‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 90 sur 181 · III · texte numérisé non relu

III

Contregarder (se), se soigner, prendre des précautions. Aussi étoit-ce la dame (M"'^ de Bourdaisière) qui se contregardoit le mieux, car elle étoit ennemie mortelle du serain et de la lune, IX, 337.

Contreporteur^ colporteur. Ulixes l'alla descouvrir (Achille) , en guise de marchant ou contreporteur, en la maison de ce roy où il estoit déguisé en fille, III, 119.

Contrerollery contrôler. Voy. Cappitayneau.

Contrerooleur, conterroleur ^ contrôleur. Il (Charles IX) se mit dans son grand bateau couvert, qu'on avoit veu longtemps devant le logis du contrerooleur Dumas, IV, 347 et note 1 .

Contrnuveux , diseur de choses controuvées. J'allègue tous ces noms et circonstances, afin qu'on ne me trouve point menteur ni controuveux, VII, 228.

Convallcscence ^ santé. Enfin, avec beaucoup de peine, de tant de maux il se remit et rentra en sa convallescence première,

Convenir, assigner, appeler, convenire. Ce qu'elle (Lamia) ayant sceu, le fit convenir devant le juge, qu'il eust à l'en satisfaire et la payer, IX, 23o.

Conversation^ fréquentation, commerce. La pire espèce (de maris)... que les femmes craignent... ce sont ces fols, dangereux,... cruels; et de tels la conversation est fort à fuir, et pour leurs femmes et pour leurs serviteurs, IX, 5.

Converser, fréquenter. Pour plus grande preuve que j'aye jamais veu de mon dict sieur le mareschal (Strozzi), pour ne l'avoir jamais conversé, car j'estois trop jeune quand il mourut, c'a esté les Commantaires de Cxsar qu'il avoit tournés de latin en grec..., avec des commantz latins, aditions et instructions, II, 241, Cf. VI, 243.

Convollant , qui se remarie. (M'"" de Guise) ne faisant point comme plusieurs dames que j'ay veu vefves et convollantes ,

Copieux, large, généreux. J'en ay cogneu une grande (dame) qui a esté fort copieuse et libérale en cela, IX, 109.

Copieux de..., abondant en... Encor qu'on me pust dire que je ne suis esté assez copieux d'exemples de luy pour ce sujet , IX, 499.

Caporal, caporal. Un coporal n'ayant pas bien posé ses sentinelles comme il devoit, II, 230. Voy. Corporal.

Coquin^ pauvre, misérable, mendiant. J'ai cogneu une dame qui disoit souvent à son mary qu'elle le rendroit plustost coquin que cocu, IX, i08. Elle (la marquise del Gouastj me pria cent fois ne prendre autre logis ny repas que le sien, mais je ne le voulus jamais, n'ayant esté mon naturel d'estre imjiortun ny coquin, ibid., 373. — De là le vieux dicton : « A coquin honteux, plate besace. »

Coquin, séduisant. Car rien n'est tant si coquin, ny doux, ny attirant qu'un butin, quelqu'il soit, soit de mer, soit de terre,

V, 401. (Il y a peut-être quelque analogie entre le sens que je crois pouvoir donner ici au mot coquin et les locutions minois fripon, yeux fripons,)

Cordé, lini, terminé. Aujourd'huy qu'il (le concile de Trente) a vogue en plusieurs régions, cela est deffendu et les combats par luy sont cordez, VI, 273.

— Oudin (p. 121) cite la locution : Cela est cordé, et l'explique par : Il ne s'en trouve plus, il n'y a plus moyen d'en avoir.

Corne, aile d'une armée. La corne gauche (à la bataille de Lépante) portoit un gaillard (pavillon) jaune, la corne droite en portoit un verd, II, 120.

Cornette (faire un voyage à), être cocu. Voilà une folle curiosité pour envoyer son mary faire un voyage à Cornette, près de Civlta-Vecchia, IX. 51.

Comice, corniche. Le nialstre masson luy ayant demande s'il ne le V(iulr)it pas (son château) illustrer de cornices, IX, 1 lit.

Corporaly caporal. Je croy que le corporal qui lors coramand(^it à l'esquade (voy. ce mot) où estoit cette belle (ille, IX, 416.

— « Nous avions corporal, dit H. Estienne (p. 271), qui tenet encore bon, et avet o|)inion qu'il ne seret point chassé; estimant que celuy qu'on noramet Corps de garde luy porteret faveur ; mais un je ne sçay quel caporal vint, portant des lettres de recommandation de monsieur Capo, par le moyen desquelles il fut bien receu, voire chéri et caressé ; et peu de temps après la place de corporal, qui estet natif du pays , fut baillée à cest estranger caporal ».

Corrival^ rival. Ils (les amants) sont plus sujets à jalousies, raesmes qu'ils en ont des marys aussi bien tjue de leurs corrivals, IX, 186.

Corsage^ taille. Il (Vandenesse) estoit fort petit de corsage, mais très grand de courage, II, 381.

Corsesque^ zagaie. Voy. Cortsesque.

Corvée ^ expédition militaire. C'a esté le premier (Alviane) qui... a esté inventeur des grandes courvées et cavalcades de guerre, pour aller de bien loing rechercher son ennemy, II, 197.

Cotter^ désigner. Madame la régente, Louyse de Savoie, que (comme) l'histoire la cotte nommément, I, 193.

CoublCj couple, C'estoit un beau couble d'elle et de son mari, II, 24.

Coubler, coupler. J'ouys feu M. de Guyze dire : Les voyià (Montluc et Vassé) bien coublez ensemble, IV, 94. Voy. Jccoubler.

Couche, enjeu ; coucher, mettre pour enjeu. Mais ce seigneur en rabilla le fait, disant que, de sa couche, il avoit réservé (il s'agit d'un portrait) le parchemin du dedans, et n'avoit couché que la boëte qui l'enserroit, qui estoit d'or et enrichie de pierreries, IX, 504. C'estoit la couche ordinaire de cinq à six mill' escus d'un coup de dé, II, 46.

Coucher rfe, viser à, prétendre à. Son prédécesseur (Charles VIII) ne couchoit pas moins que de la conqueste de tout l'empire d'Orient, II, 3o9. On ne sçait que plus louer à la vérité ou les beaux mots du roy (Charles VIII) ou la response de ses subjects qui ne couchoient pas moins que de l'engagement de leurs âmes, II, 318.

Coulper^ reprocher, blâmer. Je suis esté un peu long en cet incident, et crains qu'on ne me coulpe de m'estre ainsy extravagué, VII, 276.

Coup (au), à la fois. Voy. Fariété.

Coup (tout au), tout à coup. Et le soir venu, ne failloit d'aller coucher en gallères, pour quant le beau temps ou le bon vent s'esleva, tout au coup faire voyle aussitost, IX, 606.

Couper queue, mettre fin. Hz (le pape et Fr. de Bourdeille) se remirent doncques à jouer, et la fortune voulut que mon père se

racquittast de tout , que le pape coupa queue au jeu et ne

voulut plus jouer, X, 42.

