‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 96 sur 181 · VII · texte numérisé non relu

VII

Habitude, tempérament,, complexion; habitudo. Jacques de Clèves , s'il eust vescu, bien qu'il fust de foible habitude, si promettoit-il beaucoup de soy, IV, 379.

Habler^ parler; de l'espagnol hablar. J'ay trouvé une fois dans les tablettes d'une très belle et honneste dame qui habloit un peu l'espagnol, IX, 717.

Hagard^ farouche, sauvage. Le feu roy, estant Monsieur, disoit qu'il n'avait veu femme si hagarde en sa perte et en sa douleur que celle-là, et que à la fin, il la faudroit abbattre pour la chaperonner, à mode des oiseaux hagardz, IX, 667.

Haire^ maigre, pauvre, misérable. D'autres (historiographes), paouvres fatz et sotz, pensoient que leur histoire seroit manque et haire si elle n'estoit décorée et allongée d'une grand'crue et suite de motz, V, 118.

Haire, hère. (Le pape Léon X) les fit (les cardinaux dégradés) un jour venir et entrer à la veue et spectacle d'un chascun.... dans le consistoire, vestus de quelques meschantes robbes noires, comme pauvres haires et simples prebstres de village, I, 143. Cf. IX, 17o. Voy. Hère.

Hall) rené. Voy. Allebrenê.

Hallainer^ respirer. On ne sçauroit dire autrement qu'il n'ayt esté (de Mons) l'un des plus hasardeux et des plus déterminez soldatz de la France, et autant cherchant la fumée des harquebusades, et les alloit hallainer tousjours désarmé et en pourpoinct, V, 327. Voy. Alleiner.

Hanté^ enté. Qui n'auroit de quoy à se battre, il ne faudroit que vous couper une jambe et la prendre par le bout et du costé de votre pied chaussé et hanté dans vos patins ; on feroit rage de bien battre, IX, 324. Voy. Anté.

Haras^ race. Il (G. de Tolède) ha tousjours bien faict en sa charge et partout où il s'est trouvé ; aussi estoit-il de très bon haras, II, 44.

Harauder^ arnuder, railler, tourmenter, crier haro sur quelqu'un. A la court ordinairement on a de coustume de faire la guerre aux jeunes gens à leur commancement de leur advènement, et les harceller et harauder, VI, 144. Si bien que vous les verriez (les vendangeurs napolitains) crier, hurler après eux (les passants), et les arauder sans eu espargner aucuns, IX, o27.

Haré^ labouré. D'autres (femmes) ont la chair d'oyson ou d'estourneau plumé, harée, brodequinée, IX, 264.

Harpeur^ qui joue de la harpe. Clairons, trompettes, saquebu-

tiers, tabourineurs, harpeurs, joueurs de hautz bois, sonneurs de cornetz, II, 301.

Hary^ cri des âniers. Hz (les habitants d'Arras) représentarent un asne qui avoit un mors de bride tout à contre-rebours ; et l'un disoit : Et qui a mis mon mors ainsy (Montmorency)? L'autre qui venoit après et qui touchoit l'asne, respondoit : llary, Ilary (Henri II), III, 346. Voy. sur ce cri une anecdote dans la \\V>* nouvelle de Sacchetti, citée dans la Gazette des Beaux-Arts^ i" juin 1878, p. fJOG, note 1.

Hasard (se mettre au), s'exposer. Voy. Martel.

Hauguineur^ railleur, moqueur. Ceux de la ville d'Arras en Artois ont esté de grands causeurs de tout temps, et les appelloiton hauguineurs et font des rencontres qu'on appelle des rébiiz d'Arras^ III, 346. Voy. Ocquineur.

Hausser le temps ^ boire. Finalement l'empereur fut contrainct de laisser hausser le temps aux bons biberons, comm'ilz avoient accoustumé, I, 31.

Haut (gagner le), se sauver. A la bataille de Dreux fuirent avec plusieurs autres deux très grands capitaines.... etgaignarent le haut fort vilainement, II, 393.

Haut (en), hautement. Voy. Emprès.

Haut à la main^ altier, arrogant. Il (Pescaire) estoit haut à la main et prompt à la vengeance, I, 229,

Hautainetté^ hauteur. Voyez quell'hautainetté de courage et présumption de soy, VI, 143.

Hautesse, élévation. Par la richesse et puretté de l'or (du collier de ro. de Saint Michel) est remarquée leur hautesse (des chevaliers) et grandeur, V, 96.

Hère, confus. Voy. Brac. Cf. Haire.

Hérédité^ héritage. Si j'avois envie de me rejecter au lacz et r'empestrer dans les liens d'un second mariage...., je prendrois plus tost un mari que non pas une hérédité, IX, 632.

Héronnier^ qui tient du héron. D'autres (femmes) les ont (les jambes) si gresles et menues et si héronnières, qu'on les prendroit plus tost pour des fleutes que pour cuisses et jambes, IX, 274.

Herpaille^ gueux, canaille. Les pots et marmites renversées, les potaiges et entrées de tables respandus, mangez et dévorez par un'infinité de herpaille, VI, 304.

Heure (d'), à temps. Un honneste gentilhomme, estant sorti de

sa place dont il estoit gouverneur pour aller à la guerre, au retour ne pouvant arriver d'heure en sa garnison, IX, 8.

Heurte^ choc, combat. (Galeazzo de Mantoue) luy fist veu (à la reine Jeanne) d'aller errant qui çà qui là parmy le monde et esprouver les faitcz chevaleureux à tous hasardz, à toutes heurtes et à toutes rencontres, VIII, 176. Voy, Hurt.

Heurter^ buter. On disoit que ce maréchal (Matignon) s'estoit si fort heurté aux commanderaens du roy qu'il n'avoit rien tant en affection que de les exécuter, V, 173. Cf. Ahurter.

Historier^ représenter (en image). Mort de grand capitaine qui, certes, mérite d'estre historiée en une tapisserie, I, 318.

Hommenas^ imbécile. Parlons un peu des gentils cocus et qui

sont bons compagnons , débonnaires, traittables, fermans les

yeux et bons homraenas, IX, 85. Dans le Dictionnaire provençal d'Honorat, hotnmenas est expliqué par : grand et vilain homme, ce qui n'est pas ici le sens. Homenaz est le nom que Rabelais a donné à l'évêque des Papimanes. (Voy. Pantagruel, liv. IV, ch. XLVHi et suiv.

Hongre, hongrois. Quand à Andréasse qu'elle (la reine Jeanne) fit mourir, on dict que c'estoit ung Hongre y vrongne très dangereux et malicieux, VIII, lo4.

Honneur (premier), supériorité. Les Espaignolz.... qui d'euxmesmes ne se veulent jamais abbaisser et ont tousjours la vanterie et le premier honneur en la bouche, IV, 176.

Honneur (se laisser aller à son), l'abandonner, avoir une mauvaise conduite. Voy. Soudardaille.

Horeloge, horloge. Et que peut-il faire sans mouvement ? — Tout ainsi, dict la dame, qu'un horeloge qui n'est point monté, IX, 701. Brantôme écrit ailleurs horologe.

Horion. Voy. Orion.

Hors^ à l'abri. Ainsi qu'est le naturel des princes de dire tout, voire plus qu'il n'y a ; car ilz sont hors de combat, VI, 206.

Hors (de là en), en dehors de cela. De là en hors, au voyage de Lorraine, il (M. de Nemours) mena l'advant-garde avec M. de Montpensier, IV, 171.

Horlolan, ortollan^ jardinier; en espagnol hortelano^ en italien ortolano. Vient quelque bon œconome ou hortolan qui le vient appuyer (l'arbre), II, 363, Elle retint moitié du naturel du chien de l'ortoUan, IX, 142.

Hostière^ hôtellerie ; en italien et en espagnol osteria. Comme l'on donne à Paris bien souvent l'aumosne aux gueux de l'hostière, jilus par leur iraportunité que de dévotion, ny pour l'amour de Dieu, IX, 82.

Hourmeau, ormeau. L'on void des bois.... qui auroient beau à estre secz, vieux et taillez de longtemps, comme est l'hourmeau, le vergne et d'autres, ne bruslent qu'à toutes les longueurs du monde, IX, 577. Cf. Oumeau.

Humeur (avoir de 1'), être un peu fou. Ce capitaine (Mazères) avoit esté autresfois en Piedmont fort renommé et déterminé soldat, et si bizarre pourtant qu'on le tenoit pour avoir de l'humeur, IV, 264.

Humiliation (rendre 1'), rendre hommage, ses respects, faire sa soumission : dans le sens de l'espagnol humillucion. La plus part des plus gallans d'eux (des huguenotz) vindrent à La Rochelle rendre l'humihation à Monsieur, frère du roy, IV, 325.

Hurque, barque. Estant son navire lourd et mauvais voyllier, car c'estoit une grosse hurque de Flandres, VI, 87.

Hurt^ heurt, choc, coup. De mesmes les rf)ys doivent faire de leurs vies ne les advanturer à tous hûrtz et occasions légères, II, 73. De son naturel, il (Bayard) aimoit mieux estre capitaine et soldat d'aventure et aller à toutes hurtes et adventures à la guerre, II, 388.

Husse^ orbite. Il (Crillon) eut une grande harquebuzade au-dessus de l'husse de l'œil, V, 336. Dans le Dicticmnaire provençal d'Honorat, je trouve ussas avec le sens de sourcils ; Roquefoi't donne la forme eusse avec l'explication de : orbite de l'œil.

Hjménéan, d'hymen. Que je connois de filles de par le monde qui n'ont pas porté leur pucelage au lict hyménéan ! IX, 92.

Hypochratiste^ disciple d'Hippocrate. Avant que se réduire, il (Charles-Quint) avoit près de sa personne ce grand hypochratiste et anatomiste, voire fisionomiste (physiologiste), André Vesalius, I, 5o.

Hyraigne^ araignée. Ainsi que la dame prenoit à son coucher

sa chemise derrière le rideau de son lict...., se présenta sur ledict

rideau une grosse hyraigne si hydeuse que rien plus, VIII, 197.

Hyrantelle, toile d'araignée. De peur que les hyraignes n'y

bastissent leurs hyrantelles, IX, 538. Voy. Hyraigne.

Idée^ image.

Pourtant je veux en moy avoir la souvenance

De vostre belle idée, et tousjours l'honorer, X, 84.

//, cela. Mais comment me suis-je perdu en ceste digression?.... Elle n'est point mauvaise puisqu'il est venu à propos, VII, 32.

//', il r. Je croy que feu M. de Bussy voulut en cela un jour imiter Rolland, comme il'imitoit en sa vaillance, VI, 393.

7/^, eux. En ces temps les Turcz ny les jannissaires n'estoient si bien aguerrys ny armez, ilz s'estans fort peu encor appris et accoutumez aux liarquebus, comm'ilz ont faict despuis, V, 227.

Imhécille^ débile. Le roy François II l'alloit voir (Suzanne

de Bourbon) tous les jours en sa chambre, laquelle n'en bougeoit pour son imbe'cille vieillesse, V, 5.

InibéciUitf^^ foiblesse. J'ai donc si grande fiance à ce grand empereur (Charles-Quint) qu'il couvrira l'imbécillité de ma plume par l'ombre de ses hautes conquestes, I, 12.

Immodeste^ impudent, effronté ; dans le sens de l'italien immodesto. Quant au tableau de la prise de nostre roy, cehiy-là ne fut si immodeste ny si scandaleux qu'un qui fut faict à Rome jiar l'ambassadeur d'Espagne, I, 70.

Impareil^ non pareil. Ast'heure vous ne m'en voyez plus (d armes) — pour me croyre indigne de jamais n'en porter, puisqu un tel impareil à moy m'a blessé et n'en puis avoir raison, IV, 17.

Impatient de, qui ne peut supporter. (Le cardinal J. de Lorraine) s'approchant d'elle (de la duchesse de Savoie), elle, qui estoit la mesme arrogance du monde, luy présenta la main pour la baiser. M. le cardinal, impatient de cet affront, IX, 483.

Impatroniser, rendre maître, mettre en possession. Amprez avoir arraché des mains des Vénitiens, Florentins.... le commerce de l'épicerie, (Charles-Quint) fist fermer boutique à tous ces raquedenares qui ratelloient tout l'or et l'argent de l'univers, pour en impatroniser l'empire hespaignol, I, .17, note.

Impérier, commander, gouverner, régner ; en italien impcriare. Aussi que M. de Lautrec estoit trop haut à la main et qu'il vouloit impérier trop outrecuydement, lï, 39. L'empereur Rodolphe qui impérie aujourd'hui, I, 192.

Impériositéj domination, empire ; en italien imprriosita . La femme a pris telle impériosité sur luy (son mari), s'appuyant et

se fortifiant sur sa pudicité, qu'il faut que le mary passe par sa sentence, IX, 173.

Impertincinmcnt ^ déraisonnablement, mal à ])ropos. Hz luy (des magistrats à L'IIospital) respondirent si impertinemment et avec un si grand estonnemcnt, qu'ils ne faisoient que vaxiller et ne sçavoient que dire, III, 307.

Inipnlluement^ sans être pollué. Il faut estimer grandement ceste princesse (de Macédoine) d'avoir esté si belle et gardé sa viduité jusques à son tombeau et révéré si invioUablement et impollument.... la foy aux mânes de son mary, IX, 631.

Importer^ emporter. La première conqueste (du Piémont) en estoit deue à M. le connestable et au forcement du pas de Suze, qui importa tout, III, 339.

Imposer^ alléguer, reprocher. Je sçay un grand et riche seigneur de France, qui fit longtemps plaider sa belle-sœur sur son dot, luy imposant sa vie estre un peu lubrique, IX, 590.

Imposition^ accusation. Bref, il (Ferez) ne manqua pas de fausses impositions et d'invantions en quantité, à quoy le roy (Philippe II) prenant pied.... faict donner la venue à la vie de Dom Juan, II, 131.

Impost (le contraire de dispost) , impotent. Il (Gordillon) eut les deux jambes emportées d'une canonnade.... Il demeura siestroppié et si impost qu'il ne peut (put) plus faire le mestier de la guerre,

Impotence^ impuissance. Nous avons veu.... une fort honneste et belle dame en Piedmont, nommée Mme de Montjouan..., laquelle endura l'espace de dix ans l'inhabilité et impotence de son mari, VIII, 92.

Impourveu (à 1'), à l'improviste. Antoine de Lève,... l'assaillit à l'impourveu de telle façon par ses braves et vieux soldatz espagnolz qu'ilz vous mirent toutes les trouppes.... en pièces, I 294. (Voy. sur ce mot H. Estienne, p. 578.)

Imprnpércr^ reprocher ; en espagnol imprnperar. Par quoy je me tays pour la briefveté, et de jieur aussi qu'on ne m'impropère que je suis trop grand faiseur de digressions, IX, 673.

Impudemment^ hardiment. Au bout de deux jours qu'il (un fuyard de Dreux) retourna au leurre dans le camp, M. de Martigues, l'advisant aux piedz, luy dict impudemment devant tout le monde : Voylà de beaux et fort bons esprons, IV, 8.

Inadvertamment^ étourdiment. Bâillon fust pris, ainsi qu'il couroit inadvertamment et imprudemment.... pour chercher un chemin, II, 192.

Incapable^ indigne. (M. l'amiral) me faisoit cet honneur de discourir avec moy bien que je ne fusse de son party et fusse encor jeune et fort incapable de ses secretz, IV, 300.

Inceste (être), être l'objet d'un inceste. Servilia n'avoyt pas le bruit d'avoyr esté inceste'e j^ar ses propres frères, III, 39. Incident^ phrase incidente, digression. Voy. Nuvigage. Inclination, inclinaison. Elle (Marie Stuart) luysoit tousjours si bien que de ses clairs rayons elle en faisoit part à sa terre (l'Ecosse) et à son peuple, qui avoit plus besoing de lumière que tout autre, pour, de son inclination, estre fort esloigné du grand soleil du ciel, VII, 409.

Incline à, portée vers. (Diane de Poitiers) estoit fort débonnaire, charitable et grande aumosnière envers les pauvres, fort dévote et incline à Dieu, III, 248.

Incolper^ inculper. Par là l'arguant et incolpant de couardise,

Incompatible j insociable. (M. de Guise) le tenoit (Monluc) trop bizarre et incompatible, et qu'il ne le falloit guières hanter qui le vouloit aymer, disoit-il, IV, 31. Cf. Compatible.

Inconsidération ^ irréflexion, imprudence. Voy. Indiscrétion. Inconvénient^ accident, malheur. (Le duc d'Enghien) fut tué d'un coffre jette par une fenestre sur luy.... Aucuns disent que ce fut à poste, autres disent que ce fut inconvénient, III, 220. Les uns disoient que, quand il devoit arriver quelque grand désastre au royaume.... ou mort et inconvénient de ses parens.... que trois jours avant on l'oyoit crier (Melusine) d'im cry très aigre et effroyable par trois fois, V, 19.

Incrédule^ incroyable. Le seigneur du Lude et trois ou quatre gentilshommes des siens qui estoient léans (au château de Brescia).... escrirent à ma dicte dame sa sœur.... la grande extrémité à laquelle ils furent réduicts ; qui est certes admirable et incrédule, II, 414. Cf. IV, 293.

Incuriosité^ négligence, insouciance ; en italien incuriosità. Madame de Randan.... ne monstroiî jamais ses cheveux, et coiffée plustost négligemment, monstrant pourtant avec son incuriosité une grande beauté, IX, 648.

Indiscrétion j étourderle. Anebaut fut fort aussi estimé à l'envitaillement de Thérouanne.... et sans l'indiscrétion et l'inconsidération de la jeunesse de la court qui estoit avec luy, tout alloit très bien, III, 208.

Indisposition, état maladif, infirmité ; en espagnol indisposicion. Il (le duc d'Albe) alléga Anthoyne de Lève, mais que son indisposition l'avoit empesché d'estre si grand capitaine qu'il eust peu bien estre, I, 303. M. deMontluc,s'excusant sur son indisposition, remit toutes les forces entr'autres mains, et oncques puis ne se mesla de guerre, IV, 36. Cf. VII, 13. Voy. Disposition.

Jndissolihle^ indissoluble. Le neu duquel elle (Louise de Lorraine) fut liée en conjoinction avec luy (Henri III), a demeuré tousjours si ferme et indissolible, IX, 638.

Inesgal^ non pareil, supérieur. Il (Ramus) avoit un'grâce inesgale à tout autre qui secouroit davantage son éloquence, III, 286.

Inexpert j inhabile. Il me semble qu'il faut que toutes choses ayent leurs motz propres; et qui n'en use bien se monstre fort inexpert en l'art, VI, 22.

Infamement, honteusement ; en espagnol infamemente. Les Espagnolz qui luy reprochoient (à Henri II) infamement l'alliance qu'ilz (lui et son père) avoient faicte avec sultan Soliman...., I, 167, note 3.

Infamie, chose vile, ignoble. Voy. Arzille.

Inganné^ trompé ; de l'italien ingannato. Il (Antoine de Lève) le creut et y fust si beau et si bien inganné de ce bigu qu'il en mourut de despit, II, 228. Voy. sur ce mot H. Estienne, p. S78.

Ingénieux, ingénieur. Le voylà donc venu (l'Ouchaly), met son siège (devant La Goulette), se gouverne tousjours par l'advis de son homme ingénieux, tellement que...., II, 61.

Inhabilité, incapacité, impuissance. Voy. Impotence.

Injuriant, injurieux. Le roy lui (François I" à Lescun) sceut remonstrer très rigoureusement, avec parolles très aigres et injuriantes, III, 57.

Innohedience ^ désobéissance ; en italien inohhedienza. Et non qu'on pense que ce soit, par leur opinion, innobédience et peu de respect à l'église, I, 173, note 1.

Innoble, qui n'est pas de race noble. Un autre chevallier (du S. Esprit) esleu, point François, mais estranger, fort innoble, que je nommerois pour un double, car il ne me sçaroit battre, V, 103.

Innocemment , sans l'avoir mérité. Ainsy qu'un meschant homme.... m'eust faict empoisonner meschantement et innocemment mon abbé titulaire (de Brantôme)...., III, 116.

Innorme ^ énorme; en italien inorme. Encor qu'elle (la reine Louise) en priast les hommes (de la punition de l'assassinat de son mari) et sur tous nostre roy qui doit justice sur ce fait innorme d'une personne sacrée, IX, 643.

Innumérable ^ innombrable. Ce vaillant Louys d'Ars, berruyer, duquel sans aller rechercher les innumérables vaillances qu'il a monstre en sa vie, II, 391.

Insassietté, insatiabilité ; en italien insazietà. Il fallut que les cardinaux, évesques, ambassadeurs et marchans donnassent encore de l'argent pour la paye des soldatz. Quelle insassietté ! I, 274.

Inscient ^ ignorant ; en italien insciente. El trouva l'onqu'ilz (des Français qui avaient mangé gras un jour maigre) estoient innocens et insciens de la feste, V, 410.

Inspiccr^ regarder, examiner. Le médecin l'ayant bien fixement et doctement inspicée (l'urine), il trouva , IX, 182.

Instintj inspiré. Après s'estre beaucoup peinez (les négociateurs) et consumez à Cercan plusieurs jours, sans y rien faire ny arrester, estans tous en deffaut et hors de queste, à mode de veneurs, elle (la duchesse de Lorraine) ou qu'elle fust instinte d'un esprit divin, ou poussée de quelque bon zelle chrestien, IX, 626.

Instituts^ institutes. Voy. Lire.

Instruiseur^ instructeur. Ce bon rompu Machiavel et bon instruiseur de la guerre en l'ayr, I, 144.

Instruments^ documents. Jusques à les envoyer (les savants) pérégriner aux régions estranges à ses dépens (de François I*""), comme ce grand voyageur Postel et autres, pour faire recherche des livres à nous incognus, et papiers et instrumens de l'antiquité, III, 94.

Intelligence^ connaissance. La jeunesse.... s'en alloit à la guerre et se faisoit valoir en quelques beaux exploictz, dont la cognoissance et l'intelligence en venoit au roy, III, 278.

Intelligence^ sens, signification. Ce mot est bon et porte en soy deux intelligences, car une barbecane est une espèce de fortification, et barba cana en espagnol signifie barbe blanche, VII, 169. Intéresser^ offenser, blesser. La quiute-essence de ces vers....

nous fait entendre que ce gentilhomme, qui s'attitrc du nom de Nécessité, pouvoit avoir intéressé l'honneur de ce brave cavallier, X, U4.Cf. Gallant [ùùrc du).

Intérêts j prêts à intérêts, D'oiî diable sont-ilz donc riches devenus de cent mille livres de rente, de cinquante, de trente, et tant d'or et d'argent qu'ilz ont aux intérêts? III, 73.

Intériner^ entériner. Voy. Guischct.

Intermédie, intermède ; en italien et en espagnol intermedio, La tragi-comédie.... estoit accompagnée de force intermédies et faintes qu'ils (qui) conten tarent infiniment le roy, la reyne et toute leur court, III, 238,

Interposé^ supposé. La place (Landrecy) se rendit par une très honorable composition, circonvenu pourtant M, le comte (de Sancerre) par une lettre interposée qui le désespéroit de tout secours, III, 233.

