‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 91 sur 181 · IX · texte numérisé non relu

IX

Emboucher quelqu'un^ lui faire la leçon, l'instruire, s'aboucher avec lui. Et (Strozzi) ayant embouché auparadvant ledict sarrurier, II, 246. Le roy François...., pensoit, s'il avoit une fois veu l'empereur.... et qu'il l'eust embouché, qu'il s'accorderoit aussi tost avec îuy, I, 231.

Emhourreur de bas, ardent en amour. J'en ay cogneuune (dame) qui avoit un mary très bon emhourreur de bas, IX, 151.

Émeric, émeri. Une lame vieille, rouillée et mal fourbie, là où il y faut plus d'émeric que tous les fourbysseurs de la ville de Paris ne sçauroycnt fournir, IX, 175.

Éminence, grandeur. Par quoy (César) faisant bonne contenance et dissimulant l'éminence du mal,.... s'en va à dessein visiter les temples, X, 19.

Emmener^ amener. Le capitaine Charry vint après en nostre camp.... et emmena un beau et grand régiment de Gascons.... qui fut un bon secours, V, 338. Voy. Matois.

Enimollé^ émoulu; de l'espagnol amolar. Un jour.... entrant dans l'armée du roy à La Rochelle, il trouva un capitaine nouveau qui venoit d'estre nouvellement emmoUé et ne cognoissant point ledict gentilhomme, VI, 168.

Emperière, impératrice. Tant y a que ce fut là une libérallité qu'une grande emperière ou reyne n'en eust voulu user, V, 31.

Empérière^ dominante, impérieuse. Tellement que, pour la trop grande présomption qu'elle a de sa chasteté.... (son mari) ne la peut retenir qu'elle ne face de la femme emperière, IX, 173.

Empescher (s'), se presser, se donner de la peine. Cette belle dame, plus elle se remuoit à reprendre la couverture, tant plus elle se fiiisoit paroistre, ce qui n'endommageoit nullement la veue et le plaisir du gentilhomme qui autrement ne s'empeschoit à la recouvrir, ÏX, 281.

Empiété, ayant pied. Charles Vllt ayant advisé avec son conseil qu'il n'estoit pas bon d'avoir un si puissant seigneur ancré et empiété dans son royaume, VII, 309.

Empietter. Dans la langue du blason ce mot se dit de l'oiseau qui lient la proie dans ses serres. Soliman..,, l'achevoit de ruiner [b Hongrie) et l'emporter sans l'aigle de l'erapeur qui l'eust empielté luy-mesme, sans qu'il se mit à la fuitte, I, 18.

Empistollé, muni de pistolets. J'ay ouy conter à feu M. de Ferre que ces reistres ne craignent gens tant qu'ils font les Turcs...;

ce que je treuve fort estrange..., veu que les reistres estoient armez jusqu'aux dentz, et si bien empistoUez, pour l'ofTansive et deffensive, IV, 204.

Emprèsj après. Quand on en void aucunes garder leurs viduitez, il ne les en faut pas tant louer..., jusques à ce que l'on sçache leur vie, et craprcs.... les en haut louer ou racspriser, IX, 725. Voy. Amprès.

Émulation^ jalousie, envie. Monstrant par là (Charles IX) une compassion qu'il avoit de luy-mesmes, et une sourde ém ulation de Monsieur, son frère, V, 2oI.

Erij à. Sa douceur et sa bonté le rendent (M. de Nemours) très aymable, surtout aussi sa grande libérallité..., car il n'a rien en luy. Ce qu'il prend d'une main, il le donne de l'autre, III, 18o.

En ce que, à cette fin, à condition que. Après le massacre de la Saint-Barthélémy, le roy.... le remit en sa grâce (La Noue), le remit en ses biens, en ce qu'il aille à La Rochelle et persuade aux habitants de rentrer en leur deue obéyssance, VII, 216. Le roy et la reyne.... obtinrent de M. le prince (de la Roche-sur- Yon) qu'il oublieroit le tout et ne luy dcmanderoit rien (à Maulevrier) , en ce qu'il ne se montrast jamais devant luy, V, 28.

En là, en ce pays-là. Voy. Bestial,

En main^ à la main. J'ay veu ung petit traitté escript en main, III, 69, note 4.

En pour, empour, pour, au lieu de, à la place de. Et contrefaisant de l'endormy en pour son maistre dont il tenoit la place, I, 226.

En tant, entre-temps. Il (Charles de la Paix) nous a tenu en prison, mon mary et moy, ma fille et son mar}'. En tant est advenu que madicte fille et son mary y sont mortz, VIII, 163.

Enamouracher [a'), s'amouracher; en italien innamoracciarsi. Quand elles (les veuves) ont envie d'un homme et qu'elles s'en viennent enamouracher et encapricher, elles vendroient et donneroient jusques à leur chemise plustost qu'elles n'en tastassent, IX, 577.

Encadené, enchaîné, II, 86. Voy. Grief.

Encapricer, encapricher ^ encapricier , se mettre en tête, s'amouracher, s'éprendre ; en italien incappriciarsi. Qui me fait ressouvenir.... de quelque belle dame vrenilleuse et voilage qui, en-

capricce désordonnéuient d'ua nouveau amant, l'ayme, l'adore,

III, 12. Voy. Enamourachcr.

Encarcércr, incarcérer. Il n'y avoit pas longtemps qu'il (l'archevêque de Tolède) avoit esté encarcéré, I, Qi.

Encharger^ prescrire, ordonner, Voy. Enderier.

Encharner^ se l'assasier ; en espagnol, encarnar. Il en devoit tousjours gouster en appétit, et faire comme l'on faict aux dogues en Angleterre, lesqiielz leurs maistres ne laissent jamais encharner sur la beste qu'ilz ont attaquée, mais les en retirent aussitost qu'ilz les voyent acharnez et par trop aspres, VI, 164.

Enchouer, échouer. L'empereur Charles scavoll.... très bien desbaucher, pour s'en servir, les pauvres estrangers; mais après les avoir enchouez comme un pauvre navire dans la vase et s'en estre servy, il n'en faisoit plus de conte, comme il fitdeM.de Bourbon, du duc de Savoye Charles et du marquis de Salusse qui, tous trois, furent malheureux et fort fatalz pour avoir pris son party, II, 234.

Endoueure^ obstacle. Mais l'encloueure estoit en ce qu'il eust de grandes guerres de tous costez, I, 40.

Encoffrer^ coffrer, emprisonner. Voy. Garde.

Encontre^ rencontre, hasard. Voy. Fuye.

Endemain (1'), le lendemain. Luy (Guise) et M. le Prince coucharent ensemble, et l'endemain nous allasmes à son lever,

IV, 3o0.

Endemené^ endiablé; en italien indemoniato, en espagnol endemoniado. Il y a encor d'autres filles qui sont de si joyeuse complexion, et qui sont si foUastres, si endemenées et si enjouées, IX, 58o.

Enderier (à l'), au dernier moment. Tesmoing le légat qu'il (François \") fit à sa mort à M. d'Anebaud, son grand favory; à l'enderier en chargea à son fils de le lui laisser, III, 117. Cf. Der.

Enderse ou anderse^ maladie de la peau. D'autres (femmes) y a-il encor qui sont.... subjectes à enderses farineuses et farcineuses, IX, 264.