Coupière, celle qui donne la coupe, échansonne. M™'^ de Nevers. . . avoit esté nourrie quelque temps avec la reine Elisabeth de France, estant sa coupière, luy donnant à boire, IX, ^\k.

Courcie, coursie^ tillac. Sur la courcie de la gallère ou tillac de navire, I, 52, note 3. Cf. ibid., 211.

Courcière bardable, jument bonne à être bardée, IX, 485. Voy. Bardable,

Courement^ course. En tous les combatz à la barrière et couremens de bagues qui se firent là (à Bayonne), I, 113.

Courir j courir un risque, un danger. Je n'avois point peur que la vie y eust couru; j'estois bien asseuré démon baston, IX, 488.

Courroucer si..., se courroucer de ce que... Elle (la reine de Hongrie) se mit à courroucer contre luy (Henri de Nassau) s'il n'avoit pas honte de n'avoir peu prendre ce coullombier (Péronne), I, 252.

CourSj course. Il (Cosme de Médicis) a toujours entretenu sept ou huit gallères... allant tousjoiu's en cours, II, 18. Feu M. le grand-prieur de Lorraine prit une fois envie d'envoyer en cours vers le Levant deux de ses gallères, IX, 462.

Course (de), en courant (trot ou galop). Voy. Précipitant.

Courtine^ rideau, au figuré voile, prétexte. Elle (Françoise de Rohan) se trouva grosse de six mois... et confessa le tout sous la courtine de mariage, IX, 489.

Coustemens, coûts, dépenses. Popea Sabina, outre qu'elle fust la plus profuse en toutes sortes de superfluitez..., de pompes et de ses coustemens d'habits, IX, 310.

Coustillier ou cnustrilleux ^ soldat armé de coustille (espèce de

grand couteau) qui accompagnait l'homme d'armes. Leurs pages, archiers et coustilliers, II, 304. Cf. IV, 316.

Coustrillieux . Voy. Coustillier.

Coustumier^ habituel, ordinaire. Ce sont les propos coustumiers dont usent les dames inférieures à leurs supérieurs, IX, fJOS.

Coustumièrement ^ ordinairement, habituellement. Car coustumièrement la pluspart des François aujourd'hui, au moins ceux qui ont un peu veu, sçavent parler ou entendent ce langage (l'espagnol et l'itaHen), IX, 251. Cf. VI, 182.

Couvert (à), secrètement. En un tour de main le sarrurier eust ouvert le cabinet où ilz prindrent ce qu'ilz peurent emporter du plus beau et du meilleur, le plus à couvert qu'ilz peurent, II, 246.

Coy^ coyement^ sans bruit. Tel assaut et telle camizade se doit faire plus coy que l'on peut, I, 297. Toutes fois ils l'envoyèrent (M"'= de Rohan) tout coy chez ses plus proches parens, IX, 489. Voyant son frère un soir détenu mallade..., le laissant dans le lit , tout coyement se dérobe de luy, prend ses armes et ses habillemens... Ibid. 416. Cf. VI, 216.

Coyte^ couette. Il (P. de Navarre) fut pris et muré à Naples, où par le commandement de l'empereur fut estouffé entre deux coytes, I, 159.

Crain^ crin. Brusquet monte sur le cheval..., lui faîct coupper le crain, II, 247.

Craindre (se), craindre pour soi. Car il (le marquis del Gouast) se craignoit despuis la mort de Rincon et Fregouse, I, 20o.

Crainse, subjonctif de craindre. Voy. Tourner.

Créance, message, opinion, pensée. Ayant enfanté un bel enfant, ne sceut à quel sainct se vouer, sinon à son père (Cosme I)

à qui elle décela le tout par un gentilhomme qu'elle luy

envoya; duquel aussitost la créance ouye, il manda à son mari.., IX, 12. L'empereur lui escrist (au marquis de Marignan) qu'il n'estoit pas content de la longueur d'un si long siège (le siège de Sienne); voire luy avoit envoyé un gentilhomme de sa chambre pour luy en dire sa créance, I, 301.

Créance légère (avoir la), ne pas croire à grand' chose. Aussi qu'il (Ph. Strozzi) avoit la créance légère (ce disoit-on) et approchante d'aucuns anciens Romains... qui... ne craignoient pas de se deffaire eux-mesmes, IV, 138.

— Oudin, au mol croyance^ donne une acception toute différente à cette locution et l'explique par facile h persuader.

Créas, domestique; de l'espagnol creado. Tamayo luy dict qu'il se servoit de serviteurs et créas plus gens de bien que luy, VI, 306.

Créditeur^ créancier. La reyne et d'autres dames disoient

qu'il n'y avoit droict ny raison... que venir faire prisonniers telles gens à l'appétit d'un créditeur importun qui plustot devoit estre mis en prison, VI, 40.

Créé^ discipliné, élevé; en italien creato; en espagnol creado. Il n'y a insolence que le soldat mal créé et en tels endroicls ne face, III, 145. Geste fille, dicte Anne, fort belle et honneste damoyselle et bien créée en la court d'Espaigne, IV, 309. Cf. IX, 367.

Créon^ crayon. Jamais nature ne sauroit faire une femme si j)arfaitte comme une âme vive et subtile de quelque bien-disant, ou le créon et pinceau de quelque divin peintre la nous pourroyent raprésenter, IX, 237.

Criminel^ qui traite en criminel, rigoureux. Mais de dire.... que M. de Guyse eust faict faire le bandon un peu trop criminel contre les gens de guerre, il ne le faut croire, IV, 223.

Croire quelqu'un, avoir confiance en lui. Le bastard de Bour-

bcm..,. fut pris fort près de la personne de son roy et maistre

(Charles VIII) qui l'aymoit fort et le croioit, II, 311.

Croisette^ petite croix. (Charles VIII) avoit une très riche jacquette semée de croisettes de Jérusalem faictes de fine broderie, II, 307.

Crotte^ grotte. En moins de rien, il (LucuUus) creusa ceste montagne et crotte de Naples, dont il fut tant admiré, III, 126.

CrouUer^ remuer, grouiller. Ayant (Montmorency) trouvé ce |)euple de Paris.... mutin, séditieux, croullant et bouillant tout de mutination, III, 334.

Croye^ craie. (Charles VIII) envoyé ses mareschaux des logis et fourriers devant, la croye en la main, marquer les logis, II, 286.

Guider, penser, faillir. Les fautes que luy (l'évêque de Mâcon) et son compaignon firent et qui cuydarent porter préjudice à nostre roy, VII, 73.

Cuirasse poltronne^ prétexte servant à cacher la poltronnerie. Il y en a force grands qui ont fait de telz traictz pour com-

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batlre leurs inférieurs, à quoy ilz ont plus d'Iionneur que de s'ayder de telles ouvrasses poltronnes, VII, 122.

Cuiswt^ cuissard. Plus, mes armes complcttes, tant de la curiasse, brassard, sallade et cuissot, X, 14G.