Intrade, entrée, abord ; en italien intrata, en espagnol entrada. Un jour il (Matignon) l'envoya quérir (Vaillac), pour venir au conseil, auquel il dist d'intrade et profféra à bon escient ces motz, V, 161, Cf, IX, 689.

Intrade^ revenu, rente ; de l'italien întrata. Son évesché qui vaut cent à six vingtz mille ducatz d'intrade, I, 61.

Investir^ attaquer. Soudain qu'elles (les deux galères) se virent, elles s'accostarent et s'investirent, taschant chascune à se rendre maistresse de son ennemie, II, 116. Cf. IV, 131 ; IX, 408. Voy. Vogue-rancade .

Inviolamment ^ inviolablement. M. le comte de Fiasque, seigneur de grande fidellité à la France qu'il a tousjours invio-

lamment gardée, IV, 138, note 3.

Irraisonnable ^ déraisonnable ; en espagnol irracionahle . Hz (les Espagnolz capitulant dans Amiens) demandèrent après el saco de lu villa^ demande certes très irraisonnable et très impudente, et mesmes à un tel roy (Henri IV), VII, 137.

Irrecognoissable, méconnaissable. Ayant (Viteaux) laissé venir la barbe fort longue, si qu'il estoit irrecognoissable, VI, 331-332.

Islette^ petite île 5 de l'espagnol isleta. J'ay veu le lieu où ce beau mystère fut faict et où ils (Rincon et Frégose) furent enterrez, en uneislettesurleTezin, 1,207. Cf. VI, 337. Voy. Isnlète.

Isolète^ petite île ; de l'italien isqletta. J'ay veu le lieu et la place où ilz (Rincon et Frégose) furent massacrez et enterrez, qui est

une petite isolète près de Pavie, I, 206, note. Voy. Mette et Issolat.

Issolat^ îlot. Hz (les Espagnols) mirent en grand destroict la

ville d'Alger , par le moyen d'un fort qu'ilz firent.... en ung

issolat tout devant la ville, V, 316. Voy. Mette et Isolette.

/à, interjection qui i?» peut se rendre par ah ! Et ce que j'en dis des uns et des autres, tant du vieux temps que du moderne, et de leur abus, ce n'est pas de tous, jà Dieu ne plaise! III, 110.

Jaçoit que^ bien que. Je puis seulement asseurer que jaçoit que les armes ayent esté prises par quatre ou cinq fois, j'ay tousjours conseillé et persuadé la paix, III, 320. — Nicod écrit : jà soit. Voy. Ja,

Jacter (se), se glorifier avec jactance ; de l'espagnol jactar. J'ay ouy parler d'aucuns, lesquels se sont ainsi jactez et vantez d'avoir donné ainsi ces grâces de vie, qui n'en méritoient si grand los, VI, 376.

Jalet^ petit caillou rond, galet, projectile d'arbalète. Elle (Catherine de Médicis) aymoit aussi fort à tirer de l'harbaleste à jalet et en tiroit fort bien, VII, 346.

Japer^ aboiement. Par mon japer, j'ay chassé les larrons, et pour me tenir muet, j'ay accueilly les amants, IX, 528.

Jardrin^ jardin. Ce fut au vice-roy à se sauver par la porte de derrière, de jardrins en jardrins, I, 233.

Jargonner^ babiller, discourir. Ainsi ay-je veu jargonner plusieurs de nos dames sur ce poinct, IV, 81.

Jayet^ jais. J'estois avec luy (Bussy) lorsqu'il querella M. de Sainct-Fal à Paris.... Ce fut sur un manchon de broderie de jayet oii il y avoit des XX, VI, 182.

Jean (faire), terme du jeu de trictrac, IX, 231.

Jettement^ jet. Voy. Tirer.

Jeu (souffrir en), supporter la plaisanterie. Malaisément il (le comte de Brissac) souffroit en jeu, quand on le vouloit picquer ou par trop agasser, VI, 144.

Jeunement^ en un âge jeune. Son gallant fut puny de mort par la justice pour avoir eu affaire à elle en un aage si tendron et l'avoir faicte porter si jeunement, IX, 578.

Jeunesse^ folie de jeunesse. Je devrois estre retiré chez moy à prier Dieu de mes offances et jeunesses passées, V, 48.

Jolety Cochet. Et se fait aussi plus grand massacre... de ces joletz et petits cocqs qu'en l'hyver des grands cocqs, IX, 222. Voy. Jaubert, Glossaire de la France centrale, art. jaulet.

Jolly h parler^ beau parleur. Les (écrivains) modernes qui veulent faire des pindariseurs et des jollys à parler, V, 312.

Joly (en), terme de marine, en panne; de l'italien giolito. Et tenant ses gallères en bataille et en joly, et assez loin, il (le grand prieur) envoya dans un esquif...., IX, 364.

Joncher^ renverser, jeter. Pour le ruer jus, c'est-à-dire pour le rendre corps sans âme, pour l'envoyer au royaume des taupes, pour l'estendre et joncher sur le carreau froid et roide, X, 118.

Jonchu^ herbeux. On dit : chemin jonchu, etc...., sont fort propres pour chevauclier, IX, 266.

Jour, dernier jour. L'on disoit qu'il faisoit cela (La Vauguyon) exprez pour se faire tuer, voyant ses jours approcher, les estimant mieux et plus honnorablement là achevez que dans son lict, V, 179.

Jour (sur), au jour, pendant le jour. J'ay ouy parler d'une autre dame qui, tant qu'elle couchoit sur jour avec son amy, elle couvroit son visage d'im beau mouchoir blanc, X, 346.

Jours (sur ses), à la fin de ses jours. Voy. Délices.

Jouvanet, jouvenet^ tout jeune, jeunet; en italien giovanetto. Il (Pescaire) l'espousa (Vittoria Colonna) qu'elle n'avoit que trois ans et luy aussi fort jouvanet, I, 197. Il (Tavannes) fut despesché avec M. d'Aumalle et M. de Guize, qui estoit lors fort jouvenet, pour empescher M. le Prince de joindre ses reistres à Mouzzon, V, lis. Cf. Jovanotte.

Jouxte que^ joint à cela que.... haletant (un chien) et tirant un pied de langue entre les jambes de son maistre, jouxte que c'estoit en esté, il mourut, X, 110.

Jovanotte^ jeunette; en \\.d\\en giovanetta ; en espagnol yop-e/îeZa. Aussi estoit-elle fort (trop) jovanotte pour estre grasse, IX, 262. Cf. Jouvanet.

Judicier, judicieux. Sur quoy, j'ay veu beaucoup de personnes judicières s'estonner comment force gentils hommes en France se mirent du costé de la ligue, III, 113.

Jugé, condamné. Junon..., de despit d'avoir esté jugée, rendit le paouvre juge (Tyrésias) aveugle et luy osta la veue, IX, 571.

Juger ^ être jugé. En matière d'Estat et d'attentat, la pensée juge autant que l'effect, V, 263.

Juillet^ julep; en italien giulebbo. Avec plus de cérémonies que ne faict un malade qui se prépare par des bolus et juillets pour prendre la grande médecine, III, 392.

Jument (se rendre la), se rendre la pareille. Si les François leur (aux Espagnols) reprochoient Sanjac, ilz nous reprochoient Conis..., et ainsy ilz se rendoient la jument, IV, 68.

Juré^ conjuré, associé. Qu'est la chose impossible à une douzaine de compaignons braves, vaillans, résoluz et jurez? VI, 178. Voy. Paré.

Jurement, action de jurer, de prêter serment. Force dames et seigneurs qui estoient là tous conviez pour la sollempnité du jurement de la paix, II, 264.

Jus (ruer), jeter à bas, renverser. Yoy. Joncher et Ruer,

Jusneur^jusneresse^ jeûneur, jeûneuse. Un curé de Sainct-Eustache, en son sermon, blasmant un jour les jusneurs etjusneresses de la court et de Paris, V, 152.

Jusquà /«, jusque là. Voy. Soudardaille.

Juste, adroit, qui tire juste. Il (un soldat) tiroit d'une fort bonne grâce et estoit très juste harquebuzier, V, 344. Cf. VI, 134.

Justice, gibet, échafaud. Voy. Paouvretté.

Justiciable, pratiquant la justice. (Le mareschal de Gié) aiant récusé aucunes courtz de parlement, il eut celui de Toulouse,..., aussi que ceste cour de longtemps a esté fort justiciable et point corrompue, VII, 311.

Labeur^ labourage, labour. Vous verrez de jeunes geils sortir des villages, de la labeur, des boutiques, des escoles.,.., V, 367.

Labié ^ lèvre. Il prit une espée.... et luy perça les deux cuisses et les deux labiés de sa nature.... Les Latins les nomment alae et les François labiés, lèvres, lendrons, landilles et autres mots, IX, 278.

Labile, caduc; en italien labile. Il faut excuser ma mémoyre labile qui ne peut se souvenir de tout, IX, 538, note 2.

Jjibouré, travaillé, élaboré. C'est ung très grand dommage.... de quoy ce livre que j'ay dit, fait et labouré de la main de ce grand empereur, nous est caché, I, 64, note 2.

Lairer, laisser. Amprès avoir parlé à eux et sceu leurs noms, il

(un ermite) venoit rapporter aux tenans pour sçavoir s'il les lairroit entrer, V, 277.

Laisser aller h (se). Voy. Honneur.

Lamponner^ brocarder. Voy. Chiquenauder.

Lancade^ jet de la lance. Voy. Deffendre.

Lancepassade^ anspessade, bas officier d'infanterie. Aussi les appelloit-on (les soldats) payez réallez et lancepassades, V, 371. L'un estoit caporal et l'autre l'ancepassade, ibid., 70.

Landille^ lèvre. Voy. Labié.

Langoureux^ qui traîne en longueur (Mme de Bourdeille) ne priant jamais Dieu de luy donner vie ny santé, mais patience en son mal et surtout qu'il luy envoyast une mort douce et point aspre et langoureuse, IX, 459.

Langoyrant, languissant. Il y a force grandz qui sont grands landores et langoyrans, tant mal bastys et adroictz que c'est pitié, IV, 162.

Langue [ayoxr), être informé. M. d'Espan eut langue comme cinquante soldats estoient partis de Metz, VII, 289.

Languir^ rendre languissant, affaiblir. En un estât très misérable de sa maladie (de Charles IX), qui le tourmentait et le languissoit peu à peu, V, 267.

Lard (manger le), être coupable. Voy. Accroire.

Lardasse^ blessure (comme des coups de lardoire). Et (il s'agit d'un chien) au sortir de ce combat, sortant du bois tout ensanglanté, après avoir receu plusieurs lardasses des deffenses d'un sanglier, X, 109.

Largue, large. Il (La Garde) garda et empescha bien l'entrée du port, et aussi quand le secours de M. de Montgommery y vint, qui ne peut entrer et fut contrainct de se mettre au largue, IV, 147.

Larmoyer quelqu'un^ le pleurer. Le lendemain on trouva ces deux belles moitiés et créatures, exposées estendues sur le pavé devant la porte de la maison, toutes mortes et froides, à la veue de tous les passans qui les larmoyoient et plaignoient de leur misérable estât, IX, 16.

Larronner^ voler. Il (Goise) à son voyage d'Italie fît pendre deux soldatz, l'un pour avoir larronné une seule pièce de lard, et l'autre pour quelqu'autre chose légère, V, 379.

Lassure^ entrelacement. Le collier de cet ordre (de Saint- Michel).... estoit faict de coquilles entrelassées l'une à l'autre

d'un double lacz.... La devise signifioit..., par la double lassure d'icelles ensemble, leur invincible et indissoluble union (des chevaliers), V, 96.

LéanSj dedans. Voylà le corps qui repose le'ans du plus brave et vaillant prince et capitaine qui fût jamais, I, 283.

Légal, loyal; en italien légale. M. de Sypière, son gouverneur (de Charles IX).... estoit.... tout légal, franc, ouvert et du cœur et de la bouche, V, 254.

Légat j legs. Voy. Enderier.

Lendron^ lèvre. Voy. Labié.

Lenmatin. Voy. Enmatin.

Lentitude^ lenteur; en espagnol /e/îfi7«c?. (Le cardinal de Guise) avec sa lentitude et snngearde façon avoit d'aussi bons advis et donnoit d'aussi bons conseilz qu'aucun qui fust parmy les affaires et conseils du roy, IV, 279.

Lettres. Voy. Faveur.

Lettrier^ lutrin. Le roy Charles.... (à la messe) se levoit bien souvant et s'en alloit, à l'imitation du feu roy Henry son père qui en ftiisoit de mesmes, au lettrier avec ses chantres, V, 284-285. Leur. Ce pronom, comme l'italien loro^ est fort souvent invariable dans les auteurs du xvi" siècle et même encore dans Malherbe. Leurre (retourner au), terme de fauconnerie, revenir au lieu d'où l'on est parti. Au bout de deux jours qu'il (un fuyard de Dreux) retourna au leurre, dans le camp, IV, 8.

Lèvement^ leve'e. Bien servist le secours et lèvement du siège (de Fontarabie) que donna et fist M. de la PaUice, II, 414.

Lever^ enlever. Deux desdites dames (de Saint-Riquier) levèrent deux enseignes des mains des ennemis et les tirèrent de la muraille dans la ville, IX, 421.

Lever j faire lever. Un aussi beau traict qu'il fit (le marquis del Gouast) , dont on le loue fort, quand il leva le siège de Nyce sur M. d'Anguyen et Barberousse, I, 202.

Lever (se), s'en aller. L'empereur s'en leva de là (de Metz) fort à regret et grand crève -cœur, IV, 192.

Librairie^ bibliothèque. Louis XP disoit d'un prélat de son royaume, qui avoit une très belle librairie et ne la voyoit jamais, qu'il resserabloit un bossu qui avoit une belle grosse bosse sur son dos et ne la voyoit pas, II, 242.

Licencier j autoriser; en italien Ucenziare ; en espagnol lieen-

LEXIQUE. 29a

ziar. Aussi que ladicte doctrine (de Luther) licencioit assez gentiment les personnes, et mesmes les ecclésiastiques, au mariage, IX, 680.

Liégé, garni de liège. Ces petits patins et escarpins sont pour les grandes et hautes femmes, non pour les courtaudes et nabottes qui ont leurs grands chevaux de patins liégez de deux pieds, IX, 312.

Lieu, place, rang. Et après les pairs (les paladins) marchoient les premiers et tenoient grand lieu, X, 6Ij. Du temps duroy sainct Louys, tenant la cour des pairs, la contesse de Flandres est renomme'e présente et tenant lieu entre les pairs, VIII, î>2.

Linceul f drap de lit, drap à couvrir le lit. Voy. Rezeur. Cf. IX, 115.

Lire^ professer, enseigner. M. de Sainct-Suplice..., advant, avoit leu les Institutz à Poictiers,V, 382. — Dans les Contes d'Eutrapel^ (P* 24, v°) on trouve ce passage qui ne permet pas de doute sur le sens de ce mot : « Eguinaire Baron, grand et notable enseigneur de Loix, s'il en fut onc, lisoit en l'université de Bourges avec une telle majesté, dignité et doctrine, etc. » (On sait que les professeurs du Collège Royal portaient le titre de lecteurs. )

Livrance^ action de livrer; en espagnol libranza. Ce qui fut cause en partie de la livrance de la bataille (deRavenne), VI, 226. Cf. Livrement.

Livrée, cadeaux en habillements faits à l'occasion d'une fête ou d'une cérémonie, et par extension la fête elle-même. En telles festes.... le roy et les reynes leur donnoient (aux dames) de grandes livrées, les unes plus gentilles que les autres, VII, 398. La nuict estant venue, que tout le monde estoit las et endorray, M. de Salvoyson qui ne dormoit pas voulut avoir part de sa livrée, VII, 108.

Livrement^ action de livrer. Hz assemblèrent quelques grandes forces qui furent cause du livrement de la battaille de Philippes, où luy (Brutus) se tua misérablement, VII, 2ol.

Livrer j délivrer; en italien livrare.Le prince d'Orange..., après une longue prison, fut livré par son roy et remis en tous ses biens, II, 176.

Locataires^ gens qui louent leur service, gens à gages. Mesmes qu'on a veu qu'ils (les spadassins) se louoient comme vallets et serviteurs de bouticque ou autres, et s'alloient présenter à ceux

qu'ils sentoient avoir querelle; et vivoient de cela comme locataires à ce me'tier, VI, 388. Cf. Sentir,

Loge^ l'»gis, logement. Ça esté le premier (Alviane) qui.... a esté inventeur des grandes courvéeset cavalcades de guerre, pour aller de bien loing rechercher son ennemy dans son camp et ses loges, II, 197.

Loisir. Voy. Loysir.

Longe, longue. Un gentilhomme portant la barbe longe, X, 113.

Longue (tirer de), se diriger. J'ay ouy dire à plusieurs gallants hommes et veu jurer qu'ils n'espouseroyent jamais fille ou femme qui auroit passé le Port-de-Pille, pour tirer de longue vers la France, IX, 183. Cf. IV, 86. Voy. Aposté.

Longueurs du monde (à toutes), le plus longuement du monde, Voy. Hourmeau.

Lot, mesure équivalant à environ deux pots de Paris. Voy. Piot.

Louventin^ qui est atteint de l'espèce d'ulcère appelé loup. Celles (les femmes) qui ont les jambes louventines et autres fluxions et marques, IX, 276.

Louvière, manteau ou fourrure de peau de loup. Ayant (le grand prieur) combattu ce jour (à Dreux) très vaillamment et s'y estant par trop eschauffé..., et son page escarté ne l'ayant peu trouver pour luy donner sa louvière, IV, 156.

Loysir (être à), avoir du temps à perdre. Aucuns.... pourront me blasmer que j'estois bien à loysir quand j'escrivois cecy, II, 268. Cf. VIII, 21. — Oudin rend la locution vous estes bien de vostre loisir, par : vous ne faites pas bien, vous ne devriez pas faire ce que vous faites.

Luctueusement , avec grand deuil. (Mme de Montpensier.... pleura son mary luctueusement, IX, 64S.

Luctueux^ plein de deuil; en espagnol luctuoso. Ce roy (François I*') fut enterré.... avecqu'une pompe funèbre autant exquise que jamais de roy ait estée faicte...,et autant luctueuse et triste, m, 173. Cf. II, 304.

Luitte, lutte. De là vint le proverbe qui a longtemps couru à la court et en France..., qui se disoit quand quelqu'un fuyoit la luitte, VII, 84.

Lyteste, ornement de tête(?) A ses femmes (Marie Stuart) leur partagea ce qui luy pouvoit encor rester de bagues, de carquans, de lytestes et accoustremens, VII, 428.

Magasin de quelque chose (faire son), se l'approprier. On ré-

puta lors à grand blasme à Cle'opâtre, laquelle alla ainsy

monstrer et estendre toutes ses richesses et grands thrésors à Caesar...; aussy queCaîsar avoit l'ame trop noble et glorieuse pour tendre à si vile entreprise d'avarice et en faire son magasin, X, 2o.

Magniant, maniable, dresse'. Le roy luy-mesme lui (au grand écuyer de l'empereur) fit voir tous ses grands chevaux...., les voyans si beaux et si bien magnians qu'il s'estonna, III, 275.

Maignier, manier. Le comte la malgnant par la poincte et le bout (l'épée de François I") dist qu'il n'en avoit jamais veu une meilleure ny plus tranchante, VI, 471. Cf. Manier.

Maigrelin^ maigrelet, mince, svelte. Il estoit beau et agre'able de visage et d'une joUie, gentille et maigrelline taille, VII, 90.

Maillé, e'maillé. Au lieu de lestes de mort qu'elles (les veuves) portoient...., au lieu de larmes, ou de jayet ou d'or maillé, IX, 639.

Maillotter, frapper à coup de maillet. Pour la fin, en dernier martyre, il (l'assassin du prince d'Orange) fut roue' et maillotté, dont il ne mourut point, car on ne luy avoit donné que sur les bras et jambes, II, 174.

Main^ coup, effort. Lorsque ce grand sultan Soliman vint, pour sa dernière main...., mettre le siège devant Siguet, I, 90.

Main (départir delà), dégainer, agir. Une fort belle et grande dame...., estant fort sujette aux médisances, quitta un serviteur fort favory qu'elle avoit, le voyant mol à départir de la main, IX, 401.

Main (prompt de la), violent, querelleur. Voy. Escallabreux.

Main (tenir la), aider. Tout cela fust esté bon.... si il (le

duc de Savoie) n'eust tenu la main avec le marquis d'Ayamont.... air mareschal de Bellegarde de s'emparer du marquisat de Saluées, II, 147.

Main gauchère. Voy. Gauchère.

Main en main (de), à la file, l'un après l'autre ; c'est la locution italienne di mano in mano. Et au retour du fort, les hommes (les Siennois) à part, et les dames aussi rangées en bataille... allèrent l'un après l'autre, de main en main, saluer l'image de la vierge Marie, IX,414.

Mains (mener les), combattre, guerroyer. (Les Italiens disent menar le mani^ jouer des couteaux. ) Non pourtant qu'il y menast

si souvant ny si longuement les mains comme contre les François, I, 20. Et, Dieu sçait, ilz n'auront pas mené la main de l'espée plus qu'un pionnier, V, 329.

Mains (meneur de), combattant. MM. de Caumont.... estoient de la religion et à couvert, sans porter autrement les armes..., et qu'on regardoit de mauvais œil plus tost que les meneurs de mains, IV, 27.

Maintenir, soutenir, de'fendre. Il y eust M. de Charry qui ne se peut tenir et dist : Monsieur, je suis icy pour maintenir M. de Montluc, IV, 28. Cf. VIII, 56.

Mais (il ne leur en chaut), il ne leur importe guère. Et ne leur en chaut mais en quelle façon, ou en honneur ou en de'shonneur, ilz (les princes et les grands) parviennent à leurs fins, VII, 279.

Mais que^ pourvu que. Si M. de Bourbon prophétisa un pea devant sa mort qu'il ne s'en soucyoit point, mais qu'il demeurast immortel de mémoire, I, 288. Cf. X, 56, 57.

Mais quil en ait, malgré qu'il en ait. Ainsi qu'il y a des gens, mais qu'ilz en ayent, ilz souffrent tout, V, 168.

Mais quil soit, quoiqu'il en soit. Bien souvent void-on les couards et pusillanimes y parvenir (aux honneurs) ; mais qu'il soit, telle marchandise ne paroist point sur eux comme quand elle est sur les vaillants, IX, 403.

Maisné, puîné. Marguerite, maisnée seur de la reyne Jeanne, VIII, 165.

Maistre de quelque chose (être), y exceller. Il (Gersay) disoit et rencontroit des mieux, mais surtout quand il médisoit, dont il en estoit le maistre, IX, 485.

Maistre-escole, écolâtre. Il (Saint-Gouard) estoit dédié àl'esglise et longtemps a-il porté le nom et le titre de maistre-escole de Xainctes, VI, 171.

Maistriser^ conquérir. Pour revanche, il (Lesdiguières) aruyné la Savoye, il a maistrisé et a donné jusqu'en Piedmont, V, 186.

