust emportez à l'ayse (les compagnies du roi de Navarre), IV, 228.
Bacule, bascule. M. de Grillon faict ferme sur le pont avec deux ou trois et les autres les advance vers la bacule, VI, 188.
Badinement, d'une manière badine. Voy. Salaudcment.
Bagasse^ femme de mauvaise vie. Quand il alloit par les rues quelque belle dame..., il (Don Carlos) l'appeloit putain, bagasse, chienne, II, 106.
Bailyf^ bailli. Il y avoit trois mill' Suisses, ausquelz commandoit le bailyf de Dijon, II, 298.
Baisser^ baisser le ton. Et si m'asseure que j'en y ay veu (au siège de la Rochelle) des plus fandans et eschauffez s'attiédir et baisser bas, VI, 62.
Bajestan ou Basestan, bazar (c'est le mot turc). Un'infinité d'âmes chrestiennes.... rais en esclavitude et vendus comme bestes au bajestan de Constantinoble, V, 67. Voy. Achapter.
Balaffré^ déchiré. Les chausses bigarrées, découppées, déchiquettées et balaffrées, V, 303.
Balay (traîner le), mener une vie débauche'e. Ceux qui ont pratiqué les courtisannes d'Italie, aucuns en ont veu et void-on choisir tousjours les plus fameuses et antiques et qui ont plus traîné le balay, IX, 682. (Nous disons aujourd'hui : rôtir le balai.)
Balance (porter), être mis en balance, en comparaison. M. de Guyze qui fut tué à Blois, lequel ne porta jamais ballance avec personne de son temps pour ses actions, V. 167.
Baler^ baller, danser. Les jeunes prothenotaires..., s'estudioient de dancer aussy bien et baler qu'un gentilhomme, II, 134. « Il se faudroit bien garder d'user en la cour, de ce mot danse (dit Philausone),ni de danser, ni de danseur. — Pourquoy? (demande Celtojjhile). — Pour ce qu'il y a long temps que tout cela a esté banni et qu'on a fait venir d'Italie bal et baller et balladin^ lesquels trois on a mis à la place de ces trois autres ; non pas toutes fois sans quelque changement, comme vous pouvez voir, car de hallo on a faict bal^ et ballare a esté changé en baller ; de ballarino ou balladino a esté faict balladin. Mais notez qu'on a fait venir les personnes avec les noms, voire non seulement des balladins, mais aussi des balladines » (H. Estienne, p. 199).
Balle, boulet. Il y en avoit (des canons) qui tiroient des balles de bronze et de marbre de onze palmes de tour, V^ 220.
Bandé ^ garni de bandes. (Guise) vestu d'un pourpoinct et chausses de satin cramoisy..., un saye de velours noir bien bandé de mesmes, IV, 233.
Bander^ dresser, soulever. Nous devons tenir M. l'admirai très admirable et un très parfaict capitaine, d'avoir bandé contre son propre roy son royaume, IV, 293.
Bandière^ bannière, pavillon ; en italien bandiera. S'estant (Dragut) mis au large et arboré la bandière du rachaptement. II, 31.
Bandon^ cri public, défense. Et (Trivulce), pour l'amour de lui (de Pescaire), avoit fait ûiire un bandon général après la bataille que nul seigneur I, 184.
Barbarisme^ barbarie. L'accès de la Porte du Grand-Seigneur n'est si libre comme de nos princes chrestiens qui ne tiennent du barbarisme comme les Turcz, II, 60. Voy. Civilité.
Barbe (avoir en), avoir pour adversaire. Il ne faut doubter que si ce vaillant capitaine (Doria) n'eust eu en barbe Barberousse et Dragut, qu'il n'eust faict des choses très esmerveillables, II, 89.
Bcirdable^ propre à être barde'. Ah ! je ne m'attaque pas à vous, Méray, car vous estes une grande courcière bardable, IX, 48o.
Bardot (passer pour), passer sans rien payer (le muletier ne payait rien pour un petit mulet ou bardot sur lequel il était monté). Il faut qu'elle (une digression) passe pour bardot sans payer péage, I, 45. Cf. IV, \k.
Barizel^ ofQcier de police à Rome, barigello. Nul barizel n'y eust osé y aller (dans la maiscm du cardinal d'Esté) qu'il ne s'en fust très-mal trouvé, III, 43.
Baronnesse ^ baronne; en italien baroncssa. Les marquises et marquisotes, les comtesses et contines, les baronnesses et chevalleresses, IX, 3o4.
Barricave^ fondrière, précipice. Le Quercy pierreux, rabotteux, montagneux et tout plein de barricaves, III, 73. Cf. VIII, 75.
Bas (depuis cinquante ans en), à partir de cinquante ans. Plusieurs (femmes) y en a-il qui se donnent plus de bon temps en leurs amours despuis cinquante ans en bas que de cinquante ans en avant, IX, 338.
Bas (être au), être mourant. L'empereur l'alla voir (René de Nassau) en son lict, ainsi blessé et fort au bas, I, 246. (Nous'dirions aujourd'hui être bien bas).
Bassesse^ état restreint. S'il (Vieilleville) eust voulu il l'heust (la religion réformée) bien mise à plus petit pied et bassesse, V, 50.