Cunctation^ lenteur, cunctatio. Mais comme un Fabius Maximus, par sa cunctation et temporisement, (le duc d'Albe) fit aller nos fœuz en vapeurs et fumées, I, 101.

Curias.se ^ cuirasse. Voy. Cuissot.

CurieiLT^ soigneux, voy. Te/iser.

Curiosité^ recherche, soin; dans le sens de l'espagnol curiosidad. Après avoir mis (Catherine de Médicis) toute la curiosité du monde pour le faire guérir (Henri II), III, 273. Cf. X, 20.

Cuylly^ cueilli. Voy. Sarré.

Ciiyrassini-j cuirasse; en italien corazzina; en espagnol coracina, Millaud estoit couvert d'une petite légère cuyrassine, VI, 327.

Cuyssinetj coussinet. Voy. Chevaucheur.

Ddce, impôt. Don Pedro, vice-roy de Naples, y voulut meltie l'inquisition et y establir de nouvelles daces, III, 9o,

D.ii^acle, coup que le cerf (daguet) donne avec son bois. Estant (le chien) tout en feu, et aussy qu'il estoit percé comme un crible des dagades que le cerf luy avoit données, X, 110.

Dallasse, grande dague. De grandes dagasses au costé, comme j'ay veu d'autrefois nos enfants perdus en porter, I, 339.

Ddoutrety dameret, galant. Ayant fait (le marquis del Gouast) un festin aux dames de la ville, car il estoit fort damaret, s'habillaiit tousjours fort bien et se parfumant fort, I, 203. Cf. VI, 28.

Danser sous quelqu'un. Voy. Sous.

Dauphinatj dauphinois. De mesmes en devons-nous dire et faire de ce bon capitaine dauphinat (Lesdiguières), V, 187.

Davantage., d'autant plus. Voy. Advantage^ Inesgal.

De, pour, avec. La pauvre femme, ayant peur (pour la vie) de son mari, poiu" le sauver lui ouvrit (au marquis de Marignan) la

porte (du ciiàteau de Chiavenne), I, 292. Le capitaine Frangct

au lieu de s'y (à Fontarabie) deffendre de la résolution de son prédécesseur, la rendit subitement, II, 414. Cf. VII, 310.

Dé (flatter, le), aller, couler en douceur. M. le grand-rricur ne flattoit pas ainsi le dé à l'endroict des ennemis de sa reii ion, car il les haissoit mortellement, IV, loo.

Oudin explique cette locution par : ne pas faire une chose avec résolution ne pas dire ou foire librement.

Débattable^ digne de débat, sujet à discussion. Le bois de la vraye croix et le chappeau d'espines.... estant un trésor et joyau plus débattable que l'espée de nostre petit et brave roy Charles, II, 362, Geste cause demeura indécise qui estoit desbatable d'un costé et d'autre, V, 345.

Débattre^ disputer. Le marquis de (Marignan) alla assiéger la ville de Sienne qui fut débattue comme M. de Montluc le dict en son livre, I, 296.

Debit'ur^ débiteur. Puisque la chose alloit de corsaire à corsaire, il ne voulut pas demeurer debteur de telle courtoisie, I, 299.

Debdlezze^ faiblesse; en italien debolezza. Une grande' dame disoit que nul samedy fut sans soleil, nulle belle femme sans amours, et nul vieillard sans estre jaloux ; et tout procède pour la débolezze de ses forces, IX, 22.

Déborné (être) j atteindre les bornes.

Vivez doncques, virez tant que la destinée Voudra rouler vos jours. Puis, estant débornée, Venez nous veoyr icy, frère, je vous attends, X, 77.

Décadance ^ ruine. Ce qui fut cause de sa décadance (de Lucellus) que Clodius, meschant garniment, aida fort à pourchasser,

Décadant, en décadence, déclinant, affaibli. Ses devis furent grands et longs et point se ressentant d'un corps fany, esprit foible et décadant, IX, 458.

Déclinaison^ déclin. Boccace a fait un livre, où il exprime la grandeur d'aucuns grands, et leur déclinaison par amprès, VII, 61 .

Dédication^ promesse, protestation, dédicace. Voilà comme je me présente à vous, aveq' veu et dédication que je fais à Vostre Majesté, de vous demeurer pour jamais vostre très humble et très obéissant subject, I, 7. Et tel livre.... la dédication en fust estée plus propre à quelque courtizanne. Ibid.^ 197.

Dédier^ consacrer. Il (Cosme de Médicis) érigea un très beau et sainct ordre de chevalliers de Sainct Estienne, dédiez et destinez pour cette guerre ordinaire des infidelles, II, 18. Cf. IV, 100.

Défavoriser^ disgracier. Voy, Quoy que,

Défayrer^ deffairer^ defférer^ attribuer, rapporter, accorder.

Beauvin.... a fait un fort beau livre de luy (le maréchal de Brissac).... attribuant qu'il avoyt tout fait, sans en défayrer que peu aux autres, IV, 64. Il est vrai qu'elle (Marie de Hongrie), (jui estoit très habille, luy (à Charles-Quiiit) delfairoit le tout, IX, Gio. Ce fut luy (S. André) qui ordonna l'ordre de la bataille de Dreux.... MM. de Guyze et connestable trouvarent ceste forme belle et bonne et la luy defférarent. V, 36-37.

Voici encore un autre passage que je dois citer tout en avouant qu'il m'est impossible de lui donner un sens précis. Il y a probablement une lacune dans le texte ; mais je renonce à la remplir : « D'autres raisons philosophales apporta-il (un médecin), que je ne veux de me defférer en cet art », IV, 319.

Déféré^ accusé. Ayant esté (Soubise) déféré par les Siennois de plusieurs choses qu'il avoit faict en Toscane..., M. de Guyze intercéda pour luy, IV, SoS.

Deffaicte^ tuerie. Ce monsieur le médecin Brusquet, en ce camp d'Avignon, donnoit de pareilles recettes à ses mallades et les drogues de mesmes. Mais le pis fut qu'il fut descouvert de la grande deffaicte qu'il fit de ces pauvres diables, et qu'il fut accusé, II, 261. Cf. V, 2")7.

Deffaicte^ débarras. Et quand on luy demandoit pourquoy il le foisoit, veu que c'estoit son ennemy et autant de deffaicte pour luy s'il mouroit, il respondit.... VI, 425.

Defjaire^ mettre à mort. Il (Urbain VI) les fit exécuter (les cardinaux rebelles) et deffaire avec une doloire, II, 200.

Drfftiire (se), se suicider. Aucuns anciens Romains.... qui, pour immortaliser leur nom, ne craignoient de se deffaire eux-mesmes, IV, 138.

Drffansible^ défendable, excusable. Est-il plus deffansible et aussi plus loysible à une femme avoir eu plusieurs marys...? IX, 684.

Deffaut (avoir le), avoir l'infirmité, le manque. Voy. Oreille.