Mal (A de). Voy. Ademal.

Mal (être très), se trouver mal de quelque chose. Voy. Escamper.

Malaise, mauvais traitement. Il (Montpensier) mourut de tristesse, autres disent de poison, autres de sa mort naturelle qu'il advança des malaises qu'il reçut après le traité d'Atelle, mal accomply, V, 2.

Maldire j médire. D'autres qui, esprisde belle jalousie.,,., maldisent de ceux qu'elles (les dames) ayment le plus et qu'euxmesmes ayment tant qu'ilz ne les voyent pas à demy. Voilà l'un des grands effets de la jalousie, IX, 500.

Maldire^ médisance. Je voudrois volontiers de bon cœur que plusieurs langues de nostre France se fussent corrigées de ces maldires, IX, !j2o.

Male^ malle ^ mauvaise. Là dessus vous voyez fort bien escrite et représentée la fortime bonne et maledudict Alexandre, X, 19. Cf. IV, 263.

Mallier j cheval ou mulet qui porte la malle. M. le mareschal (Strozzi).... envoya quérir vingt chevaux de poste, mandant à Brusquet qu'il les luy envoyast bons.... et surtout trois bons malliers, II, 248.

Mallotreux ^ misérable. J'ay veu un homme qui estoit alors avec M. de La Noue. Il les vit (Bouillon et La Marck) arriver avec cinq cens chevaux seulement à Genève, bien mallotreux, du reste de leur naufrage, VII, 291.

Maltallent, mécontentement, mauvais vouloir. Par quoy (A. Doria) rongeant doucement son maltallent, son despit et sa rage, IV, 12S. Cf. VI, 422.

Malzfaictz, méfaits. Vous portez vostre croix selon vos malzfaictz, V, 106.

Mamellus, Mamelucks. Il (Mercoeur) en fut empoisonné ; qui fust un grand dommage pour toute la chrestienté, luy servant de vray rempart contre les Mamellus et Mahommétans, V, 194.

Mandil^ mandille, espèce de casaque. Et la fit beau voir à tout leurs beaux mandils neufs de vellours jaune, IV, 383.

Manier^ remuer. J'ay ouy parler d'un grand qui prenoit plaisir de voir ainsi sa femme nue ou habillée, et la fouetter de claquades, et la voir manier de son corps, IX, 286. Cf. Maignier.

Manière que (à), à mesure que. C'est qu'à manière que les troupes qui avoient passé le ruysseau, elles prenoient place de battaille, V, 43.

Manieur darmes, qui pratique le métier des armes. Voy. Filanner.

Manifeste^ divulgation. Si à tous il (l'amour) ne se peut dire, pour le moins que le manifeste s'en face ou par monstres ou par faveurs, ou de livrées et couleurs, IX, 501.

Manifester^ rendre public. Ce n'estoit pas pourtant la faute de César, car il falloit nécessairement qu'il manifestât ce brevet (un billet de Servilia) ; autrement il y alloit de la vie, IX, 507.

Manople^ menotte ; en italien manopola^ et en espagnol manopla signifient gant de fer. Il (le marquis del Gouast) avoit fait faire pourtant deux charretées de manoples, I, 203, note 3. Voy, Manotte.

Manotte^ menotte. On dict qu'il (le marquis del Gouast) avoit faict faire deux charrettes toutes pleines de manottes, I, 204.

Manque^ affaibli, défectueux; en espagnol et en italien manco. Puis après ils (les déserteurs) faillirent bien à la bataille de Ravanne, et l'armée en resta fort manque et faible, III, 164. D'autres (historiographes) paouvres fatz et sotz pensoient que leur histoire seroit manque et haire, si elle n'estoit décorée et allongée d'une grand'crue et suite de motz, VII, 118. Cf. Haire.

Manquer^ cesser d'être. Mays cecy manque aujourduy; car par la valeur et sagesse.... de nostre roy (Henri IV) jamays la France ne fust plus fleurissante, ny pacifique, ny mieux réglée, VIII, 83.

Mantelline^ petit manteau; en espagnol mantellina, Voy. Plumar.

Marché (empirer le), aggraver la situation. Ceux de la relligion eurent grand tort de faire telles menaces.... car ils en empirarent le marché du pauvre M. l'admirai et luy en procurarent la mort, VII, 363.

Marché (vin de), vin que l'on boit en concluant un marché. Brusquet alla prier M. le mareschal (Strozzi) d'accord, et qu'ilz fissent au moins trefves de ces jeux nuisans.... Et pour ce, pour en boire vin de marché, il le pria de vouloir venir unjour prendre son disner chez luy, II, 249.

Mareschaussée^ dignité de maréchal, maréchalat. M. de Brissac eut son gouvernement et sa maréchaussée (du prince de Melfe), II, 238.

Maret^ marais. Au Garillan de mesmes, parmy ces maretz et palus, nos chevaux furent deffaictz, IV, 207.

Marette^ agitation de la mer ; en italien maretta; en espagnol mareta. J'ay cogneu un seigneur de par le monde qui estant sur la mer avec une très grande dame.... et d'autant que ses femmes

estoyent malades de la marotte, et par ce très mal disposées pour la servir, IX, 310.

Marfondre, morfondre. Le pis est de ces roys, après qu'ils ont chassé ces mignons gros et gras, ils en reprennent d'autres affamez, nuds et marfondus, lesquels de nouveau il faut engraisser, vestir et emplumer, III, loo. Cf. Vlil, 97-98.

Marguerite (à la franche), franchement. (Voy. Oudin, p. 23S.) Il trouvera que Dieu a favorisé ma cause, estant allé desmesler ceste fusée armé d'innocence, y estant allé à la franche Marguerite, X, 118.

Marine, bord de la mer, rivage. Estant une grosse escarmouche attaquée par une grand'saillie que firent ceux de la ville (Alger) sur les Espaignolz le long de la marine, II, 43.

MormiteuXj dolent. Voy. Estomack.

Marqueté, tacheté. Voy. Tarrotté.

Marquette, qui est fait en marqueterie. Le maistre artiller, qui est celuy qui se mesle de faire des arballestes, des traitz et des flesches, que j'ay veu faictes et eslabourées d'eux très gentiment et proprement marquettées, V, 301.

Marquisac, marquisat. Voy. Pracquerie.

Marquisote, petite marquise. Les duchesses grandes et petites, les marquises et marquisotes, les comtesses et contines, IX, 354.

Marrane (de l'espagnol marrano, pourceau, maudit), terme d'injure adressé particulièrement aux descendants des Maures ou des juifs. Faut-il qu'à l'appétit d'un marrane opiniâtre nous nous faisions ainsi tuer à coups de canon? I, loO.

Marrine, mayrrine^ marraine. La reyne de Navarre Marguerite, sa tante et sa marrine, V, 74.

Marrisson, doléance, regret. Aucuns disoient que ce marrisson ressembloit à celuy de Ceesar quand il vit la teste de Pompée, dont il s'en mit à pleurer, VI, 121.

Marteau (frapper au), heurter à la porte. Voy. Frapper.

Martel, tourment, inquiétude. Ils (les amants) portent (supportent) des martels, des capriches, se mettent au hasard, IX, 186. Voy. Temporiser.

L'expression martel en tête était nouvelle du temps de Henri Eslienne. « Je me suis souvenu, fait-il dire à Celtophile, que nos ancestres disoient martel pour marteau.... et toutesfois quand ces

messieurs les courtisans disent martel in teste^ ils ne prennent pas ce martel du vieil langage, mais le syncopent de l'italien martelloj » (p. 84).

Mar telle ^ qui a martel en tête. En quoy tels escrocqueurs et escornifleurs sont grandement à blasmer d'aller ainsi allambiquer et tirer toute la substance de ces pauvres diablesses martellées et encapricie'es, X, 107.

Mascher^ broyer, Voy. IX, 263.

Mastiner^ gourmander, maltraiter. Voy. Complexionné.

Mathurinesque^ de fou. Ceux qui luy sembloient de plus gaye et mathurinesque humeur, V, 153. (Saint Mathurin était le patron des fous. De là l'expression : faire un voyage à Saint-Mathurin^ pour dire être atteint de folie). Il luy demanda, par manière d'injure, si elle avoit jamais faict de voyage à Saint-Mathurin, IX, 113.

Matin (l'en), le lendemain matin. Voy. Enmatin.

Matois^ enfant de la matte, filou, ruse'. (Strozai) emmena avec luy un matois serrurier, si fin et habile à crochetter serrures qu'il n'en fut jamais un tel, II, 245. Voy. Matte.

Matte (enfant de la), filou. Il (Charles IX) voulut un jour sçavoir les dexte'ritez et finesses des couppeurs de bources et enfants de la Matte en leurs larcins, V, 278.

Maugré, malgré. Que c'est que de se faire aymer de son contraire, maugré son naturel ! IX, 376.

Mawaistié^ méchanceté, perfidie. Comm'ainsy soit que la na-» ture des traistres se délecte plus en trahison qu'en foy et vertu, nous devons combattre afin de vaincre mauvaistié, II, 316.

Mécanique (vie), vie d'artisan, de gens de métier. N'estoientilz pas braves.... ces gens de bien de soldatz de vivre et mourir en soldatz.... non pas faire la vie mécanique que M. de La Noue ordonne, V, 383.

Médeciner, soigner. Un médecin qui venoit plus tost voir sa maistresse (la maistresse de Ronsard) soir et matin, pour luy taster.... son sein.... et son beau bras que pour la médeciner de la fiebvre qu'elle avoit, IX, 569.

Meffaire^ commettre un méfait. On me fera de mesmes que l'on fait bien souvent à de pauvres diables que l'on pend pour tenir compagnie seulement à leurs compagnons, encor qu'ilz n'aient rien meffaict, III, 363.

MeffXy méfiance. Le duc deBrunswic ne s'y achemina (en Italie),

à cause d'un mefFy que l'empereur prist de luy, qu'il ne peut prétendre au royaume de Naples, III, 203.

Megrellin. Voy. Maigrelin.

MeilUorer^ améliorer. Voy. IX, 541.

Mémoratif^ qui a de la mémoire. Tout m'est pardonné pour m'estre bon et mémoratif escripvain, VI, 208.

Menacer «, menacer de. Depuis arrivarent les lettres du marquis (de Pescaire), là oii il parle de ce Charles (de Launoy) comme j'ay dict cy-devant, et le menaçant au combat, I, 229.

Mené (mal), mal en point, mal habillé. Un soldat espaignol de

moyen aage et de fort belle façon , mais pourtant fort mal

mené de sa personne et bien deschiré, VII, !j4.

Mener^ pratiquer. N'ayant voulu (Soliman) mourir ailleurs qu'au mitan de l'exercice qu'il avait toujours aymé et mené en sa vie, I, 92.

Mener hcau^ mener rondement, mettre à la raison. Je l'ay vcue (Catherine de Médicis) parler aux courts de parlement, fût en public, fût en privé, et qui bien souvent les menoit beau, quand ils s'estravaguoient, ou faisoient trop des retenus et ne vouloient condescendre aux édicts faicts en son conseil privé, VII, 375.

Mener les armes^ combattre. Comme certes de vray elles (les Rochelloises) en firent de bons (services), jusques-là que les plus virilles et robustes menoient les armes, IX, 420.

Mener les mains^ meneur de mains. Voy. Mains.

Mener le festu par la bouche. Voy, Festu.

Menestre^ potage; en {lixYi&nminestra. Voy. Vesarde.

Menigance, manigance. Ils (les ambassadeurs de robe longue à Rome) s'amusoient à faire leurs affaires..., et soubs ceste menigance complaire si fort au pape et aux uns et aux autres que les affaires du roy se laissoient en crouppe, III, 97.

Menton (tenir le), soutenir. Ce fut luy (le roi de Navarre) pourtant qui, premier, luy tint (à Alluye) le menton en cet amour et l'y encouragea, V, 75.

Menusaille^ menuzaille^ chose menue. Et de ces pastez ains composez de menusailles de ces petits cocqs et culs d'artichaux et trufles, IX, 222. Voy. Penaillerie.

Menuserie^ exiguïté. Voy. IX, 579.

Mercier, remercier. Sentant qu'il s'en alloit, il (M. de Bure) se hasta dire à Dieu à l'évesque d'Arras et au comte d'Arenberg,

les merciant du vray ofiGce d'amy que tous deux luy avoient faict, I, 317.

Mercy de quelquan (avoir), lui faire grâce. La fortune fut encores si bonne pour le seigneur de Créqui, qu'il abbat son ennemy et le tue, sans en avoir plus de mercy, VI, 3o8.

Mercy que.... (Dieu), grâce à ce que,... Le marquis (dePescaire) se peust vanter, lorsqu'il mourut, de n'avoir jamais eu telle disgrâce, Dieu mercy qu'il ne vesquit point tant, I, 206.

Merquc^ marque. (M. La Roche du Mayne) fut lieutenant de cent hommes d'armes de M. d'Alançon, grand'merque pour lors de sa suffisance et valeur, III, 404.

Mésadvenir ^ survenir malheureusement. Le principal subject de leur institution (des chevaliers de la Table-Ronde) estoit.... de secourir les belles et honnestes dames en leurs afflictions, si aucunes leur me'sadvenoient, X, 61.

Mescha?ïce, infortune, mauvaise chance. Danser me faut par ma maie meschance, X, 108.

Meschantement^ méchamment. Voy. Innocemment.

Meschoir^ arriver par malheur. Il mescheut à ce pauvre soldat de manger de la chair un jour prohibé, II, 60.

Mescognoissance, manque de reconnaissance, ingratitude. Madame Jeanne de France luy servit (à Louis XII) bien fort aussi à sa liberté..., dont il en fut blasmé de mescognoissance, lorsqu'il la répudia, VIII, 102.

Mcscognu, méconnaissable. Le roy Ladislas.... choisit six gentilshommes.... et les vestit tous d'une sorte à sa propre devise..., tellement qu'ils estoient si bien mescognus que chascun d'eux ressembloit au roy, II, 306.

Mescroyant^ qui a une mauvaise croyance. Un mescroyant croira ce qu'il voudra mal croire, X, 74.

Meshuy^ aujourd'hui, maintenant. Meshuy estant fort surl'aage, il (l'empereur Ferdinand) devoit.... quitter le monde et servir

Dieu, I, 88. Il luy (François I" à sa mère) manda comment

il estoit si advancé que meshuy il ne s'en pouvoit desdire, III, 149. Voy. Retractation.

Meslé^ vai'ié, mélangé (de couleur). Les festes de Bains estoient plus belles, plus plaisantes, plus meslées et plus généralles, X, 616. Il avoit la façon très belle et bonne...., venant sur l'aage

de soixante ans, toutteffois peu meslé pour son aage et son poil qu'il avoit noir, I, 282.

Mesler (se), se jeter dans la mêlée. Ils (Pulfio et Varennus) se meslèrent, et firent si vaillamment, et se secoururent l'un et l'autre si bien que...., VI, 403,

Meslier, nefflier. Pour (armes) offencives ils avoient un bon gros baston de meslier, VI, 242. Cf. Pale-maille.

Meslouer, blâmer. Sur ce ledit véne'rable docteur Paris de Puteo se met à exalter cette géne'reuse reyne (Jeanne de Naples) pour ce beau trait, en déprimant et meslouant fort celuy que lirent lesdits chanoines de Saint-Pierre de Rome, VI, 251.

Mesme (le), lui-même. Voy. Plorahle.

Mesmige^ épargne. Respondu bien, certes, jiour ceux qui veulent jouer leur jeu au plus seur, et au proffit du mesnage de l'honneur, VII, 409. Cf. III, 60, et Reffréné.

Mesnage, objet de ménage. Il (Stroz/i) se résolut de tirer de ses coffres un bassin, esguière, coupe, escuelle, cuiller et autre tel petit mesnage d'argent qu'il avoit pour son usage, VI, 84, note 2.

Mesnager, administrer, avoir la disposition de. Et leur semble (aux veuves) que, quand elles sont hors de la domination de leurs marys, qu'elles sont en paradis ; car elles ont leur douaire très beau et le mesnagent ; ont les affaires de la maison en maniement, IX, 706.

Mesnager, aménager, traiter. Voy. IX, 541.

Mesnagerie, choses, provisions de ménage. Et (les maris) estoyent si simples de penser qu'on ne leur osoit (à leurs femmes) entamer aucun propos d'amours, sinon que de mesnageries, de leurs jardinages, de leurs chasses et oyseaux, IX, 183. Vous eussiez veu les bonnes gens et femmes de village luy porter (à Romegas) des pouUetz, des fromages...., bref de ce qu'ilz avoien de leurs petites mesnageries et commoditez, V, 235.

Messel (livre), missel. Avant combattre, fut apporté le livre messel sur lequel prestèrent serment l'un et l'autre, VI, 241.

Mettable, digne, convenable. M. de la Force..., esgal en biens à mondict oncle (La Chastaigneraie), mais inesgal certes en vaillance..., encor qu'il fust bien mettable gentilhomme^ IV, 29. MM. de ïenance et Beaulieu (lieutenants de galères) estoient fort mettables et bien choisys, ibid., 158.

Mettre assus. Voy. Jssus et Sus.

Meurtrier, de meurtre. Voy. Confidant.

Meurtrir^ tuer. Il (le marquis del Gouast) ne luy devolt (à François I""") foire meurtrir mise'rablement sur le Tcïin ses ambassadeurs, I, 212.

Mextimer, mésestimer, de'nigrcr. C'estoit un vieux proverbe parmy nous, quand nous voulions mextimer un capitaine et homme de guerre, on disoit...., IV, 219.

Mezze partye^ moitié 5 de l'italien mezza parte. Il (La Valette) fut lieutenant de roy en une mezze partye delà Guienne, V, 214.

Mieux^ le mieux. Voy. Poinctilles^ Tendrelet.

Mignon de couchette, amant, fovori. Pensez qu'aucuns de ceuxlà estoient de ses mignons de couchette (à Anne de Beaujeu), III, 410. — Malgré Oudin qui explique cette locution par « un jeune sot qui foit le beau », le sens ne me paraît pas plus douteux ici que dans le passage suivant des Dialogues de Jacques Tahureau, (Rouen, lo83, p. 20) : « Et Dieu sçait la chère et vie qu'elles meinent en l'absence de leurs maris; rien n'y est espargné pour le traitement de leurs ruffiens et mignons de couchette. »

Milleur, meilleur. Ce n'est pas milleur.... que ces grands cardinaux se meslent tant des affaires du monde, II, 365.

Millice de l'espée, maniement de l'épée, escrime. La Chapelle venant de frais d'Italie où il avoit apris du Patenostrier la millice de l'espée, VI, 336.

Mineuse^ qui folt des mines. Aucunes (dames) y en a qu'à les voir mineuses, piteuses, marmiteuses, froides, serrées et modestes en leurs paroles et en leurs habits, IX, 212.

Ministresse, féminin de ministre. On pourroit à plein cognoistre.... combien bonne ministresse estoit ceste reyne (la reine de Hongrie) des dessains.... de l'empereur son frère, V, 35.

Minuité, exiguïté. Voy. IX, 579.

Mire, visée. M. de Bouillon la rompit (la trêve) par quelques quatre ou cinq voilées de canon, dont ilz en voyoient un beau coup et belle mire, IV, 284.

Mire (se mettre en), se mettre aux aguets, à l'affût; (c'est la

locution espagnole estarh la mira.) Il y eut dedans (Pizzighitone)

trois harquebuziers très excellens qui s'estoient mis en mire der-

ière une cannonière fort secrette, pour faire chascun son coup,

VII, 60. Voy. Cannonière.

Mitan, milieu. Voy. Mener.

Mixte (pour miste), joli, gentil. En cela il pouvoit avoir double plaisir; l'un pour cette jouissance si douce..., et le second, à la contempler souvent devant le monde en sa mixte, cointe mine, froide et modeste, IX, 237.

Mochac/iCj petit garçon; de l'espagnol muchacho. Voy. Fourches.

Modelle^ forme.

Je ne croy pas cela ; vous estiez par trop belle,

Quand vous estiez, icy, pour changer de modelle, X, 76.

Modestie, modération, réserve. Elle (Mme de Nevers) fut si sage et si fort commandant à soy que. . . . jamais n'en sonna mot à son mary ny à sa maistresse.... Voilà comme la modestie en telles choses y est fort nécessaire et très bonne, IX, 514-515.

Mœquaniqueté (pour mécaniqueté), vilenie. Quelle mœquaniqueté, voire animosité et indignité, de ne luy en avoir voulu achepter ung (drap) noir un peu plus digne d'elle (pour le corps de Marie Stuart), VII, 438.

Mologuerj homologuer. Le testament (de Charles IX) fut incontinant porté à la court de parlement qui, après en avoir ouy la lecture, l'approuva et mologua, V, 268-269.

Monce^ masse, amas. Ce qui est plus à remarquer en toutes ses belles factions c'est qu'ilz (les Espagnols).... ne les ont exploictées par des montaignes, grands monceaux et monces d'hommes, mais par de petites troupes, VIT, 14.

Mondain y homme qui sait vivre, qui sait son monde. Dont il

ne faut point douter que telle dérision luy (à Jean-Sans-Peur)

fit faire ce coup (l'assassinat du duc d'Orléans) en fort habile et sage mondain, IX, 474.

Mondaniser , former, civiliser. Les vieux soldats les entreprenoient (les recrues) et les prenoient en main, les mondanisoient..., si bien qu'en peu de temps on ne les eust point recognus, V, 318.

Mondanité^ vie du monde. Parray la mondanité, il (le cardinal de Lorraine) avoit cela qu'en sa prospérité il estoit fort insolant et aveuglé, IV, 278.

Mondanité^ chose policée, politesse. Voy. Barbarisme .

Moniale, en basse latinité monialis, moinesse, religieuse. Les gallans bien aises (les soldats de Bourbon à Rome) se mirent à desrober, tuer et violer femmes..., sans espargner les sainctcs reliques des temples, ny les vierges, ny les moniales, I, 272.

Monine^ guenon ; de l'italien monnina. Vous avez avec vous

le fol et boiifion de la Cause, qu'est le jeune des Pi^uncaux; et la j)ctite monine de la Cause, qu'est Lavardin, VI, 197.

Monnayes (les), l'argent. Voylà donc comme ces messieurs de Gujze sont estez les grandz sangsues des monnoyes de la France! IV, 273.

Monopoler^ intriguer, cabaler, manigancer. Il (La Garde) alla, il vira, il trotta, il traicta, il monopola, et fit si bien et gaigna si bien le capitaine des janissaires.... qu'il parla au Grand-Seigneur comm'il voulut, IV, 141. Un'autre entreprise fut aussi, par le moyen du cbapitre ge'néral des Cordelliers qui avoit esté monopoUé et arresté esprez en ceste ville (Metz), V, 70.

Monstre^ montre. Voy. Manifeste.

Monstre d'armes^ service militaire, exploit. Le seigneur Jehan- Jacques Trivulse fut un grand capitaine italien, toutes fois très bon françois, et qui fit de très grandes monstres d'armes pour le service de la France, II, 221.

Monstrer^ paraître. Voy. Garçonner (se).

Montée, lieu élevé. Voy. Plain.

