IX
Fiçonner^ piquer. Tant cela le piquoit et fiçonnoit, IX, 277.
Fiens^ fientes. Il (Jacques de Bourbon) se faisoit porter par quatre hommes en une civière telle, sans autre différance, que les civières que l'on porte les fions, fumiers et ordures, VIII, 187.
Fileu, filleul. Voiez comme les fileux quelquefois tiennent de l'humeur de leurs parrains, I, 87, note 3.
Fillaude^ petite fille, fillette. Son mary n'en faisant cas, comme d'une petite fiUaude, ne l'aymoit comme il devoit, IX, lo7. Et paissent ainsi de bayes ces paouvres fillaudes et femmes servantes, Ibid.^ 546.
Fille ^ file. Estant le passage (d'un ruisseau) si estroict qu'on ne pouvoit que passer à la fille, V, 42.
Filler^ filer. Encor qu'il y ait plusieurs qu'on ne leur sçauroit ester l'opinion de la teste que ceste fusée (la Saint Barthélémy), n'eust esté fiUée de longue main, VII, 364.
Fillet^ fil. Et n'aurois jamais fait, ny n'en sçaurois jamais sortir,
non plus que d'un grand labyrinthe qui fut autresfois, encor que j'eusse le plus long et le plus fort fillet du monde pour guide
Fin à dorer ^ adroit, retors. Le capitaine La Chambre n'y faillit pas (à l'ordre de Charles IX), car il vous en emmena dix (des filous), triez sur le vollet, desliez et fins à dorer, qui les pre'senta au roy, V, 279.
Finet^ finaud. Ainsy qu'il (Louis XI} fit un jour d'un petit scribe, fin, finet et bon compaignon.... Luy voiant son escritoire pendu à sa ceinture, lui commanda aussitost de luy escrire soubs luy; et ainsy qu'il eut ouvert son gallemard que l'on appeloit ainsi jadis, II, 334.
Fiollant^ qui aime la fiole (bouteille), ivrogne. (Cinquante soldats huguenots retire's dans un moulin) tirent force harquebusades et si vaillamment que quelques petits arquebusiers qui estoient là, pensez quelques fioUans, n'osèrent approcher, VII, 289.
Fiscaigne^ danse maltaise. Pensez qu'il n'y avoit ny fiscaigne (que les chambrières et esclaves mores dansent les dimanches à Malthe, en pleine place devant le monde) ny sarabande qui en approchast (des danses romaines), IX, 302.
Fisionomiste. Il est e'vident que dans le passage rapporté à l'article Hjpochratiste Brantôme, peu familiarisé avec les termes de science, a mis fisionomiste pour fisiologiste. Le mot physiologie se trouve dans Ambroise Paré. — Suivant H. Estienne (p. i39), le mot physionomie était aussi fort estropié par les courtisans qui le « dépravoient « en philosomie, phisolomie, philonie^ etc.
FlacquCj flasque. Qui ne fust ny laide, flacque, ny froide, IX, 241. — Suivant Oudin, un « grand flasque » était un lâche, un poltron.
Flambant^ flamme, pavillon. Les estendardz, flambantz, banderolles, moytié de mesmes (en velours) et moytié de damas, IV, 149. Il ne faut demander si les flambans, estandarts etbanderolles manquoient en beauté, III, 2o4.
Flanqué^ -qui a des flancs, des hanches. Et me disoit qu'entre telles beautez c'estoit la dame la mieux flanquée et le plus haut qu'il eust jamais veue, IX, 282.
Flasque^ flasquet^ poire à poudre; de l'italien fiascone. Ce n'estoient (l'arquebuserie du temps passé) que meschantz canons..., en forme d'un'espaule de mouton; et le flasque, qu'on appelloit
ainsi, estoit de mesmes, voire pis, comme de quelque cuyr boully ou de corne, bref toute chose che'tifve, VI, 73. Leurs flasquetz ne valoient guères non plus, ibUl.
Flcsc/tadcj coup de flèche. En italien frecciata; en espagnol flecliazo. Voylà donc M. le grand prieur qui se retire victorieux..., blessé de deux fleschades grandement, IV, lo3.
Fleurissant, florissant. Voy. Entretenu.