Basseur^ état de ce qui est bas. Voy. Clmant.
Bast^ charge, poids. Si bien que ces pauvres femmes, pressées de tel bast de médisances, IX, 470.
Bastanf^ suffisant, de l'italien bastare, suffire. Aucuns courtisans brocquardeurs, la voyant (la botte du duc de Saxe) si grosse à toute extrémité, rencontrarent là-dessus qu'elle estoit propre et assez bastante pour servir d'un fourreau de bois de lict de camp, I, 23. Cf. VII, 87.
Bastard ou bastarde^ la plus grande des voiles d'une galère. Nous vismes derrière nous quinze galères de Scicile venir d'un bon vent en poupe avec le bastard, VII, 82.
Baste^ il suffit, Baste que c'est un grand roy (Philippe II), VIII, 14.).
— Oudin donne le mot une baste avec le sens de tour, supercherie.
BastciUr^ batellicr. S'cstant accommodé avec quelques autres
en passager, luy qui sçavoit parler espaignol comme son François .... comme pauvre basteiller convioit ces pauvres soldatz espaignolz de passer la Moselle, VI, 118.
Baster^ arriver, survenir. Et quand mal leur (aux Français) hastoit en guerre, il (le prince d'Orange) en estoit perdu de joye, I, 244. S'il nous baste mal, nous avons la guerre civile avecques un capitaine cruel, partisan de Sylla, X, 14.
Bastiment, action de bâtir, édification. On dira que ses debtes (du duc de Guise) se sont faictes pour le bastiment de la Ligue, IV, 274.
Baston (essuyer le), essuyer les premiers coups. Voylà pourquoy il les (les mercenaires) faut les premiers hasarder et les premiers perdre, et leur faire essuyer bien le baston, IV, 208.
Baston (tourner au), obéir. Il (Charles VIII) vouloit redresser une nouvelle armée.... pour apprendre au pape et aux potentats d'Italie à tourner mieux au baston, II, 310-311.
Baston (être assuré de son), être sûr de son fait. Je n'avois point peur que la vie y eust couru; j'estois bien asseuré de mon baston; car je sa vois bien...., IX, 488.
Battaille, corps de bataille. L'empereur menant l'advant-garde.., le marquis del Gouast menoit la battaille, I, 94.
Baudouiner ^ faire l'amour (se dit des ânes). Jusques aux petits chardons chauds, dont les asnes vivent et en baudouinent mieux,
^ert« (avoir), avoir sujet de. Je veux faire fin...., bien quej'aye beau m'arrester pour dire qu'après sa mort (celle de Saint- André) M. de Vieilleville eut sa })lace de mareschal de France, V, 40.
Bec (faire le), faire la leçon. Ceux ausquels on avoit faict le bec respondoient que, grâces à Dieu, les maladies n'alloient plus en empirant, III, 31.
Bec (hausser le), prendre un air de défi. Sur ce, je maugrée le ciel, je mauditz ma fortune, je déteste la grâce du roy, je mesprise, en haussant le bec, aucuns maraux qui estoient pleins de fortune, V, 208.
Bec et de taile (donner du), user de tous les moyens. Là (Coligny) leur donna (aux retires) tant du bec et de l'aesle, comme l'on dict, qu'il leur fit laisser la pluspart de leur charriotz, IV, 320.
BégacCj bécasse. Voy. Brid-r.
Bellinier^ de bélier. Cette fille.... en se levant.... pousse si fort ceste balle bellinière, pellue, velue, qu'elle fit six ou sept bons joyeux, IX, 486.
Bénéficie^ bienfait. Les religieux de Brantôme.... par trop ingratz des bénéficies receus de moy, X, 142.
Bénivolance, bénévolence, bienveillance ; en italien benivolenza. Ces grands, encor qu'ilz fassent pour le commanceraent bonne chère aux traistres et aux ingrats à leurs bienfacteurs et leur monstrent quelques signes de bénivolance, VII, 245. Le Grand Turc... luy (à Charles VIU) envoya un'ambassade magnifique pour requérir son amour et bénévolence, II, 323,
Benoist, hémi. Benoist saoul, tout son saoul. Il se mit à dire que ces dames ne se contentoyent pas de manger de la chair crue en caresme, mais en mangeoient de la cuitte et leur benoist saoul, IX, 474. Cf. VI, 164.
Besoigne, besogne, bagage. Voy. Cariage.
Bestial, bétail. Quatre soldatz qui s'estoient defGez avoient choisi pour camp et estaquade un parc de brebis, dont usent les pâtres en là pour y retirer et resserrer leur bestial, VI, Soi.
Best ion, animal, bête ; en italien bestione, en espagnol bestion. Un grand linceul.... tout ouvré d'or et d'argent en personnages et de petits bestions, II, 392.
Biard, Béard, Béarn. Le baron des Guerres,... estoit de Lorraine, ses prédécesseurs estant pourtant sortis de Basque ou de Biard, VI, 233. Cf. V, 327.
Bien que (si), quoique. Ainsi qu'on vistaux pleines de Farsalle, mesmes Romains...,, mesmes aigles, mesmes armes...., si bien que Pompée mit force estrangers ramassez et vraie racaille, IV, 336.