Morcl (cheval), moreau. Il (le duc de Guise) estoit lors monté sur son bon cheval morel, VII, 301.

Morgue (tenir sa), faire le fier. Je le vis venir (Bellegarde) dans le carrosse du roy..., qui tenoit fort bien sa morgue à l'endroit de la reyne, de Monsieur, etc., V, 200.

Marné j entouré, garni. Les autres portoyent.... les cornets et trompes mornées d'or et d'argent, IX, 320.

Morne ^ grave. René de Scicille avoit, pour devise, pris deux bœufz labourans la terre, avec ces motz : passo a passo^ comme voulant dire et inférer que pas à pas, et à pas mornes et lents, on parvenoit enfin à son œuvre et besoigne, IV, 260.

Morneuot^ sévère, grave. (Nestor) assis comme une statue immobile donnoit ainsy ses advis et conseils, en la mode d'un morneux président, III, 336.

Mort (être blessé à la), être blessé grièvement (mais non pas mortellement). (Le capitaine Bourdeille) s'en vint à la guerre

d'Allemaigne où il fut blessé à la mort devant Cymay...., puis

au siège de Metz blessé de trois grandes harquebuzades, II, 237. Il (Mansfeld) y fut blessé dans un bras à la mort, lequel il cuyda perdre, I, 308.

Mort (jugé à), jugé |)erdu, condamné. II (le roi de Navarre)

eut une grand'harquebuzade dans l'espanle..,. Aussi tost il fut jugé à mort par les chirurgiens et médecins, IV, 367.

Mortallité^ tuerie, carnage. Le comte Petillano.... se retira un petit plus viste que le pas avec sa gendarmerie et cavallerie restée de la mortallité, II, 191.

Morte-paye^ vieux soldat préposé à la garde des places. J'ay ouy conter à de vieux mortes-payes du château de Lusignan qui le gardoient (le prince d'Orange) que. ... n'y avoit muraille blanche au chasteau qu'il ne noircit de petitz escriteaux contre les François, I, 244.

Motifs auteur. Ce qui arriva ceste fois mesmes au providadour Loredano qui avoit esté aussi motif, avec Alviano, de l'attaque du combat, II, 194. Voy. Proposer.

Moucle^ moule (coquillage) ; de l'italien musciolo. Les capitaines et soldatz vesquirent fort longtemps de coquilles et moucles que la mer.... laissoit sur le sable, VI, 36.

Moumon, moumont^ masque, momerie. Aux seconds troubles, le feu roy Charles envoya ung capitaine dans une place que je ne nommeray point de peur de descouvrir le moumont, IV, 12. Ce qui sert beaucoup aujourd'huy à nos vefves d'excuses et qui disent : sans qu'il est deffandu de Dieu, elles se tueroient ; et par ainsi couvrent leur moumon, IX, 666.

Moumon^ défi au jeu de dés porté par des masques auxquels il était défendu de parler. Voy. Estrange.

Mouricaut^ moricaud. Aussi monstroit-il (le portrait de le Peloux) une belle représentation d'un gallant homme, mouricaut pourtant, I, 98.

Mouscher, courir comme court un cheval piqué parles mouches. Je vous asseure qu'ilz (les chevaux de Brusquet) estoient bien légers en toutes façons, tant de la graisse dont ilz n'estoient guière chargez, que de la légéretté à bien courir et mouscher, II, 262. Mais cognois-je à aujourd'huy plusieurs grands capitaines. ... qu'on tenoit des Caesars, fuir aussi viste les dangers et mouscher, comme le moindre pionner des armées. Ibid.^ 394.

Moustache. On donnait anciennement ce nom à une grande mèche de cheveux qui pendait d'un côté de la figure; de là l'expression moustache de la barbe quand on voulait parler de la barbe qu'on laissait pousser sur la lèvre supérieure. Un jeune soldat espaignol estant interrogé comme, estant si jeune, il avoit

déjà les moustaches de sa jeune l)arl)e si grandes, VII, 30. Voy. Rabelais, livre III, ch. xxx in fine.

Mouvant^ actif, remuant. Il (l'empereur Ferdinand) n'estoitpas si bouillant etmouvant comme l'empereur, I, 87. Pierre Strozze,... qui estoit un homme actif, violant, mouvant et brave, IV, 136.

Mouvoir (se), s'émouvoir, M. l'admirai et M. d'Andelot firent bonne mine ; car, de leur naturel, ilz estoient si posez que malaisément se mouvoient-ilz, V, 343.

Moyen de (au), par suite de. Voy. Perdu de sens.

Moyenneur^ celui qui moyenne, entremetteur. Et puis (Saint- André) fut l'un des principaux moyenneurs de la paix entre les deux roys, V, 36.

Mwg'M^^e/-, viser, M. de Salvoyson.... avoît.... gaigné quelques uns de ceste ville (Casai) qu'il avoit muguetée et veillée de longtemps, IV, 107.

Mule (faire tenir la), faire attendre à la porte. Le dict chevallier (Breton) m'a conté qu'il a veu qu'elle (la reine Elisabeth) ne faisoit guières grand cas dudict prince (Casimir), et plusieurs fois luy a faict tenir la mulle, IV, 203.

Mulet de coffre^ mulet servant à porter les coffres. Il (F. de Bourdeille) se mit un jour sur les rangz (à un tournoi) et comparoist sur un de ses muletz de coffre, et avecques des sonnettes, X, 53.

Munition (chambre de la), chambre oià étaient les munitions sur une galère, Voy. Fougon.

Muré^ mis entre quatre murs, emprisonné. Voy. Coyte.

Muscle^ cuisse; de l'espagnol muslo. Dom Hugues y mourut, blessé d'une grande harquebuzade dans le bras, et d'un coup de fauconneau dans le muscle, après avoir combattu avec une rondelle en la main, I, 236.

Mussardj musard, qui traîne en longueur. Le connestable de Castille, devant Fontarabie, lors de la delhvrance de messieurs les enfans de France...., faisant du mussart, ou plustost voulant se desdire sur la dicte dellivrance, VI, 460.

Mutination^ mutinerie. La belle obéissance qui luy (au duc de Guise) fut rendue d'une si grande principauté et noblesse, capitaines et soldatz sans la moindre mutination du monde, IV, 189. Voy. Crouller.

My-disner (au), au milieu du dîner. Je le vis (Poltrot) une fois

venir aumy-disner, que M, de Guyzeluy demanda s'il avoit disné, IV, 2do.

Nacquetter^ naqueter^ mendier, flatter, rechercher. Estant une fois (les bannis) envazzez et engagez parmy eux (les princes) n'en tiennent plus de conte, et s'en mocquent jusques à leur faire naquetter leur vie, I, 259. Le roy Henry, durant le roy François son père...., pour son royaulme, n'eust pas recherché, ny naqueté le cardinal de Tournon, ny l'admirai d'Annebaut, grands favorits du roy, VIII, 68. Voy. Aiguillette.

Naction^ nation. Il leur faut pardonner (aux Espagnols) pour vouloir mal à nostre naction, VII, 12o.

Nai^ nay^ né. D'autres destracteurs y a-il qui sont si fort naiz et accoustumez à la médisance, IX, 501. Aussi à ce prince (Charles IX) tout seyoit bien, tant il estoit bien nay et nourry, I, 44.

iV^ûi/, naturel. Son chappcau ou bonnet couvert de plumes très belles et naïfves, V, 323. Voylà les beautez du visage et du corps de ceste belle princesse (Marguerite de Valois), que pour asteure je puis représenter, comm' un bon paintre, au naïf, VIII, 24.

Naïf, nature vivante. Si bien qu à la veoir painte (Jeanne de Naples), le monde s'en rend ravy et amoureux de sa painture, comme j'en ay veu aucuns, et comme aussi autrefois ont estes aucuns de son naïf, VIII, 174.

Napée (nymphe), nymphe des vallées et des prairies, napaea. Et après vint Paies, la déesse des pasteurs, avec six nimphes napées, IX, 315.

Naqueter. Voy. Nacqueter.

Narde, nard. Voy. Festiné.

Natre, nattre, malicieux, méchant. Ceux qui l'ont veu et cogneu (Don Carlos) disent qu'il estoit fort natre, estrange et qui avoit plusieurs humeurs bigarrées, II, 103. Et ce petit fol (Thony) estoit bien si nattre quelquesfois qu'il se plaignoit sans raison, afiSn de faire foitter les galans, III, 342.

Natreté^ nattretté^ finesse, rouerie. Quelle nattretté et gloire vayne, aveq laquelle pourtant, pour sa bienvenue, don Helve de Sande le fist aussi tost pendre (un capitaine espagnol), I, 313.

Nau^ nanf^ nef, navire. Quand il (Beaulieu) fut vers l'Archipelage, il rencontra une grand'nau vénitienne bien armée et bien

riche, IX, 4G3. Ayant osté et jette de leur gros trois grandes nanfz qii'estoient de l'arrière-garde, II, 38.

Nave^ nef. Durant laquelle (tourmente) vindrent passer à sa veue unze grandes naves bien armées en guerre, IV, 145.

Navioagc^ navigation. Sans aucun empeschement, nous arrivasmes au Petit-Lict, dont sur le navigage je feray ce petit incident : que le premier soir que nous feusmes embarquez...., VII, 417.

Naz, naze^ nez. Nous ne le craignons (Montluc) guières plus en son touré de naz, IV, 38. De donner encore et de plus une grande estaffilade sur la naze et le visage, disoient-ils (les Espagnols) n'estoit que bon pour servir de mémoire, VI, 377. Cf. VII, 24.

Négatifs qui nie; dans le sens de l'espagnol negutivo. J'en alléguerois une infinité d'exemples et de femmes, et de mariées et à marier, et de filles ainsin perjurantes et négatives, VIII, 98.

Négoder, avoir affaire. Il (un seigneur) se plaignoit.... des filles et femmes avec lesquelles il avoit négotié, IX, 579.

Nemmachie^ mot estropié, pour naumachie . La troisième belle chose aussi fut ceste belle nemmachie, ou combat des gallères tout à l'antique, III, 253.

Nesciemment^ par ignorance. Il (Bessarion) s'en va luy premièrement vers le duc (de Bourgogne), duquel aiant eu sa despesche, s'en alla après, fort nesciemment, trouver le roy (Louis XI) qui trouva fort estrange.... d'avoir abordé premier le vassal que le seigneur, II, 348.

Nettier^ nettyer^ nettoyer, laver. Et si, pour rabiller leurs fautes et les nettier, ils (les fuyards) reprennent les armes, il faut qu'ilz y facent des miracles de valeur et de l'espée, II, 196. Cf. IV, 277, note I; VIII, 168.

iVeu, nœud. Voy. Indissolible.

Nimphale (à la), en nymphe. Sur la fin du festin comparut une dame, accompagnée de six nimphes oréades, vestues à l'antique, à la nimphale et mode de la vierge chasseresse, IX, 315. Voy. OEillade.

Nocter^ noter. En quoy nous nocterons aussi que le naturel de l'Espaignol est fort avare, et aymera mieux la bourse de son ennemy où il n'y aura que deux escus, ou une petite rançon, que de le tuer, VII, 59.

fl

Nombrer, nornmer; de l'espagnol nomhrar. Sans les chercher ailleurs, vous en trouverez (des exemples) en ce livre parmy ces capitaines que j'ay nombrez, IV, 6.

Nommément^ formellement, absolument. Et dirent (les chefs protestants) et se résolurent nommément de ne veoyr la reyne, ny traicter avec elle, que ladicte trefve ne fust descriée, VII, 35o. M. de Bayard assembla ses gens d'armes et les alloit charger (les lansquenetz) nommément et mettre tous en pièces, s'ils ne se fussent adoucis, III, 2,^;. Cf. VI. 367.

Nonchallance, négligence, oubli. Telles bontez pourtant sont fort à louer et telles nonchallances de vindites très à priser, IV, 369.

Nonpareil^ inégal, inférieur. Il estoit impossible qu'un si vaillant homme (La Chastaigneraie), et qui a voit les armes si bien en main, fust esté tué ainsi d'un sien nonpareil (c'est-à-dire par un homme qui ne lui était pas comparable), V, 83.

Nore^ bru; en italien nora. Et encor (Catherine de Médicis) pour son dot heut plus de deux cens mil escuz — avecques..,. les plus belles et plus grosses perles qu'on ait veu jamais..,, que despuis elle donna à la reyne d'Escosse, sa nore, VII, 339.

Notice^ connaissance ; dans le sens de l'italien notizia. Jamais querelle n'est entrevenue en sa cour, qu'estant venue en sa notice, qu'il (Henri III) ne la fist aussi tost accorder, VI, 386. Cf. VIII, 96. Voy. Entrevenir.

Nourri, élevé. Voy. Nai.

Nourriture^ éducation. Que c'est d'une belle naissance et bonne nourriture! I, 30. Cf. V, 123.

Nouveau (de), nouvellement. Voy. Parrossier. Nouvelleté^ nouveauté. J'estois avec la reyne en Gascoigne, et dirois voulontiers ce qu'elle m'en dist à moy indigne et comme réprouvant ceste nouvelleté, V, lOo.

Nuisance^ dommage. Telles peintures et tableaux portent plus de nuisance à une Ame fragile qu'on ne pense, IX, 50. Ces deux capitaines (Mouvans et Pierregourde), s'ilz eussent vescu, iiz eussent bien porté nuisance à nostre party, V, 428.

Nuisant^ nuisible, dommageable. Voy. Marché (Vin de). Nunce, nonce, nunzio. J'ay usé de ce mot de nunce puisqu'il s'use aujourd'huy; mais j'ay veu à mon advènement à la court, que l'on n'en usoit, sinon d'ambassadeur du pape, IV, 294.

ISyer^ noyer. Voycy Fervaques qui a esté tousjours rude joueur, qui poussa du haut en bas ledict baron (de Montesquieu) dans l'eau, qui s'alloit nyer sans moy, IV, 348.

Obj'icer, obicer^ objecter; objicere. Mais ladite Apologie luy objice (à Charles-Quint) que...., I, 168. Voylà ce qu'on en a plus voulu obicer à M. de Montpensier, de s'estre voulu ayder des huguenotz, V, 24.

Obruer, engloutir ^obruere. Jupiter.... envoyé soudain son foudre sur l'escueil qui, s'esclattant en deux partz, l'une demeure ferme, et l'autre, de la salvation d'Ajax (c'est-à-dire où Ajax avait trouvé son salut), tumba dans l'eau et emporte l'homme et tous deux s'obruarent et sumergearent ainsi dans la mer, VII, 43.

Obstant^ nonobstant. (Les Horaces et les Curiaces) ressongeans après qu'il y alloit du sallut et service public, par paction faicte, obstant toute considération, VI, 406.

Ob s tentation^ ostentation. Encores qu'il n'en fust rien, plusieurs le faisoient accroyre par obstentation et, pour ce, en estre plus estimez, IV, 121.

Occasion^ motif, sujet. Il (le duc d'Albe) alléga M. de Bourbon qu'il loua fort, s'il n'eust esté traistre à son roy, bien qu'il en eust quelque occasion, I, 303.

Ocquineur ^ oguineur^ moqueur, railleur. Les Picardz, qui sont grands ocquineurs, mot propre à eux pour dire grandz causeurs, I, 11. Nos farceurs et brocquardeurs françois, pour avoir revanche des mocqueurs et oguineurs...., firent ceste ryme, Ibid.^ 24. Cf. Hauguineur.

OEconomie, administration des biens, de la fortune. Voy. Cahalle^ Economie.

OEil (faire la guerre à 1'), la faire par soi-même. Ceux qui conseillent et remédient, non seullement aux maux qu'on void mais

aussi qu'on ne void point, sont fort à estimer Aussi dict-on

qu'il faut faire la guerre à l'œil, II, 72. — Oudin explique cette locution par « être présent à ses affaires, y prendre garde sans s'écarter. »

OEillade, coup d'oeil. Et ne fut sans raison qui inventa cette forme d'habiller à la nimphale ; car elle produit beaucoup de bons aspects et belles œillades, IX, 323.

Offanrer^ attaquer. Il (Strozzi) avoit un cabinet à part remply

de toutes sortes d'engins de guerre, de machines..., bref de toutes invantions de guerre pour offancer et se defiendre, II, 243. Voy. Offenser.

6)^6'wer, blesser. Il (d'Aremberg) avoit.... une defTectuosité.... qu'estoit qu'il ne voyoit goutte d'un œil,... Il avoit été ainsi offensé d'un coup, II, 182. Voy. Offancer.

Offerte^ offrande. Le comte.... ayant ouï sa messe, se recommandant à Dieu, et ses aumosnes et offertes distribuées, VI, 247.

Offusquer^ couvrir. II (le cardinal Jean de Lorraine) avoit plusieurs grandes vertus et perfections qui ofTusquoyent cette petite imperfection, si imperfection se doit appeler faire l'amour, IX, 482.

OUmbrieux^ adjectif estropié d'olibrius^ dédaigneux, glorieux. Comme font celles qui sont chastes et riches, d'autant que cette-cy, chaste et riche du sien, fait de l'olimbrieuse, de l'altière, de la superbe et de l'audacieuse, à l'endroit de son mary, IX, 173.

Olive ^ olivier. Aussi l'appelloit-on (Elisabeth de France).... la reyne de la paix et de la bonté, et noz Françoys l'appellarent l'olive de paix, VIII, 6.

Ombrager (s'), prendre ombrage. Voilà encor un bon mary qui ne s'ombragea pas trop, et, se despouillant de soubçon, pardonna ainsi à sa femme, IX, 289.

Opiné^ prévu. Mort très heureuse certes, si l'on veut croire Caesar, que la moins opinée est la meilleure. V, 148. (Nous n'avons conservé que le négatif inopiné) .

Opinier^ opiner. Et là, je le vis (le grand prieur) aussi bien opinier et bien dire que le meilleur pilotte qui fut jamais, IV, 1S6.

Opidant, fertile, fécond. Elle (Marguerite de Navarre) les sçavoit (les ambassadeurs) fort bien entretenir et contenter de beaux discours, comme elle y estoit fort opulante, et fort habille à tirer les vers du nez d'eux, VIII, 118.

Ordinaire^ habituel. La cour de nostre roy Henry IP et de nostre reyne estoit ordinaire, fust en guerre, fust en paix, fust ou pour résider ou demeurer en un lieu pour quelques mois, VII, 379.

Ordonnances^ compagnie de gendarmes. Mon père aussy donna son premier cheval de guerre, pour aller aux ordonnances soubz M. de Montpezat,..., à M. de Sainct-Martin de Lisle, X, S2.

Ordonner, assigner. Voy. Brodure.

Ordre (mal en), mal vêtu, mal arrangé. Un pauvre vieux fauconnier, chassieux, bossu, mal vestu,, qui ne sçavoit approcher

de son maistre (M. de Bure) pour luy dire à Dieu...., pour estre mal en ordre, I, 316.

Oréade (nymphe), nymphe des montagnes; oreades. Voy. Nimphale.

Orée, rivage, ora. Comme dist un jour à son filz le père de Thémistocles, le pourmenant le long d'un port et des orées de la mer, I, 136. Cf. VI, 472.

Oreille (de'faut de 1'), surdité. Tant y a que, s'il estoit si bien disant (Condé), il avoit le deffaut de l'oreille, car il n'oyoit pas, IV, 334.

Orer, parler, haranguer, dire des oraisons. Songez quelle rare chose c'estoit et admirable de voir cette belle et sçavante reyne (Marie Stuart) ainsy orer en latin, qu'elle entendoit et parloit fort bien, VII, 40o. Certainement il n'estoit permis à nous autres femmes que de prier, orer, faire vœux et jusnes, IV, 4o0.

Ores, tantôt. Ayant esté malade sept mois, ores bien en espoir de guérir, et ores en désespoir, IX, 439.

Orgueil, pompe fastueuse. Je ne discourray point icy les bravades, les orgueilz et magnificences qui furent faictes en toutes sortes (aux fêtes de Bins), III, 2j9.

Orillier, oreiller, Voy. Desrompu.

Or ion, horion. Et sur cet hola, la supercherie s'y en alloît aussitost, ou de meurtre, ou de quelque blessure ou orion sur la teste, VI, 389.

Ortolan, ortollan, jardinier. Voy. Hortolan.

Ost, troupe. Il (Guise) fit sa retraite, poussé par un grosostde sept cornettes de reystres qui marchoient furieusement, VII, 298.

Voy. Otz.

Ostention, démonstration; en italien ostensione, en espagnol ostension. Le marquis de Pescayre..., n'eust pas faict le coup, car il estoit plus froid et retenu en ses ostentions, I, 209-210.

Otrqy, octroi. Hz (Henri II et le connétable) luy reprocharent (à Romero) qu'après avoir receu du roy François tant d'honneur en sa court, sur l'otroy du camp-clos qu'il luy avoit donné, VII, 83.

Otz, host, corps d'armée. Veoir quinze mille reistres en deux gros otz, cela monte à beaucoup et effraye, IV, 206.

Oublieux, qui apporte l'oubli. Que c'est de la ferveur d'amour

d'aller se ressouvenir, en un passage stygien et oublieux, des plaisirs et fruictz amoureux! IX, 669.

Oumeau, orme. Les deux roys (Philippe-Auguste et Richard).... parlèrent ensemble en ce dict G uet-d' Amours, où il y avoit un grand oumeau entre lesdicts deux roys, VI, 4o8.

Oust, août. Et y demeura tout le long de l'hyver et l'esté jusqu'à la lin d'oust, VI, 139. Cf. y4ust.

Outré, fatigué outre mesure, excédé, rempli à l'excès. Pour quant aux autres chevaux que M. le mareschal (Strozzi) avoit^ il (Brusquet) les mena jusques à Compienne.... et demeurarent là outrez, II, 249. Despuis les plus petitz jusques aux plus grands, les Turcs sont naturellement outrez d'avarice, II, 54.

Oiitrecujclé, plein d'outrecuidance. L'armée de l'empereur..., glorieuse et outrecuydée d'avoir pris Sainct-Dizier à la barbe du roy dans le royaume, bravoit tant et menaçoit bientost aller loger dans Paris, VI, 13.

Outrecuydément^ avec outrecuidance, avec insolence. Il respondit (Montbrun à Henri III) si outrecuydément que cela luy cousta la vie, V, 423.

Ouvert (à), ouvertement. Hz (les soldats) en mangeront (de la chair, en carême) aussy bien deçà comme de là, et à ouvert et à cachette, I, 170.

Ouvertement^ à découvert, clairement. II n'estoit pas possible au devin de mieux et plus à clair parler que cela, encor que de leur naturel, ou par l'inspiration de leur esprit familier, ils sont tousjours ambigus et doubteux; et ainsy ils parlent tousjours ambiguement, mais là il parla fort ouvertement, III, 283.

Ouvré, ouvert. Son chappeau de taffetas noir, couvert de forces plumes blanches et noires, et un mouchoir ouvré en la main, sans qu'il (Egmont marchant au supplice) eust les mains liées, II, 160.

Pache^ pacte, convention. Les Espaignols condictionnèrent le leur (leur camp) que j'ay dict cy-dessus contre les François, qu'ils limitèrent soubs tel pache : qui passeroit outre le camp demeureroit vaincu et prisonnier, VI, 317.-

Pacifique^ qui est en paix. Voy. Pasyftque et Manquer.