Fleuste et Allemand^ verre à boire long et étroit. Elle (une dame de la cour) ressembloit fort bien une batteleuse, ou pour plus proprement dire, de ces femmes en peinture que l'on porte de Flandres, et que l'on met au devant des cheminées d'hostelleries et cabarets avec des fleustes d'Allemand au bec, (On dit populairement encore aujourd'hui fluter pour boire).
Fiente^ flûte. Pour ce qu'on la (Elisabeth reine d'Espagne) soupçonnoit défaire l'amour et qu'il y avoit quelque poussière dans sa fleute, comme l'on dit , IX, loj. — On trouve dans Oudin : Il y a de t ordure à sa fleute^ il y a quelque deffaut en luy, il n'a pas la conscience nette. »
Flori, fleuri. La beauté de la tante desjà en son esté.... vaut plus que tous les fruictz que son aage (l'âge de la nièce), maintenant flori, donne espérance d'en venir, IX, 609.
Fluant^ coulant. Elle (I\Iarguerite d'Angoulênie) fist en ses gayettcz ung livre qui s'intitulle : Les Nouvelles de la reyne de Navarre^ où l'on y veoit ung stille si doux et si fluant, VIII, 12o.
Fœuz^ feux. Voy. Cunctation.
Fnittcr^ fouetter. Si les pages et lacquais luy (à Thony, fou de Henri II) faisoient le moindre desplaisir du monde, il crioit plus, et bien souvant les faisoit foitter, III, 342.
Follet^ mignon. D'autres (femmes) y a-il qui ont.... le sein aussi follet, comme si elles estoyent encor llUes, IX, 26o.
Follie aux garçons (faire la), se laisser séduire, faire l'amour. Il y en heut une pourtant... qui (à qui) luy eschappa ung jour de faire la follie aux garçons, VIII, 104.
Forbanny^ proscrit. Mais le malheureux (Enée) la trompa (Bidon)...; ce qu'il ne devoit faire à cette honneste dame qui luy avoit donné son cœur et son amour, à luy, dis-je, qui estoit un estranger et un forbanny, IX, 381.
Force ^ armée. Ainsi que la force du roy arrivoit par une porte
à Milan, il n'y avoit pas demie-heure que M. de Bourbon en sortoit par l'autre, III, 64.
Force (faire), faire force de rames. Le seigneur André' dist à l'empereur, à l'oreille, s'il vouloit qu'il fist lever l'ancre et faire voylle et force à ses forralz, II, 33.
Farceur^ dompteur. Les Romains forceurs de (la) nature, II, 57.
Formuler^ fourmiller. Bienheureux estoient-ilz au temps passé de nos pères, qu'on les entretenoit en une simple ignorance et ne les abusoit-on de tant de presches qu'on voit aujourd'hui formiller, III, 135. Cf. V, gS et Frémiller.
Forteresse^ fortification, force. Là (dans Rouen) où il (Montgommery) tint le siège plus longtemps que la forteresse, ne de la place, ne l'armée devant..,, ne le requéroit, IV, 359.
Fortune^ malheur. Voy. Souffrener,
Fortune (courir), courir risque de la vie. Possible eust-il (Furstemberg) couru fortune, si le roy eust voulu; mais il voulut faire parestre en ceste occasion sa magnanimité plustost que le faire mourir par justice, I, 350.
Fortussi^ fortuscy^ banni, proscrit; de l'italien fuoruscito. De bandoUiers, de fortussis, de massacreurs et assasins, il n'en falloit point parler, VI, 44. Le malheur de la dame fut que,,., vint à tumber, en se sauvant, parmy des 'bandoUiers et fortuscys du royaume, VIII, 94.
Fouet. Voy. Repasser.
Fougon^ cuisine; en espagnol fogon. Ce chevalier gascon, résolu et déterminé de mourir par un faict généreux, vint au fougon et là prend un tizon de feu et soudain descend en bas dans la chambre de la munition et mit le feu dans les poudres, IV, 152.
Foulle, action de fouler, oppression. Ils ont, je croy, l'âme bien chargée pour les grands foulles qu'ils ont fait pâtir au pauvre peuple, III, 338.
Fourches^ gibet, potence. J'ay veu de mon jeune temps.... les soldatz espagnols.... ne passer jamais devant les fourches oii il y avoit des pendus et branchez, despuis les plus grandz jusqu'aux plus petis et leurs mochaches (voy. ce mot), qu'ilz ne levassent tous à la file le bonnet, I, 32.
