Dialogue de Portografe^ p
sont pas les seules différences qu'il signale entre récriture et la prononciation ; si l'on écrivait encore col, fol., mol , sol, on n'en prononçait pas moins comme aujourcriiui, cou, fou, mou, sou ; on prononçait même des lettres qui ne s'écrivaient point ^, comme le l euphonique, dans les expressions ira-il^ y a-il j dira-oïij etc., où nous le mettons aujourd'hui et où Brantôme, comme ses contemporains, ne l'intercale jamais \
Je signalerai aussi quelques petits faits qu'il est utile de relever. Plusieurs mots ont changé de genre depuis le XV[* siècle. Ainsi, dette, dot, feuille, horloge, conformément à leur étymologie latine, affaire, etc., étaient masculins, tandis que poison {j)otio) était du féminin. Diverses locutions qui amènent le sourire sur les lèvres quand on les entend aujourd'hui : du depuis, je suis éle\ être péri^ premier que, étaient alors du meilleur français. Enfin il y a des mots dont le sens a singulièrement faibli. Inconvénient, qui ne signifie plus guère qu'un désagrément, était jadis synonyme de malheur et de ruine. Meurtrir est maintenant bien loin de sa signification primitive que l'on retrouve encore dans meurtre et meurtrier. Il en est de même de ^éne et gêner (torture, torturer) .
Pour rendre ce lexique aussi complet que possible, j'ai dû relire tout Brantôme la plume à la main et