Parquet (plier), plier bagage, partir. Dès le lendemain il luy lit (Cossé à sa femme) plier son pacquet et vuyder, IV, 85.

Faction, pacte. Voy. Obstant.

Paillard^ drôle, coquin. Voy. Armé et Sacquemens. Cf. Pallard.

Paille par le bec (passer la), duper, jouer. On passa la paille parle bec audict Montpezac. . . . que tous ses compagnons eurent cet ordre (de S. Michel) et luy point, I, 84. Cf. I, 247, V, 214.

Painture^ portrait peint. Voy. Naïf.

Faisante^ paysanne. Une grande dame de Poictou demandant une fois à une paisante.... combien de marys ell'avoit eu...., elle faisant sa petite révérance à la pitaude, luy respondit de sangfroid, IX, 691.

Paistre, repaître. Voy. Fillaude.

Paladin^ palatin. En luy (René d'Orange) faillit la race des paladins de Chalon, I, 245.

Pale-maille, parmaille, jeu de mail; en italien palamaglio, en espagnol palamallo. S'il ne jouoit à la paume (Henri II), il jouoit à la balle à emporter, ou au ballon, ou au pale-maille, qu'il avoit fort bien en main, III, 277. Ils avoient un bon gros bastonde meslier...., ce bois est fort dur; aussi les bonnes boulles de parmaille se font à Naples de ce bois, VI, 242.

Pallardj paillard. Lucullus.... re'pudia sa femme Clodia...; et espousa en secondes nopces Servilia .... ; mais il ne gagna guières au change.... Elle estoit aussy pallarde et lubricque comme la première, III, 38-39. Cf. Paillard.

Palle, pelle. J'ay ouy dire que la place est très mal envitaillée, non pas seulement pourveu de pâlies, de tranches, ny de hottes pour remparer et remuer la terre, III, 392.

P allée ^ pellete'e. Il leur sembloit (aux gens de guerre) que le roy leur devoit donner l'or à pallées, IV, 224.

Pallestrine^ escrime (en '\\aXien palestra, lutte). Je vous jure que je n'ay jamais veu fouetter homme comme ce La Rivière et les capitaines bravaches du Pie'mont le furent, de ce coup, de paroUe, et comment de jeunes pages les avoient estrillez, et que les autres avoient là oublié leur pallestrine piedmontoise, IV, 77.

Pallier. Voy. Palyer.

Pallis, pallis. Voy. Paux.

Palluz^ marais, bas-fonds. (Barberousse) sort de la place (Tunis) , reffaict un second petit armement de quatoi'ze gallères qu'il avoit caché et sauvé dans quelques petis recoings de palluz et canaux de là auprès, II, 68.

Palyer^ pallier^ feindre; en italien palliare ; en espagnol paliar. Mondict sieur de Montmorency, sans palyer autrement, luy (au conne'table de Castille) envoya incontinent M. de la Guyche.... luy dire qu'il advisast à luy tenir sa paroUe, VI, 460. M. l'admirai en fit une apologie..., là où plusieurs trouvoient de grandes apparences en ses excuses, qui (qu'ils) disoicnt estre bonnes; d'autres les trouvoient fort palliées, IV, 253.

Pancartes^ papiers, actes. J'en fis le conte à mon frère M, de Bourdeille..,. et le priay de faire adviser dans les vieux titres et pancartes du trésor de nostre maison ce qu'en pouvoit estre, V, 392.

Paouvre^ pauvre. Voy. Fillaude.

Paouvretté^ pauvreté. Tous les jours nous en voyons les expériences et exemples d'aucunes qui, pensans estre bien traictées de leurs hommes qu'elles avoient tirez aucuns de la justice et du gibet, de la paouvretté, de la chétifverie...., les battoient, rossoient, IX, 693.

Papat^ papauté. Il (Charles-Quint) vouloit rendre le papat héréditaire.... en la maison d'Autriche, I, 54.

Papaux^ papistes.

Mais monsieur l'admirai Est encore à cheval Avec La Rochefoucaud Pour chasser tous ces papaux, papaux, papaux, IV, 356.

Papillotte^ paillette. M. le marquis (de Pescaire) s'estoit accom* mode d'un fort grand panache à sa sallade, si couvert de papillottes que rien plus, IV, 174.

Par, pour. Au dedans (d'un joyau) y avoit enchâssé du boys de la vraye croix, qui en z'etint les coups....; ce qui fut trouvé par un très grand miracle entre les gens de bien et de dévotion, III, 146. Voy. Gris.

Par, à travers. Ayant esté blessé d'un'harquebuzade au-dessus du genoux par l'arçon de sa selle d'armes, I, 204.

Par delà (être), être au bout de. Aussi les villes se prenoient dans ce temps-là à coupz de bonnetz de nuict, comme l'on disoit, et estoient par delà le pain tout aussitost, et la faim les faisoit soudain rendre, VI, 225.

Par siir^ par dessus. Mais par sur tous (les éléments) le ciel et l'air qui ne firent autre chose que plouvoir, I, 72.

Paradvant^ auparavant. Quelques quinze cens soldats espaignolz peu paradvant s'estoient amutinez, II, 184.

Pardonner^ refuser ; dans le sens de l'espagufjl perdonar. Il (Andelot) demeura aussi assiégé dans Orléans, là oiî il ne pardonnoit à aucune foction qu'il ne s'y trouvasl, VI, 55.

Pardonrai^ pardonrois. Le futur et le conditionnel de donner sont donrai et donrois^ et des composés de ce verbe, comme pardonner, suivent la même forme. Pour l'envoyer (Don Carlos) en Flandre, il n'y seroit pas plus tost qu'il s'accorderoit avec les rebelles, les pardonroit et les accosteroit en quelque façon que ce fût pour se faire encor plus rebelle qu'eux, II, 102. Il me pardonra, s'il luy plaist, si je luy dis, I, 210.

Parentelle^ parenté ; en italien parentcla. Ayant (le marquis de Pescaire) mis la main à l'espée à demy, luy en voulut donner (à Prospero Colonna )....; à quoy il n'eust eu grand honneur, pour sa vieillesse (celle de Colonna), foiblesse et parentelle, I, 149.

Parer ^ tendre, présenter; en italien parare, Luy-mesme (Dieu) a voulu et dict que : quand on te touchera à une joue, pare l'autre pour en avoir de mesme, IV, 20.

Parer^ arranger, préparer. Hz (les Rochellois) nous respondirent que c'estoyent une bande de dames ainsi jurée, associée et ainsi parée pour le travail des fortifications, IX, 420,

Parfournir^ achever. Nostre petite reyne (Elisabeth).... se résolut de s'en aller parfournir le reste de ses beaux jours avec l'empereur son père, IX, 601. Cf. X, 85.

Parlement^ négociation, pourparler (nous avons encore le verbe parlementer). Je luy vis dire à Blois, estant sur le pai'lement avec Monsieur, qu'elle ne supplioit rien tant Dieu que de luy envoler cette grâce de réunion (de Henri III et de son frère), vil, 360.

Parler (le), la mention. Deux petis chasteaux et bicoques en Périgord qui ne vallent pas le parler, II, 201.

Parmail. Voy. Pale-maille.

Parnistre (se faire), se montrer, se découvrir, Voy. Empescher.

Parole à fjueùju'un (demander une), lui demander une exj)lication, une satisfaction. (Un chevalier du S. Esprit) allant en sa maison en poste, il fut rencontré de quelqu'un qui luy vouloit de-

LEXIQUE. 32i

mander une parole et le quereller, VI, 468. Cf. Ibid.^ 469, et Demander .

Parrossier^ aller, pour piller, de paroisse en paroisse. (Les soldats) usant de ce mot invanté de nouveau : // faut parrnssier^ qui est d'aller de parroisse en parroisse, et voysiner, à bon escient mais non à la bonne mode, V, 380.

Part^ endroit. Ne faillez, aussitost la pre'sente veue, de vous en aller en telle part...., à un tel jour, I, 109. (Ce mot n'est plus guère usité, avec ce sens, que dans les locutions quelque part, autre part).

Part où (là), en cet endroit oij. Ils eschapparent bien sanglantz pourtant et couvertz de force playes, et se sauvarent là part oii estoit M. de Termes, IV, 49.

Part (faire la), faire tort dans un partage. Voy. Chiquenauder.

Partance^ départ. Voy. Desrobade.

Partant (au), au partir. Au partant de ce siège (de Metz), ledit marquis (de Marignan) fut faict lieutenant général de l'empereur, I, 29o. (Peut-être faudrait-il lire «« partant?)

Parte, partie, en italien parte. Et ainsin qu'en disoient tous, il n'en tourna pas la quarte parte de ses gens en leur pays, I, 347.

Partement, départ. Nous nous donnasmes la garde qu'au plus beau de nos belles résolutions et déterminé partement, IV, 298.

Parti^ position, état. Puisque vous méritez justement le mauvais party auquel vous estes réduictz à présent, assurez-vous que vous avez affaire à des personnes qui le sçaront poursuivre jusques au vif et sentiment, IV, 202. Voy. Party.

Partial, qui appartient à un parti, factieux. J'arrivay à la court fort troublé et esmeu d'un grand bruict de guerre, incontinant après le tumulte d'Amboise, qui ne fut pas tant de soy dangereux que pour le remuement des partiaux que (qui) bientost après s'ensuivit, III, 319.

Partialité, dissension, rivalité; en espagnol parcialidad. Ceux de ceste maison (de Tolède) et ceux de Mandozze sont estez longtemps en querelles et guerres et ont bien faict mourir des

hommes pour leur partialitez, II, 22. Cf. VI, 2o2. — Voici un passage oix ce mot me semble employé avec une autre acception que possède aussi l'espagnol parcialidad^ c'est-à-dire avec le sens de ligue, confédération : Les Gaulois qui ont faict leurs

guerres plus par le grand nombre de gens et de leurs partialitei que par leur grande valeur, I, 20.

Partie^ troupe ; de l'espagnol /;arf;V/tf. Quand il se faisoit quelques belles parties ou de cheval ou de pied, il en estoit tousjours (Nevers)..., et sa partie paressoit fort, IV, 380.

Partir^ sortir. Hz s'estoient trouvez en maintes rencontres et en estoient partis en leur honneur, VII, 303.

/>aA(x (prendre) , trouver asile, refuge. Si du commancement il (Montluc) l'eust faict (eut chassé de Sienne les bouches inutiles)..., toutes ces bouches s'en fussent allées au loing, et eussent cherché et pris party sans aucun danger, IV, 56. Cf. Part.

Party^ partage. Quel humeur donc luy prit-il (à Labienus) d'abandonner et quicter Caesar, sur le poinct d'entrer en party avec luy de la grand' fortune qu'il eut après? V, 181.

Pas^ passage. Sortirent aucuns cavaliers et harquebuziers des mieux choisis à deffendre un certain pas d'un petit ruysseau, III, 261.

Pas (rompre le), changer d'avis. Ledict roy (Henri III) ne tint pas son arrest et résolution, car assez peu de temps aprez il rompit le pas et passa plus outre, V, lOo.

Pas (fermer le), s'arrêter. Voy. Fermer.

Pas que^ plus que. Pompée qui, par manière de dire, n'avoit pas que son espée et son cheval de guerre, X, 27.

Pasche^ pacte. Les Espaignolz disent que M. de Nemours tua le cheval de M. le marquis, et que, le pasche faict, M. de Nemours luy envoya aussi tost après le combat les cinq cens escus, IV, 175.

Pasquiné^ qui est l'objet de pasquins. Telles dames y a-il qu'elles ne sçauroyent marcher ny broncher le moins du monde sur leur honneur.... que les voilà aussitost descriées, divulguées et pasquinées partout, IX, 515.

Pasquineur, faiseur de pasquins. La reine mère y tenoit fort la main pour soustenir ses dames et filles et le bien faire sentir à ces détracteurs et pasquineurs, IX, 484.

Passade^ argent donné à des soldats de passage pour continuer leur route, et par extension aumône. Il (Prémillac) s'advisa, avec quelques cinquante ou soixante compaignons qu'il avoit commandez en enseigne, d'aller à la porte de la grand' éghse (à Chambéry) demander la passade et l'auraosne à leurs altesses (de Savoie), II, 142.

Passade^ passage. (Condé) luy avoit mandé (à Vieilleville) qu'il ne s'esmeust autrement de la jiassade, V, 51.

Passager^ passeur ; en italien passagiere. (Le vidame de Chartres) ayant fait mener quelques barques sur le grand chemin de ïhéonville, et luy s'estant accommodé avec quelques autres en passager..., comme pauvre basteiller convioit ces pauvres soldatz espaignolz de passer la Moselle, VI, 1 18.

Passéger^ se promener; de V\tjXi&n passeggiare (voy. H. Estienne, p. 12). Et venant à luy (un soldat esjiagnol à un Français) l'embrassa à la mode soldatesque ; et causèrent fort ensemble de nostre voyage en passégeant, VII, 8j.

Passer^ subir, souffrir ; en espagnol pasar. Le duc de Florance et le marquis imposoient de trop dures condictions, si bien qu'ilz (les Siennois) les reffusarent; et Cornelio fit response qu'ilz creveroient tousplustost que de les passer, I, 298.

Passer pays^ voyager. Il (Parisot) avoit résolu de venir trouver le pape, l'empereur, le roy de France et le roy d'Espaigne, et autres princes chrestiens, en passant pays, V, 229.

Passer quelquun^ le faire passer. J'ai ouy dire.... que quand l'empereur Charles vint en France, on le passa par là (par Lusignan) pour la délectation de la chasse des dains, V, 18.

Past^ repas; de ViX.at\\Qn pasto (voy. H. Estienne, p. 12). Je ne conte point la grand' despence qu'il faut faire pour entretenir ces espadassins et leur donner de bons pasts, VI, 388.

Pasjrfique, qui est en paix. Et par ainsi (Louis XII) vouloyt mourir roy pasyfique de ce costé d'Angleterre, II, 268, note 4. Cf. Manquer.

Patenostrière^ disense de patenôtres. Mais pourtant enay-je veu force de ces dévottes et patenostrières mangeuses d'images et citadines ordinaires des églises, IX, 582. Cf. ibid.^ 465.

Patient^ qui sait supporter. Tant ilz (les Espaignolz) sont patiens de la fain, entre autres vertuz militaires, VII, 138. Plusieurs l'en excusèrent (d'Andelot) pour ne pouvoir estre patient des bravades et insollances dudict Charry, V, 344.

Pâtir j supporter. Il luy (à Randan) seroit fort dur à pâtir les courvées de l'infanterie, VI, 28.

Pattante^ lettre patente. Leurs confesseurs, parrains et confidans leur en respondoient tout à faict (de la victoire), comme si Dieu leur en eust donné une pattante, VI, 289.

Panreux^ pnoureux^ peureux. L'homme vaillant ne sçauroit faire ce traict, et son ame hardye ne le sçaroit permettre, ouy bien la poltronne et paureuse, IV, 20.

Paiix, pluriel de pal^ pieux. (La couronne) castrense ou vallaire, faicle aussi en manière de paux et pallis, estoit donne'e au premier qui entroitdans le camp des ennemis, V, JOO.

Pavesade^ en italien pm'tsata^ en espagnol pavesada. Ce mot est ainsi expliqué dans Henri Estienne : « A propos de pavois, il me souvient du mot pavoisade pour lequel on prononce aussi pavigeade. Et ce mot est dict des deux rengs de pavois qui sont es deux costés de la galère, pour couvrir ceux qui rament (p. 307). » Voy. Extrapontin.

Paye réalle^ soldat payé par le roi. Aussi les appelloit-on (certains soldats) payez réallez et lancepassades, VI, 371. Cf. Entretenu.

Pays, campagne, champs. Telles inconstances leur sont belles et permises (aux grandes dames), mais non aux autres dames communes, soit de court, soit de ville et soit de pays, VIII, 194. Voy. Passer.

Payser^ courir le pays, voyager; en italien paesare. Il y a eu des hommes qui estoient si conscientieux (scrupuleux) de n'espouser des filles et femmes qui eussent fort paysé et veu le monde tant soit peu, IX, 182.

Peine que (à), pourvu que. Il eust maintenu son dire qu'il luy avoit fait, à peine qu'on la visitasl, et qu'on ne la trouveroit point pucelle, IX, 488.

Peine de quelqu'un (se donner), s'en mettre en peine, s'en soucier. Par ces parolles, M. de Bourbon ne se donnoit pas beaucoup de peine des autres qui estoient là, ny ne les craignoit guières, III, 196.

Peiner, Voy. Pener.

Penaillerie, penaillon, guenille. Ces messieurs les pastez estoient remplis de toutes vieilles penailleries de ses chevaux de poste (de Brusquât), les uns en petitz morceaux et menuzaillcs, les autres en grandes pièces en forme de venaison, II, 250.

Pener ^ peiner. Et voilà aussitost la trefve descriée et descousue, sans autrement se pener, VII, 355.

Pénitencial^ de pénitence. Ainsy devoit M. de Montgomery espier ce meurtre (de Henri II) par œuvre pénitenciales, Ili, 294.

LEXIQUE. 32o

PennachCy panache. Voy. Spécialité.

Peno ou penon, vergue. Voy. Arbre.

Pensementj souci. Quand M. le grand maistre fut venu, il (Soliman) luy fit dire en grec qu'il n'eust pensement de rien et

qu'il fist ses affaires à loisir, V, 22rj.

Penser (se), penser en soi, se figurer. Voy. Poultre.

Penser^ panser. L'une des belles beautez.... que ce seigneur (Randan) avoit, estoit ses jambes qu'il avoit des plus belles, et par là le mal le saisit et les luy gasla, et le fit mourir, comme luy-mesmes le disoit ainsi qu'on le pensoit, VI, 33.

Per à per^ pair à pair. Tout ainsi que les Espaignolz les assaillirent vaillamment, les François leur respondirent bravement; car ilz alloient per à per, II, 186.

Perce ^ pêche ; en italien persica. Il y eut un paysan qui avoit apporté un plein pannier de percez très beaux, comme il y en a là force (à Gaëte), VI, 306.

Perdition^ perte. Il me souvient, comm'y estant, qu'après qu'il (Guise) eusl veu jouer tout le jeu de perdition de la battaille (de Dreux) et le de'sordre et fuitte des nostres, IV, 246.

Perdre j exposer. Aussi despuis a-on dict que c'a esté le premier général de nos temps (Guise) qui a monstre le chemin à aucuns, qui sont venus puis après luy, d'en faire de mesmes et se perdre en pareilz périlz, IV, 239. Il n'y a rien si brave et si superbe à voir qu'un gentil soldat..., soit qu'il marche à la teste d'une compaignie, soit qu'il se perde devant tous à un'escarmouche, V, 367. Voy. Essuyer le baston.

Perdre (se), être éperdu. Voy. Assurer.

Perdre (se), s'égarer. Voy. Altère.

Perdrieur^ celui qui prend les perdrix au moyen d'un appeau. Voy. Austruchier .

Perdu de sens^ aliéné. Jehanne, au moyen d'une certaine mélancolie qui la prit emprès la mort de son mary le roy Philippe (de Castille) devint perdue de son sens et entendement, I, 126.

Perdu ^ éperdu. Elle (Marguerite de Valois) leur parut (aux ambassadeurs polonais) si belle.... avecques si grande majesté et grâce que tous demeurarent perdus d'une telle beauté, VIII, 26. Voy. Bas ter.

Per durable^ qui doit durer longtemps. On voy oit quelque apparance d'une paix assez perdurable en Flandres, V, 347.

Pérégriner, voyager. Comme l'on vist après qu'il (François I") eut érigé ces doctes profTesseurs royaux, lesquels il fut très curieux de rechercher par toute l'Europe.... jusques à les envoyer pérégriner aux régions estranges à ses despens, III, 94.

Pérentoire^ péremptoire. Il y avoit avec nous un grand philosophe médecin qui confirma son dire, et dist que la raison naturelle y estoit toute pérentoire, III, 318.

Période, terme, fin. Et là (à la bataille de Renty aussi fut son période (à Charles-Quint), I, 25.

Perjurer^ se parjurer. Voy. Négatif.

Perrucque^ chevelure. Les uns portoient cheveux aucunement noirs, autres blonds, si que Caesar mesme advoua n'avoir veu de telles ny si belles perrucques en la Germanie, X, 24.

Persian^ persien^ persan. Il avoit aussi (S. André) deux tapis velus tous d'or, persians, qui estoient hors de prix, V, 31. Entre toutes les femmes d'Orient les Persiennes ont le les et le prix d'estre les plus belles, IX, 290.

Perspective^ vue, aspect. Voy. Vision.

Perspective de que.lquun (en la), de manière à le voir. Durant la malladie du roy son seigneur et mary (Charles IX), luy gissant en son lict, et le venant visiter, soudain elle (Elisabeth) s'assioit auprès de luy.... un peu à l'escart et en sa perspective, IX, 596.

Persuadeur , qui persuade, conseiller. Tels persuadeurs en avoient esté cause, comme les prescheurs de la publication de ce concile, III, 312.

Perturber, troubler. Je ne veux point parler des morts, car l'offence seroit trop grande de les perturber en leur repos par une mesdisance, II, 394. Cf. VIII, 66.

Pertuzane, pertuisane. Voy. Rançon.

Pessère^ pessaire. Voy. IX, 203.

Pesenteur^ chose pesante. Tout ainsi qu'une couUonne est ferme, stable, et sur laquelle on peut assoir ou l'on assoit quelque grande pesenteur, et l'appuye-on fermement, V, 298.

Pestilencieux^ pestilentiel. Le malheur fut qu'avant l'accomplissement (de son mariage) une fiebvre pestilencieuse la saisit (une grande dame) à Paris si contagieusement qu'elle luy causa la mort, IX, 668.

Pestilentialj funeste. Que pour un conseil pestilential de Dom Pedro de Navarre, qui traictoit les choses par tardivetté, ces

beaux chevaux du jiape et des Espagnols furent rompus par

la fureur de l'artillerie françoise, I, lo4.

Pestrinnllier, porteur de petrinal (voy. ce mot). Bien qu'il (Maurevel) fiist accompaigué ordinairement de six à sept assassins comme luy, tous pestrinalliers, V, 247.

Pétrarquiseur , poète à la façon de Pétrarque. Que pleust à Dieu fussè-je ung bon pétrarquiseur, pour bien l'exalter, scelon mon de'sir, ceste Élisabet de France! VIII, 16.

Petrinal^ espèce d'arquebuse courte et de gros calibre. Il (Mouy) fut tellement blessé d'un petrinal à travers le corps qu'il en mourut, V, 247. Cf. Pestr inallier.

Peu (un), peu de temps. Après il (Gaston de Foix) tourne toutes ses forces contre les Vénitiens, et delà à un peu...., il rompt en chemin et met en pièces le secours desdicts Vénitiens, III, 11.

Peu, pu. Ainsy qu'est le naturel des dames qui ont faict une fois profession de l'amour et peu sentir la jouissance, III, 244.