Fourchu. Voy. Arbre,
Fourest^ forêt. Un grand lion mort, gissant dessus le sable,
qui soulolt estre auparadvant la terreur de tout un terroir et de toute une grande et espacieuse fourest, IV, 303.
Fourreau^ habillement étroit et tout d'une venue. Voy. Escarpe,
Fourvoyer de quelque chose (se), s'en écarter. Les Romains, qui ont été les premiers qui ont fait valoir ceste cousturae (la mort pour la patrie) et qui l'ont tant- louée et approuvée..., s'en sont bien fourvoyez autrefois, VII, 232.
Fouyer^ foyer. Lorsque nous allasmes faire la guerre (aux Espagnols) en leurs fouyers, soubz M. de l'Esparre, V, 74.
Foy^ confiance. (Le comte d'Egmont) se sentoit tant de foy qu'il luy sembloit advis que jamais le roy d'Espaigne ne luy fiiiroit mauvais tour, II, 54.
Foye, foie. Cela faisoit grand bien aux foyes de la reine sa mère (Catherine de Médicis, mère de Charles IX) qui..., s'en esjouissoit beaucoup, V, 240.
Fracas^ perte par rupture; en espagnol fracaso ; en italien fracassa. Telz mendians ne sont point pareilz à sept ou liuict que je vis une fois à Séville, lesquelz, venans des Indes et ayant fait un fracas de leur navire, et s'en estant sauvez au mieux qu'ilz avoient peu, VII, 57.
Franchisé, francisé. Pour fin, et l'un et l'autre (Bourdillon et Birague) se laissarent aller (à la restitution des places du Piémont) avec qu'un très grand mescontentemeut des Piémontois franchisez qui les maudirent en diable, V, 78.
Franciman^ français. Je parlois lors espagnol aussi bien que mon franciman, I, 104.
Frapper au marteau^ heurter à une porte pour se faire ouvrir. Il est croiable que Dieu frapoit au marteau de sa conscience (de Charles-Quint), I, 56, note.
Frasque j tour, malice. Et voylàla frasque qui fut donnée audict de Montpezac, I, 84.
Fratresque, de moine ; en italien fratesco. Quelle attacque fratresque ! (Il s'agit d'une invective d'un cordelier portugais en chaire), VII, 123.
Frayer^ contribuer aux frais. Il (Charles-Quint) se trouva avoir nouante mil hommes de pied payez et trente mille chevaux ; car tous y avoient frayé, et pape et potentats d'Italie et d'Allemaigne, I, 19.
Fraze (phrase), façon de parler, de l'italien frase. C'est une
fraze de parler que nous avons dédire : « 11 est de grand cœur 55, II, 381.
Fremiller, fourmiller. Et le nombre (des chevaliers de la Toison d'or) n'en fremille point tant par tous ses pays (du roi d'Espagne) comme il (l'ordre du Saint-Esprit) faict au moindre coing de la France, V, 108, note 2. Cf. Formiller.
Fremillère^ fourmilière. Les huguenotz de Poitou, Angoumols et Xaintonge, qui en ont esté la fremillère ou pe'pinière, tousjours criarent fort après luy (Coligny), IV, 296.
Frescheur^ fraîcheur. Voy. Serée.
Frette^ fret, marchandise. Celui-là (Louis duc d'Orle'ans) estoit un galant et trafiquoit de toute frette, comm'un bon marchant et marinier, II, 3o7.
Friand^ fin, excellent. Il (La Chastaignerie) estoit fort crainct, .... car il avoit une très bonne et friande espe'e, V, 87.
Fringant^ fanfaron, bravache. Voy. Fendeur de nazeaux. — Oudin donne au verbe fringuer l'acception de : « faire l'action charnelle ■>■>.
Fripperie de quelqu'un (donner sur la), médire de lui, le déchirer. Les mocqueurs et oguineurs d'Arras qui donnoient souvant sur la fripperie de nos roys, I, 24. Cf. Draperie.
Frizer^ enlever, emporter. Dragut rafQa et friza tout cela et puis se sauva, II, oG.
Frizon^ boucle. El se les frizonnoit ainsi comme des frizons de perruques, IX, 266.
Frlzonner^ friser, boucler. Voy. Frizon.
Froidureux^ plein de froidure. Au beau mitan de l'hyver froidureux, pluvieux et fangeux, IV, 383.
FronteaUj bandeau.
