II
GorgiaSy magnifique. Aussi ne voyoit-on rien si brave, si bien
en poiuct, ny si gorgias, ilz usoicnt de ce mot lors parmy les soldatz du Piedmont, VI, 106.
Gorgiaseme/it, magnifiquement. On donne ce los à la reine Isabelle de Bavières.... d'avoir aporté eu France les pompes et les gorgiasetez pour bien habiller superbement et gorgiasement les dames, VIII, 31.
Gorgiasetté^ magnificence. Il n'y avoit que pompe et gorgiasetté parmy les soldatz du Piedmont alors, VI, 107. Voy. Gorgiasement.
Gonne, gourme. Je crois qu'après que ce prince (don Carlos) eust eu bien jette sa gorme, comme ces jeunes poullins, II, 108.
Goujat, Voy. Gojat.
Gourmander, s'adonner à la gourmandise. Une infinité de gens d'église que je sçay, dont j'en ay honte, qui boivent, gourmandent et jouent tout, III, 1 J 3.
Gouspiller, houspiller, tracasser. Le roy Louis (XI) la gouspillant (Marie de Bourgogne), sans respect de son noble et beau et foyble sexe, I, 75, note.
Gouspiller, gaspiller, dévaster. Aj)rès qu'ilz y eurent (les Allemands à Vitry) tout mangé et gouspillé, I, 3ol.
Goute-crampe, crampe. D'autres ay-je ouy dire qui roidissent et tendent si violemment leurs nerfs, artères et membres, qu'ils en engendrent la goute-crampe, IX, 522.
Gouttage, maladie de la goutte. Au lieu que je vous deusse dire que je porte mon bras en escharpe pour une harquebuzade et vous pour le gouttage, il ne se peut, III, 403.
Gojon, goujon. (Mme de Dampierre) ne l'appelloit (Matignon) jamais que Goyon, parce que c'estoit son surnom, et que jamais Goyon, fust ou poisson ou homme, ne valut rien, V, 166.
Grabouil, grabuge, trouble. Voy. Garhouil.
Grandeur, morgue , hauteur. Cette princesse (la duchesse de Savoie) eut tort détenir cette grandeur à l'endroit d'un tel prince de si grande maison et mesme cardinal (Jean de Lorraine), IX, 483.
Grappau, crapaud. Les jeunes...., pour avoir faict un ou deux coups de vaillance, en deviennent si insolans et enflez, comme grappaux, de gloire qu'il leur semble n'avoir jamais de peur, II, 196.
Grave, grève. Ils vous supplient de leur vouloir donner un na-
vire qui est sur la grave, qui ne vaut rien..., pour le despecer et s'en chaufTer, III, 305.
Gravelleur, qui a la gravelle. Vostre ancien bouffon (Brusquet) gravelleur, pierreux^ borgne, bossu et manchot, VIII, 207.
Greigneur, plus grand. (Le roi de Majorque) s'en alla rendre au prince de Galles, qui luy promist de luy a3'der et eut greigneur fiance au prince de Galles qu'au roy de France, VIII, 162. (Brantôme a emprunté cette phrase à Froissart.)
Grèce, ce mot, d('jà vieilli au xvi° siècle, désignait soit le devant de la jambe soit la jambe elle-même. D'après les passages qui suivent on pourrait croire qu'il désigne autre chose, mais Brantôme amiait fort les redondances et quand il se sert d'im mot vieilli ou d'un mot étranger, il l'accompagne fort souvent du mot en usage ou du mot français qui en est la traduction. — Elle (Catherine de Médicis) avoit.... ung enbonpoinct très riche, la jambe et la grève très belle, VII, 342. Les seigneurs de cette cour s'amusèrent à regarder et contempler les belles jambes, grèves et beaux petits pieds de ces dames, IX, 317. Leurs robes fort courtes, qui monstrent à plein leurs belles jambes et belles grèves, et leurs pieds affettez et bien chaussez, IX, 324.
Grief, pénible, douloureux. Et c'est ce qu'il (Bellegarde) nous dist un jour..., qu'il eust mieux aymé cent fois que le roy ne l'eust point e.>levé si haut, que tout à coup l'avoir précipité..,, et qu'une telle et si haute chute luy estoit plus griefve, V, 201. Voy. Griotte.
Grief (être à), être douloureux. Il luy (à Philippe II) estoit à grief de voir tant de chrestiens encadenez et menez esclaves, et traictez misérablement pour jamais, II, 86.