Peur tout entière j peur qui est suivie du mal (suivant Oudin). Hz lui respondirent (les archers qui gardoientMazères prisonnier) : « Quand nous en serions-là, si vous fairions-nous la moytié de la a peur. » Mais il leur répliqua en son cap-de-Diou : « Ouy, je « vous en f;xirois l'autre moytié ; mais ces bonnetz quarrez me la « font toute entière. » VI, 43.

Peut, put. Voy. Impost^ Râtelle.

Peys, pays. Condempnée (Madeleine de France) à aller faire son habitation en ung peys barbare (l'Ecosse) et une gent brutaUe, VIII, 127.

Philaftie^ amour-propre; cpt>.auTia. Je louerois davantage vostre œuvre (Marguerite de Valois s'adresse à Brantôme) si elle ne me louoit tant, ne voulant qu'on attribue la louange que j'en ferois plus tost à la philaftie qu'à la raison, VIII, 210.

Philosophai, philosophique. Voy. Défayrer,

physionomiste. Voy. Fisionomiste.

Piaffe^ éclat. M. Turnebus fut aussi un très sçavant homme en grec et en latin ; mais non qu'il eût telle piaffe de parler et enseigner comme Ramus, III, 286.

Pianelle, pantoufle ; de l'italien pianella. Voy. Profuse.

Piceon, piquant. Comme le porc-espic qui darde ses piceons à ceux qui lui veulent nuire, II, 366.

Picourerj picorer, piller. L'un de ses capitaines (de Louis XI)

qui en ses guerres avoit plcouré quelques callices et vieilles reliques d'églises d'or et de perles et pierreries, II, 206.

Picquer^ Voy. Piquer.

Pfc^uf^ (passer par les), être violée. J'aymerois autant croyre qu'un'infinité de belles femmes qui, aux assauts des villes, ont pa?sé par les picques des soldatz qui les ont prises, sont cliastes et intactes, VIII, 93,

Piéça, longtemps. Sans la peinture qui est dans la maison de Veuvre, il y a piéçà qu'il ne se parleroit plus d'une chose si remarquable, X, 112.

Pied (tenir du), tenir de près. Je le voudrois bien avoir (l'hôtel de la Rochelle) pour moy ou aucuns des miens, pour estre plus près d'eux et leur voisin, et les faire tenir du pied (lettre de Louis XI), II, 337.

Pied (prendre), s'attacher, faire attention. Il ne faut jamais prendre pied à ces causeries, I, 128. A quoy ladicte reyne (de Hongrie) prit pied et poinctilla aussitost, V, 34. Cf. Imposition.

Pieds (mettre à petits), diminuer, amoindrir. On le tenoit fort suspect (Vieilleville) à cause de la i-eligion nouvelle, et qu'il luy avoit donné trop grand pied et accroissance à Metz, et s'il l'eust voulu, il l'heust bien mise à plus petit pied et bassesse, V, 50. Cf. II, 20S.

Pieds (s'élever en), se révolter. Quelque police qu'on eust voulu establir, lorsqu'il plaisoit aux huguenotz, et leur heure estoit venue de prendre les armes, ilz se mocquoient de la police et s'es levoient en piedz autant que jamais, V, 52.

Pieds (être sur les), être en mesure. Hz (les huguenots) n'ont jamais cessé qu'ilz n'y ayent mis le roy (Henri IV) bien avant (à la guerre contre l'Espagne)..., dont le roy s'en fustbien passé et estoit sur les pieds de la luy faire en renard, V, 62.

Pierreux^ qui est atteint de la pierre, Voy. Gravelleur.

Piété, pitié, charité; en italien pieta. Si peu qui en restarent (des François vaincus) se retirarent dans Sienne oià ces belles dames et honnestes Siennoises n'oublyarent rien de tout devoir de piété envers eux, car elles les secoururent de tout, VI, 165.

Piéton (capitaine), capitaine d'infanterie. Un simple capitaine piéton aller defSer un colonnel, tout le monde luy devoit courir assus, VI, 429.

Piètre^ misérable. La pluspart furent deffaictz et s'en tournarent

fort piètres, II, 136. De quarante soldatz François qui estoient demeurez dedans pour la garde (au château de Crémone), il n'en eut que huit restez et très piètres encor, mais aussi résolus comme de plus grand nombre, III, 63.

Pille^ pillage. Il ne fut jamais que les Gascons n'aym.issent la pille, ainsy que j'ay leu dans Froissard, VI, 210.

Pillé^ empilé. Poix pillés^ théâtre ayant pour enseigne des pois empilés et où l'on jouait des farces. Ainsi se pavannent et piaffent comme roy des pois pillez, aux jeux et farces de jadis,

Pindariseur de mots^ faiseur de mots. Ces beaux pindariseurs de motz, pensant faillir ou ne dire pas bien qu ambassadeur du pape, allarent trouver nunce du pape ^ IV, 29o. Cf. V, 312.

Pintré^ peint, enluminé; en espagnol pintado. Au partir de là, bien habillées, elles sont saffrettes comme poupines, et d'autres fardées et pintrées, comme images, IX, 279. Voy. Dépeint.

Piot, pot. Hz (les Suisses) ayment à faire bonne chère et à boire tousjours de ce bon piot, quand il debvroit couster un écu le lot,

Pique. Voy. Picque.

Piquer , donner de l'éperon à un cheval, le faire caracoler. Les escuyers de nos roys.... quand ilz picquoient les grands chevaux devant leurs roys, I, 43.

Piquer, se diriger. Le capitaine.... tout bellement s'esvada, et monta à cheval, et piqua vers la Flandres, II, 132.

Pistollade, coup de pistolet. Il (M. deBrissac)y fut fort blessé en un bras d'une pistollade et porté par terre, VI, 148.

PistoUet^ pistole. Aujourd'huy il y a parmy la chrestienté, voire ailleurs, plus de pistolles de deux et quatre qu'il n'y avoit, il y a soixante-dix ans, de petitz et simples pistoUetz, de doubles ducatz à deux testes de la reyne Yzabelle et Ferdinand son mary, I, 50. Cf. IV, 381.

Pitaud, paysan. Elle (une paysanne) faisant sa petite révérance à la pitaude, luy respondit de sang-froid, IX, 691.

Piteux^ plaintif. Voy. Estomach.

Pitié (en), en implorant la pitié. Je lui en fis (à Henri III) ma plaincte plustost en collère qu'en pitié, V, 207.

Plaidé j plaidoyer. L'empereur.... trouva le plaidé de M. de

Salvoyson si beau et si admirable pour un homme de guerre qu'il en demeura tout ravy, IV, 104.

Plaider quelqu'un (faire), lui intenter un procès. Voy. Imposer. Plaidoyer^ plaider. Et croy que si ceste cause estoit plaidoye'e par des raisons d'un costé et d'autres alléguées, il y auroit bien à rire, IX, 546.

Plain^ plaine. C'est assavoir s'ilz estoient (les bourgs) en plain ou montées, II, 302. Cf. Pleine.

Plain (à), pleinement. Le corps se monstroit fort à plain et extérieurement ce qu'il estoit, par son beau et agréable visage (de M'"e d'Aubeterre), IX, 455.

Plaindre quelquun^ le regretter. De sa mort (Claude de France) tout le pays en fut comblé de regretz, et M. de Lorrayne la plaignist tellement que, encor' qu'il a demeuré veuf d'elle jeune, ne vouleust jamais se remarier, VIII, 438.

Plamussade^ plamusse^ tape, claque. Elle les battoit du plat de la main sur les fesses avec de grandes claquades et plamussades, IX, 285.

Planer, tenir en suspens. Voy. Conniver.

Planter, uni, sans obstacle. Aussi un torrent d'eau qui est ar-

resté est plus violent que celluy qu'a son cours planier, IX, 596.

Planière^ plénière. Il fut receu (Philippe II en Flandre) très

magnifiquement et bravement, comme celui qui en prenoit pla-

nière possession, III, 258.

Plastrer, flatter, enjôler. Lesquelz (les reîtres) en ayant perdu une grand' part (de leur bagage) dans le Portereau (à Orléans).., et pour ce désespérez, il (Coligny) les amadoua, les contenta et les plastra si bien et si beau qu'ilz ne l'abandonnarent jamais, VI, 320. La reyne les sceut si bien mener et plastrer qu'ilz se sentirent encor très heureux de ce petit morceau, V, 14.

Plattine, lingot; de l'espagnol platina. Il y avoit aussi force plattines et saumons d'argent à battre monnoye à Naples, II, 40. Playe^ blessure. Dictes à mon roy et à la reyne que j'ay trouvé à la fin l'heureuse et la belle mort dans mes playes que tant de fois j'avois , pour ses pères , ayeulz et pour luy , recherchée , III, 328.

Plébéan^ plébéien. En quelles tentations et récréations de veue pouvoyent entrer aussi les jeunes seigneurs, chevalliers, gentils-

hommes, plébéans et autres Romains...., le jmir que se céle'broit la feste de Flora, IX, 299.

Pleige^ caution. Qui fut aise? ce fut le soldat, d'avoir rencontré un si bon pleige et payeur (François l") pour son homme, III, 1^0.

Pleiger^ faire raison, répondre à un toast. Ils s'entredisoient : « Holà, l'entendz-tu?» Celuy qui estoit tenu de pleiger son compagnon respondoit : « Et quoi? » L'assaillant respondoit : « Ce que l'empereur a deffendu ». Et là dessus il falloit trinquer et faire raison, I, 31. (Voy. H. Estienne, p. 421.)

Pleine^ plaine. Alphonse (d'Aragon) luy répliqua (à René d'Anjou) qu'il acceptoit la bataille...., et apellé d'eslire le jour et lieu de la bataille, il eslisoit ceste pleine qui estoit entre Nola et Lucera, VI, 423-426.

Pleuviner^ pleuvoir légèrement. Et d'autant qu'il avoit pleuviné et que la terre estoit fort glissante, IV, 242.

Plorable, affligeant ; plorabilis. C'a esté une si sanglante victoire (celle de Ravenne) que les mesmes François confessent qu'il eust pieu à Dieu qu'ilz fussent estez vaincuz, pour avoir eu une victoire si luctueuse et plorable, VII, 115.

Plumar^ plumet, panache. Hz estoient accoustrez de plumars..., de mantelUnes, séons de drap d'or, de velours ou satin découpez, II, 304.

Plume (passer par la), omettre, laisser de côté. Ceux qui opiniastrèrent en ce combat furent tuez, comme ledict conte (de la

Rochefoucauld) et force d'autres vaillans, lesquelz je passeray

pour ce coup par la plume, VI, 202.

Plume (se mesler de la), être occupé à un travail de plume, être secrétaire. Au commencement de sa jeunesse, encor' qu'il (Cai'accioli) fût bien gentilhomme, parce qu'il estoit pauvre, il se mesla de la plume, VIII, 196.

Plus^ le plus, grandement. C'estoit (Romegas) le meilleur homme de guerre qui fust là,.., et qui avoit plus faict la guerre aux Turcs, II, 112. Voy. Foitter.

Plus, de plus. Les Espaignolz usent de ce mot latin [in flagranti)^ et tiennent plus, que ce soldat, tant signallé soit-il, venant quelques fois à ûtillir, n'est déshonoré d'avoir quelque coup de ce baston (de sergent-major), VI, 11. Voy. Aspergez.

PnccessioTij possession. Voy. Spirituel.

Poinct (être bien en), être bien vêtu. Anthoine de Lève, porté

par des esclaves dans une chaire de vellours craraoysy, et luy très bien en poinct, I, 42.

Poincte^ attaque. Il (le comte de Sarno) avoit demande au marquis del Gouast ceste faveur de faire la première poincte pour recognoistre la place (La Goulette), II, 4.

Poincte (prendre), aboutir. En ce beau embarquement de brouage qui ne prit poincte et ne nous servit que de ruynes à nos bources, II, 110.

Poincte (faire la fausse), tromper, trahir, faire faux bond. (C'était probablement un terme d'escrime ; en itaUen, on appelle une feinte, punta falsa.) Ce furent ces deuxFabricio et Prospero (Colonna) qui, quasi les premiers de ces pays, luy firent (à Charles VIII) la Aiusse poincte et se révoltarent contre luy, I, 139.

Poinctille^ pointillerie. C'estoit (Guise) l'homme du monde qui entendoit mieux les querelles et leurs poinctilles, IV, 267.

Poiser^ peser. Qui poisera ce bel exploict, quelque ennemy qu'il soit de la nation espaignolle, ne peut qu'il ne loue à jamais ces braves soldatz, II, 187. Cf. I, 38, note 1.

Poitral^ poitrail. Voy. Celle,

Poix pillez^ pois empilés. Voy. Pillé.

Polacre^ Polonais. Voy. Charger.

Police^ gouvernement. Voy. Piedz (s'élever en).

Poltronne (cuirasse). Voy. Cuirasse.

Poltronnesque^ poltron. Aux premières guerres civilles, MM. de Caumont.... estoient de la religion et à couvert, sans porter aucunement les armes..., et les appelloit-on huguenotz réallistes; d'autres les appelloient poltronnesques, IV, 27. Voy. H. Estienne, p. 63, 64.

Pongniart, poignard. M. de Montmorency luy manda (au connétable de Castille).... que s'il ne luy tenoit sa foy.... qu'il le déficit de sa personne à la sienne aveq une bonne espée et un pongniart, III, 328, note 1.

Pontifical^ habit pontifical; de l'espagnol pontifical. La reine Isabel de Castille disoit qu'elle prenoit un très grand plaisir de voir quatre choses : un homme d'armes sur les champs, un évesque en son pontifical, une belle dame dans un lit, et un larron au gibet, IX, 207.

Pontilleux, pointilleux ; en italien puntiglioso. Il est vray qu'il y a des gens pontilleux qui pourroient arguer là dessus, VI^ 237.

Port et armes ^ prise d'armes. Voy. Sus (mettre à).

Porter^ supporter. Voy. Martel.

Porter (faire), engrosser. Voy. Jeunement.

Porter (se), se comporter. El tous deux (les Trivulce) se portoient si bien en ceste dernière administration de ville (à Lyon), que le peuple en demeura fort content, II, 226.

Portraict^ représentation. Les superbes obsèques que le roy Philippe (II), son filz, luy fit faire à Bruxelles...., desquelles j'en ay veu et eu le portraict faict en taille-douce, I, 65.

Poste, message, voyage. Le roy, après l'avoir employé (Brion) pour plusieurs allées, venues et postes vers l'empereur, III, 196.

Poste (à), à dessein, exprès ; en italien a posta. On ne sçavoit qu'en penser, s'il (P. de Navarre) avoit faict le coup, ou par une opiniastreté et tardance militayre ou à poste, I, 457, note 4.

Poste (à sa), à son choix, à sa dévotion; en italien a sua posta. M. le mareschal (Matignon).... en chassa toute la vieille garnizon, et y en mit une nouvelle à sa poste, V, 162,

Posthumié^ posthume. L'autre (mariage de Marguerite d'Autriche) fut avec le filz du roy d'Arragon nommé Jehan, duquel elle eut un enfant posthumié qui mourut tost après estre né, IX, 614.

Postiquerie, fausseté, fourbei'ie; de l'italien posticcio^ contrefait, postiche. Il (le fou Thony) fut si bien appris.., dressé... par les nattretez, postiqueries..., et friponneries de la court, III, 343.

Potet, petit pot. Le page s'y en va, et tire de l'eau du puis d'Aysnay mesmes ; et ainsy qu'il advisoit le seillau dans le puis, et qu'il avoit mis son potet sur le bord du puis, III, 176.

Poudagreux, podagre. Il (Ant. de Lève) estoit goutteux, poudagreux, malladif, I, 175.

Pouil, pou. Et de ceste mauvaise humeur il creut grand' abondance de pouilz, de façon qu'on ne le pouvoit espuiser, II, 94.

Poulet de papier, billet doux. Voy. Scondé.

Poullinage, état de poulain. Telles filles après avoir layssé leur ' poullinage et jette leur gorme, comme l'on dit des pouUins et poulines, IX, 586.

Poultre, jeune cavale ; en basse latinité pullitra. Lorsqu'elle sçaura que je l'ay nommée poultre, qu'est une jeune cavalle, elle

se pensera que je l'aye encor en estime d'une jeune dame, IX, 708. Voy. Estime.

Pour, par. Voy. Àust, Japer.

Pour, pendant. Je l'allois voir (la marquise del Gouast) tous les jours, pour sept ou huict jours que nous y demeurasmes (à Naples), et y estois très bien venu, IX, 374.

Pour être^ étant. Voy. Consente.

Pour quant^ quant. Voy. Outré.

Pourchas^ poursuite, instigation. Voy. Apposlement.

PourcAa^ (aller au), chercher fortune (en amour). Quiconques le mary soit, qui passe et repasse souvent sa femme par le mitari, sans aller au pourchas ailleurs, il est très bon mary, IV, 81.

Pourmener^ promener. Voy. Orée.

Pourmenoir^ promenade. J'ay veu la reyne mère, de son temps encor vigoureuse (lors) qu'elle avoit ses bonnes jambes et qu'elle aymoit ces longs pourmenoirs, IV, 80.

Pourpenser, méditer, projeter. Sur quoy alléguoit ce grand capitaine (Biron) : que certainement il avoit bien pourpensé et cogité (un complot) par un despit et mescontentement, mais pourtant il ne l'avoit pas faict, V, 263.

Pourter^ porter. Le jeune comte de Brissac... pourtant le titre de couronnel général des vieilles bandes du Piedmont, comme il le porte encor, VI, 58.

Pourvoir (se), être pourvu. Voy. Assigné.

Poussementj incitation. Par les instigations et poussemens de M. de VUlebon, V, 53.

Poussière, la fange à quelqu'un (mettre la), l'effacer, lui faire honte. Ce sont esté eux (les courtisans) qu'à la guerre sont estez les premiers aux assaulz, aux battailles et aux escarmouches et que, s'il y avoit deux coups à recevoir ou donner, ilz en vouloient avoir un pour eux, et mettoient la poussière ou la fange à ces vieux capitaines qui causoient (railloient) tant, VI, 30.

Pouvoir que (ne), ne pouvoir faire autrement que. Il (Dampierre) avoit espousé ma tante, mais, s'il fit ce coup (contre Diane de Poitiers) je ne puis que je ne le blâme, IV, 288. Voy. Poiser.

Pracquerie , praguerie, trouble. Ledict marquisac (de Saluées) ne laissa pour cela à estre brouillé et en pracquerie, V, 203.

Pratique^ affaire, profit. L'empereur le tenant (François I^') en sa puissance son prisonnier, l'avoit si mal traicté.... jusques à ce

qu'il le fallit de perdre de maladie et qu'il s'en alloit perdre toute sa pratique de luy, III, 157. Aussi leur a-il donné (leducd'Albe à ses soldats) de bonnes pratiques et friandes lipées et curées en son temps, 1, 115, note 4.

Pratique (avoir), s'appliquer. Et ça esté sur luy seul l'unique et le phénix (le cardinal de Guise) que le proverbe du feu roy François a eu practique, qui disoit...., IV, 279.

Pratiqué^ exercé. Il voudroit avoir quinze cens jeunes soldatz, pratiquez un peu pourtant, I, 338.

Préaiagucr, alléguer précédemment. En ung traité que j'ay leu dans cette vieille chronique cy-dessus préalaguée, II, 314, note 2.

Précipitant^ raide. M. de Nemours, estant sur le Real (un

cheval) monta de course par le grand escalier du Pallais, cas

estrange, estant ainsy précipitant, IV, 161.

Prédécesseur^ et son féminin, prédécesscresse^ ancêtre. Ses prédécesseurs (de Tavannes) furent d'Allemaigne, de très bonne et illustre maison, V, 89. Si de son temps les chevaliers errants eussent eu vogue, elle (M™" de Bourdeille) eust bien faict reluire plus leurs armes que n'avoient faict jamais sa prédécesseresse, Frédégonde de Montbron, pour l'avoir à femme, V, 69.

Préfis^ préfixe, fixé d'avance. Pour la prison perpétuelle, il luy tiendroit fort bien la foy et la parolle, mais non pour celle qui est préfiseà quelque temps, I, 22. Cf. IV, 137.

Preignant, décisif, pressant. M. de Nemours débattit fort et ferme qu'il falloit guaigner Paris pour beaucoup de raisons bien preignantes, IV, 170.

Préjudicier (se), se faire tort, se porter préjudice. Ces deux seigneurs s'embrassarent comme réconciliiez, M. le Prince, comra' estant satisfaict, et M. de Guyze comme ne s'estant préjudicié, V, 268.

Premier que^ avant. Il (Bessarion) s'en va premièrement vers le duc (de Bourgogne), duquel aiant eu sa despesche, s'en alla après fort nesciemment trouver le roy qui trouva fort estrange la façon de ce pauvre philosophe, d'avoir abordé premier le vassal que le seigneur, II, 348.

Prendre sur (se), s'en prendre à. Ce fut luy (Hugues de Moncada) qui prist le Vatican et j)illa la sacristie de la saincte Eglise. Il en vouloit avoir comme les autres et se prendre sur le meilleur, I, 237.

Prester une (en), la garder bonne, en vouloir. On dict que le grand service signallé faict à la chrestienté fut bien aussi cause que l'empereur ne luy en prestat une aux guerres des protestants, aussi bien qu'aux autres (princes protestants); cari! (le comte Palatin) y estoit bien brouille, I, 323.

Pretezze^ prestesse. La ville (Agen) fut jirise et forcée de telle sorte et en telle pretezze et allarme, que la pauvre reyne (Marguerite), tout ce qu'elle peut faire fut que de monter en trousse derrière ung gentilhomme, VIII, 70.

Preuve^ épreuve. En ayant (Henri III) faict preuve grande de sa vertu et de sa foi magnanime (celle de Maximilien II), 89.

Preuve (à), à l'épreuve. Stuard, gentilhomme escossois...., qui se mesloit de faire des balles trempées de telle composition qu'il n'y avoit cuyrasse à preuve ny à si bonne trempe, qu'il ne la perçast, III, 329.

PrimCj printemps. Estant persuadée (Marie Stuart) d'aller en son royaume, et son voyage aiantesté remis à la prime, VII, 414. Cf. IX, 609.

Prime avec qiiclquun (jouer à la), le prévenir, prendre les devants. Mais amprès, il (Bussy) fut adverty de bon lieu qu'il fust sage et fust muet et plus doux, autrement qu'on joueroit à la prime avecques luy, VI, 187.

Principauté^ réunion de princes. Voy. Mutination.

Principe^ commencement, début. Or, estant donc M. de Chastillon couronnel, pour son principe il fut debvant Boul oigne, VI, 17.

Prinsautier, primesautier, irréfléchi. Devenus quinaux en leurs festins (les Flamands) s'advisarent d'esnerver cest édict prinsautier en ceste façon, I, 31.

Privé, familier. Une dame de par le monde, ou plustost fille, estant fort aymée et privée d'une très grande princesse, IX, 281.

Privilégcr (se), se prévaloir, s'autoriser d'un privilège. L'autre chose qui est à notter, est les courtoisies que ces gallands hommes combattans s'usèrent les uns aux autres, ne se privilégeans nullement des loix rigoureuses permises en ces faits, VI, 260.