L'on voit soubs blanc atour, En grand deuil et tristesse, Se promener mainct tour, De beauté la déesse....
Et Amour sans fronteau, Volleter au tour d'elle, VII, 4O8.
Fructerol^ fruitier. En italien fruttaruolo. M. de Salvoyson.... avoit gaigné quelques-uns de ceste ville (Casai).,., et en tira d'eux si bonne langue et principallement d'un fructerol, IV, 107.
Furetle^ femelle du furet (prise pour l'hermine). Elles (les
femmes) de'sirent en guérir (de l'amour) et en tirer du plaisir, et ne mourir du mal de la furette, comme on dit, IX, 79.
Fi/jc, fue^ colombier ; et par bon encontre va trouver une fuye qii'il contourna plusieurs fois, V, 29. Cf. IX, 5o6.
Gaigner pays, gaîgner chemin, avancer. Cependant son fils (le père de Brantôme) gaigne pays et ne demeura que six jours despuis Bourdeillc jusqu'à Lyon, X, 38. Voy. Tirer.
Gaignetir, envahisseur. Les Anglois sont grands remueurs et gaigneurs de terres, VI, 222.
Gaillard ou gaillardet, pavillon échancré à deux pointes. Voy. Corne.
Galant^ Gulanterie. Voy. Gallant, Gallanterie.
Gallant, alerte, vert. J'ay veu d'autres fois un vieux maistre de poste dans Novare, qui avoit plus de 90 ans, mais pourtant gallant, gaillard et sain vieillard, III, S.
Gallant^ malin, coquin. M. le mareschal (Strozzi).... avoit bien veu, espié et recognu son cabinet où il (Brusquet) mettoit sa vaisselle d'argent, car il en avoit, le gallant, II, 24S.Voy. Natre.
Gallant (petit), injure équivalente à petit compagnon, homme de peu. Voy. Gallant (faire du).
Gallant (faire du), faire l'important. Sans le roy et moy (dit Henri III à Biron) que seriez-vous? Et vous vous oubhez; vous roulez faire du gallant!... vous m'avez trop intéressé le mien (mon honneur), petit gallant que vous estes, V, 137. Cf. X, 6, 21.
Gallantement ^ gallamment, adroitement. Enfin il (Maulevrier) se sauva gallantement, V, 29.
Gallanterie ^ fourberie, tour, affront. Il faut un peu parler de luy (Louis XI)..., par de petits contes..., de sesdictes dissimulations, fainctes, finesses, gallanteries, II, 328. Mondict sieur d'Oisel estoit bonhomme d'espée, brave, vaillant, collère..,. et point endurant la moindre gallanterie qu'on eust voulu faire à son maistre, , III, 97. Il (Biron) fit la guerre au roy de Navarre..., et luy fit tout plain d'affrons et gallanteryes, V, 142. Voy. Champisserie.
Gallée^ galée, galère. Le livre dict qu'il avoit unze carraques, deux cents gallères et vingt-six gallées à voilles, II, 300. — « Il me souvient, dit Celtophile, que vous avez tantost dict galées aussi bien que galères. Ouy, répond Philausone, et toutesfois on dit aussi
galères; mais galées s'accorde mieux avec le langage italien» (H. Estienne, p. 312-313).
Gnllemard, calemart^ étui contenant ce qu'il fallait pour écrire, calamar i II m. Voy. Fi net.
Galoche^ poulie employée sur les navires. Ce fut lui (La Garde) qui fit faire ceste belle galère qu'on appelloit la Réaile et qui l'arma à galoche, IV, 147.
Ganivet, canif. Passer par le ganivet, lacérer. Un gentilhomme que je sçay ayant une lettre à faire sceller à M. le chancelier, et luy aiant esté refusée et par deux fois passée par le ganivet, III, 310.
Garber(se), se donner bon air ; en espag. garbar, enital. garbare. Je l'ay (Strozzij veu souvent luy monstrer (au soldat) ainsi qu'il se faloit garber et se façonner en ses armes, VI, 78. Voy. Guarbe.
Garbouil, grabouil, grabuge, querelle, trouble ; en italien garbuglio. De peur qu'en son absence n'arrivast quelque garbouil, sédition, mutinerie, parmy ses capitaines, VI, 8. Elle (Catherine de Médicis) fust très aise que soubs le grabouil et rumeur d'armes, elle fust en sauveté, et le roy son fils et ses enfants, VII, 3o8.