Bienfacteur, bienfaiteur. Il (Aumont) regretta fort son roy et son bienfacteur, V, 176. Voy. Bénivolance.
Bien-veniat, bien-veniatis, bienvenue, accueil. A ce que m'ont assuré force personnes qui les (les fugitifs de Coutras) recueilloient et leur faisoient le bien-veniat, IV, 10. Le troisiesme jour (ceux qui arrivoient de l'armée) n'estoient plus que gentilz hommes qui deschoient du tout de leur grand bien-veniatis, IV, 7o.
Bienveuillance, bienveillance. Belle démonstration certes d'une grande bienveuillance, I, 246.
Bifferie, bagatelle, niaiserie ; en italien beffa. J'ay ouy dire à
plusieurs anciens.... que celuy (l'habit) du Sainct-Esprit, tant ù l'ordre qu'au manteau, n'estoit que quincaillerie et bifferie au pris de celuy de Sainct-Michel, V, 111. A voir dans les vieilles tapisseries de ce temps.... où sont pourtraictes les dames ainsy habillées qu'elles estoient pour lors, ce ne sont que toutes grosseries, bifleries et drôleries, VIII, 31.
Oudin rend ce mot par mauvaise marchandise.
Bigarré^ bizarre. Voy. Notre.
Bigu (donner le), donner le change. Ce gentilhomme ne voulut jamais de'celer la sienne (sa maîtresse), ains en alla controuver une autre d'autre part, et leur donna ainsi le bigu, IX, .102.
Biscain^ de Biscaye. Dom Pedro de Navarre, biscain, I, 161.
Biscaye^ bisque, terme du jeu de paume. La fortune le debvoit (Gaston de Nemours) laisser un peu survivre et ne lui rompre sa partie sur laquelle il avoit desjà trois jeux et biscaye, III, 18.
Bisongne^ hisoigne, recrue, de l'espagnol hixono. Ainsi qu'est la coutume d'aucune racaille de soldatz et de bisongnes qui ne sçavent encor les courtoisies de la guerre, II, 385, Cf. V, 318.
^/zarre, brave, noble; de l'espagnol bizarro. J'ay veu autresfois son portraict (d'Ant. de Lève) à Milan qui monstroit bien à son visage qu'il estoit vray martial, bizarre et songeard, I, 179.
Bizarretté, bizarrerie. L'un (un soldat) le disant mort (La Chastaigneraie) , l'autre afferma tout à trac le contraire et qu'il estoit impossible qu'un si vaillant homme.... fut esté tué.... Quelle bizarretté de ce soldat ! V, 83.
Blanc (armé tout à), armé complètement. Je pense qu'il la (Zénobie) faisoit bien aussi beau voir, aussi vestue si superbement et gentiment en habit de femme, que quand elle estoit armée tout à blanc, IX, 42G. '
Blanc (mettre à), ruiner. Les liguez le peuvent bien testifîer, qui le vouloyent (Henri IV) mettre à blanc, s'ilz eussent peu, I, 122. Cf. m, 153.
Blanchet, diminutif de blanc.
C'est tout ainsy qu'on voit une belle pucelle Avarement cueillir de sa blanchette main Force nouvelles fleurs.... X, 83.
Blandisse^ caresse ; en italien blandizio. Ce qui doit bien servir d'exemple et d'advis à force capitaines qui ont gardé des
pl;iccs, de peur qu'il/, ne se laissent aller aux douces sommations, blandisses et belles paroUes que leur disent et envoyent ceux de dehors, VII, 63,
Blanquc, espèce de loterie usitée en Italie. Quelques dames que j'ay ouy dire...., quand elles en mangent (de certains pâtés et de certaines friandises) et y peschent, mettant la main dedans ou avec les fourchettes, et en rapportant et remettant en la bouche ou l'artichault, ou la trufle ou la pistache.... elles disent avec une tristesse morne : blanque ; et quand elles rencontrent les gentils c... de cocq, et les mettent sous la dent, elles disent d'une allégresse : bénéfice^ ainsi qu'on fait à la blanque en Italie, IX, 222. De là la locution mentionnée par Oudin : tirer blanque^ ne rien trouver.
Blanquet^ qui est de couleur blanche (peut-être ce que nous appelons aujourd'hui albinos). Il y a des hommes qui n'ont que de petits bouquets de barbe au menton et n'en sont pas plus estimez de bon sang, ainsi que sont les blanquets et blanquettes, IX, 267.
Blasonner^ médii'e, raisonner, discuter. Nos cours de France ont esté fort sujettes à blasonner de ces honnestes dames, IX, 469. Si faut-il, en matière de querelles et d'accord, s'en rapporter et se lier tousjours aux grands rois, capitaines, connétables et mareschaux, lesquelz doivent blasonner des armes, de leurs débats
et accords mieux que nous autres pauvres diables, VI, 367.
BlcuJ^ bleu. Et au dessus estoit porté ung riche poisie bleuf en manière de ciel, VII, 322.
Boiteux (attendre le), attendre le temps, l'occasion. En ces choses.... il y faut bien adviser et attendre un peu le boiteux, V, 80.