Prorache^ messager, de l'italien procaccio. J'allois un jour à Naples avesques le procache, avecques qui sont toutes sortes de gens, VII, 187.

Profffz (être), faire profession. Dieu n'ayme pas tant Ics'vail-

LEXIQUE. 3â7

lans et hardys que l'on diroit bien, puis qu'ilz ne sont destinez et proffez que pour tirer sang et tuer, IV, 20.

Proffondir^ pénétrer dans; en espagnol profundar. Elle (une galère turque) alla si advanl dans le fond de la mer qu'elle proffondit l'enfer où là j'accueilly et coupé la poincle de la naze à Pluton, VII, 24.

Profilure, bordure, garniture. Les manches et le demeurant de satin cranioisy avec profilure d'or, IX, 319.

Profu.se prodigue, excessif; en italien prnfuso. Popea Sabina..., outre qu'elle fust la plus profuse en toutes sortes de superfluitez..., elle portoit des escarpins et pianelles d'or, IX, 310.

Proie. Voy. Proje.

Projecter, projeter. Voy. Escarie.

Proportionné^ capable, apte, de l'espagnol proporcionado. Il (Ferdinand de Gonzague) esloit prudent, bening, magnanime..., fort adroict, gentil, valeureux et bien proportionné, I, 247.

Proportionné^ membre. Craignant (une mère) qu'elle (sa fille) ne pust souffrir ce premier et dur effort (du mariage), à quoy on disoit le gentilhomme estre très rude et fort proportionné, IX, S20. Cf. Ibid., 28o.

Propos^ convenance. Aussi a-on deffendu le mariage à nos prestres; car venant de coucher avec leurs femmes..., il n'y a point de propos de venir à un sacré autel, IX, 54.

Propos (à), exprès. (Le pajje) les fit exécuter (trois cardinaux).... et puis sécher leurs corps dans un four, et les os les mettre et enserrer dans certaines quaisses faictes à propos, II, 200.

Proposer, avancer, mettre en avant. M. le Prince (Condé).... dist et proposa que celuy qui avoit esté cause et motif de sa prison estoit meschant, IV, 2G8. v

Proprement .^ en j)ropre personne. Enfin le dict Paule (Orsini) fut contraint l'envoyer (l'ordre de S. Michel) au roy par un gentilhomme très soUempnellement, qui (le roi) l'acepta très bien, non luy proprement, mais le lit acepter par le chancelier de l'Ordre,

Propreté, ce qui est propre, qui convient. Il faut que toutes choses ayent leur propreté et leur séance, IX, 312.

Proscrition, proscription. M. de Tavanes.... et le conte de Raiz luy prestarent ceste charité de proscrition, V, 132.

Procidadour, provéditeur. Ce grand sultan Solyman, duquel

j'ay leu un traict noble.... dans une lettre imprime'e, qu'escrivoit un providadour de Cataro à M. Bembo, II, 233.

Providence^ pre'voyance. Quelle cre'ance parmy eux et quelle providance au chef! I, 115. Cela s'adoucit un peu par les providences et sagesses de la reine, III, 361.

Provident, pre'voyant, prudent. Voy. Considéré. Cf. IV, 389. P/-o}'e (mettre en), livrer comme une proie. Si un général.... commet ime trahison à son prince, il est punissable, car.... il met en proye et au cousteau son prince, sa province et ses gens, IV, 21.

Psalme, psaume. Estant dans l'église, il (François \") y vist un petit escriteau d'un vers de psalme de David, III, 146.

Publiement, publication. Ce bon et brave chevallier (du Biez) avoit bien besoing d'un tel escrit et publiement de sa vertu et valeur, car il a été peu favorisé de ceux qui ont escrit de son temps, IV, 60.

Puis^ puisque. Et si vous me respondez que de cela les Espaignolz ne s'en peuvent louer, puis leurs enseignes et drapeaux sont encor entre les mains des François despuis le jour de la bataille de Ravanne, VII, llo.

Puis après j ensuite. Voy. Emallir^ Perdre (se), et Rengorgement.

Puissance (offrir sa), offrir ce que l'on peut, ce qui est en son pouvoir. (La marquise del Gouast) luy manda (au gi'and j)rieur) que, si son sexe et la coutume du païs luy eussent permis de le visiter, volontiers elle y fust venue fort librement pour luy offrir sa puissance, IX, 368.

Panais^ puant. Tant il est haut (le cœur de Marguerite de Valois), jilaiii de franchise, et ne sçauroit supporter d'eau punaise, ni le venin d'aucune hypocrisie, VIII, 67.

Purger (se), se purger d'une accusation, s'excuser. M. de Matignon luy donna (à Vaillac) cinq cens escus, à ce qu'il m'a dict, pour aller trouver le roy et se purger à luy, V, 162.

Purisy, purési^ pleurésie. Il (Salvoyson) prit un gros villain purisy et une fiebvre chaude dont il en mourut au bout de six jours, IV, 99. Cf. VI, 170.

P«/, puits. Eau simple venant de la fontaine ou du puy, V, 43.

Quadrille^ troupe ; en italien quadriglia. Celle (l'escarmouche)

de Jazeneuil le fut (soutenue) de plus de vingt mille harquebuzicrs ; non pas que tout à coup ilz escarmouchassent et combattissent, mais par bandes et grosses quadrilles dcint la moindre estoil de quatre ou cinq mille, V, 43U. Cf. VI, 387.

Quaisse^ caisse. Yoy. Propos (à).

Quand^ quand même. Mon |)ère s'asseuroit si bien de son faict et du recouvrement de son oreille (joue'e ctmtre le pape), qu'il ne s'en soucyoit point quand il l'eust perdue, X, 42.

Quant et (iiiant, aussitôt, sur le champ. Et (Louis XI) sans lui (à Bessarion) faire responce autre, le planta là tout esbahy; et quant et quant luy fit dire par quelque autre qu'il eust à se retirer, II, 349.

Quarantaine^ services et prières qne l'on faisait pour un mort pendant les quarante jours qui suivaient le décès. Elle (Vitloria Colonna) rencontra le coips (de son mari) qu'elle laissa aller devant pour faire sa quarantaine, I, 199.

Quarte^ quatrième. Voy. Parte.

Quarter^ aller h. quatre. Voy. IX, 10.

Que, lorsque, (luum. Voy. Couper^ Pourmenoir.

Que, qui. Aussi vous trouverez dans..,, les vieux romans que, comme j'ay dict, ne doivent estre à rejetter, X, 63. Voy. Partial.

Que, à tel point que. Voy. Esvanouir.

Que, ce que. Et si ilz (les poltrons) reprennent les armes, il

faut qu'ilz y facent des miracles de valeur et de l'espée, et que Moïse fit de sa verge, II, 196.

Que, comme. Les processions de la court que de la ville de Paris, se firent et se parachevarent fort dévotieusement et quiettement. IV, 234. Voy. Pindariseur,

Que, que ce que. Son maistre.... qui est mort à Thurin pauvre prebstre, n'ayant que sa messe et son bre'vire luy produisoient, V, 77.

Que bien (très), très bien. Voy. Très.

Qucste (faire la), mendier, Voy. Habilité.

Queste (hors de), terme de chasse, hors de la voie, de'voyé. Voy. 1ns tint.

Question, querelle ; en italien questione ; en espagnol question,

M. de Longueville demanda les prisonniers; mais M. d'Es-

pernon les luy reffusa; sur quoy s'émeut question, IV, 352.

M. de Rosne.... ayant une question contre M. de Fargy.... et n yant esté appelle par un gentilhomme que je sçay, VI, 326.

Queue (couper), quitter le jeu quand on perd. Voy. Couper.

Queue (faire la), terminer. Voy. Cariage.

Quij à qui, cui. Voy. Follic.

Quij ce qui. Bien que mondict sieur de Guyze fustun très grand capitaine, si consultoit-il tousjours ce bon et honnorable vieillard (La Brosse), qui estoit à dire qu'il estoit capitaine très suffisant, V, 47.

Quij qu'il. Usant (Birague) de ces mesmes motz, encor d'un autre plus estrange, qui n'est pas bien se'ant de dire pour la re'vérance de la religion, V, 77.

Qui\ qn'jj qui y. Leurs vaisseaux qu'y entroient (à Ostende) tous les jours à leur aise, IV, 124. Ce qui est (en Espagne) rare et point commun est tousjours plus exellent, V, 296.

Quicte, quitte, même Ce mot, qui se trouve aussi dans Rabelais et qui ne me semble avoir été expliqué par aucun de ses commentateurs, est encore conservé dans le patois gascon avec le sens que nous lui donnons. Le quite pape (le pape lui-même) ne luy en eust peu résister, I, 41. Ne considèrent-ilz pas aussi que les quictes espées que nous portons à nos costez..., que nous tenons pour les plus luisantes, les plus assurées et pour les plus esprouvées, nous viennent à faillir quelques fois au plus grand besoing oii nous les employons, II, 193. Cf. V, 240, 370.

Quiette^ tranquille ; quietus. (Nous n'avons conservé que son contraire inquiet). Le roy (François I'='") vouloit bien que M. le connestable demeurast quiette en sa maison...., mais non qu'il mît plus le nez en ses affaires, III, 210.

Quiettementj tranquillement. Voy. Que, comme.

Quinquailleur ^ quincaillier. Du temps du roy Henry, il y eut un certain quinquailleur qui apporta une douzaine de certains engins (des cadenas de chasteté) à la foire de Saint-Germain, IX, 133,

Quinquenelle., répit de cinq ans accordé à un débiteur. Faire la quinqucnelle^ d'après le passage suivant, devait probablement signifier, faire cession de ses biens quand ce délai était écoulé. M. de Bourdillon s'estant dépouillé de ses villes (du Piémont), je le vis arriver à la court...., d'aucuns estimé et d'aucuns non,

pour avoir ainsi laissé la sainture (ceinture) et faict la quinquenelle de ces pauvres places, V, 80.

Quinze (un), une quinzaine. Au départir, M'"<' la marquise avan sceu de M. le grand prieur le séjour d'un quinze jours qu'il vouloit faire là, luy dit...., IX, 369.

Quitte, qiiite. Voy. Quicte.

Quitter^ tenir quitte. J'ay quitté mon frère aisné, M. de Bourdeille, pour les deux légitimes de mes deux frères morts et leurs successions, X, 130. Volontiers on quitte un vieil ennemy et s'ayde de luy pour se venger du nouveau, VII, 213,

Quoy que, quelque. C'est le naturel d'un défavorisé dire tousjours du mal des favoris, quoy que braves soient-ils, III 196.

Quojr qui soit, quoique ce soit. Il (H. de Guize) me dist en ryant : « si faut-il que nous nous facions un peu blesser, au moins quoy qui soit, pour nous faire estimer «, V, 330.

Rabattu, débattu. Pour fui, tout calcullc et rabattu, il fallut au Gascon estre maistre en son eslection (le choix des armes), et l'Italien à les prendre, VI, 298.

Babe, rave. M. Dorât.... et M. Muret, deux aussi sçavans Lymosins qui jamais mangearent et croquarent rabes, III, 286.

Rabiller, réparer, raccommoder. Il (le siège de Malte) a esté aussi grand et rude, voire plus que celuy de Rhodes, si l'on veut considérer la force de la place qui n'estoit nullement esgalle à celle de Rhodes, qui de tout temps avoit estée tousjours bonne et forte et encores mieux rabillée et fortiffiée de messieurs les chevalliers, V, 226. Une très grande dame.... s'estant rompu une jambe et se l'estant faite rabiller..., elle se la fit rompre une autre fois au rabilleur, pour la remettre en son point, IX, 307.

Rabilleur, rhabilleur. Voy. Rabiller.

Rachaptementj rachat. Voy. Bandière.

Rachapter^ racheter. Il (de Termes) fut pris par quelques fustes de corsaires.... et après il fut rachapté, IV, 5.

Racontrer, rencontrer. Il y en heust quelqu'un qui alla racontrer là dessus, disant que ceste reyne..., VIII, 74.

Rafflade^ rafle. Si ne se retira-il pas (Léon Strozzi) qu'il ne fist quelque coup et rafflade, IV, 132.

Raffler^rafler^ enlever, emporter. On fit aussi rafler un poignard qui estoit au pauvre trespassé, fort riche et décoré de force pier-

reries et belles turquoises qui valoient plus de cinq cens escus, et ne fut rafle' que pour cent, II, 26. Les gallères espaignolles qui n'en pouvoient plus.... en un rien elles furent emportées et rafiQe'es, ibid.j 37.

Raffraischi^ renouvelé. Les assautz giandz (à Malte) longs et assidus, donnez, raffraischis et soubstenus, nous le doivent encor d'autant plus faire admirer (Parisot), V, 216.

Raing^ rein. Voy. Acabrer,

Raison (faire), rendi'e justice. Vous autres roys et grandz princes, vous ne valiez rien trestous. Si Dieu vous faisoit raison, vous rae'riteriez d'estre tous pendus, IV, 93.

Raison (présenter la), offrir le combat. Ce baron de Fiais estoit un brave et déterminé..., qui avoit querelle contre luy (Matignon), et l'a tellement bravé et luy a présenté si souvant la raison que, nonobstant sa charge et authorité, il ne luy a jamais rien peu faire, V, 16o.

Nous avons conservé la locution rendre raison, pour dire : se battre en duel.

Raison (se contenter de), n'avoir que des exigences raisonnables. (Henri d'Angoulême) estoit homme de bien et le moins tiran gouverneur de son temps ny depuis ; et la Provence en sçauroit bien que dire et encore que ce fust un seigneur fort splendide et de grande despense; mais il estoit homme de bien et se contentoit de raison, IX, 491.

Raisonner^ résonner. Le nom du duc d'Albe s'est tant faict sonner que rien que le duc d'Albe n'oyt-on encor que raisonner par la chrestienté, I, 98. Cf. Résonner,

Rambade^ la partie la plus avancée de la galère entre le bout de la coursie et l'éperon ; c'était aussi une construction élevée sur la proue d'une galère ; en italien rambata. Un matin que l'empereur disoit ses heures (hé! quelles heures!) sur la coursie, il vist le marquis qui passoit et s'en alloit vers la rambade, I, 211, Voy. Rançon.

Ramé, couvert de branchages. Et disent les Espaignols qu'ilz leur prirent sept pièces d'artillerie que les soldats menèrent dans Milan, bien ramées et couvertes de feuilles d'arbres, en signe de grand triomphe, VII, 273.

Ramenteus (je), je rappelai, du verbe ramentevoir. M. de La Noue le va trouver (Monsieur) vei's le Poictou.... où je le vis et

luy ramenteus bien ses anciennes protestations, VII, 208. Cf. X,

Rampeaii^ partie de quilles qui se jouait en un seul coup, IX, 50o, note 3. Voy. Rampellcr.

Rampeller^ rempeller^ jouer au rampeau. Les soldats aux escarmouches.... se reprochoyent les uns aux autres l'honneur de deux de leurs princesses souveraines, jusques-là à s'entredire : « La tienne joue liien aux quilles. — Lu tienne reœpelle aussi bien. », IX, 503.

Raricade. Voy. P'ogur.

Rançon^ bâton armé d'un fer en pointe avec ailerons. Les soldats aux arballestières, poupes, i-ambades, proues et coursies..., bien armez..,, de corseletz, de morions, de.... cymeterres, rançons, pertuzanes, III, 2o4,

Rancune (être en), être mal vu. Hz (les ingrats) sont tousjours rejettez de toutes bonnes et honnestes compaignies; et faut bien dire qu'ilz sont en rancune de tout le monde, qu'eux-mesmcs se hayssent et ne se peuvent aymer, VII, 249.

Rapineux^ enclin à la rapine. Quand à moy.... je ne l'ay trouvé (Biragiie) tant rapineux comme on l'a faict et en crioit-on, V, 77. Cf. VI, 99.

Rappeler^ appeler à prendre part à une succession. Lorsqu'il l'espousa, il n'eut pas de maryage que vingt mille francs. r.., mais son père la rappela puis après, X, 46.

Rapporter^ apporter. Voy. Escarre.

Raquedeniers ^ racjuedenare ^ raquedinare^ râcleur, ratisseur d'argent; de l'italien raschiare et denaro. Les riches marchands, les usuriers, les banquiers et autres raquedeniers, IV, 329. (Charles-Quint) amprez avoir arraché des mains des Vénitiens, Florentins et Genevoys le commerce de l'espicerie — fist fermer boutique à tous ces raquedenares qui ratelloient tout l'or et l'argent de l'univers, I, 37, note. Cf. VI, 93. Voy. Impatroniser.

Raritéj rareté. Il (l'empereur Sévère).... ne garda rien pour luy fors.... un cheval tout vcrd qu'il estima plus pour la raritéet couleur naîfve et belle que pour la valeur, V, 249.

Râtelle^ rate. Le cadet d'Aubanye.... en tout vouloit fort imiter M. de Bussy, mais il ne peut (put) en aucune sorte : se le ligurant, cela luy faisoit grand bien à la râtelle pourtant, VI, 313.

Ratouère, ratière. M. l'évesque de Cisteron, qui disoit le mot

mieux qu'homme de la court, en brocardant afFermoit qu'il valloit mieux de coucher avecques une ratouère de fil d'archal qu'avec elle, IX, 262.

Ravalléy rabaissé. Enfin le voilà (Bellegarde) tout changé en un tourne-main de ce qu'on ne le venoit que voir adesse^ comme dit l'italien, et de fraiz fort ravallé, V, 201.

Racallemenl, rabaissement. A la court on ne sçavoit que l'on devoit plus admirer ou la fortune de cet homme (Bellegarde) qu'on avoit veue hier très grande et très haute, ou son petit ravallement d'aujourd'huy, V, 201.

Ravauder^ mal mener. On la craignoit (Catherine de Médicis) plus que le roy en cela; car elle sçavoit bien parler à ces désobéissans et desreglez et les ravaudoit terriblement, VII, 367.

Réal^ royal. Voy. Entretenu et Paye.

Réalle^ galère royale, galère du commandant. A la poupe de la réaile, pour conserver (voguer de conserve) estoient la capitainesse du commandador major et la Patronne d'Espaigne^ II, 116. Cf. VII, 24.

Rérdliste, royaliste. Voy. Poltronnesque .

Réaume^ royaume. L'empereur aussi luy ayda bien (à son frère) en ses réaumes de Boême et d'Ongrie, I, 87.

Réharhératif^ruharharatif^ rébarbatif, M. le connestableetM. le chancelier.... qui estoient si sages et de nature et de pratiques point sévères non point chagrigneux et rébarbératifs, ny séparez des douces conversations, III, 311. Tous lui obéissoient très bien (à Sansac) pour sa suffisance, encor que aucuns n'approuvassent guières sa façon rubarbarative, III, 398. Cf. VI, 163.

Rebec, espèce de violon. Vinrent soubs sa fenestre (de Marie Stuart à Holyrood) cinq ou six cens marauts de la ville luy donner l'aubade de meschans violions et petits rebecz.... et se mirent à chanter des pseaumes, VII, 419.

Rebras, retroussis. Sur le rebras de sa barrette (de César Borgia) avoit aussi grande quantité de pierreries, II, 210.

Rebrasser, retrousser, mettre à nu. Luy (Milon de Crotone) se rebrassant et retroussant ses bras fort piteusement, regardant ses nerfz et muscles, il dist seullement : « Hélas! ilz sont mortz », IX, 709.

Rebrouer, rabrouer. C'estoit la dame du monde (Catherine de

Médicis) qui sçavoit le mieux rebrouer et estonner les personnes,

Rébus ^ bévue. M. de Biron.... voyoit bien qu'il n'estoit aussi si grand en grade ny en science de capitaine comni' il a esté despuis, et que pour estre tel il faut faire, avant, de grands rébus et des fautes et grandz pas de clercs, V, 129. Recevoir^ accepter. Voy, Annonciation.

Recevoir, porter. Voy. Cauthorisé.

Recevoir sa dcspesche de quelqiCun^ être expédié par lui. Voy. Nesciemment.

Rechignard^ rechigné, maussade, rigide. Sa parole toute chaste, rigoureuse et rechignarde, IX, 237, Recogneu. Voy, Recognoistre,

Recognoistre^ récompenser. Ast'heure, j'ay moyen de vous tous recognoistre et faire plaisir, mes amys, V, 13. Que pouvoit-il doncques moins faire ce brave prince, après avoir si bien faict, combattu, battaillé, et mal recogneu, que d'avoir recours au roy? II, 228. — Dans le passage suivant le mot recogneu est employé pour exprimer le service dont on a paie un bienfait : Aucuns diront sur la vie de ce soldat très bien recogneue, que cela est bon pour les soldatz simples, mais non pour les gentilshommes, VI, 3S2.

Recognoistre^ examiner, observer. Voy. Gallant et Si^ signe. Récollez j récollets. Voy. Ressaré.

Récompense^ compensation, dédommagement. Je veux et entendz que mes susdicfz nepveux et niepces, héritiers et héritières soient récompensez de seize mille escuz une fois payez, en récompense et desduction de l'estime du bastiment beau de Richemont, X, 149.

Récompenser^ dédommager, donner ou recevoir en compensation. Voy. Récompense.

Recorder^ rappeler. Volontiers aucunes personnes se souviènent à leurs trespas des choses qu'ils ont plus aymées, et les recordent.... Mourant, ils en causent quelque mot, IX, 465.

Recourre^ recouvrer, délivrer. Luy (Martigues).... sort de table, part et court, et ses gens après luy, et attrape les sergens, les estrille un petit, et recourt d'entre leurs mains son capitaine, VI, 39. Elle (Clarisse Strozzi) tumba dans la mer et plongea fort advant, mais aussi tost fut recourue,... car ainsi qu'elle voulut

monter après à l'escalle, l'esquif luy faillit, II, 276. Sur les quinze gallères qui furent prises, aucunes recourues, II, 118. Cf. IX,

Recourre (se), se retirer, se sauver. Et ne sachant où se recourre, il (Ce'sar Borgia) envoya au grand capitan pour luy demander un passeport, II, 214.

Recouvert^ recouvré. Voy. Recouvrir.

Recouvrir, recouvrer. Elle (Toulouse) fut prise vingt heures, et puis recouverte par les armes et la conduicte belle dudict Boyjourdan, IV, 292. Il leur estoit fort à de mal qu'ilz ne menassent les mains à si bonne et belle occasion qu'ilz ne recouvriroient jamais, V, 52.

Recoy, repos, requies.

En labeur, en recoy,

Tousjours est près de moy, VIT, 412.

Recreu, recru, harassé, épuisé. Il falloit donc qu'alors il fust si las et recreu d'ailleurs qu'il n'y pust fournir, IX, 280,

Recueil^ accueil, asile. iVaturellement et extrêmement, comme je lui ay ouy dire (à Henri III), il aymoit leur république (celle des Vénitiens) pour le bon recueil qu'il avoit receu d'elle, III, 103.

Geste reine (Anne de Bretagne) estoit la vrayemère des pauvres,

le support des gentilshommes, le recueil des dames et damoiselles et honnestes filles, et le refuge des sçavans hommes, VII, 318.

Recueillance^ accueil.