Endevant (1'), au-devant. Ainsi qu'il (Guise) entra en son logis blessé, elle (sa femme) vint à l'endevant de luy jusqu'à la porte de son logis, toute esperdue et esplorée, IX, 442.

Enflambé^ enflammé. M. du Mayne, accompagné d'une armée de quinze mille hommes, tous enragez, désespérez de la mort de

LEXIQUK. 24^

leur brave M. de Guyse, et tous enflambez pour venger sa mort, VII, 213.

Enfuyr^ fuir, éviter. QueU'honte, messieurs, proposez-vous à nostre brave roy.... de se retirer d'icy.... et enfuyr une bataille qui se présente à nous tant désirée, III, 6r>.

Engnrdcr^ prendre garde, empêclier. Le rf)y luy (à Lautrec) avoit mandé par un courrier exprès qu'il engardast sur toutes choses que l'ennemi ne passast point ce fleuve (l'Adige), III, S8. M. de Rambouillet.... nous pria d'aller ensemble dans mesme bateau pour engarder ceste batterie, VI, 183. On ne sauroit engarder aucun qu'i(l) ne s'enyvre de son vin propre, VHI, loo.

Engarder (s'), se défendre. Le roy Louis (XII).... ne se put jamais engarder de l'aimer (Anne de Bretagne) toute mariée qu'ell'estoit. Vil, 313,

Engravé, gravé, ciselé. Grande gloire pour luy, qui luy demeure engravée sur sa sépulture, IV, 42. Voy. Aspergez.

Enhorter^ exhorter. A son partement je luy (au roi de Majorque) enjoignis et enhortay espéciallement qu'il allast devers le roy Charles de France, VIII, 1G2.

Enlevé^ relevé. (La couronne de laurier chez les Romains fut) puis entièrement changée de laurier naturel en laurier buriné et enlevé en cercle d'or, V, 101.

Emmasqnéj couvert d'un masque, dissimulé. On s'estonna fort comme leurs Magestez pouvoient jouer un tel roole ainsi emmasqué, si auparavant elles avoient résolu ce massacre (de la Saint-Barthélémy), IV, 302.

Enmatin (1'), le lendemain matin. Je ne faillis pas de l'entretenir tout un soir à soupper et encor le lenmatin à desjuner, III, S et note 2.

Ennuy^ annuit^ aujourd'hui. Nos vefves d'ennuy n'osent porter des pierreries, IX, 638.

Énorme^ déréglé. Ces figures énormes de l'Arétin, IX, 42.

Enrjuent^ enquant, encan. Une fois lui (au cardinal d'Esté) estant apporté une lamproye par son pourvoyeur,,., et lui aiant dict qu'elle coustoit cinquante escus et qu'il l'avoit achepté comme à l'enquent, III, 44. Après sa mort (de Saint André) on les a veu (ses meubles) vendre à Paris aux enquans, V, 30.

Enrichisseurv^ enrichissement. Ceste revne (Marguerite de Va-

lois) que je peux dire en estre (de la cour) tout l'ornement et l'enrichisseure, VIII, 28.

Enrougir^ couvrir de rouge. Le sang de leur père (Jacques d'Armagnac) les taignit tous et les enrougist tumbant de l'eschaffault en bas, II, 371.

Ensalaudir^ gâter par la saleté'. Et d'autres habillements se fussent ensalaudis, et ces blancs (les Rochelloises) enestoyent quittes pour les mettre à la lessive, IX, 420.

Ensallir^ salir. Ce n'est pas tout que de faire un bon oÉBce, il ne faut puis après le deffaire ny l'ensallir par un autre mauvais, V, 141.

Ensépulturé^ enseveli. Le corps de ladicte dame (Anne de Bretagne).... fut honorablement inhumé et ensépulturé dedans le sépulchre à elle préparé, VII, 324,

Ensuivre^ suivre, continuer. Je voudrois bien sçavoir qu'estoit-il plus louable au roy, ou de recevoir une si honneste troupe de dames et damoyselles en sa court, ou bien d'ensuivre les erres des anciens roys, III, 128.

Entende^ entente, sens. Ces motz ont deux entendes; je m'en raporte aux personnes bien curieuses de les expliquer, V, 431. — Nous avons encore la locution a double entente.

Entourner ^ entourer, investir. Et le îAwX. (Rouen) désassiéger quelques mois après, pour n'avoir qu'un petit camp pour entourer et assiéger ceste grand'place, IV, 282.

Entrelasser^ interrompre ; en italien intralasciare . Je me suis sur la fin un peu entrelassé de mon premier discours; mais prenez le cas qu'après la moralité et la tragédie vient la farce, IX,

Entrelassure , interstice, jour (de broderie). Surtout on voyoit ce beau sein royal (de Cléopâtre) couvert seulement d'un ouvrage de soye de Sidon, faict à l'aiguille.... si industrieusement eslabouré qu'on voyoit à plein et à travers les catrelassures l'allebastre de son excellente blancheur, X, 2o.

Entrepreneur^ faiseur d'entreprises. M. de Pontdormy a esté un bon, vaillant et exellent capitaine et fort grand entrepreneur, III, 70.

Entretailler fs'), s'entrecouper, s'embarrasser. La grand'confusion de parolles parmy lesquelles l'on s'entretaille gaste plus qu'elle n'édifie, III, 102. Oudin cite la locution entretailler des

maschoiresy et l'explique par « parler inconside're'ment contre soy; parler sans distinction 5).

Entretantj entre-temps, Entretant, La Mothe va courant à trouver M. de Bourbon, III, 143.

Entretenu^ conservé. Non qu'elle (Catherine de Médicis) fust si fresche comme en ses ans plus fleurissans, mais pourtant bien entretenue, et fort désirable et agréable, VII, 344.

Entretenu^ payé. Il (Espernon) avoit à sa suite plus (que le roi) de capitaines en chef, de lieutenans..., de capitaines entretenus, de payes réailes, VI, 102.

Entrevenir ^ survenir, intervenir. M. de Bellegarde alla en Piémont, où il n'y fut pas plus tost que la mort du roy Charles envint, V, 199. Sur laquelle (la prise de Louis XII à Saint- Aubin) entrevint Maximilian, duc d'Austriche.... qui l'espousa (Anne de Bretagne), VII, 308.

Entr'ouir^ entendre. (Nous n'avons plus de mot pour rendre la nuance qui sépare entr^ouir de entendre^ nuance semblable à celle qui existe entre les verbes entrevoir et voir^. Et lors sa INIajesté (Henri II) entr'ouyt aucuns cornets et trompes sonner, IX, 318.

Entusiasme, enthousiasme. Mesmes nos poètes françois, flateurs de leur nature, qui par leurs entusiasmes veulent contreffaire les astrophiles, V, 240.

Envazzé^ envasé (au figuré). Mais estant une fois (les transfuges) envazzez et engagez parmy eux (les princes), n'en tiennent plus de conte, I, 239.

Envestir, investir, attaquer, IX, 177. Voy. Investir.

Envieiliir (s'), vieillir. C'est grand dommage quand ces grandz capitaines s'envieillissent et meurent, IV, 71. Cf. V, 83.