Griotte, cerise aigre. Luy estant grief et amer d'avaler ceste griotte, X, 114.
Gris, petit-gris, fourrure. (Jacques de Bourbon) estoit à deray couché, demy levé et apuié à l'encontre dung meschant orillier de plume, vestu par (pour) toute parure d'une longue robe de gris de très petit pris, VIII, 187.
Grison, gris, grisonnant. Capitaines et maistres de camp en barbe blanche et cheveux grisons, V, 322.
Croisse, groise, grossesse. Bientost après son mariage, elle (une Espagnole) fut enceinte, et en devint estonnée et honteuse, et fit ce qu'elle peut pour cacher sa groisse, VII, 164. Cf. IX, 103.
Grosserie, lourderie, balourdise ; en italien grosseria^ en espagnol groi-erm.C'estoit une grand'grosserieetmauvaise raison, 111,97.
Grosserie^ chose grossière, mal travaillée. Il se faloyt ayder des canons (d'arquebuse) de Metz et d'Abbeville et fourniment de Blang}' Certes ce n'estoit que grosserie, VI, 74. Cf. VIII, 31,
Crouler, grouiller, remuer. De plus aucuns (religieux) eslisoient (pour abbé) quelque bon homme simple de moyne qui n'eust osé grouler, ny commander faire autre chose sinon ce qu'il leur plaisoit, III, 107.
Guarbe (pour garbe), prestance, air; en italien et en espagnol garbo. C'estoit un François qui, s'estant longtemps raffiné parmy les bandes espaignolles, enparloit le langage et en avoitles mesmes gestes et mesmes trajes, comme dict l'Espaignol, qui est la mesme façon et guarbe, VI, 212. Voy. Garber.
Gué. Voy. Guet,
Guerre (aventuriers de) , nom qui jusqu'au milieu du seizième siècle a désigné l'infanterie. M. de Bourbon ne craignoit rien tant que le dict Rance et ses compaignons, tesmoing le refrain de la vieille chanson des advanturiers de guerre d'alors, III, 19S.
Guerre (rompre la), y mettre fin. Veux-tu que je te face monarque de tout le monde et que je rompe la guerre? II, 33.
Guet, gué, quai. Je la prends (la clef dorée de la chambre du roi) et la jette, du gué des Augustins où j'estois, dans la rivière en
bas, V, 208. M, d'Estrozze et moy le vismes (Bussy) tout seul
en l'isle (du Palais) qui attendoit son homme et les deux guetz bordez d'une infinité de monde, VI, 183.
Guet (être du), être trompé. Il est bien vray qu'il (Bourbon) fut fort compris dans le traicté de Madrid, mais le roy le rompit tout à trac quand il fut en France ; si bien que M. de Bourbon fut du guet, I, 260. — Oudin, en citant la locution : je suis du guet, dit que le reste est : je seray demain de la porte.
Guet (s'en trouver du), se trouver mal de quelque chose. J'en ay cogneu force à nostre cour de telle humeur (des mauvaises langues) et les appelloit-on marquis et marquises de belle-bouche; mais aussi bien souvent s'en trouvoyent du guet, IX, 451.
Guet à quelqu'un (faire faire le), le faire épier, le faire guetter. Au bout de quelques jours, il (Guise) lui faict faire le guet (à Bonnegarde) quand il s'en iroit au parc de Sainct-Germain, luy seul avecqu'un autre se pourmener, IV, 266.
Gaet, gué; tenter le guet, tâter le terraîn, faire un essai. J'ay ouy parler d'un'autre (dame) qui, luy estant demandé par un gentilhomme qui vnuloit tenter le guet pour la pourchasser, IX, 700.
Guières, guères. Le roy (François I*"") appella le soldat et lui demanda combien son prisonnier luy avoit promis de rançon; lequel la luy dict, qui x\B pouvoit pas monter, pensez, à guières, III, loO.
GuignadeSj action de guigner. Le plus souvent il (Louis XI) n'usoit pas d'autres commandemens, sinon par guignades et signes, II, 132.
Guilledine,ha.quenée (en anglais, gelding s\gn[G.e cheval hongre). Aussi disoit-on. . . . qu'il (Louis XII) avoit pris et chevauchoit une jeune guilledine qui bientost le mèneroit en paradis, II, 369.
Guischet (passer le), entrer en prison. Mais pour intériner sa grâce (de Martigues), si fallut-il pourtant qu'il passast le guischet,