Deffence (faire), ordonner. Pour fin et l'un et l'autre (le cardinal de Lorraine et l'Hospital) vindrent fort à se fascher devant Leurs Majestez.... de sorte qu'elles leur firent deffence de leur taire, III, 313. ^oy . De f fendre.

De [fendre^ ordonner. Quand il (François P') couroit avec luy {Bourdeille, au jeu de bagues)..., il luy deffendoit de cesser ces

lançades, car cela ne le faisoil que desbaucher et empescher ses dedans, V, 85. Voy. Deffense.

Dejfércr. Voy. Défayrer.

Dfffrrrer (se), se départir. Ce grand roy François, aux grandz affaires, ne se defferroit jamais de son beau parler franç.ois, et n'en parla autre devant le pape Clément, le pa])e Paul, VII, 1V>.

Dcffiance^ défi. (Ame de Viry) luy (à Louis de Bourbon) envoya une deffiance (ainsi parloit-on alors, comme aujourd'huy dek solennel), VI, 484.

Dfffiinent, déli. Sur ce deffiment que l'empereur faisoit au rf)y (François P') sur le combat, III, 101.

De f finition, fin. Voy. Dif finit ion.

Deffluxion., fluxion, enflure. Il (Bouilhm) mourut fort jeune d'une deffluxion qui luy tomba sur les jambes, III, 192.

Deffortune^ dcsfortune^ mauvaise fortune. Le Peloux qui avoit suivy M. de Bourbon en sa deffortune, I, 9o. Cf. V, 293

Deffrayeur^ celui qui défraye, qui paye les frais. En quoy l'Espaignol ne fut pas sot d'avoir choisy un si bon deffrayeur et parrln, VI, lis.

Defraudé^ détruit. Ne void-on pas souvent les sommets des hautes tours par les vents, les orages et les tonnerres estre emportez, defraudez et gastez, IX, 344. Voy. Des fraudf ment.

Dé^astcr^ abîmer? mettre en fuite, chasser? Il, 2f)2. Yoy Buy e.

Dégouster^ goûter; en italien degustare, IX, 492. Voy. Desgnuster.

Déguiser (se), dissimuler. (Marguerite de Valois) pour rendre d(mq' contant son mari.... se desguisa de telle façon que, M. d'Espernon venant arriver en sa chambre, elle le recueillist de la niesme forme que le roy l'en avoit priée, VII, 67.

Délayer., dilayer, différer. Ledict connestable (de Castille).... en un tournemain exécuta aussitost ce qu'il avait tant délayé, VI,

Délibéré., résolu. Louis XII.... envoya M. de la Palisse avecqu'une gente armée et bien délibérée, I, 79.

Délicater (se), porter de la délicatesse, du raffinement. C'estoyent les sottes, le temps passé, qui, par trojj se voulans délicater en leurs amours et plaisirs, se renfermoyent, ou en leurs cabinets, ou autres lieux couverts, IX, 2o3.

Délices (tenir quelqu'un en ses), en faire ses délices. M. le Vi-

dasme.... se mit sur ses jours à aymer une More, qu'il ayma et la tint en ses délices,de telle sorte qu'il desdaigna toutes autres beautcz, VI, 123.

De mal [A.]. Voy. Ademal.

Demander quelque chose à quelqu^un^ lui chercher querelle. Monsieur, lein* maistre, leur commanda (à Bellegarde et à du Guast) de ne se demander rien ; mais jamais despuis ne furent amis, VI, 207.

Démettre (se), se défaire.

Dieu l'a ainsy voulu, qui nous oste et nous met

En tel lieu qu'il luy plaist, et de nous se démet, X, 74.

Demie^ la moindre chose, rien. Tout le reste e'toit mort de misère. .. y ayant demeuré (au chasteau de Crémone) plus d'un an etderay,... sans secours, ny nouvelles, ny demie de la France, III, 64 Voy. Demy.

Dcmy^ rien. Une court sans dames.... resseml)le une sattrape ou d'un turc oij l'on ny voit ny dames ni court d'un demy, III, 127. Voy. Drmie. Cf. X, 54.

Dénoué^ dégagé. Il (le grand prieur) estoit l'im des beaux princes qui fust de ce temps-là.... et de fort haute et belle taille et bien dénouée, IX, 366. Voy Desnouer.

Dénué ^ décharné. Il se void force dames.... si maigres, dénuées, asseichées, IX, 261.

Département. Voy. Des parlement. — Départir Voy. Main.

Dépeint^ qui a perdu sa peinture, son fard. D'autres sont fardées et pintrées comme images, belles au jour, et la nuict dépeintes et très laides, IX, 279.

Déplorant^ gémissant. Il ouyt là près une voix fort déplorante, IX, 661.

Déporter (se), se dispenser. Parce que c'est une chose bien uessente, publiée et divulguée par toute la chrestienté, je m'en déporte d'en parler, VI, 149. Voy. Desporter.

Dépositer^ mettre en dépôt (ici, comme otage) : de l'espagnol depositar. Hz (les princes) se servent de nous, comme de monnoye d'or et d'argent, qu'ilz ff)nt trotter, aller, virer, tourner, dépositer de la mesme façon les uns comme les autres, VII, 233.

Déprimer^ malmener, dénigrer, blâmer. L'empereur en fut fort mal content d'eux et en déprima beaucoup, I, 19. Cf. VI, 2.11.

Der^ dernier. Quand le concile de Trente der s'assembla,

Dernier^ derrière. Et se tournant dernier soy^ I, 269.

Dès^ depuis. Ce sont esté eux (les Espagnols) qui sont venus au bout des Allemans.... chose non encores ouye ny veue ni faite dès le grand Jules-César, VII, 10.

Désacnutré ^ sans accoutrements, déshabillé. De sorte que j'ay ouy dire à aucuns courtisans.... qu'ils les (les dames) aymoient mieux ainsi que désacoustrées... IX, 2rj4.

Desacqidtter^ acquitter. Et au défaut, faudra vendre de mes chevaux et quelques uns de mes meubles qui sont tous assez bastans pour me desacquitter, X, 130.

DésadvanUire^ mésaventure, malheur. Ayant sceu (Prospère Colonna) que de sa propre main il avoit tué son nepveu, il en cuyda mourir de despit et de deuil. Quel désadvanture pour l'oncle! I, 148.

Desaffit^ duel, de l'espagnol desafio. Es lieux où se doibvent faire des combatz et désalfitz, VII, 47.

Désagrer ou désagréer de quelque chose (se), l'avoir pour désagréable. Si que, possible, aucunes qui en liront des contes d'elles-mesmes ne s'en désagréront, VII, 397.

Désapointer^ destituer. Il (Mathieu de Bourbon) avoit très bien servy le roy LouysXI, et pour ce (le roi) l'avoit honnoré de belles charges,... mais il le désapointa et mesmes du gouvernement de Picardie, II, 311. Voy. Vigier.

Désassiégé^ délivré d'un siège. Lorsqu'ilz furent désassiégez, II, 414.

Désassiéoer une ville^ en lever le siège. Amprès que le duc d'Albe désassiégea Sanjac, IV, 68.