Bon (voir son), trouver l'occasion bonne. Puis (Vitaux) voyant son bon et qu'il estoit temps, sort un jour de son logis, VI, 332.
Bon de quelqiiun (faire), compter sur lui, en répondre. M. de
Moutluc dist au roy François pour l'animer à la bataille de
Serisolles qu'ilz estoient en Piémont..., six mille Gascons desquelz il faisoit bon, VI, 209.
Bon du faict (venir au), venir à l'effet. Et quand se vint au bon du faict (à la bataille de Pavie) il (François I") en trouva (des soldats italiens) un nombre si petit qu'ilz ne paroissoient rien, III, 148.
LEXIQUE. 1 f»7
Bonhomme (le), le peuple. Mais comment (certains capitaines) les portent-il/ (les armes) ? En les traisnant et en tenant les champs, cherchant les parroisses, en vivant et rançonnant le bonhomme, VI, 411.
Bonnes (être en ses), être dans ses bons moments, être en fête. Il (M. de Bure) demanda à boire en ce godet riche où il faisoit ses grands carroux avec les coullonnelz quand il estoit en ses bonnes, I, 317.
Bonnette^ bonnet. Voy. Calle.
Boubances ^homhancQ^ magnificence, Rome.... devenant sur son déclin vieille et lassée, quicta toutes ses boubances et pompes venteuses, I, 63.
Bouche (être sujet à sa), être sur sa bouche, être gourmand. A manière des friands et de ceux qui sont subjectz à leur bouche, quand ilz ont envie d'un bon morceau, faut qu'ilz en tastenl, IX, 577.
Bouché^ caché. Cette honneste dame, de nuict, bouchée avec son touret de nez, car les masques n'estoyent encores en usage, IX, 236.
Bouchonné^ fagoté. M. de Guyse ne l'appelloit jamais que moyne; car elle (Mme de Randan) s'habilloit et estoit bouchonnée comme un religieux, IX, 648.
Boucler^ bouclier. Voylà pourquoy ces vefves doivent estre sages et ne bruire tant.... pour après faire ces belles levées de boucler, IX, 669.
Bouclette, petite boucle, anneau. Par la petite Dottine brunette, et bien tirée et luisante, elle sert d'appeau aux jeunes gens, et d'amorces par le son des bouclettes, IX, 311.
Boucon^ morceau ; en italien boccone. Despuis il la fit (François I", Mlle d'Heilly) duchesse d'Estampes..., mais il ne s'y arresta pas tant qu'il n'en aymast d'autres; mais celle-là estoit son principal boucon, 111,245.
Boucon puceau^ virginité. Il y a d'aucunes filles qui craignent si fort leur père et mère qu'on leur arracheroit plustost la vie du corps que le boucon puceau, IX, 99.
Boucquer^ céder à la force, se soumettre. Enfin il falut qu'il (le duc de Saxe) vint boucquer et se rendre prisonnier, I, 21.
Bouge, sac. Devant avoit xxiv mulletz fort beaux, chargez de bahus, coffres et bouges, II, 207.
Bouil, troisième personne de l'indicatif présent du verbe bouillir. Rien n'est impossible à la jeunesse pour le sang jeune, neuf et bouillant qui leur bouil dans le corps et dans l'âme, V, 367.
Bouleversé^ culbuté. (A l'assaut de Coni) mon oncle de La Chastaigneraie et luy (San-Petro Corso).... montés en haut sur la
bresche , le dict San-Petro fut bouleversé de haut en bas et
blessé, VI, 213.
Bourcillementj action de boursiller. Après qu'ilz (les reîtres) en eurent un peu touché (de l'argentj par quelques bourcillemens que les huguenots eurent faict entr'eux, III, 286.
Bourdelerie^ débauche. Combien de temps porta-il (Claude) les fredaines et sales bourdeleries de Valleria Messalina, son autre femme, IX, 30.
Bourdeller, se livrer à la débauche, IX, S4. Bourguignotte^ casque ouvert par devant. Tous l'armet en teste ou bourguignotte, I, 46.
Bourle^ bourde, plaisanterie. S'il eust dit quelque chose de bon et vi'ay, il (le roi) ne l'eust escouté.... et, pour ce, s'estoit advisé à trouver ceste bourle, VII, 129.
Bourre (sous), secrètement, sous cape. Qui en avoyent ouy parler du mestier, tant dames que iilles, se mettoyent à rire sous bourre; les autres en crevoient tout à trac, IX, 46.
Bout (sus), debout. Car nostre grand roy Henry s'estoit remis sus bout avec une très bonne armée, II, 7o. Cf. IV, 4.
Bout (au), à bout. Ce sont eux (les Espagnols) qui sont venus au bout des Allemans et leur ont mis le joug, VII, 10.
Brac^ camus; en espagnol braco. Il (Henri III) en fit les lettres....
si rigoureuses, si qu'ilz furent tous estonnez, et demeurarent
courts et hères et bracs, V, 436.
Braillement^ action de brailler, II, 26S. Voy. Guitterne. Branchier^ qui perche sur les branches. En ce mois d'avril qui en rameine la saison et venaison des cocus ; je dis des branchiers (coucous), IX, 4.