Envitaillé^ membre. Ainsi qu'elle (une mourante) oyoit un de ses parents faire la guerre à un autre.... qui estoit terriblement envitaillé, IX, 669.

Envitailler^ ravitailler. Il (M, du Ru) voulut..., en pleine paix, empescher M. de Villebon d'envitailler Thérouanne, I, 319. Cf. VIII, 280.

Envoyer au secours à qaelqiCun^ lui envoyer demander du secours. Toutes ces choses acumullées ensemble animarent le pape (Paul IV) d'envoyer au secours à nosti'e roy (Henri II), IV, 210. Erres, trace, voie. Reprendre les erres de quelqu'un, revenir

à lui. Pour reprendre les erres de nostre grand roy Henry, III, 266.

Erres, arrhes. Et par ce Csesar faisant semblant d'estre asseuré quelque peu de la foy de ces Egyptiens, sur le gage de la mort de Pompée et les erres d'une telle meschanceté, X, 18.

Eshahir^ s'csbéyr, s'ébahir. Or, il ne faut pas esbahir si mondict sieur de la Chastre...., V, 181. Il ne se faut esbeyr si telles manières de gens, bien créez et gentilz trouvoient ceste princesse (Marguerite de Valois) si belle, VIII, 27.

Esbarhat^ imberbe ; en italien sharhato. Luy (le prince d'Orange) jeune capitaine et quasi esbarbat général, I, 241.

Eshéyr. Voy. Esbahir.

Esbobir (s') (probaljlement une faute, pour esbodir^ eshaudir)^ se rejouir, s'amuser. Dieu sçait! Elle en avoit bien trouvé un pour s'esbobir ailleurs, IX, 719.

Escahreux, cscabroux^ scabreux, difiBcile, rude ; en italien scabroso, en espagnol escabroso. (Le postillon de Don Juan) le passa par toute la France en un temps dangereux et pays escabreux, et mesnies en Guienne, sur la vigille de la guerre, II, 127, Le

capitaine Bourdeiile estoit un jeune homme escabroux, vieux

capitaine pourtant, VI, 414. Cf. IV, 84. Voy. Escallahreux.

Escadre^ escadron. Et puis tous ces gentilz fantassins despartys en quatre ou cinq bonnes bandes, quelquesfois par escadres, on verroit l'eschet, après, que ces gens fairoient sur ces gros (bataillons), I, 339. Suivant H. Estienne (p. 273) le mot squadron ({n on prononçait aussi esquadron était un nouveau venu apporté par les gens de guerre à la cour.

Escaldatif^ échauffant ; en \idX\enscaldare , en espagnol e^caWar, échauffer. Et que deviendroyent tant de bons potages restaurens, bouillons composez, tant d'ambre-gris et autres drogues escaldatives et confortatives....? IX, 337.

Efcnllabreux^ esralabroiis , qui a mauvais caractère, mauvaise tête. Et bien qu'il (le frère de Brantôme) fust un jeun'homme fort escallahreux, querelleux et prompt de la main, II, 236. Voy. Escabreux.

Escalle, échelle. Ainsi qii'ilz estoient dans la réale et qu'elle (Clarisse Strozzi) voulut monter après à l'escalle, l'esquif luy faillit et le pied par conséquent, II, 276.

Escalier, escalader ; en italien scalare^ en espagnol, escalar.

Le comte (de Brissac), désespéré du friiict de son amotir, avoit un jour résolu d'escalier en pleine court de son roy la chambre de sa raaistresse, VI, d42.

Escamper^ décamper ; en italien scampare, en espagnol escampar. Asseurez-vous que si le gentilhomme n'eust sitost escampé, il estoit très mal, IX, 492.

Escandaliser^ s'escandaliser, rendre ou devenir un objet de scandale. Sans vous escandaliser, je ne vous enquiers davantage, et qu'il s'en soit plus parlé, III, 310. J'ay cogneu deux femmes en France qui se mirent à aymer deux chastrez gentilshommes.... et si ne s'escandalisoyent, IX, 139.

Escapade, action d'échapper. André Dorio s'estonna de ceste escapade (la fuite de Dragut), II, S6.

Escaper, échapper ; en espagnol escaphr. Ce seigneur (Espernon) escapa pourtant là un grand hasard, VI 99. Voy. Eschapper,

Escarblllat, leste, dégagé. Les bonnets estoient en usage qu'on ha perdu aujourd'huy, pour prendre de grands fatz chapeaux aveq plus de plumes qu'une austruclie n'en peut produyre, qui ne frisent point si bien ny ne font sa cervelle escarbillate et gentile comme, le temps passé, les bonnets, I, 45.

Escarce. Voy. Escarse.

Escarpe^ soulier ; en italien scarpa. Cinquante soldatz qui tous avoient le bonnet rouge ou de velours...., avec le fourreau et l'escarpe de vellours.... C'estoit une grande chose que d'avoir telle chaussure et le fourreau, VI, 406.

Escarre, équerre ; en italien squadra. Ainsy que fit le roy François en ces deux bastimens et tant d'autres en France qu'il a faict bastir...., que dès lors qu'ils avoient esté projectez, et la truelle, le compas, l'escarre et le marteau y rapportez, bientost après dans peu d'années l'on y voyoit venir loger la court, III, 126.

Escarse, escarce^ ménager, avare, mesquin; en italien scarso, (d'où escarcelle). Nostre roy (Louis Xlljestoyt, au contraire, fort escarse et fort espargnant, I, 75. Que s'il se treuve quelques mescréant qui, par une foy escarse, ne veuille donner créance aux miracles de Dieu et de nature, qu'il la (Marguerite de Valois) contemple seulement, VIII, 23. Cf. IX, 176.

Escorter, égarer. Ainsi qu'on lui (au cardinal d'Esté) dict un Jour qu'il s'estoit escarté quelque vaisselle d'argent pour environ

2o0 LEXIQUE.

deux cens e'cus, en sa maison, et que cela venoit de ces chevaliers (de Malte), qui s'en estoient accommodez, III, 43.

Escerter. Voy, Essertcr.

Eschafaut^ tréteaux, théâtre. Voy. Varéahle.

Eschansonner ^ goûter le premier comme font les échansons. Voy. Traicteur,

Eschapin^ chausson en cuir. Gaston de Foix.... à la reprise de la ville de Bresse.... se fistoster les souUiers et se mit en eschappins deschaussez, IV, 243.

Eschapper, laisser partir. Le père le tenoit si fort subject près de luy qu'il ne le vouloit eschapper ny donner congé pour tourner à la court, X, 37.

Eschet, ravage, échec, désastre. L'arquebuserie fit (à Anneau) ce grand eschet sur les reistres, I, 340. Et tout l'eschet tomba sur le pauvre Mouvans et Pierregourde, et leurs gens, V, 429. Voy. Escadre.

Eschetz^ échecs. Bien souvant on les a veuz jouer aux eschetz, M. de Bonnivet et luy (Brissac) despuis le disner jusqu'au soupper, sans profFérer une vingtaine de parolles, IV, 74.

Escient (à bon), véritablement, tout de bon. Après qu'on luy (à Mme d'Espernon) eust remonstré qu'il falloit à bon escient s'en aller à Dieu et qu'il n'y avoit plus aucun remède, IX, 454.