Desbagouller (se), parler beaucoup. Telz marautz et trahistres en leur déposition gastent tout, et se desbagouUent, et disent plus qu'il n'y en a quand ilz sont pris, IV, 254.

Desbaraté^ défait, ruiné, de l'espagnol desharatado. (Lautrec) s'en retournant en France pour la seconde fois desbaraté de là (de Naples), comm'il fit de Milan, il estoit pour jamais déshonnoré, III, 33.

Desbaucher^ déranger, tirer. Advant ceste fonte, noz canons n'estoient de beaucoup si bons, mais.... subjects à estre souvant raffraîchis de vinaigre et autre chose, où il y avoit plus de peine et

qui plus desbauchoit la batterie, III, 78. M. le Dauphin... l'osta et le desbaucha de ceste infanterie, V, 83, Cf. IX, 409.

Desbaucher (se), partir, s'en aller. Lorsque le jeune Crassus.... se desbaucha des trouppes de Cœsar en la Gaule, et y mena (contre les Parthes) une trouppe de braves Gaulois, V, 412. (Comborcier) se desbaucha jeune et s'en alla en Toscane, Ibid.^ 414. Deshnrdément^ d'une façon débordée. On disoit qu'il (le mareschal de Raiz) l'avoil (Charles IX) appris à jurer ainsi desbordément comme il faisoit, V, 235.

Desbnsqiier (se), débusquer (ici avec le sens de s'échapper, prendre trop de liberté). Luy defférant assez ^Catherine de Médias à la duchesse de Lorraine).... mais tenant pourtant tousjours la bride, ores la main haute, ores basse... de peur qu'elle ne s'esguarast ou se desbosquast, IX, 6ii0.

Descalse^ déchaussé ; en italien disraho. De M. le marquis de Bellisle et sa femme..., maintenant réduicte (retirée)... au monastère des descalses à Tolose, est resté un petit-filz, X, 91.

Descente^ descendance. Voilà comment ceste descente (de Felsinus) est bien esloignée de cette moderne que l'on suppose et attribue à sans propos à ceste famille de Médicis, VII, 335.

Deschiffrer quelqu'un, en parler mal, en médire, le dépeindre (en mauvaise part). Il n'y a gens au monde qu'ilz (les Espagnols) haïssent plus qu'un révolté, et le deschiffrent le plus et en disent plus de mal, I, 157. Voylà une grande imperfection de capitaine. Ainsy l'ay-je ouy deschifTrer tel (Lautrec) à plusieurs, III, 37-38.

Di'sconfiture ^ déroute. Belleforest ledict aussi en sa chronique sur le passage de ceste desconfiture, I, 134.

Dexcouverte^ action de découvrir, de dévoiler. Possible pouvoitelle faire cette descouverte (de ses amours), ou en resvant, ou que la vérité, qui ne se peut celer, l'y contraignist, IX, 465.

Descramponner ^ dégager de crampons. Après ce premier (combat) les plus foibles (navires) se descramponnarent, III, 255.

Descrier une trève^ la dénoncer, la rompre. Le roy de Navarre et le prince de Condé furent très mal contens (de la trêve).... et dirent et se résolurent nommément de ne veoir la reyne, nytraicter avec elle que ladicte trefve ne fust descriée, VII, 355.

Descrnyre^ ne pas croire, ne pas ajouter foi. Il ne sera pas damné qui le croyra ou descroyra, V, 404.

Desdire^ refuser. Après la perte (l'enlèvement) de son fils, elle

(la duchesse de Lorraine) demeura fort mal contente de M. de (luisc et de M. le cardinal son frère, les accusant d'avoir persuadé le roy à cela... tant pour voir leur cousin si proche adoté lilz et mario en la maison de France que pour avoir desdit — M. de Guyse de mariage, qui luy en avoit fait porter paroUe, IX, 627. Cf. X, 36.

Désembar(jiier^ <léharquer. Un italien, un jour désembarqué à Marseille, allant en Espagne, IX, 2ol.

Désemparer^ abandonner, quitter. Xous avons veu nos grandz, le temps passé, ne l'en désemparer (le collier de l'ordre) jamais, V, 94. Cf. X, 40.

Déseni^agrr^ dégager. Charles de Launoy.... faisant oster et séparer tant de gens qui estoient à l'entour de luy (François I"), qui l'avoient desjà désengagé de dessoubs son cheval, 111, 143.

Désenlever^ enlever.

Hé quoy! Le ciel ainsy prend-il ces belles âmes?

Ne se contente-il pas de ses luysans flambeaux,

Sans nous désenlever tant de parfaictes dames ?X, 83.

Désenscpvely^ déterré. Après il (Lautrec) fut désensepvely par aucuns marautz et puis porté à Naples, III, 33.

Désespéradc^ résolution désespérée. Elle, ayant un peu songé, tout à coup comme d'une désespérade, profPéra ces mots, IX, 33o.

Désesr/érer, se désespérer. Elle (Catherine de Médicis) luy (à Cosme) fit faire des obsèques à Nostre-Dame.... dont M. d'Estrozze en désespéroit, IV, 138.

Déseapérer de quelque chose, ne plus y avoir d'espérance, en perdre l'espoir. Si bien que désespérez (il s'agit de chevaux jetés à la mer) de la terre, pour en estre trop loing, I, 72. (Dragut) désespéré de retraicte, car il n'en avoit aucune, parce que les gouverneurs des costes ne le voulloient aucunement retirer (recevoir), II, 54. Cf. IV, 49.

Désespoir, sans espérance, IX, kV>9. Voy. Ores.

Desfraudement^ destruction C'étoit grand dommage du desfraudement de ce beau navire, qui estoit de trois cens tonneaux, qui pourrait encor servir, III, 300. Voy. Dffraudcr,

Dt'sgnuster^ prendre en dégoiit. M. d'Estrozze et moy. ... re monstrasmes à M. de Bussi le tort qu'il se faisoit de désobéyr ainsi à un capitaine des gardes, parlant de par le roy; aussi que le roy dès-lors commançoit à le desgouster, VI, 184.

Dex^radement^ dégradation. Ne pouvans cstre indulctz par l'honneur a bien faire, qu'ilz le fussent par la craincte du supplice ou du déshonneur ou desgradement des armes, IV, 24.

Deslascher (se), partir (en parlant du ressort d'une arme à feu). Mon compaignon, tenez vostre pistollet liant, car, s'il deslasche, vous m'en donnerez dans la cuysse, IV, 377.

Desloysir^ loisir. Alors moy, voyant M. de Guyse à la ruelle du lit de la reyne, et fort à desloysir, je vins à luy et dis, VIT, 226. Cf. Ihid., 224.

Dcsmeslé^ disputé. Un beau combat^ bien signallé, bien sanglant, bien combattu et bien desmeslé.... vaut plus que cent petitz combatz, II, 37.