Branle^ espèce de danse. Ce conte (de Brissac) estoit universel en toutes (les danses), fust pour les branles, pour les gaillardes, pour la pavanne d'Espaigne, pour les Canaries; bref pour toutes, VI, 141.
Bravade j pompe, magnificence. Voy. Orgueil. Bravement ^ splendidement. Voy. P lanière.
Bravement^ magnificence. Si que ceste entrée (de Charles VIII à Rome) ne sentoit nullement sa pompe ny bravement, mais un vray tremblement ou foudre de guerre, II, 287.
Braver^ faire le bravache, le fanfaron. Il (le marquis del Gouast) brava fort en ce festin, jusques à promettre ausdictes dames qu'il leur amèneroit ce jeune prince (le comte d'Enghien) prisonnier, I, 203.
Bravesse^ furie ; de l'espagnol hraveza. Il y avoit quinze mille Suisses, lesquels poussez.... d'une superbeté opiniâtre et bravesse barbare, II, 380,
Bravetté, bravade; en espagnol hravata. Nous autres.... nous voyons bien qu'il luy (Henri III à Condé) parloit de hautes paroUes et de grande bravetté, IV, 345. Cf. VI, 279, 393. Voy. Bont.
Bravigant (être) , faire le triomphant ; en italien braveggiare.
M. du Mayne tenant la campaigne, estant bravigant et sur le
poinct de faire encore quelque chose de nouveau, VII, 213.
Brésil, bois rouge et sec. Les autres portoyent de petits dards de brésil, le fer doré, IX, 320.
Brevet, billet. Ce n'estoit pas pourtant la faute de César, car il falloit nécessairement qu'il manifestast ce brevet, IX, 507,
Brévière, brévire, bréviaire. Les autres (les évêques) qui crachoient quelque latin, c'estoit quelque latin de brévière, mal raflSné et tamisé, VII, 73. Goutery.... qui est mort à Thurin pauvre prebstre n'ayant que (ce que) sa messe et son brévire luy produisoient, V, 77.
Bride (tenir), s'arrêter. Ayant tué quelques hommes qui s'advancèrent d'essayer de passer les premiers, les autres tindrent bride, attendans leurs harquebusiers, VII, 299.
Bride (se fâcher soubs). Mondit seigneur (F. de Guise) répettoit souvent telles paroUes devant M. le cardinal (lequel) pensant que ce fut une pierre jettée dans son jardrin, il en enrageoit et s'en faschoit fort soubz bride. (Je crois que cette locution peut s'expliquer ainsi : Il s'en faschoit fort en rongeant son frein), IX, 612.
Brider (se), se donner un coup (en tirant l'arquebuse). M. d'Estrozze s'y bridoit bien quelquefois, à cause des grosses charges, VI, 77.
Brider la bécasse (terme de fauconnerie), faire un coup. Sans
200 T.EXIQUE.
les Souysses, la bécasse estoit bridée, V, 348. Il n'estoit plus temps de s'en desdire, car la bégace en estoit bridée, VI, 264.
Brier (ternie de fauconnerie), rogner, couper. Il (le connétable de Bourbon) se vouloit faire roy des Romains, et eust bien brié les aesles aux papes, I, 285. Cf. III, 115.
Brigandcr, se livrer au brigandage. Il faut bien qu'il/, (les soldatz) vivent ; et vivre ne peuvent-il/ s'ilz n'ont leurs payes ou ne brigandent, VII, Io3.
Briganderie, brigandage. M. le mareschal (de Brissao) fit desmanteler.... les murailles, pour vanger le pays d'un monde de bi-iganderies et voleries que ceste ville (Volpiano) soulloit faire, I, 313. Cf. VI, 16.
Brîgandine, armure légère. Apprez entroient.... lesarchiers de la garde.... armez de brigandines, II, 303.
Brigueur^ solliciteur. M. du Gua mort, il y eut force brigueurs et contendans à ceste charge, V, 360.
Brinde^ coup que l'on boit à la santé de quelqu'un. A cause des grands maux qui sortoient de ces brindes ordinaires et dissolus, I, 30.
Brindement, action de brider. C'estoit assez pour faire perdre la moitié du monde, à faute de ne le peupler, par tels brindements, serrures et fermoirs de nature (il s'agit des cadenas de chasteté), IX, 134.
Bris, débris. Et de ces bris et reliques de l'armée du duc d'Orange, plusieurs François se joingnirent avec le duc des Deux- Ponts, II, 165.
Brndequiné ^ maroquiné. D'autres (femmes) ont la chair d'oyson ou d'estourneau plumé, harée (voy. ce mot), brodequinée et plus noire qu'un beau diable, IX, 264. (Je n'ai point trouvé d'autre sens pour ce mot que je n'ai pu rencontrer ailleurs. Au moyen âge brodequin ^%\i\vdi\A Littré, désignait une espèce de cuir.)
Brodure^ bordure, garniture. Elle (Anne de Bretagne).... luy (à Anne de Vivonne) légua par testament deux robbes de drap d'or.... Elle luy ordonna aussy deux paires de brodures, belles et riches, ainsy que la façon en couroit pour lors, X, 47.