Esclair^ éclat. L'agate s'y faisoit bien recognoistre surtout par son esclair brillant, X, 23.

Esclairer, épier, observer (nous avons conservé dans ce sens le mot éclaireur). Ainsi les rois, qui sont esclairez de toutes partz, doibvent mener leurs vies et leurs honneurs, II, 74. Cf. IX, 232.

Esclandre (mot estropié pour esclame), grêle, efflanqué. Ainsi que j'estois à la poste.... me vint accoster un grand jeun homme de l'aage de trente ans, maigre et esclandre, II, 22.

Esclavitude, esclavage, en espagnol esclavitud^ en italien schiavitudine. Tel qu'il (un esclave) seroit, quand ce seroit le plus barbare et estranger du monde, ayant mis seulement le pied dans la terre de France, il est aussitost libre et hors de touce esclavitude et captivité, IV, 193. Cf. Bajcstan.

Escoffion^ coiffure de femme, bonnet. Aucuns disent qu'il (Brissac) eut aussi le beau et riche escoffion de la duchesse (de Savoie) tout garny de grosses perles et pierreries, IV, 105. Cf. VIII, 4 74. — On lit dans la cinquième Serée de Bouchet : « Parquoy

les matrones leur commandent (aux filles, la nuit de leurs noces) de mettre leurs mains sur leurs coiffures afin que leur couvre-chef ou escofiîon de nuit ne bouge de dessus leur teste. »

Escale [Maistrc-]. Voy. Maistre.

Escorne^ affront, en italien scorno. Qui furent bien estonnez? Ce fut M. de Bourbon, le marquis et autres grandz capitaines, pour avoir receu un tel affront, telle escorne et baye, I, 228. Cf. IX, 131. H. Estienne dans le premier de ses dialogues fait ainsi parler Philausone (p. 91) : « En veci encore un autre (exemple) fort gentil, de ceux qui au lieu de dire : Il luy a faict un grand scorne^ prononcent les uns : il luy a faict un grand escorne (qui est le moins mauvais), les autres, un grand excorne ^ \qs 'JMires une grande écorne^ les autres une grande corne. Je sçay, dit Celtophile, bon gre' à ces derniers qui ne marchandent point tant ; et pour le moins disent un mot qui signifie quelque chose. » Voy. encDre p. 108.

Escortj excort^ adroit. Voy. Excort.

Escossiinent^ langage écossais. Madame Flamin, d'Escosse, laquelle ayant esté enceinte du fait du roy (Henri II), elle n'en faisoit point la petite bouche, mais très hardiment disoit en son escossiment francizé..., IX, 490.

Escot^ écot, somme à payer. Il (le duc de Savoie) les achepta à vil prix (les prisonniers) des soldatz et après en tira de grandes rançons, dont M. de Bourdeille, mon frère aisné, pris là à Hesdin en fut d'un grand escot, qui a porté grand préjudice à nostre maison, II, 143.

Escot (s'abattre sur 1'), se rabattre sur le profit, la part qui peut revenir. Le roy de Navarre s'abattit lors sur l'escot, et débattit qu'il falloit faire ceste restitution (des places du Piémont) résolument; autrement il n'auroit point le royaume de Sardaigne tant compromis (promis), V, 74.

Escot (compter d'), s'engager. Les François, ce coup-là, avoient raison de compter ainsy d'escot pour ce prince (Charles VIII), car jamais ne fust veu meilleur prince en France, II, 318.

Escot (être de même), avoir même sort. Où (à Saint- Quentin), possible, s'ilz (les reitres) eussent eu affaire et à parler à M. de Guyze, ilz eussent estez de mesme escot qu'à Ranty, IV, 196.

Escot (se trouver de 1'), payer. Ils nioient tout; aussi s'en fussent-ilz trouvez de l'escot, s'ils l'eussent advoué, IX, 494.

2a2 LEXIQUE.

Escouéj châtré. Les autres (les prêtres au sac de Rome) eschappoient comrae pauvres escouez, I, 274.

Escoupetterie^ coups de feu. J'estois lors mallade d'une grosse fiebvre tierce, et oyant ceste escouppetterie je creus que.... VI, 187.

Escrarcir^ e'claircir. Il (d'Aumale) n'avoit l'armée complette.... pour forcer une telle place (Rouen) pleine et regorgée de si bons hommes. Mais pourtant après que M. de Guyze l'eust assiégée et prise, ilz furent fort escrarcys; car de soldatz et capitaines, il en fut tué un grand nombre, V, 417.

Escriteau, inscription. Voy. Morte-paye.

Escriture^ écrit, relation. Voylà une sortie bien contraire à celle que M. de IMontluc raconte, lequel a esté si malheureux à l'endroit des escritures espagnoUes qu'elles ont parlé de luy comme vous voyez, I, 300. Cf. II, 255.

Escriipule^ scrupule. Voylà la religion saincte et le sainct escrupule qu'avoit ce bon prince (Guise) à ne vouloir oEFancer Dieu, IV, 257.

Escumer^ terme de fauconnerie, se dit de l'oiseau qui passe près du gibier sans s'y arrêter. Quand le duc d'Albe passa vers Flandres, tout le bruict commun estoit qu'en faisant semblant d'escumer Genefve, que tout à plat il l'alloit assiéger, V, 425.

Esgard, autorité, droit. Papinian.... dit : que l'héritier n'a nulle réprimande ou esgard sur les mœurs de la vefve du defFunt, IX, 588. Ces filles ainsi vierges et pucelles fussent estées jadis à Rome fort honnorées et fort privillégiées, jusques-là que la justice n'avoit esgard sur elles à les sentencier à la mort. Ibid.^

Esgaré (lieu), endroit perdu. Un jour (le comte Claudio) estant à la chasse de l'oiseau et ayant voilé une perdrix, quand il fut à la remise qui estoit un lieu fort esgaré, il trouva quatre soldats..., VI, 350.

Esgeambement^ enjambement, empiétement. Voyant (Montmorency) le grand esgeambement que faisoit la religion nouvelle sur la nostre, III, 296.

Esgember ou éjamber (s'), s'étendre. Si bien que s'ilz ne les eussent empeschez, ilz (les Anglais) se fussent esgembez sur nous mieux qu'ilz ne firent, VI, 222. Voy. Ajamber.

Esgualité^ égalité. Parles coquilles (du collier de l'O. de Saint-

Michel) sont remarquées leurs esgualitez (des chevaliers) ou esgalle fraternité de l'ordre, V, 96.

Esjouir (s'), se réjouir. Cela faisoit grand bien aux foyes de la reyne sa mère (Catherine de Médicis) qui, quasi le croyant, s'en esjouissoit beaucoup, V, 240.

Esjouyssancc^ réjouissance. Après doncques que Ptolomée eut acquis et acheté la paix..., il la fallut célébi-er par beaux festins.... pour l'esjouyssance desquels en fut faict un si superbe appareil, X, 22.

Eslabouréj travaillé. Parmy les estatz de nos roys se treuve le maistre artiller, qui est celuy qui se mesle de faire des arballestes, des traitz et des flesches que j'ai veu faictes et eslabourées d'eux très gentiment, V, 301.

Eslargir^ faire largesse. (Busa) eslargist à chacun d'eux (des soldats romains) de quoy faire ses despends sur leur chemin, VIII, 112. ^

Eslection, action de choisir. V. Rabattu.