Desniaiser^ attraper, filouter. Le roy (Charles IX) ryoit

quand il voyoit les autres (les filous) faire signe qu'ilz avoient joué leur farce, ou qu'il les voyoit desniaiser leur homme et femme, V, 279.

Desnouer le pied (se), se le démettre. Deux autres exemples ay-je veu de deux dont l'un estoit malade d'une fiebvre et l'autre qui s'estoit desnoué un pied, VI, 420.

Désobligé^ délié d'obligation. La guerre ne se faisoit plus contre l'empereur, mais le roy d'Ëspaigne; et pour ce, n'estoit (le comte de Rliingrave) lié de serment et en estoit du tout désobligé, VI '?'i>v)

Désolé^ désolant, affligeant. Que te reste-il, Balagny, après ta désolée infortune, IX, 460.

Dé SOT donner^ mettre en désordre. L'infanterie espagnole et l'allemande.... attaquarent la cavalerie dudict Alviano avec telle furie qu'ils la désordonnarent aussi tost et la ntirent en route, II, 192.

Despans^ dépenses. Voy. Deffrayeur.

Despartement , département^ séparation, action de quitter, départ. Et (Marguerite d'Angoulême) adjousta que si elle n'estoit bien ferme en la foy, qu'elle ne sçauroit que penser de ce deslogement et département du corps et de l'âme, VIII, 12S J'ay ouy dire que ceste parolle fut trouvée un peu .trop altière et brave, et mesmes estant sur son despartement de sa charge, IX, 619 Et ne veux point raffr-aischir la mémoire des choses que j'ay souffertes en ce despartement de la court, III, 322. Cf. IV, 248.

Despartement^ répartition, départ. Et pour le despartement des

décimes, comment s'en sont-ilz (messieurs du clergé) desportes et enrichis? IV, 333.

Despartir, diviser, séparer. Prenez le cas que despuis ilz fies tribuns militaires) soient esté despartys, et que d'un qui estoit, aujourd'huy est le couronnel de l'infanterie, et l'autre est le couronnel de la cavalerie légère, V, 300.

Despartir le combat, séparer les combattants. Madame la duchesse (de Ferrare).,.. pria à joinctes mains M. de Nemours qu'il fist despartir le combat, et que l'autre ne poursuivis! point son ennemy jusques à la mort, VI, SriG.

Despartir (au), au départ. Voy Quinze. Despartir (se), s'éloigner. Voy. Souffiener. Despend, dépense, Voy Eslargir.

Despendre^ détacher, enlever. L'édict qu'il (Charles-Quint) fit publier aux Pays-Bas, que les Barbançons et Allemans ne peuvent encor despendre de leur mémoire, car ce fut un'ordonnance observée par toutes les dix-sept provinces, que l'on n'eust plus à faire caroux, I, 30,

Despens, dépendance, possession. Luy (Charles-le-Téraéraire) venant à mourir, le roy Louis XI s'en vint ruer sur sa grandeur, sur ses despens et sur ceux de Savoye, VIII, 87.

Despesche, débarras. Les plus sages et les plus zélez à la France dirent que c'estoit une belle despesche de luy (la mort du duc d'Orléans), III, 185-186.

Despit, dépité. Voy. Colléré. Cf. VI, 413. Despiter, maudire, se mettre en colère contre.... Les unes (les veuves) despitent le ciel, les autres maugréent la terre, IX, 658. Despiteux, lamentable, désespérant. L'entreprise d'Alger en laquelle il falHt (Charles-Quint) par une trop despiteuse conjuration de tous les ellémens, I, 71, Cf, VI, 289.

Desplier, déployer. Car une femme, quand elle veut desplier ses espritz, comme on dit, est terriblement fine, IX, 725.

Desporter (se), se comporter, Voy, Despartement et Déporter. Desprouver, désapprouver. D'autres disent.... que certainement il (Biron) se trouva à ce festin, entendit leurs parolles et dessains qu'il desprouva, V, 146.

Despuis (du), depuis. Charles d'Austriche qui fut du despuis empereur, I, 240.

Desrobade (à la), à la dérobée, secrètement. M. d'Estrozze

estant venu en poste à Paris.... et s'estant retiré à la desrobade en son logis, II, 2oij. La partance du roy nouveau de Pouloigne (Henri III) qui fut à l'improviste et à la desrobade, V, 199. Cf. IX, 201.

Desrompu, déchiré. Voy. Gris.

Dessaigner ^ projeter. Ce qui fut cause que son festin (du duc d'Albe) fut imparfaict, pour les conviez faillis qu'il avoit dessaignez, II, 164. Voy. Dessigner.

Dcssarer^ lâcher, faire partir (en parlant du ressort d'une arme à feu). Deux de ces Escossois avoient des pistoUetz, qui les dessarrarent, et l'un blessa M. de Bussi au bout du doigt, VI, 183.

Dessavnuré^ privé de saveur. Celles surtout qui se mettent à l'amour, et si elles ne sçavent rien dire, elles sont si dessavourées que le morceau qu'elles vous donnent n'a ny goust ny saveur, IX, 248.

Desservice^ mauvais service. J'espère en faire un discours à part sur les services et desservices qu'ilz (les Suisses) nous ont faict, V, 69.

Dessigner ^ projeter. Nous estions en Brouage pour nous embarquer sur mer et faire un beau voyage bien dessigné, III, 314. Voy. Dessnigner.

Dessus (faire le), l'emporter. Le dict mareschal (de Cossé) acquist beaucoup de réputation.,., mais M. de Tavanes faisoit le dessus, IV, 89.

Dessus (venir au], venir à bout. Nostre roy d'aujourd'huy (Henri IV) estant venu audessus de la conqueste de la Bourgogne, IV, 18o.

Destiné^ marqué par le destin. Estant donc venue la fin destinée, et gisant dans son liot, IX, 452.

Destordre ^ détourner; en italien distorre. M. de Guyze se destort viste de son chemin, et au grand gallop vint le trouver, V, 375.

Destourber, empêcher, détourner; en italien disturbare. (Montmorency) se trouvoit ordinairement président aux conseils et aux affaires du roy, s'il n'estoit erapeaché ou de maladie ou de quelque autre plus grand affaire qui l'en destourboit, III, 337.

Destresse ^ chagrin, douleur. Le malheur voulut que ceste honneste dame mourut dans six sepmaines, dont il cuida mourir de destresse, IX, 702.

Destroict^ détresse; districtio. Eux (les Colonne et lesUrsins),

^3f> LEXIQUE.

ayans recours à l'empereur, mirent le pape en tel destroict qu'il fut assiégé une fois dans le castel Sainct-Ange, IV, 210.

Destroict, délilé, passage l'esserré. Aprez ceste grande bataille et occision de Cannes pour les Romains, il y en heust environ dix millsoldatz de reste de ceste grande routte, lesqnelz eschapez, esperduz, esgarez et vagalxmdans par certains destroictz arrivarent de nuict à Canouze, VUI, HI, Allez donner ordre à l'armée, et retirez nos forces dans ce destroict du pont à Sainct- Vincent, VII, 297. Cf. X, 12.