Garçons (faire la folie aux). Voy. Follie.
Garçonnement, habillement et manière de vivre à la façon des hommes. Voilà pourquoy je ne veux ny estime trop tel garçonnement ; mais je veux et ayme une dame qui monstre son brave et valleureux courage,... par de beaux actes féminins, IX, 412.
Garçonner (se), s'habiller en homme. Voilà pourquoy il n'est bien séant qu'une femme se garçonne pour se faire monstrer plus belle si ce n'est pour se gentiment adoniser d'un beau bonnet avec la plume à la guelfe ou à la gibeline, IX, 313.
Oudia donne au mot garçonner le sens de hanter les garçons.
Garde (donner de), donner ou se donner la garde .^ locutions que Brantôme emploie fort souvent avec des acceptions un peu différentes et qui peuvent se rendre par : voir, apprendre, être averti, voici ou voilà que. Estant donc ainsi retiré (le duc d'Albe), il se donna la garde que le roy pour un matin luy envoya un courrier, I, 109. On se donna donc la garde que pour un matin, M. le mareschal de Montmorency et mareschal de Cossé furent encoffrez etfaictz prisonniers au bois de Vincennes, III, 36ïJ. Nous nous donnâmes la garde qu'au plus beau de nos belles résolutions et déterminé parlement la mort malheureusement entrevint de ce grand
capitaine (Coligny), IV, 298. Le roy y depescha aussitost le sieur
de Lussan pour la secourir (Carmagnole), mais nous donnasmes
la garde que nous le vismes retourner, que tout estoit perdu, V, 203. Nous croyons tous qu'il (Charles IX) s'en alloit guéry, mais nous donnasmes la garde que, sur le matin, il commanoa à sentir la mort, V, 268. MM. l'Admirai et d'Audelot se donnaren la garde qu'ilz virent quatre mille harquebuziers sortir hors des rangs, V, 429.
Garde (se donner), prendre garde, se garder. M. l'admira avoit mandé et adverty mondict seigneur de Guyze, quelques jours advant, qu'il se donnast garde, car il y avoit homme attitré pour le tuer, IV, 233.
Garde faicte (de), de dessein prémédité. Toute la France se bandoit, comme à l'envy et de garde faicte, contre son roy, V, 161.
Garder (la), la garder bonne. Tant y a que ledict Chastellier la luy (à Chari'y) garda tousjours, jusques alors qu'un matin....,
Garniment, garnement. Pensez que c'estoit quelque bon garniment de bas lieu, II, 340. Cf. X, 42.
Garriciir^ caution, garant, répondant. Il (LéonX) eust bien voulu faire de mesaies à nos cardmaux françois et leurs partisans, s'il eust peu ; mais ilz avoient un bon garrieur que nostre brave roy, I, 144.
Garse^ fille (féminin de gars). Le roy la trouva (Louise de Bourdeille) si belle, si jolie, et qui causoit des mieux, qu'estant petite garse...., il la faisoit quasy ordinairement manger à sa table, X, 34.
Gassouiller^ gazouiller^ souiller, salir. Venant (Bellegarde) d'une fontaine claire de fortune, s'aller baigner dans un'eau bourbeuse et toute gassouillée de disgrâce et deffaveur, V, 201. Cf. IX, 61.
Gast^ dépense. Auparavant ce grand roy (Françoise'"), les autres faisoient bien paroistre leurs courts en toutes façons, mais non jamais en telles sumptuositez..., dont aucuns l'ont blasmé pour tel gast, III, 122.
Gastéy chagriné. Et me jura (Beaulieu) que jamais il ne se fascha tant que de sortir de cette si bonne prison, mais bien gasté de laisser ces belles filles, tant favorisé d'elles, IX, 16d.
Gasture^ défectuosité. Encor qu'elle (Renée de France) aparust n'avoir pas l'apparance extérieure tant grande, à cause de la gasture de son corps, VIII, 113.
Gaucher^ gauchir, se détourner. Mais si l'on me disoit qu'ils fussent bons hypocrites de guerre, et gauchans aux coups, ouy bien cela, II, 397.
Gauchère (niain^, main gauche armée d'un gant de mailles, c'est-à-dire garni de mailles à l'intérieur et à l'extérieur et servant à saisir par la lame l'épée de l'adversaire. Brusquet luymesme, le premier, entre l'espée au poing avec sa main gauchère, faict du compaignon, crie : « Holà ! holà ! secours ! secours ! me voicy pour vous en donner j), II, 2o6.