Esleu, choisi, d'élite. Sinon quelques bons soldatz esleus dudict Barthélémy.... qui s'opiniastrans au combat, demeurarent sur le champ, II, 191.

Eslévateur, qui soulève, qui ameute. Il seroit bien employé à telz eslévateurs de peuple et viîenaille, qu'ilz allassent faire les vignes, labourer la terre, et les paysans se mettre en leurs places, V, 191.

Eslévation^ soulèvement, révolte. M. de Nevers et luy (Montpensier) eurent une grande querelle pour quelque parolle que M. de Nevers avoit dict en secret de Monsieur, frère du roy, à M. de Monpensier, à cause de son mescontentement et eslévation, V, 23.

Eslever^ soulever. Aymant mieux (Pontdormy) mourir des armes de son ennemy que de turaber à la mercy des vilains qui s'estoyent tous eslevez, III, 70. Cf. V, 191. Voy. Pieds.

Eslever les armes ^ se révolter. S'il (P. de Tolède) n'eust faict faire la citadelle dedans Sienne, les Siennois se fussent mieux comportez et n'eussent eslevé les armes, II, 20.

Esmciyer (s'), s'étonner. Mesmes les huguenotz s'en esmayoient qu'on l'avoit (Lavardin) créé tel (maréchal de France), car ilz le tenoient tousjours pour fort vaillant, mais non si sage et advisé comm'il estoit requis en une telle charge, VI, 196. Cf. VII, 3o6,

Esmeiij embarrassé. Il (Parisot) estoit un très bel homme, grand, de haute taille, de très belle apparance et belle façon, point esmeue, parlant très bien, V, 239.

Espace^ temporisation, lenteur; de l'espagnol espacio. Que nostre gent gaigne la force avec l'espace et la tardance, II, 377.

Espncieux. Voy. Espatieux.

Espalvérade. La Curne de Sainte-Palaye rend par espalmé (épalraé) ce mot que je n'ai trouvé dans aucun lexique, et auquel il donne ainsi la signification de enduit de graisse, qui ne me paraît guère satisfaisante. Peut-être faudrait-il lire palvesade. Voy. ce mot. — Et bien que l'on trouva les gallères françoises très belles, lestes et bien espalverades et surtout la Réalle^ à laquelle n'y avoit rien à redire, IX, 365. Cf. Spalvérade.

Espargne (en), avec parcimonie. La fortune qui tient toutes choses mondaines en sa main, et se plaist en faveur, en disgrâce, en gloire et déshonneur, les donner en abondance et en espargne, ainsi que porte sa volonté, aux uns et aux autres, II, 401.

Esparte^ Sparte. Un boucher avec ces mots : aut cum hoc aiU in hoc que donna ceste brave mère d'Esparte à son filz, VII, 36.

Espatieux^ spacieux. Il (un château de bois) estoit fort grand et espatieux, III, 260. Voy. Fourest.

Espectacle, spectacle. La dame estant venue à l'espectacle du combat, dans un charriot, le roy l'en fit descendre, VI, 243.

Espelucher^ énumérer. Je serois trop prolixe, si je voulois espelucher tous les couronnelz spéciaux, V, 314. Cf. IX, 53o.

Espérer^ attendre. Ainsi sauva son gallant par un acte et oprobre fort viUain à son mary, celle.... qui l'avoit tant déploré et regretté qu'on en eust jamais espéré si ignominieuse yssue, IX, 662.

Espier^ surveiller, veiller à. Voylà ce qui donnoit à M. le mareschal (de Montmorency) fort à songer en soy, et à espier son gouvernement, et surtout la ville de Paris, qui estoit pour lors fort guizarde, III, 357.

Espiné^ déchiré par les épines ; en itaUen spinato^ en espagnol espinado. Les soldats (espagnols).... estans tous quasi sans souliers, étoient contraincts d'envelopper et couvrir leurs pauvres pieds, tout espinez et esgratignez, de quelques cuirs faicts de fraisches peaux de bestes, VII, 270.

Esplanade j aplanissement (du sol). Il (Annibal) fit rembarquer

LEXIQUE. 2o5

par terre tous les vaisseaux par la ville et les rues, l'esplanade en estant très bien auparadvant faicte, II, 57.

Esplanir^ aplanir. Voy. Dominatif.

Espois, épais. Ny plus ny moins qu'on void un grand et espois chaisne parestre comme l'honneur du bocage parmy les autres arbres, IV, 233. Voy. Celle.

Espousetter^ e'pousseter, battre. Il luy avoit permis de porter ses armes en son escu un jour du duel, pour espousetter à plaisyr son hrrma nos, X, 117.

Esqitade^ escouade; en espagnol esquadra; en italien squadra. Je croy que le corporal qui lors commandoit à l'esquade où estoit cette belle fdle.... fut bien marry, IX, 416.

Essarneau^ cerneau. D'autres disoyent pis : qu'on le luy (à Marguerite de France) debvoit cerner comme un essarneau, VII, 131.

Essayer, éprouver. Elle (Jeanne I de Naples).... a senty les guerres estrangères au millieu de son royaume, essayé, par la faute d'autruy, la fuitte, l'exil, VIII, 169.

Esserter^ escerter, déchirer, arracher. L'autre luy ayant tout d'un coup escerté ses calleçons qui estoient bridez, IX, 406. Cf. Ibid.^ 269, 560.

Essuyer^ côtoyer. M. de Mouy (à la bataille de Dreux).... eut commandement de M. l'admirai de ne donner point à l'advantgarde qu'il scavoit conduicte par M. de Guyze, mais de l'essuyer et de passer devant et fondre comme un foudre à la battaille, IV, 247. Voy. Baston.

Estàme, espèce de tricot de laine. Pour lors les bas d'estame ny de soie n'estoient pas en usage, V, 304.

Estandre, s'allonger. Voy. Gente. Cf. Estendre.

Estaquade ^ enceinte entourée de palissades, et par suite, combat singulier livré dans cette enceinte, combat en champ clos. Sçavoirmon si l'on doit pratiquer grandes courtoisies et en user, parmy les duels, combats, camps-clos, estaquades et appels, VI, 233.

Estaquade (se battre en), se battre en champ clos. Quelque temps amprès (Pusset),... se battit en estaquade à Joinville.,.. contre le seigneur de Querman, IV, 78.

Estât, charge, dignité. De quoy ladite reyne (Catherine de Mé-' dicis) l'a aimé tousjours (Guise), et le monstra bien à ses enfans après sa mort, leur donnant tous ses estatz, VII, 357.

Estât (faire), garder pour soi, se re'server. Les roys de ce temps-là estoient fort libéraux de leurs parties casuelles.... et leur estoit reproché s'ilz en faisoieut estât, III, 247.

Estât de quelqu'un (faire), en tenir compte. Je dis à M. d'Estrozze soudain : « Il est mort, monsieur ; n'en faites plus d'estat ; allons-nous-en », VI, 70.

Estaze^ extase. (Don Juan) voit danser toute la court, la contemple et sur tout par grand'admiration la belle reyne de Navarre..., demeure en estaze pour voir une telle beauté, II, 127. Cf. Staze.