Desultnirt^ (cheval), cheval servant h faire l'exercice de la voltige, eqmis demltorius. Jamais jadis chevallier ou gendarme romain ne fut si prompt et adextre de monter et remonter sur ses chevaux desultoires, IX, 57.

Dèterininément^ avec détermination. Il (Jarnac) le (La Chastaigneraie) cognoissoit de longue main pour un des plus vaillans et déterminez hommes du monde, et qui ne faudroit d'exercer sa dernière furie déterminéraent. VI, 260. — H, Estienne (p. 72) signale comme nouvelle l'expression « un soldat déterminé ».

Détenu^ retenu. Voy. Coy.

Détour^ traverse.

.... Vivez très bien vos jours,

Vivez encor les miens, ne vous pouvant survivre,

Sans aucuns longs travaux, ny peines, ny détours, X, 85.

Détraquer (se), se déshabituer. Quand une femme une fois s'est mise à ce train, elle ne s'en détraque, non plus qu'un cheval de poste qui a accoustumé si fort le gallop qu'il ne le sçauroit changer en autre train d'aller, IX, 131.

Deub^ dû, devoir, debitum. Le duc de Ferrare d'aujourd'huy se comporte avec ses subjects aussi doucement que prince de la chrestienté..., ne tirant d'eux sinon ce qui lui est deub, III, 41. Faire le deub de sa charge, VI, 429.

Devantièrf, devanture. Et traitant ainsi leurs pauvres femmes qui ont toute leur chaleur en leurs belles parties de la devantière, IX, 179.

Dévestir (se), se dépouiller. Et dès lors (Charles- Quint) prit occasion de faire la trefve.... et se dévestir de son empire, de ses estats et royaumes, I, 2o.

Dévirginéj qui a perdu sa virginité. Ainsi que je l'ay veu ap

peler tel à aucunes filles estans dévirginées et à auciuies femmes prises à force, IX, 90.

Devisemeritj causerie. Cela se peut mieux dire et représenter par parolles, gestes, devisemens, que par escrit, VI, W^.

Dévorahle, vorace. On dict que le dragon se faict et se forme d'un gros serpent, dévorable qu'il est, en dévorant et mangeant plusieurs autres serpens et serpenteaux, II, 206.

Dévnt^ dévoué, fidèle, devotus. Un gentilhomme de Xaintonge, nommé Saiucte-Foy, ayant esté faict créature de M. le Prince.... le vint à quitter à Orléans, soubs le prétexte de dévot réalliste, VII, 248. — H. Estienne (p. 377) proteste contre la nouvelle acception que l'on commençait à donner au mot Dévotion et qui est restée. « On souloit user de ce mot, dit-U, quand on parlet de Dieu (ascavoir de Taffecticm qu'on met au service de Dieu), et maintenant on en use aussi quand on parle des hommes, car on dit : cestuy-ci est à la dévotion d'un tel seigneur, n

Dévoiifusement^ dévotement. Voy. que^ comme.

Diantre^ diable. Nous autres diantres provençaux, V, 427.

i)/(-/n.7rr/e, "diablerie, drôlerie, IX, 519.

Diète^ régime. iXostre roy dernier Henry III*, faisant un jour la dicte à Sainct Germain-en-Laye, où il s'estoit retiré à part, hors de sa court. II, 211. Il (Du Gua) avoit changé de logis, ne quictant pas le sien pourtant où estoit son train; mais pour mieux faire la diette, il s'estoit séquestré et séparé à part, V, 354.

Diffame^ mépris. Mais ils (les rois) sont chrestiens, qui ont la crainte de Dieu devant les yeux..., leur honneur, le diffame des hommes, X, 354.

Diffinir^ terminer. En nos apels aussi tost on a difiEny par une belle gloire son différent, ou bien l'on y meurt en belle réputation, VI, 389.

Diffiniteur^ celui qui sait donner les définitions. Je ne sçay si l'on doit apeler ceste fille simple et niaise, ou bien fine et rusée.. .; je m'en raporte aux diffiniteurs, IX, 558.

Diffinitinn^ fin, terminaison, terme. Avant que ceste grand'bataille se donnast en Aflrique entre Scipion et Anibal, qui fut la totalle diSîmticm de la guerre de Rome et de Cartage, IX, 628. Et là fut la difflnition de sa réputation (à des Adrets), car despuis il ne fit jamais si bien pourrie parti catholique comme pour le party huguenot, IV, 33.

Digne y capable. C'estoit (Strozzi) l'homme du monde qui estoit plus digne de loger un'armée, fust en leur assiette de logis, fust en campaigne pour battaille, VI, 160,

Di^resseur^ qui fait des digressions. Je les descrirois (les fêtes de Bins) volontiers ici...., mais on [lourroit me reprocher que je serois un trop grand digresseur, IX, 616.

Dire (à), faire défaut, à regretter. Il (Fonterrailles) eut à la bataille de Coignac une jambe blessée et coupée, qu il a à dire, II, 411 : « Sire, vous estiez très bien armé selon que vous dictes ; mais vous alviez à dire la meilleure jiièce de votre harnois. — Et laquelle? respondit le roy (François \") — Le cœur de vostre noblesse, » III, 153. On le trouva à dire (S. André) sur la retraicte tout le soir et toute la nuit, jusques au matin l'endemain sur les neuf heures, qu'après avoir esté bien cherché et recherché parmy lesmortz, il fut trouvé dans un petit fossé, V, 39.

Dire (vouloir), vouloir bien. Il ne faut que peu ou prou pour s'advancer en guerre, quand la fortune veut dire, III, 384.

Discordant de (être), être en désaccord sur. Les Espaignolz et François sont discordans du nom de celuy qui le combattit, IV",

Discoste^ distante; en italien discosto. Zara en Barbarie, discoste de la mer douze milles, IV, 134.

Discourir^ exposer, raconter. Il (Bellegarde) part en poste et va audevant du roy (Henri III) qu'il trouve en la Carinthie, luy discour sa négociation, V, 199.

Dispensé (être), avoir une dispense. Pour complaire à son roy l'on est dispensé de tout, et pour faire l'amour et d'autres choses, IX, 482.

Disposément, en ordre. A moy tout est de guerre et de pardon, qui ne faictz proffession de coucher bien par escrit ny disposément, IV, 100.

Disposé à (être), être en état de. Voy. Marette.

Disposition^ agilité, état de santé. La pluspart du temps (M. de Savoie) alloit tousjours en croupe derrière luy (M. de Nemours) et sans autre cérimonie.... y montoit d'une telle disposition qu'il estoit plus tost monté qu'il en sceust rieo, IV, 168. Et puis (Henri II) la fit mener (Françoise de Rohan) dancer.... la gaillarde et les autres bransles, là où monstra sa disposition et dextérité mieux que jamais, IX, 489. Il (Henri III).... m'appella et me

demanda de la disposition de mon frère que je luy dis très mauvaise, V, 206.