Gaudir^ railler, plaisanter, bafouer. Son plus grand plaisir (à Louis XI) estoit de les gaudir (les femmes de sa cour) , IX, 470, Une belle et honneste vefve.... voulant gaudir un jour avec un honneste gentilhomme, ou, pour mieux parler, le voulant attirer à l'amour, ibid,^ 700.
Gaudisserie^ folâtrerie. Quant aux (langues) estrangères, il les faut réserver par manière de deds, de causeries, de motz à propos, de gaudisseries, bravades et gentillesses, VII, 74.
Gay^ aisé, qui a du jeu. rSy plus ny moins que 1 on voit un canon ou une harquebuse, quand sa charge est bien battue et pressée de sa baguette, faict plus grand effort et faussée que quand ell'est par trop gaye, IV, 24.
Gajetté^ gaîté. Voy. Fluant.
Gazouiller^ souiller. Voy. Gassouil.
Gendarmer (se), s'habiller en gendarme. (Il s'agit d'une Siennoise allant monter la garde pour son frère.) Gentil trait, certes ! car bien qu'elle se fust garçonnée et gendarmée, ce n'estoit pourtant pour en faire une continuelle habitude, IX, 416.
Général (le) y le public. Ou fût que le malheur du général le voulût ainsy, ou son destin l'y poussast, il (Henri II) fut attainct du contre-coup par la teste, dans l'œil, III, 2~r2. Cf. IX, 166.
Générallitéj généralat. Le roy l'alla mescontenter (Doria) et luy oster la charge et générallité de ses gallères, II, 30.
GenetaireSy chevaux-légers. Les Vénitiens appelloient les leurs
(leurs chevaux-légers) estradiots Les Espaignols appelloient les
leu»rs genetaireSy II, 410.
Genette (monter à la), monter (un cheval) avec des étriers
assez hauts pour que les éperons portent sur \\es flancs du cheval. Montez sur de très beaux chevaux, les uns à la genette, les autres à la commune, I, 43. Ne sçachant (Azevcdo) de quelles armes avoit à combattre, s'estoit garny de tout ce qui liiy estoit nécessaire, en homme d'armes, à la genette et à pied, VI, 2o8.
Gente^ gentille, belle. Vous les voyez (les petits hommes) estandre sur la poincte des piedz, ayans leurs gentes mules ou pour mieux dire leurs eschasses de liège, VII, 110. Cf., I, 79. Voy. Délibéré,
Gentiment^ passablement, joliment. Voy. Censer.
Gesner, mettre à la torture. Hz les gesnoient si fort et les tourmentoient tant qu'il falloit, quoy qu'il fust, trouver de l'argent,
Geule^ gueule. Ces grands ont la geule si grande qu'ils sont insatiables, I, 170.
Gloire^ gloriole, orgueil. J'ay ouy dire que ce mareschal de Montejean avoit si bien dressé sa femme à la gloire que...., III, 207.
Gode chère (faire), faire bonne chère. Comme d'une (servante) que j'en sçay qui, faisant un jour le guet cependant que sa maistresse estoit en sa chambre avec son amy et faisoit gode chère, IX, 546. — « Ce mot, dit Oudin, est corrompu du flamand. »
GoffCj grossier; en espagnol gofo^ en italien goffb. Car pour lors nos dames françoyses estoyent gofies en leurs habits, ny si gentimant comme aujourd'huy, II, 289.
Gojat, goujat, valet d'armée. Et ceux qui les portoient (les mousquets) les nommoit-on mousquetaires, très bien appoinctez et respectez, jusques à avoir de grands et forts gojatz qui les leur portoient, I, 103.
Goldronné^ godronné. Pierregourdese trouva bien mort avec-
qu'une chemise bien blanche et surtout une fort belle fraise,
bien et mignonnemenl froncée et goldronnée, V, 428.
Golu^ goulu. Il y a passé trop de golus et afiamez, I, 166.
Gorge (rendre sa), vomir. Il (Antoine de Navarre) eut une
grand'harquebuzade dans l'espaule , dont il tumba à demy et
rendit sa gorge, IV, 367. Qui fut estonné? Ce fut Brusquet, dont il en rendit sur le champ si fort sa gorge qu'il en cuyda crever,