O noble seigneur de Rance,

Nous te remercions

De la bonn' recueillance,

Que tu as faict à Bourbon, III, 195.

Recuillir^ accueillir, recevoir. S'estans donc présentez devant Sa Caesarée Majesté, il (Charles-Quint) les recuillit tous d'un très bon visage, I, 28. Voy. Sentir.

Redevance^ oJîligation, devoir. Ce qui est une grande obligation aux cendres de son mary (A. de Bourdeille), et un tesmoignage de l'avoir bien aymé vivant, et une redevance par trop extresme à ses enfans de l'honnorer pour jamais, et ainsin est morte veuve, IX, 6o0.

Rédigé^ réduit. Nul jamais..., bardasche ne fut brave.... que

le grand Jules César; aussi que par la grand 'permission divine telles gens abominables sont rédigez et mis à sens réprouvé, IX, 179.

Rednnder, recommencer. M. de Savoye luy avoit mandé et promis (au roi de Navarre) qu'il luy aideroit beaucoup à l'endroict du roy d'Espaigne, et Dieu sçait encor que (si) le roy d'Espaigne eust rien en cela fiuct pour luy, sinon qu'il eust redondé et tourné à son proffit, V, 74.

Réduction^ retraite. Voylà donq sa fin; à quoy j'adjoutceray ce mot que lorsqu'il (Charles-Quint) list ceste réduction de vie, I, 61, note 4, Voy, Réduire,

Réduire (se) , se retirer, faire sa retraite ; en italien ridursi. Voy. Descalse^ Hyjjochratiste.

Reffaiij en bon état. Il vid une cuisse belle, blanche, poUie et retraite, mais l'autre elle l'avoit toute seiche, atténuée et estioraenée, IX, 261.

Reffrenéj réservé, prudent. C'estoit là, de par le diable! qu'il (Bonnivet) devoitestre froid et retiré, reffrené et en mesnage du temps et de la charge à une plus opportune occasion, III, 60.

Réformé^ sévère, rigide. Et cependant que je feray ainsy du sot et du réformé qui me nourrira? VII, 238. Voy. Jbstrainct et Esvanouir.

Regester^ rejeter. Si un gallant homme me veut suivre, un brave capitaine, un soldat, un gentilhomme, seray-je si fat de ne le repcevoir ny de le regester? VI, 174.

Regcstre^ registre. Voy. Révércnticr.

Règne^ royaume, regnum. A l'advènement du roy Henri II, que son règne estoit encor' en paix, I, 27. — Ce mot était aussi employé pour désigner le royaume de Naples, seul état de l'Italie dont le souverain portât le titre de roi. C'estoit beaucoup pour un genêt qui ne pouvoyt estre si fort qu'ung coursier du Ptègne, ibid.^ note 3.

Regorgé, regorgeant. Voy. Escrarcir.

Regorgement^ débordement. Il (César) prie Achorée, le grand maistre de la loi d'Egypte, de luy discourir de l'ancienneté de sa région.... et surtout de la source du Nil, de son regorgement et ressarement puis après dans son lict, X, 28.

Re grillé, pour regredillé^ frisé avec un fer. Les autres avoient les cheveux crespez, frisez, entortillez, regrillez et fort renversés en haut, X, 24.

Rêhabillcr, rhabiller, raccommoder. D'autres (femmes) font péter leurs os, comme si on leur réhabilloit de quelque rompure, IX, 522.

Reheiist, 3* personne du singulier du prétérit du verbe ravoir. Nostre roy Henry d'aujourd'huy l'a perdue (Calais).... et puis

après, en un rien , la reheust, et en un traict de plume, par le

traicté de paix qu'il fit avec l'Espaignol, IV, 216.

Reigniéj renégat. Ce que ne (it pas Assanagas, Espaignol reignié, que Barberousse avoit laissé dans Alger, VII, 62.

Religieux^ religionnaires. Voyant (Montmorency).... les insolences que les religieux faisoient, et leurs presches, III, 296.

Rembarrer (se), se barricader. Eux (des soldats huguenots) le voyant venir (d'Espan), se jettent dans un moulin.. , se rembarrent, se fortifient, tirent force harquebusades, VII, 289.

Remède^ puissance, vertu. Monstrant elle (Cléopâtre) par là son gentil esprit et courage.... pour le tenir (César), comme elle s'en asseure bien, par le remède de ses extresmes beautez, X, 19.

Remettre (se), se rejeter. L'un se remettoit sur l'autre et disoit que la faute venoit de son compaignon, X, 33.

Remonstreur^ qui fait des remontrances. Vous estes de beaux prescheurs, de beaux harangueurs et de beaux remonstreurs, I, 274.

Remparer^ faire des travaux de défense, réparer, travailler aux

remparts.

Monsieur de Guyse estoit dedans (Metz) Avecques beaucoup de noblesse.

Faisant remparts de gnnd'addresse, Et remparant de toutes partz.

II, 272-273. Voy. Palle.

Rempeller. Voy. Rampellcr .

Renarde, qui tient du renard. Il (Dragut) forge en soy une astuce ny millitaire ny renarde, mais du tout diabollique, II, S6.

Rencontres (faire), combattre. Voyià comment en toutes façons, soit pour bien, soit pour mal, les François cmt estez hasardeux à rechercher les advantures et faire rencontres et entreprendre voyages, V, 40o.

Rendre (se), devenir, Voy. Naïf.

Rendu j réparé. D'une herbe de pré tondue le dommage en

est bientost rendu, IX, 544.

Renette ou reinette^ petite reine, espèce de jeu de dames ou d'échecs. Vous les eussiez veuz tous deux (Guise et La Brosse) consommer un' après dinée à jouer à la renette du tablier (échiquier), V, 48.

Renfermé, fermé. Le bonhomme de Sainct-Remy qui s'estoit en son temps trouvé en sept ou huict sièges renfermez (c'est-àdire dans des villes complètement investies), V, 419.

Rengoit^ rangeoit. François I".... rengoit tousjours ce petit roy Charles (VIII) parmi les plus grands roys de la France, II, 319.

Renommer, signaler. Voy. Lieu.

Repasser par le fouet, tancer vertement. Asseurez-vous qu'elle (Catherine de Médicis) la repassa par le fouet (Mlle de Limeuil) à bon escient, avec deux de ses compagnes qui en estoyent de consente, IX, 484.

Repairier^ rapatrier. Mettant (Henri II) aucuns de ses gens de guerre aux garnisons où il estoit besoing et donnant congé aux autres pour s'aller repatrier, III, 276.

Repentante j repentir, regret. Dieu permet qu'elles (les veuves remariées) sont tant maltraictées et rossées comme il faut ; après, les voylà aux repentailles; mais il n'est plus temps, IX, 674.

Repiquet j carillon; de l'espagnol repiquefe. Je n'a vois point faute d'amis, car en un demy son de repiquet de cloche j'avois toujours trois cens compaignons qui se venoient joindre à moy, VII, 49.

Réprimer^ blâmer, reprocher. Sur ce, il (Henri III) s'adressa à Arques et luy monstra et réprima quatre mulletz qu'il avoit d'ordinaire, tant de grandz chevaux, courtautz, oyseaux et chiens et qu'il falloit se retrancher désormais de tout cela, II, 212.

Réprouvé (mettre quelqu'un à sens), le laisser dans son endurcissement, dans son vice. Voy. Rédigé.

Répugner^ contredire, s'opposer; repugnare. Le soir de la bat-* taille gaignée à Ranty..., M l'admirai luy répugna (au duc de Guise) sur un petit poinct que dict M. de Guyze; si que M. de Guyze luy dist : ahl mort-Dieu, IV, 287. Sa sœur (Anne de Beaujeu) qui répugnoit tant qu'elle pouvoit (à la liberté de Louis XII); car elle estoit fort vindicative, VIII, 102.

Résonnrmcni, retentissement. Ayant esté (La Noue) appelle par le prince d'Orange et les Estats des Pays-Bas, sur le résonnement de son nom et de ses beaux faits qui s'espandoient partout, VII, 209.

Résonner^ faire re'sonner. La voix d'un chascun s'alloit espandant et résonnant par la coui-t et parmy la grand' cité, que bien heureux estoit cent et cent fois le prince qui s'alloit joindre avec cette princesse (Marie Stuart), VII, 409. Cf. Raisonner.

Résoudre (se), prendre un parti. Voy Tire.

Respect, considération, motif. Il (le comte de Rhingrave) fut pris à la journée de Sainct-Quantin. Un chascun pensa qu'on le fairoit mourir. Mais..., la guerre ne se faisoit plus contre l'empereur, mais le roy d'Espaigne.... A quoy le roy d'Espaigne y eut esgard, qui ne voulut, par ce respect, souiller sa conscience pour le faire mourir, VI, 222.

Respect de (au), à l'égard de. (Egmont et Horn) ne parlant d'autre chose que de leur faict de conscience et du tort qu'on leur tenoit au resjiect de la fidellité et obéissance qu'ilz avoient tousjours poi'té à leur prince, II, 160.

Respects, égards. Voy. Comment.

Ressnré, strict, sévère. Les refformez chrestiens et ressarez religieux les en louent et disent qu'il faut oublier les ofTances selon Dieu et sa parolle ; cela est bon pour des ermites et des récollez, V, 24a.

Ressa rement ^ retraite, retirement. Voy. Regorgement.

Ressarrer (se), se retirer. Je vis feu M. de Guyze le grand détester ces eslévations (soulèvements) pis que le diable, aux premières guerres que quelques communes d'Anjou.... faisoient autant de maux aux catholiques comm' aux huguenots, et commanda aussitost qu'ilz se ressarrassent, V, 191.

Ressasier, rassasier. Les réaumes de Scicille et de Naples estoient deux trop petis morceaux et réaumes pour ressasier et borner son ambition (de don Carlos), II, 102. Cf. III, 49; IX, 535.

Ressente, récente. Voy. Déporter (se).

Ressentir, sentir. L'empereur luy envoya (à Soliman) faire ses excuses si humbles qu'elles ne ressentoient nullement ce grand empereur, V, 61.

Ressentir (se), s'éprouver. Voy. Trister.

Resserrer, enclore. Voy. Bestial. Cf. Ressarrer,

Ressonger^ réfléchir. Voy. Ohstant.

Reste (à toute), jusqu'au bout. Le roy Charles ... pour jouer son jeu à toute reste contre ceux de la maison de Montmorency, III, 3G3. Oudin explique cette locution par : fort et ferme.

Rctcniplloiij action de retenir, Ladicte reyne (de Hongrie).... fit arrester à ses portz tous les navires françois, à l'appétit de trois pctitz navires flamans arrestez pour trois jours seulement..., combien qu'ilz fussent desjà délivrez et que ceste rétemption fust seulement particulière à Dieppe, V, 3o.

Retenir^ arrêter, empêcher, détourner. Voy. Empérière et Par,

Retentive^ mémoire; en italien ritcntiva; en espagnol retentiva. Pour tout il avoit (le cardinal de Lorraine) un esprit fort subtil, bon jugement et bonne retentive, IV, 27."). L'on m'excusera aussi si je ré[)ette force choses et motz et parolles que j'ay dict quelques fois ; car je ne puis avoir la mémoire ny la retentive si bonne que je me puisse ressouvenir du tout, V, 294.

Retenu^ récalcitrant. Voy. Mener beau.

Retirade, retraite. M. de Bayard qu'il (Bonnivet) engagea mal à propos à Rebeq, qui fut cause de sa retirade qu'il lui falut faire en France, ill, 62.

Retiré^ réservé. Il (le duc d'Albe) paroissoit de bonne façon, mais fort froide et retirée et qui ne s'advançoit pas tant que Le Peloux, I, 9j. Voy. Reffrcné.

Retiré^ éloigné, écarté. Où se treuve-il de telles dames veufves, si vertueuses et si généreuses que celle-là que, pour solemniser la perte du mary...., mena ceste vie retirée de secondes nopces? X, 72. (Le duc de Savoie) nous conta la prise (de la Goulette) et la faute grande de ces Espaignolz ainsi retirez de leur devoir et réputation, VII, 16.

Retirer^ reprendre. Ainsi qu'il (Alviane) estoit sur les dessaings de retirer Bresse et Véronne, II, 198.

Retirer j recevoir. Voy. Désespérer.

Retorser^ tresser ; en italien ritorcere ; en espagnol retorcer. Les gentiles femmes de Cartage.... s'advisèrent de couper leurs belles tresses et blonds cheveux..., si bien qu'elles-mesmes, de leurs belles, blanches et délicates mains, en retorsèrent et en firent des cordes, IX, 423.

Retourner^ remmener, ramener. Après la battaille de Dreux,

l'on voulut pratiquer les siens (les reîtres de Coligny) ; Je le sçay; il les retourna à Orléans, IV, 320. Cf. Ibid.^ 364; VII, 183.*

Retourner^ revenir. Voy. Garde (donner).

Rctractation^ retraite. Elle n'avoit d'autre but (Marie de Hongrie) que de plaire et contenter son frère, et dès meshuy ne contenter le monde, et tenir corapaignie à son frère (Charles-Quint) en sa rétractation et prières, IX, 619.

Eefraictj privé. Voy. Anneau.

Rétribuer^ rendre, donner en échange. L'autre (la reine Louise) pour rétribuer ce présent, luy envoya (à Mai-guerite de Valois) de longs fers d'aiguillettes.... enrichis de quelques perles et pierreries, VIII, 76.

Réunion^ réconciliation. Voy. Parlement.

Rei'aler, tomber, descendre. La Fortune le laissa (Gaston de Foix)..., l'ayant mené et conduict avec des pas douteux et dangers de revaler, III, II.

Revanderesse^ revendeuse. Son père (du mareschal de Raiz) fut banqueroutier à Lyon, et sa mère, M™* du Perron, grande revanderesse de putains j et pour ce le roy Henry la prit en amitié, V, 2o4.

Révérencial^ de révérend. Et (Louis XI) lui (à Bessarion) ayant mis doucement la main sur la barbe révérenciale..., il luy dict : Monsieur le révérend...., II, 348.

Révérentier^ traiter avec révérence. J'ay ouy dire à feu M. de Lansac qui estoit un vieux regestre de la court, que le feu roy François P' disoit que telz grand/ de son royaume, quand ilz arrivoient à la court, ilz y estoient venus et receuz comme petitz roys, c'est-à-dii^e qu'il n'y avoit que pour eux, du premier jour, à estre révérentiez, honnorez, IV, 74.

Revesche^ étoffe de laine. Le lieu de l'exécution (de Marie Stuart) estoit dans la salle, au milieu de laquelle on avoit dressé un eschaffaut..., tapissé de meschante revesche noire, VII, 432.

Revestiaire j vestiaire. Antonio Roques (fameux brigand espagnol).... ayant eu envie de se faire prestre dez sa première profession, le jour venu qu'il luy falloit chanter sa première messe, ainsi qu'il sortoit du revestiaire..., bien revestu et accommodé à faire son office, IX, 444.

Revestitoire ^ vestiaire. Il (Ant. Roques) retourne froidement du my-chemin, et s'en va au revestitoire ; là se dévestit, IX, 443.

Revire-marion^ revers, soufflet. Il ne faut jamais attendre le dernier coup de la fortune adverse, ny de la prospère non plus, car gare le revire-marion ! IV, 52.

Rf'vnralinn, reprise. Ces princes qui font ces revocations de présens (il s'agit des bijoux repris par François I"' à M""' de Chateaubriand) ne font pas comme lit une fois madame de Nevers, IX, 513. Cf. liévor/uer.

Révolter (se), retourner; en ilAVitrvrwoltare. Et ne fit (le baron des Adrets) jamais si mal pour sa réjxitation que, puisqu'il s'estoit mis en ceste dance (le protestantisme), bonne ou mauvaise, qu'il ne la continuas! jusqu'au bout sans changer de party et se re'volter à l'autre. IV, 32.

Rcv'xjuer^ reprendre. Allez, dit-elle (M'"' de Chateaubriand), portez cela au roy et dites-luy que, puisqu'il luy a plu me révoquer ce qu'il m'avoit donné si libéralement (des bijoux), que je le luy rends et renvoyé en lingots d'or, IX, 513. Cf. Révocation.

Rezeur^ pour rezeuil^ filet, broderie. Ma grand' mère,... à qui M. Louys d'Ars.... fit un présent d'un grand linceul de rezeur de soye cramoisie, tout ouvré d'or et d'argent en personnages et de petis bestions, H, 392.

Ribaudaitij à la ribaude. Elle se laissa tomber derrière le cofFre à jambes ribaudaines, IX, 522.

Ribauder^ faire la ribaude. Nonobstant laquelle (sa vieillesse) fut soupçonnée (Béatrix de Tende) de son mary d'aller ribauder ailleurs et pour tel soubçon la fit mourir, IX, 336.

Ribler le pavé^ battre le pavé (comme les filous). Il (don Carlos) aymoit fort à libler le pavé et faire à coups d'espée, fust de jour, fust de nuict, II, 106.

Ribletir^ batteur de pavé. Lorsqu'il (Bellegarde) estudioit en Avignon, il luy advint, comm' est la coutume des escolliers ribleurs et desbauchez, de ribler et battre le pavé, tellement qu'il fit un meurtre d'un autre escoUier, V, 195. Pontdorsé.... a voit esté grand ribleur de pavé à Tholoze, estant escolier, Ibid.^ 414. Cf. Ribler.

Ridicule^ moqueur. En après, d'un visage moitié courroucé, moitié ridicule et de mespris.,.., il luy dict (Louis XI à Bessarion) : Monsieur le Révérend, II, 348.

Rien (il n'y a), il y a un rien de temps. Il n'y a rien que nous avions le roy de Navarre, ares il est pour vous autres, IV, 38.

Rien pour cela^ rien de tout cela^ il n'en arriva rien. Ainsi qu'il fit (le roi de Navarre) envers M. de Beauvais-\angy.... qui le quicta pour aller à M. de Guyze dont il luy en voulut mal mortel jusques à l'en menacer; ce que l'autre craignit fort quand il vint en sa régence; mais rien pour cela, car plus grandz amys que devant, IV, 3G9. Cf. IV, 44.

Rignuler (se), s'ébattre, se donner du bon temps. Quelques mois avant, il recouvra quelque fille de joye belle, qu'il faisoit venir toutes les apres-disnée dans la garenne de son père, car c'estoit en esté, et là il s'esbaudissoit et se rigouloit.... avec sa damoiselle, IX, 519.

Rigoureux, rigide, austère. Voy. Rechignard.

Riote, riotte^ dispute, querelle; en italien riotta. Telles divisions, riotes et contentions, î, 149, note 7. Cf. IV, 177.

Rioteux, d'un naturel difficile ; en italien riottoso. J'ay fait faire ma robbe de la façon que les gens d'armes et cavalliers font à leurs chevaux rioteux et vitieux qui tirent du pied, IX, 129.

RistrCj collet. Une canonnade.... nous tua un capitaine et trois soldatz tout auprès de nous, qui nous couvrirent tous de sang et de chair ; et moy estant plus près de tous, j'euz le visage tout couvert de cervelle d'un, et un ristre de vellours verd, fourré, tout gasté, V, 333.

Rithme, vers, poésie. Il (M. de Nemours) a esté un très beau prince...., aymable et accostable, bien disant, bien escrivant autant en rithrae qu'en prose, IV, 163.

Robe^ marchandise; en italien roha. Il ne fit seuUement (Romégas à un navire vénitien) que commander d'amener, faire sortir la gondolle en mer et scavoir s'il y avoit robe de contrebande,

Robe (tourner sa), changer de face. Monsieur avoit acquis si grand'gloire jusques alors qu'il ne faloit tenter la fortune doubteuse de la guerre, et qu'il ne falloit qu'une heure malheureuse (ju'elle ne tournast sa robbe et ne luy fist un mauvais tour, V, 119.

Robe (changer sa), changer de parti. Le marquis de Richebourg..,, se rendit en un rien si bon capilaine, qu'il est mort (ayant changé sa robe) l'un des bons que le roy d'Espaigne eust là-bas, VU, 212.

Robette^ petite robe. Une procession qui s'y fit (à Rome) de

LEXIQUE. 3o5

trois fois neuf, qui sont vingt-sept, jeunes belles filles romaines..., vestues de robettes assez longuettes, IX, klk.

Robin, niais, sot. Les autres par derrision s'en allarent tourner son nom (de Biron) et y trouvarent par anagramme Robin.... Pourtant il n'en tenoit rien, car c'estoit le plus habille homme de son temps et tout, V, 131, note 3.

Rocqite, rnquCj château-fort, forteresse. Il (J. A. Doria) prit le Pignon de Bellys en Barbarie, qui estoitune rocque inexpugnable.

II, 44. L'un entretint la grande avec tous les respects qu'il

put...., sans faire jamais aucun semblant de s'approcher de près ny vouloir forcer la roque, IX, 406.

Roguer (se), faire le rogue. La Souche, qui faisoit si bien sa myne, et se targuoit et se roguoit..., qu'il ne faisoit cas de personnes, X, b6.

Romance, chanson espagnole. J'ay veu d'autres fois chanter en Espaigne une vieille chanson, que proprement on appelle la romance, VII, 162.

Rommeau. Je n'ai trouvé dans aucun lexique ce mot que l'on peut expliquer par râlc^ en le rapprochant du verbe roumer, « respirer avec oppression et bruit », donné dans le Ghss. du centre de la France, de Jaubert. — J'ay ouy conter d'elle (de Marguerite d'Angoulême ) qu'une de ses fdles de chambre.... estant près de la mort, la voulut veoir mourir ; et tant qu'elle fut aux abois et au rommeau de la mort, elle ne bougea d'auprès d'elle, III, 124

Rompant, fragile, se brisant fîicilement. Voy. Vitrine.

Rnmpement, rupture, violation. Pour imiter mieux son ayeul le brave Charles de Bourgoigne et le bon rompu le roy Louys XI* en leurs faicts et condictions et principallement en rompement de foy, I, 3a.

Rompre, être rompu. Combien avons-nous veu despuys force huguenotz s'estre convertys et faictz bons catholiques I Les chemins en rompent, IV, 307.

Rompre ta guerre, y mettre fin. Voy. Guerre.

Rompre le pas, changer d'avis. Voy. Pas.

Rompu, roué. Le bon rompu roy Louys XP, I, 3o.

Rompure, rupture. Ce grand duc (d'Albe),... n'oublie le voyage de M. deGuyseet la rompure de son desseing, VU, 121. Cf. IX,

3yj6 LEXIQUE.

Ronde/le, rondache; en italien rondella. \'oy. Muscle. Cf. Henri Estienne, p. 278.

Rindrllier, f>firteur de rondelle. M, du Gua se retira gallanternent et en rondellier, cornrn' on dict, V, 3'i9.

Ji''rig/teure^ relranchernenl. Ces pouvres gens (les clievaliers de Malte) ne dévoient point avoir telles rongneures en leur bien,

lioiiier^ routier. Il y eut un vieil rottier, soldat allemant, qui s'advança à luy dire, I, 3ii. Il n'y a nul vieil capitaine, ny rottier, fantassin de guerre, qui ne die que nostre harquebuzerie, le temps passé, n'estoit pas telle «n armes cornm' ell' a esld despuis,

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