Brouiller^ mêler. Elle (la duchesse de Savoie) fit perdre Testât à son mary, car elle ne cessa jamais qu'elle ne le brouillast au party de l'empereur, II, 141.
Bruire, voy. Bruyre.
Bruit^ réputation. Voy. Arrest.
Bruslahle^ bon à brûler. Et pour ce (Charles-Quint) cstoit indigne de sépulture en terre saincte et très bruslable comme un fagot, I, 60.
Brutte (mer), mer peu sûre ; de l'italien brutto^ sale. Le capitaine de l'isle d'Isquie (Ischia) advertist par trois voilées de canon que la mer estoit brutte ; ilz usent de ces motz pour dire qu'il y a des corsaires en mer, II, 51-j2. (Nous disons encore aujourd'hui patente brute, par opposition à patente nette,)
Brtiyre^ faire du bruit, parler. Il luy (à une dame de Milan) prend envye de voir ce M. de Salvoyson dont l'on bruyoit tant, IV, 118.
Buffe (grand'), le haut de la visière; en italien buffa. Il (François V^^ à Marignan) s'y mesla si bien qu'il y fut en grand danger, car sa grand'bufie lui fut percée à jour d'un coup de pique, III, 137.
Bureau^ tapis qu'on mettait sur une table. Après qu'on m'a mis sur le bureau (c'est-à-dire après qu'on s'est occupé de moi), on me laisse et en prend un autre, IX, 670.
Busquer^ chercher; de l'espagnol buscar. Tous deux mettent la plume au vent.... et vont busquer fortune, V, 399, Il (D'Avila) avoit faict plus d'estat de garder son chasteau.... que non d'aller aux champs busquer advanture, II, 183.
But (au), à bout. Voy. Bout et Venir.
Buye, buire, broc, pot. Et s'il/, (les seigneurs) ne luy (à Brusquet) vouloient rien donner gratis, bien souvent quand il estoit dans leur salle.... et qu'il y vist quelque beau bassin ou buye d'argent, on se fust donné garde qu'aussitost.... il mettoit l'espée au poing, et faisoit accroyre qu'ilz luy avoient donné un desmenty...., si qu'il les dégastoit tous, II, 263.
Caballe, manœuvre. Cestuy-ci (Espernon) s'est advisé d'une certaine caballe d'œconomie, à laquelle les autres n'avoient jamais jeté l'œil;... car luy détestant toutes ces possessions, domaines..., il s'est faict donner force beaux gouvernements qui luy valoient plus que tous les acqueclz du monde, VI, 100.
Cabron^ peau de bouc ou de chèvre; en italien cabrone. Est-ce la boutique que j'ay veu d'autresfois où vous aviez d'ordinaire une
douzaine de valletz. .. qui ne travailloient qu'en vellours et toutes sortes de marroquins et cabrons, VI, 156.
Cadène^ chaîne; en espagnol cadena. M.Parisot, grand maistre de Malte, le voyant (Dragut, prisonnier) un jour ainsi à la cadène... II, 50.
Cagiiade^ cacade; en espagnol cagada. Voilà une belle retirade, ou pour mieux dire coyonade ou caguade, VII, 282.
Caignardier, cagnard, poltron (gueux, suivant Oudin) . Traisnant ainsi (d'Essé) sa vie en langueur, j'ay ouy dire qu'il la maudissoit cent fois le jour... et qu'il fust réduict à mourir en un lict, comm'un caignardier, III, 391.
Caillé, grassouillet. Se voyant ainsi belles, blanches, caillées, poupines et en bon point, IX, 220. Lesquelles sont si belles, si nettes, propres, fraisches, caillées, si amiables et si en bon point, Ibid, 270.
Je n'ai trouvé ce mot que dans un seul dictionnaire, celui de Cotgrave, mais son sens ne peut être douteux, comme le prouve le passage suivant de la 26'^ Serée de Bouchet (p. 433) ;
« Le maistre de la maison, qui estoit des plus gras, et pour cette cause on le nommoit l'enfant caillé, va demander a son médecin Rondibilis aussi gras et caillé que lui...
Calemart. Voy. Gallemard.
Caler ^ garder le silence, se taire; en espagnol callar. Là où sont les soldatz espaignolz, tous les autres doivent caler et se taire devant eux, VII, 8.
Calh, bonnet, calotte. En sa tête (Jacques de Bourbon) avoit ung gros bonnet blanc (que l'on appelle une calle et nous autres appelions callotte) ou bonnette blanche de layne, VIII, 187.
Callesson^ calson^ caleçon. Qu'elle les retrousse tant qu'elle voudra (ses habillements), jusques à laisser les callessons, ou mettre le vertugadin dessus eux, sans les mettre sur le cotillon, comme plusieurs le font.
La mode des caleçons était récente, suivant H. Etienne (p. 159) : (( Les vertugales ou vertugades, demande Celtophile, qui avoyent la vogue de mon temps, sont-elles demeurées. — Ouy, répond Philausone ; mais elles (les femmes) ont depuis commancé à porter aussi une façon de haut de chausses qu'on appelle des calçons. » Suit l'explication des motifs de cette mode nouvelle.