Estclon^ étalon. Vous en seriez bien aise, petit cousin, qui jà estes un jeune estelon pour elles (les dames de la cour), III,

Esttndre^ étaler, exposer. Voy. Magasin. Cf. Estandre.

Estérille^ stérile ; en espagnol esteril et estcr-ile. Lorsque l'empereur Charles eut pris la Gollette, et qu'il fallut marcher parmy les sables chauds et estérilles, VII, 33.

Esteuf^ balle du jeu de paume. L'assistance s'en mit fort à rire et la dame à plorer, ayant opinion que le roy avoit fait jouer ce jeu; car il estoit cousturaier de faire jouer ces esteufz, IX, 574.

Estime de (avoir 1'), être réputé, passer pour. Encor que la guerre intestine et civile aye l'estime d'estre la plus cruelle de toutes, V, 384.

Estimé^ réputé. Estant jeune (Saint-André), il fut estimé des gallans de la court en tout, V, 32.

Estiomené^ mangé, rongé. L'autre (cuisse) elle l'avoit toute seiche, atténuée et estiomenée, qui ne paressoit pas plus grosse que le bras d'un petit enfant, IX, 261.

Estomachj poitrine, sein. (Maria de Padilla) entrant dans l'église.... piteuse, marmiteuse, battant son estomach, I, 165.

Estonnement, trouble. Il (L'Hospital) les (un président et un conseiller nouveaux) fit venir devant luy.... et leur montre à l'un après l'autre une loy à exjiliquer. ... Ils luy respondirent si impertinemment et avec un si grand estonnement qu'ils ne faisoient que vaxiller et ne sçavoient que dire, III, 307.

Estonner^ troubler. Dom Alonzo, de son costé, ne se monstra pas.... estonné, et vint droit à son ennemy, VI, 265.

Estonner (s'), s'émouvoir, se troubler. L'harquebuzade donna contre une coulonne de marbre de la fenestre où estoit appuyé le

roy (François I") qui, à ce qu'on dict, ne s'cstonna point autrement, I, 233.

Estrade^ rue ; en espagnol estradoy en italien strada. Il (Pedro de Tolède) demeura visce-roy dans Naples..., la décorant de ceste belle estrade de Tolède, II, 21. Cf. VII, S6. Voy. sur ce mot, H. Estienne, p. 32.

Estraindrc^ comprimer, étoufier. En pensant estraindre une querelle, plusieurs s'en renaissent, et en arrivent une infinité d'escandales, VI, 389.

Estrange^ e'tranger. Un homme en pals estrange, s'il n'entend la langue du pais où il est, n'est tenu- que pour un porteur de moumon, I, 33, note 2.

Estranger^ éloigner ; en italien straniare. Pour mon mal CS' tranger, Je ne m'arreste en |)lace. VII, 411.

Estre, race. Aussy de son estre (de Mme de Bourdeille) en estil sorty une reyne de Scicille, X, 79.

Estre (sur), qui subsiste. Et mesmes qu'il y en a encores un (fort) sur estre et en nature, qu'on nomme le fort de Chastillon, V, 17.

Estre du tout à soy^ s'appartenir complètement. Il (F. de Bourdeille) estoit du tout à luy et ne vouloit estre subject à personne du monde, X, 44.

Estre en estre, exister. Voylà, nobles François, comme vous estes estimez par tout le monde, parmy lequel la Renommée vous a pourmenez dans son charriot despuis que vous estes en estre, V, 412.

Estre jamais que (n'), n'être jamais sans que. Elle (Catherine de Médicis) ne fut jamais qu'elle ne fust très ambitieuse, II, 279.

Estrette^ extraicte^ strette, mésaventure, malheur; et aussi tour, malice. Le dit marquis (de Marignan) fut faict lieutenant général de l'empereur à la guerre de Sienne, où après plusieurs extraictes et deffaictes des siens, I, 295, Brusquet, qu'on tenoit pour mort partout, fut i)ien esbay.... et sçachant que ç'avoit esté une estrette de M. d'Estrozze, songea à luy rendre, II, 259. Voy. S fret te.

Estrette^ détresse. J'ay ouy dire que, lorsque le roy d'aujourd'huy (Henri IV) fut en telle estrette et dans Diepe, que M. du Mayne avec 40,000 hommes le tenoit assiégé, IX, 644.

Estrieu, étrier. Le (cardinal de Santiquatre) fut traisnc, un

pied dedans l'cstrlcu, jusques à la porte du chasteau par son cheval, I, 271,

Esirifj débat, querelle. Ainsi la fortune en tel estrif et contention les tourna et vira l'un et l'autre, en sorte qu'un chacun d'eux secourut et dellivra son adversaire, VI, 403.

Estroictement^ strictement. Voy. Chapitre.

Estroity serré. Voy. Donrois.

Estroit^ lieu resserré. Ainsy se rendit M. de Guyse — à la place de battaille de son armée qui estoit fort bien logée en un estroit, entre les vignes et la rivière de Modon, VII, 299.

Estropiât, estropié. Il (le duc de Somma) estoit fort entendu et sage capitaine,... et si avec cela ne s'espargnoit point aux coups, encor qu'il fust estropiât d'un bras, VI, 213.

Estudier à quelqu'un (s'), se consacrer à lui. J'en ay cogneu im qui avoit une fort belle et honneste femme, mais pourtant qui ne s'estoil point tousjours estudiée à luy seul, IX, 72.

Esvallucr^ faire valoir; en italien valutare. Un'autre dame disoit qu'elle voulloit ressembler aux bons œctmomes et mesnagers, lesquelz ne donnent tout leur bien à mesnager à un seul et faire valloir, mais le despartent à plusieurs mains ; car une seulle n'y pourroit fournir pour le bien esvalluer, IX, 541 ,

Esvanouir, s'évanouir. J'ay ouy parler d'une femme.... qui faisoit de l'austère et réformée, que quand elle entendoit parler d'une putain, elle en esvanouissoit soudain, IX, 581.

Ecj avec. Et... monteroient sur un bon cheval et une bonne pistole, et une espée ou lance ou autrement, VI, 417.

Évangille (1'), la religion réformée. Luy (Condé) et M. l'admirai se sont faictz craindre et ont planté l'Evangille qui bourgeonne et verdoyé aujourd'huy encores, et sans lesquelz elle seroit seiche, et de couleur de feuille morte, IV, 360.

Événement, avènement. Jusqu'à ce que le roy de Navarre parvint à la couronne ; lequel à son événement ne voulant rien innover..., VI, 201.

Exate, pointilleux, rigoureux. Quel humeur luy prit-il (àLabienus) d'abandonner et quicter Caesar ?... Il trouva que sa cause n'estoit si juste que l'autre. Il faloit bien que cet homme fust exate en ses conceptions, V, 181.

Excessiveté^ grand prix. Il (le pape) luy (à François P') avoit promis..., trois perles d'inestimable valeur, de l'excessiveté des-

LEXIQUE. 2o9

quelles les plus grands roys estoient fort envieux et convoiteux, qu'estoient Naples, Milan et Gcnes, VII, 340,

Excogiter^ imaginer, inventer. Il (le cardinal de Lorraine) cntendoit aussi très bien les finances et les scavoit toutes sur le doigt ... et excogiter des moyens pour les affaires de son roy, IV, 276. Cf. VI, 367, IX, 27.