Disjjoste^ (fe'minin de dispost)^ dispos, alerte. M. le comte (de Mansfeld), son père, le survesquist, ayant vescu près de cent ans en belle vie et fort disposte, I, 309.

Dispostement^ lestement, avec souplesse. Auparavant elle (Diane de Poitiers) s'estoit rompue une jambe sur le pavé d'Orléans, allant et se tenant à cheval aussi dextrement et dispostement comme elle avoit fait jamais, IX, 3a6.

Dissimulé^ déguisé. Et de fait cette dame, la voulant voir (une courtisane) alla chez elle en habit dissimulé, IX, 33.

Dhsnlu^ résolu. Une question y a-il que je voudrois qui me fut dissolue en toute vérité, IX, 691.

Dissolvable^ qui peut être dissous, dissoluble. Telz mariages, certes, sont dissolvables pour ces incapacitez, VIII, 92.

Divers à ou dc^ différent de. Un caresme bien divers à ceux qu'il (Montmorency) avoit veu de jadis faire à la court, III, 296. Voy. Duellian.

Diversifier, changer. Voy. Varéable.

Diversion, séparation. (Anne de Bretagne) aborrant fort le scisme et la diversion (du pape et du roi), VII, 318.

Divertir, détacher, séparer. Lorsque ce grand empereur (Charles-Quint) se voulut divertir du monde, I, 58; note 4. Cf. IV, 250.

Divise, devise. Aussi portoit-elle pour sa divise la fleur du soucy, VIII, US.

Diviser, deviser. (Catherine de Médicis) avoit ordinairement de fort belles et honnestes lilles, avec lesquelles tous les jours en son antichambre on conversoit, ou discouroit et divisoit, tant sagement et tant modestement que l'on n'eust osé faire autrement, VII, 377.

Divid^uement, communément. Un autre vieux capitaine.... qui d'autres fois avoit très bien faict, mais là (à Dreux) très mal.... et le publioit-on divulguement, IV, 9.

Divulguer, connaître Et là (les sottes du temps passé) faisoyent tant durer leurs jeux et esbats qu'aussitost elles estoyent descouvertes et divulguées, IX, 2o3.

Dnnt, subjonctif du verbe donner. Dieu vous doint très heureuse et longue vie ! II, 406.

Dnllë^ poli, dolatus. Voylà une plaisante rithnie, mais mal dollée, IV, 92, note 2.

Dminatif^ de domination, de conquête. Il (Lautrec) ne voulut entrer dedans (Pavie) par les portes de la ville, mais par la bresche tout à cheval, la faisant un peu esplanir, pour manifester plus grand triomphe dominatif, III, 29.

Dominations^ possessions. Elle (Claude, duchesse de Lorraine) estoit vraye fille de France. ., en bon esprit et habileté, qu'elle a toujours bien monstre en secondant sagement et habillement monsieur son mary au gouvernement de ses seigneuries et dominations, VI H, 139.

Donc^ dont. L'assurance et la bravetté qu'il eut de se battre ainsi contre ces trois l'un après l'autre, donc, selon toutes les loix duellistes, légitimement il se pouvoit excuser. VI, 319.

Done^ dame, de l'italien dmna. Hz s'attachoient aux marquises, contesses, baronnesses et grandes dames et gentiles dones de la ville, I, 274.

Donrois^ donnerais. A quoi respondit l'empereur : « S'il se jouoyt à cela, je luy donrois de mon espée si estroit sur l'oreille que.... » I, 41. Dans une variante de ce passage, p. 39, note, il y a : « Je luy donrois de l'espée si serré. »

Dont^ d(mc. M. le connestable dont estant retourné à la court, III, 346.

Dnnt^ d'où. Le grand pont de Brantôme dont l'on va au jardin, X, 149.

Doubler^ faire un double, un duplicata, copier. Je priay cette honneste dame de me donner le double de ce conte ; ce qu'elle lit très volontiers, et ne voulut qu'autre le doublast, de peur de surprise, IX, 217.

Double j hésitation. S'il (Gonsalve de Cordoue) eust peu usurper et surprendre pour luy et pour son maistre, il l'eust faict sans doubte ny aucun scrupule, II, 21.j.

Doubler de quelqu'un (se), s'en méfier. Luy (du Gua) se doublant toujours dudict baron (de Vitaux), il se fioit à un homme qui guestoit et espioit ledict baron, V, 3oij.

Douter^ redouter. Nos ennemys sont soudoiers et mei'cenaires..., par quoy ne les devons douter, II, 317.

Douteux y soupçonneux, méfiant. Ces brindes et ces paroles et responses.... durèrent assez longtemps jusques à ce que le prince

fin et douteux, se douta de quelque chose, IX, 83. Voy Doubler .

Draperie ^ dénigrement, censure. Plusieurs en ay-je veu tels qui craignans de parler des hommes, de peur de la touche, se mettoyent sur la draj^erie des pauvres dames, IX, SOI. (iN'ous disons encore draper quelquun).

Dresser, adresser. M. de la Force les devoit alle'guer en son harangue qu'il dressa au roy, V, 2G.j. Voy. Droisser.

Droisser^ dresser, élever. Il (M. de Chièvres) l'ha sceu (Charles- Quint) si bien droisser que nous en avons veu l'œuvre, I, 216, note 4. Voy. Dresser.

Dronos, tape, horion. Les uns les assommoient de coups, les autres se contentoient à leur donner dronos, I, 273. Cf. VII, loo.

Duelliarij dueUiste, qui se bat en duel; en italien duellante. L'inQdelle estant divers de relligion, il est esgal ennemy de l'un et de l'autre des duellians (aucuns Italiens usent de ce mot) ou combattans, VI, 303.

Duelliste^ qui est relatif au duel. Voy. Donc.

Durer j vivre. Aussi a-il (Montmorency) sceu bien en soy entretenir ce christianisme tant qu'il a duré,. III, 29o.

Eau-bénitier^ bénitier. Voy. Aspergez.

Économie^ administration de la maison. M. de La Noue.... quitta le bureau et la marmite et l'économie du roy de Navarre pour aller guerroyer en Flandres, VII, 210. Cf. Cahalle.

Efroyant^ effrayant. Paulo Jovio en descrit ses forces et la forme efroyante qu'il (Charles-Quint) entra aveq elles dans Boulogne, I, 39, note.

Éjamber^ enjamber, empiéter, gagner. Toutesfois ses ennemys n'éjambarent rien sur luy (Louis XII) ni sur un seul pouce de terre de son royaume, II, 364. Cf. Ajamber^ Esgember^ Esgeambeinent.

Élangory^ languissant. Venoient-elles à estre veufves, les voylà remises et refaictes aussitost, comme un cheval maigre et élangory mis à l'herbe qui se reffaict, VII, 168.

Élevé, en relief. Au lieu de testes de mort qu'elles (les veuves) portoient ou peintes, ou gravées et élevées, IX, CiJO.

Embler^ enlever (nous avons encore la locution adverbiale d* emblée]. Il ne l'espousa, car un autre plus riche la luy embla,

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