Callumnie^ cabale, calumnia. Luy (Guise) et le cardinal son
frère eurent toute la charge et gouvernement du royanme... Ce ne fut pourtant sans de gi^andes envies et callumnies, IV, 222. Camp, champ clos. Voy. Bestial.
Campane, cloche, clochette; en italien campana. Philibert (d'Orange) la nuict... fit mettre toutes les campanes des mulets dans les coffres, VII, 272.
Candeur, e'clat, blanc. Ny plus ny moins qu'on voit un excellent peintre qui, après avoir faict le portrait d'une fort belle et agréable dame, luy appose auprès d'elle ou quelque vieille ou quelque esclave more, ou quelque nain très laid, ^afin que leur laideur et noirceur donne plus de lustre et de candeur à ceste grand'beauté et blancheur, II, 414. Tous trois regardoyent un fort beau tableau où estoit peinte une Charité toute en candeur et voile blanc, IX, 160.
Cane à (faire la), caner devant Je vis (à La Rochelle)
l'armée du conte Montgoumery, montant à cinquante vaisseaux, faire la cane à six gallères, IV, 124.
Cangrène, gangrène. Et fut jette sur luy (Randan) un artiffice à fœu qui lui gasta et brusla ses jambes jusqu'aux os, si bien qu'au bout de quelques jours il mourut, pour s'y estre mis la cangrène qu'on ne peut (put) jamais oster, VI, 33.
Canonnade, coup de canon. Et luy (à Gaston de Foix) fut tiré une canonnade qui tumba auprès de luy et des siens sans aucun mal pourtant, IV, 243. Cf. V, 333.
Canonnière, embrasure de canon. Charbonnière...., un des meilleurs et plus justes harquebuziers qu'on eust sceu voir, et ne faisoit autre chose léans...., regardant par une canonnière, que tirer incessamment, VI, 134.
Canton, coin. On nous avoit assuré qu'on le vouloit (Bussy) tuer par les rues, oii nous pensions nous battre à chaque canton, VI, 188.
Capitainesse, capitane, galère montée par le chef ou l'un des chefs d'une flotte. La capitainesse noire, avec ses fustes et barques, parut la première, III, 234. — H. Estienne (p. 308) nous apprend que ce mot était d'origine récente et de plus (p. 270) que le mot capitaine « a esté accoustré en trois diverses façons. Les uns en ont fait Kaytaine, les autres Keytaine, les autres Kepitaine. » Enfin suivant Bouchet (2o* Serée, p. 417), ce mot était encore défi-
'20k LEXIQUE.
giiré par les soldats qui disaient non pas « mon capitayne », mais (i mon cayntène ». Voy. Cnppitayneau.
Capituller, re'gler les termes d'une capitulation. Jullian Romero... pensant faire condescendre M. le connestable, qui capitulloit, à plus honnorable party, le vint trouver, VII, 77.
Capot, manteau (nous n'avons plus que le féminin capote). Pareil traict de Denys le Tyran, quand il osta et arracha le capot d'or à son Appolo, III, 164 et note 1.
CappitaYTieau, petit capitaine. Comment, dist M. l'admirai, et petit cappitayneau de merde, osés -vous contreroUer mes actions? IV, 324, note 2. Voy. Capitainesse.
Caprichey caprice ; en italien capriccio ; en espagnol capricho. Ils portent (les amants supportent) des, martels, des capriches, IX, 186. Cf. V, 31. — Ce mot caprice, qui est si bien passé dans la langue, était rejeté par H. Estienne (p. 114). « Je di que nous pouvons... nous passer de caprice, et que au lieu de dire : Quelque caprice ta pris, ou il a pris je ne sçay quel caprice^ ou il est entré en je ne scay quel caprice, nous pouvons parler ainsi en bon françois : Je ne sçay quelle mouche fa piqué ; ou (en usant d'un beau mot extraict de la langue grecque) je ne sçay quelle fantasie luy a monté à la teste ; ou il a pris subitement une fantasie.
Care^ mine, air. Et Dieu sçait quelz hommes, tous cares de princes, voire de plus, VI, 102. Voy. Carre.
Caréage, carréage ^ cariage, charroi, train, convoi. Il (Pescaire) la trouva (son armée) si chargée, embarrassée de bagages, de caréages, mulles, mulletz et chevaux, VII, 5. Pour faire la
queue de tout, y avoit encor vingt-quatre mulletz avec aussi
force cariage de charriotz qui portoient force aultres besoignes, comme lictz de camp, vaisselle et autres choses, II, 211. Cf. VII,
Carier^ carreler, garnir. Quand ces messieurs furent à table qui avoient tous grand fain et s'attendoient à bien carier leur ventre, II, 2S0.
Carnacier, avide de carnage, féroce. En ceste deffaicte il (La Chastre) se montra grand meurtrier et carnacier, V, 427.
Caro ou carreau, pavillon carré que l'on arborait au mât de la galère amirale. Voy. Arbre.
Carolle, danse; en italien carola^ danse avec chant. Telles filles que je viens de dire font de mesmes, lesquelles amprès
elles se veulent mettre à la grand' dance et à la douce carolle de la déesse d'amours, IX, 586.