Excommuniment ^ excommunication. Soubz ombre de quelque meschant excommuniment que le pape Jules (II) avoit fulminé et jette, I, 129.

Excort, avisé, adroit ; en italien scorto. Il (le comte d'Eu) fut aymé et recherché des belles et honnestes de la cour, et entr'autres d'une qui estoit telle, et avec ce très excorte et habile, IX, 514. Je vous asseure qu'il y en a eu et y en a (des femmes) qui sont plus escortes que cela, IX, 637. Voy. Excortement.

H. Estienne s'est trompé (p. 28) en prétendant que ce mot n'était qu'une corruption ^accort.

Excorte, escorte. Les mérites, allant de conserve avec qu'une noble extraction, sont plus fortz et se font meilleur excorte l'un à l'autre, I, 181.

Excortement, adroitement. Ce qu'ils (les gens de Dragut) firent si excortement et dilligemment que André Dorion'en sceut jamais rienjusquesà ce que...., II, 56. Il (Charles IX) commanda au capitaine La Chambre,... de luy amener.... dix ou douze enfans de la Matte.... et qu'ilz jouassent hardyment et excortement leur jeu, V, 278-279. Cf. V, 362, VII, 227. Voy. Excori.

Excuser^ récuser, exclure. Ce bonhomme (Alontpensier) s'alla proposer en son ambition.,., qu'il tiendroit sa place en France, comme lors premier prince du sang après M. le cardinal de Bourbon, mais son chappeau rouge l'excusoit (le cardinal), V,13.

Exécution^ attentat. Et dis bien plus que si, par cas, je viens avoir et recepvoir quelque injure, offense et attentat, voire l'exécution sur ma vie, X, 142.

Exemplaire ^ écrit ; en espagnol exemplnrio . Que s'il y a eu quelque escrivain moderne qui les aye vouluz appeller couronnelz, il n'y faut adjouster foy, mais bien aux vieux exemplaires du passé qui en ont parlé naïfvement, V, 312, 313.

Exerciier^ exécuter ; en italien esercitare. Le roy luy manda qu'il le remercioit (Matignon) de ce beau conseil.... mais que

pour le bien exercitcr,... il luy faudroit un autre homme que luy, V, 170.

E-rpcllcr, expulser, chasser ; cxpcllcre. Je m'estonne que ces femmes.... n'usent pour leur honneur de quelques remèdes refirigératifz et potions tempérées, pour expeller toutes ces challeurs, IX, 687.

Expertise^ expérience. Les soldatz espaignolz sont si rognes et si bravaches que mal voulontiers.... obéissent-ilz sinon à gens qui leur plaist et de grand'qualité et expertise, V, 320.

Expier^ espier^ épier. (S. André) le costoyant (Andelot) pourtant tousjours, pour en expier un'occasion pour le combattre, V, 36.

Expion, espion. Entre autres grands poincts de capitaine qu'avoit M. de Langeay, c'est qu'il despendoit fort en expions, III, 213. Expugnnteur, qui prend de vive force, en italien cspugnatore, M. de Guyze, bien plus haut à louer et estimer cent fois que M. de Lautreq à qui l'on donna le nom de second Démétrius et grand expugnateur de villes, IV, 240.

^x<7k/^, curieux, recherché. Si ce seigneur (Strozzi) estoit exquis en belle bibliothèque, il l'estoit bien autant en armurerie et beau cabinet d'armes, II, 243.

Exquis j très habile, dans le sens de l'espagnol exquisîto. Voy. Vitrine.

Exquisement^ soigneusement. Encore faudroit-il qu'il (le combattant) fust visité fort exquisement des médecins expers et chirurgiens, VI, 268.

Extoller^ vanter; extollere. Par quoy ses princes (de Charlemagne), barons, paladins et braves capitaines, voyans leurs faictz estre extollez dans ceste grande Rome, des hommes de toutes les partz du monde, V, 242.

Extraicte. Voy. Estrette.

Extrapontin, hamac ; de l'italien strapontino . Nous la trouvasmes (une nef vénitienne) fort leste et en deffences de pavesades et d'extrapontins à l'entour, V, 234.

Extravaguant^ qui fait des digressions, qui s'écarte de son sujet. Plusieurs personnes qui me liront diront que je suis un grand extravaguanl en mes discours, et que je suis fort confus, y, 337.

Extravaguer (s'), s'écarter. Je me suis un peu extravagué de

mon desseing, mais parceque ce conte est rare et inusité, j'en seray excuse', IX, o79.

Extrémité (en), extrêmement. Cela vouloit dire, que de trouver sur Ilélaine toutes les perfections de beauté, il n'estoit pas possible, encor qu'elle ait esté en extrémité très belle, IX, 235.

Extrémité (à toute), extrêmement, hors de toute mesure. Voy. Bastant,

Face (volter). Voy. Voiler.

Faction^ exploit, charge, fonction ; en italien fazione^ en espagnol faccion. En ses trois principalles factions où il (le prince

d'Orange) s'est trouvé il a toujours très bien fait : à la prise de

Rome, au siège de Naples et au siège de Florance. Assiégeant, il faisoit tousjours ordinairement faction, non seulement de général, mais aussi de simple capitaine et soldat, I, 243. La belle faction qu'il (L'Ouchaly) fit à la battaille d'Élépanthe (de Lépante),II, o9. Ce dom Sanche s'estoit rendu si bon capitaine par ses continuelles factions, ibid.^ 187.

Le mot faction était d'un usage récent, suivant H. Estienne (p. 28o). « Comment (les courtisans) usent-ils de ce mot? » demande Celtophile. « Sottement, répond Philausone; car ils disent Caire faction pour faire quelqu'exploit de guerre ; mesmement quelques-uns disent faire faction quand il est question de f;iire la garde, soit sentinelle ou ronde. Mesmement on dit un homme factieux pour un homme d'entreprise. Vray est qu'il se dit aussi hors de la guerre. »

Factiomiaire, qui appartient à une faction, à un parti. Les Vénitiens.... entrarent trois mille (à Brescia) par une grille..., à quoy leur tenoit la main ce gentilhomme avec force factionnaires des siens, qu'il avoit gaignez, II, 412. (en espagnol faccionario .)

Fadat^ sot. J'ay veu force de ces grands (de taille) n'estre pas plus habiles que les petitz, voire très badautz et fadatz de nature et d'art, VII, 110.

Faignist (se), s'épargna. Et puis fiilut boire à la bouteille, à la mode du pays, et le bon conte (de Rheingrave) présenta sa bouteille au roy (Charles IX) qui beut le premier, et tous les autres après. Il n'y en eust nyd'uncosté ny d'autre qui s'y faignist, car il faisoit un très grand chaud ce jour-là, VI, 222. — Un passage du Loyal Serviteur (ch. 52) ne permet pas de douter du sens de ce

verbe (si les assailhins faisoient bien leur debvoir, ceulx de la ville ne se faignoient pas). Quant à son infinitif, on ne sait laquelle des trois formes faigncr^ faig/iir^ faindre on doit adopter. En tout cas, il est plus que probable que le mot populaire feignant n'est autre que le participe présent de ce verbe.

Oudin se borne à citer la locution : ils ne feignirent pas daller^ et l'explique par : ils ne manquèrent pas.

Faillance^ manque, défiiillance. Hier je commandois à plus de vingt mil'hommes; maintenant à l'apélit d'une trahyson et faillance de cœur, de tous eux à grand peine ay-je un serviteur, I, 306.

Faillement^ manque, défaillance. Sans user de ces froideurs, respects, modesties et discre'tions que j'ay veu souvent appeller à plusieurs cavalliers et dames, plus tost sottises et faillement de cœur que vertus, IX, 292.

Failli des cspritz^ défaillant, près de défaillir. Puis comme failly des espritz, il (Bayard) cuida tomber de cheval, II, 383.

Faillir, échapper. Un autre.... bien gallant cavallier... . par sa présomption trop libre qu'il prit de descouvrir sa maistresse.... en cuida estre tué par un assassinat qu'il faillit, IX, 503.

Faillnjr^ falloir. De courage il en avoit ce qu'il failloyt, comme d'ambition, I, 7o, note.

Faindre de (se), se cacher de..., Sidiray-je encor ce motde

luy (le baron de la Garde), comme je luyay ouy dire, et d'autres jvecques moy (car il ne s'en faignoit point et en faisoit gloire) : u'estant extraict de bas lieu, IV, loO.

Fainte^ fiction ; en italien finta. Voy. Intermédie»

Faire, opérer. Voy. Ribler.

Faire de quelquun^ s'en servir. Après qu'ils (les rois) en ont faict (de nous leurs serviteurs), ilz nous plantent là et ne s'en soucient plus, VII, 233.

Falloyent^ failloient. Et là oii ils le sçavoyent aller à la messe ou autre lieu public et de congrégation, ne falloyent ny les uns ny les autres (les hommes et les femmes) de s'y trouver pour le voir, IX, 178. Cf. Pratique.

Fan^ petit d'animal. Baudoin roi de Hierusalem.... luy (à la femme du Soudan) fit assister de tout ce qu'il put en ses couches, et luy fit alletter, ne pouvant mieux, son enfant par une chamelle qui ne venoit que d'avoir un fan, VII, 237.

Fandac.e^ fente. (Ces maistres d'armes) visitoient partout et

soubs les licts, voire à ad^iser si à la muraille il n'y avoit aucune fandacc ou trou dont lis peussent estre apperceus, VI, 29G.

Fani^ flétri, dépe'rissant. Grand dommage certes d'une si belle fleur fanie et emportée en son plus beau apvril, VII, 192. Ses devis (de Mme d'Aubeterre mourante) furent grands et longs, et point se ressentant d'un corps fany, esprit foible et décadant, IX, 438. Cf. Ibid.^ 599. Yoy, Feny.

Fantastique^ bizarre, fantasque. Il (le comte de Tende) a esté longtemps gouverneur de Provence, avec beaucoup de réputation, pour en estre les gens bizarres, fantastiques, et mal aisez à ferrer, m, 386.

Fantastiquer (se), se mettre dans l'esprit, avoir la fantaisie. Francisque Sforce.... estant un jeune garçon labourant en la terre, voyant passer des soldatz bien en poinct..., telle veue luy pleust ; et entre en tentation et se fantastique soudain de les ressembler, V, 368.

Fantesque^ servante ; de l'italien fantesca. Un matin, passant devant sa maison..,, monte tout bellement, oià estant entré sans rencontrer ny fantesque, ny page, ny personne, IX, 261.

Fany. Voy. Fani.

Fascher (se), s'ennuyer. (César Borgla) se faschant de la robbe (de cardinal) la quicta, II, 204,

Faty sot. Cela fut esté bon si M. de Bourbon fût esté un fat, III, 89.

Fatal^ prédestiné. Tous ceux qui ont porté ce nom et titre de duc de Nemours sont estez très braves.... Tant (ce diroit-on) ce nom et titre est heureusement fatal en vaillance et prouesse à ceux qui le portent, IV, 182. Cf. VIII, 2. — Le pluriel fataiix étoit en usage : Le cardinal Carafie ... luy (à Henri II) porta une espée et un chappeau, dons que les papes envoyent aux roys pour les gratiffier en demandant quelque chose de meilleur ; dons, dis-je qu'on a observé plusieurs fois estre fataux et funestes, ihid.^ 210.

Fatal^ frappé par la fatalité, par le malheur, Voy. Enchouer.

Fatalité j malheur. Je déteste ma dernière fatalité, X, lo.

Fatament^ fatalement, d'une manière prédestinée. Tant ce nom de prince d'Orange est heureux en cela fatament, I, 239.

Faucée ^faussée ^ action de percer (les armures). Il vouloit surtout que la poudre fust bonne et fine pour bien tirer d'assez loing et faire bonne faucée, I, 338. Voy. Gay.

26i LEXIQUE.

Fausser^ fauccr^ forcer. Quand il (le duc d'Albe) luy rompit

ses dessaings et du pape qu'il eust bien faussé dans sa ville de

Rome, voire pris, I, 101. Cf. Ihid.^ 142, V, 2,j7.

Fauvette (courir), perdre son temps et sa peine. Elle luy disoit souvent : Ha ! mon amy, que tu eusses couru longtemps fauvette, avant que tu eusses eu ce diable (l'ordre de Saint-Michel) que tu portes au col, IX, lOo.

Faveur (lettres de), lettres de recommandation. Quand je luy dis à Dieu (à la marquise de Pescaire), elle me donna des lettres de faveur à (pour) son lils le marquis de Pescayre, IX, 374.

Fayan, hêtre, faf;us. On void des bois de telle et diverse nature que les uns bruslent tous vertz, comme est le fresne, le fayan et d'autres, IX, 577.

Féauté^ loyauté. Et Dieu sçait! N'avoient-ilz pas leu force histoires modernes de la féauté de telles gens, II, 315.

Feint^ hypocrite. Parce qu'elle faisoit de la sucrée, de la chaste, de la prude, de la feinte, IX, 237.

Fendeur de nazeaux^ fanfaron, bravache. A la battaille de Contras.... il y en eut force aussi des plus fringantz et fendeurs de nazeaux qui en firent de mesmes (s'enfuirent), IV, 10. — Au temps d'Oudin cette expression ne servait plus qu'à désigner « un meschant, un coupe-jarret, »

Ferij^ fané, usé. 11 (La Valette) mourut.... encor en un aage assez verd et ferme, et point encor feny pour bien servir son roy et sa province, V, 214. Voy. Fani.

Fermer le pas^ s'arrêter; de l'italien fermar il passa. Si faut-il encore que je face ce petit discours advant que fermer ce pas, III, 54.

Fermesse^ fermeté; en {taWanfermczza.

.... Et où est la promesse

Que me faisiez ici de si grande fermesse? X, yS.

Festier^ festoyer, fêter. Hz (les Français) les festièrent si bien (les Flamands) qu'il en demeura plus de six cens sur le champ, II, 335.

Feitiné^ celui à qui on donne un festin, convive. Ce ne fut pas tout ; car les festincz recourent des chappaux et guirlandes tisseues de fleurs de narde florissante, X, 2G.

Fesiivcr^ festoyer. (Le roi de Navarre) s'estant acheminé de-

LEXIQUE. 26f{

vant pour faire des préparalifz à le bien festiver (Espernon),

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