Carottx^ voy. Carroux.
Carracjue, gros navire rond. Il y avoit unze carraques, deux cents gallères et vingt-six gallées à voilles, ainsin les nommoit-on alors, II, 300,
Carraticjue (fièvre), probablement pour carotique. Il luy (à Charles IX) survint une lièvre carratique, qui tantost estoit quarte, tantost continue, V, 271.
Carre ou rare, visage, mine, air. Lui (Lautrec), se doutant à leurs mines et carres, non si allègres et joyeuses comm'elles dévoient estre, III, 31. Voy. Acarcr et Cure.
Cnrréage, voy. Caréage.
Carreau, voy. Caro.
Carretier, charretier. Un médecin espagnol... chargea un jour un maquignon... de luy trouver una niula que fuesse viuda. Le carretier luy respondit... VII, 167.
Carroi/sser, faire carroux (voy. ce mot). Ce chevallier de la Toizon (de Bure) tuniba soudainement mallade au lict, fust de quelqu'effort qu'il eust faict en avallant ces grandz verres de vin à mode du pays, carroussanl à outrance, I, 314. — « J'ay ouy dire souventes fois depuis mon retour faire carous et quelques fois tout en un mot aussi carousser, et n'est-ce pas la raison de retenir le mot propre des Alemans, puisque le métier vient d'eux? » (H. Estienne, p. 43).
Carroux, caroux^ débauche de boisson, I, 30. Voy. Despendre,
Cartier, quartier. Le roy des Ribaux avoit charge et soing
de leur faire (aux filles de joie) départir cartier et logis, III, 128.
Cartier, quartier de pierre. Au siège de Chartres, oii il (F. de Chastillon) alla à l'assaut, et eut un grand coup de cartier sur la teste, et sans le casque il estoit mort tout roide, VI, 204.
Cartigcr, lever des plans; en italien carteggiare. Il (Biron) s'entendoit très bien à cartiger, et en faire luy-mesme des cartes, V, I5o.
C«^, chose. M. de Guise loua les François, loua les Espaignolz, encor qu'ilz n'eussent faict si grand cas qu'on eust bien dict, IV, 248. Il (Montpensier) n'en peut (de l'héritage de Bourbon) avoir grand cas du temps du roy François, V, 6.
Casanier, de la maison [rasa). Auquel, comm' est la coustunie
ordinaire des jeunes cadetz, prit envie de ne s'amuser aux cendres casanières, mais d'aller voir le monde, V, 399.
Casserie, licenciement. La paix arrestée... il y eut de trèsgrandes casseries ; mesmes le roy cassa ses gardes et n'en voulut plus avoir auprès de soy, V, 352.
Casseron, espèce de poisson de mer. S'il (La Chastaigneraie) va jamais en enfer, il faira si grand peur aux diables qu'il les en chassera tous. . . et qu'il sera plus noir en sauce de casseron que tous eux, V, 88.
Castellan, châtelain, gouverneur de château. Quelques-uns des gardes nous dirent qu'ilz alloient parler au castellan, I, 282.
Castellane, femme de castellan, châtelaine. Ainsi ces geollières^ castellanes et autres, traittent leurs prisonniers, IX, 163.
CastiUe, démêlé. Pour une querelle petite ou castille d'un pied de mouche, I, 118, note I.
Catarre, caterre^ catherre^ apoplexie, catarrhe. L'on parla fort diversement du genre de la mort de ce grand roy (Charles VIII). Aucuns la disoient d'un catarre ou apoplexie, II, 326. L'autre fit responce .. qu'il mourroit de froid, et qu'il se morfondroit et engendreroit un bon rume, un catherre ou un bon purigi, VI, 420. Cf. VIII, 124.
Catif^ captif. Libérateur de la mer, libérateur des catifz, I, 69.
Causer, dire. J'ay ouy dire... que volontiers aucunes personnes se souviènent à leur trespas des choses qu'ils ont plus aymées....; mourant ilz en causent quelque mot, IX, 465.
Causeur^ bavard, railleur, voy. Hauguineur,
Cautj fin, rusé, cautus ; en italien cauto. Charles de l'Aunoy, fin et caut, estant arrivé à Gênes avec le roy, I, 228. Cf. V, 253.
Cautemant, adroitement, par ruse. Quelle finesse de rusée pour atraper cautemant l'amour d'un grand, VIII, 172.
Cauthoriséy cautérisé, J'ay ouy dire à des grandz que mal voulontiers un' ame ou conscience cauthorisée de quelque grand forfaict ne reçoit une vaillance avec soy, I, 213.
— Suivant Oudin (p. 75), on appelait esprit cautérisé « celui qui avoit mauvaise qualité ou mauvaise conscience. »
Cavalcade, course à cheval. Il (Alviane) cuyda attraper ce grand marquis de Pescayre par une grande et longue cavalcade qu'il fit un jour, II, 195.
Cavalier, poursuivre. Voy. Attenté.
Cavallin, petit cheval ; de l'italien cavallino. Deux bons chevaux, qu'on nommoit alors cavallins, qui sont de légère taille,