‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome, publiées d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Société de l'histoire de France (volume 4)Chapitre 97 sur 181 · VI · texte numérisé non relu

VI

/{c/z/er, tourner. Nous trouvons qu'aucuns de nos roys, et mesmcs de nos modernes, ont estes fort Bubjeclz à changer ainsi la fr^rlune d'aucuns de leurs favorj» et les faire rouer autour de sa roue ainsi qu'il leur a pieu, V, 20o.

Roulfr, dérouler. Voy. iJi-b'/rrir,

Rf/upture, r<iuture^ rupture. Il (d'Aumale) n'estoit pas encf)re bien guéry de sa rupture d'espaule, IV, 283. On l'accuse (Henti II) de la routure de la trêve faite entre luy et l'empereur, 1, 121. Jifjute^ routte^ déroute. Voy, Déiordanner. Cf. IV, 116. Roulure. Voy, Roupture.

R'/viller^ embarrasser; de ViUiVien rov/gtiare. A ce qu'elle me dist après, fut esbahie davantage, quand, sans y penser, elle me veid en ceste noble assistance de fiançailles, la regardant et roviilaat de mes yeux fixement, IX, 667.

Rdjauirit; fie), le royaume de Xaples. En tout ce vf)yage, il ne se présenta que deux beaux sièges, qui furent cel'iy de Valance en Piedmont et celuy de Civitelle ver» le Royaume, VJ, 173. Voy. R'fgne.

Royauté (à la), à la royale, en roi. (Charles IX) parloit bravement, hardiment, autant ou plus à la soldatesque qu'à la royauté, V, 282.

Rubaiiaralif^ rébarbatif. Voy. Rélarbéralif. Ruer jui^ mettre a bas.

Fraricosur y. suit, monte kur Bon-Rfnom, Pour ruer ju» de rsécessilé chauce, X, 107.

Rural. Voy. Ruraut,

Jluraitt^ rural ^ rustique, grossier. Cestuy-cj (Montgommery)..., en devoit faire de niosme, et percer et traverser dix ou douze fois le pays barbare, ruraut et rude des Grisons, III, 292. Cf. VII, 407.

Sarr/ueincns^ gens de sac et de cf)rde. Mesmes que leur butin (des soldats de lîourbon à Rome) ne leur proffirarent point non ])lus qu'à plusieurs massacreurs, sacquemens, pillurdz et paillurdz de la feste de Sainct-Barthélemy, I, 27G.

Sncrjuer (encore usité en Saintonge), mettre ; en espagnol sacar. Je suis si prom[)t de la main (jue, pour le moindre vent qui me passe par les oreilles, je me tourne, je sacque la main à l'espée, VII, 22.

Sacrés volumes (les), les Saintes-Ecritures. Fut faict et presché un beau sermon par le vénérable confesseur du roy, maistre Parvy, docteur fameux es sacrex vf)lumes, VII, 323.

Sdcristant^ sacristain. C'est ceste-cy (cette épée) avec laquelle on tua le sacristantde Sainct-Luce, VII, 47.

Saffran (être au), être dans la misère, faire banqueroute. Un que je sray du règne du roy Cbarles Xl% de qui le père estoit un banqueroutier, le lils pauvre et au saffran, lil, 75. Cf. IV, 330. Voy. Tapis.

Saffrette, pimpante. Au partir de là (du lit), bien habillées, elles sont safTrettes comme poupines, et d'autres fardées et pintrées comme images, IX, 279. Cf. Ibid.^ 469.

Sage, savant. Voy. ascendant.

Saigner^ blesser, tuer. M. de Guyze, oyant la rumeur...., sort l'espée au poinct, appaise le tumulte (à Vassy) et ne saigna jamais personne, IV, 236.

Saillie, sortie, attaque. Voy. Marine,

Soinciurc^ sainture, ceinture. J'avois, par cas, à la saincture pendue la clef dorée de la chambre du roy, V, 208. Cf. IX, 638.

Sainttire (laisser la), faire cession de ses biens. Voy. Quinquenelte.

Saison (la vieille), l'âge avancé. La grande industrie qu'elle (Ceztmnia) avoit pour l'exercer (la paillardise), que la vieille saison et pratique luy avoit apportée, IX, 333.

SaUiudcment, d'une façon sale. A quoy le badin fat Diogène Cinicus rencontra badinement, mais salaudement pourtant, IX, 233,

Sallaudir (se), se salir. Voy. Suspend.

Sallaudrie^ saleté. Un jour la reyne (Anne de Bretagne) luy

aiant demande (à orignaux) quelques mots en espagnol pour les dire à l'ambassadeur d'Espagne, et luy aiant dit quelque petite sallaudrie en riant, elle l'apprit aussitost, VII, 317. Voy. Arzille.

SaUctte^ petite salle; en italien saletta. Ainsi qu'est la coustume et la grandeur de la dame d'honneur de manger tousjours à un autre table, dans la mesme salle ou sallette de la reyne, sa maistresse, II, 236.

Solvation^ salut. C'estoit un traict plus d'un fin et rusé capitaine que non pas d'un zellé et curieux de la salvation de son compagnon, iM. le connestable, IV, 247. Cf. VI, 312, VII, 43. Voy. Obruer,

Sang (sujet au), sujet à verser le sang. Le roy Henry d'Angleterre fit mourir sa femme et la décapiter, Anne de Boulan, pour en espouser une autre, ainsi qu'il estoit fort sujet au sang et au change de nouvelles femmes, IX, 24.

Sanglant^ sanguinaire. Si M. le marquis (de Marignan) et le duc de Florance fussent estez aussi cruelz et sanglantz comme ilz furent gracieux et courtois, IV, 47. Cf. IX, S.

Sans qucj sans cela que. Il (Nevers) prit aussi la Ganache (La Garnaciie) et autres places ; et sans qu'il fust mandé par e roy, amprès la mort de M. de Guyre, pour aller secourir la citadelle d'Orléans, il eust faict autres conquestes, IV, 383.

Saoul. Voy. Benoît.

Sapper^ piocher. Voy. IX, 562,

Saquebutier^ joueur de saquebute (espèce de serpent d'église).. Clairons, trompettes, saquebutiers, tabourineurs, harpeurs, II, 301^

Sarré, serré, enfermé. Comme les espicz de bled, emprès qu'ilz sont moissonnez, cuyllis et les blex sarrés, I, 213. Et estoient tous sarrez dans les forts, I, 263.

Sarréj fermé. En les menant pourmener (les femmes mariées) partout sans leur faire tenir chambre sarrée, comme l'on fait à Rome, I, 273. Cf. III, 100.

Sau^ sel. Voy. Diantre.

Saugrener^ assaisonner. Et Dieu sçait quand leurs maistres (aux écolières) veulent estre meschans et qu'ils font de telles leçons à leurs disciples, comment ilz les sçavent saugrener et donner la sauce, IX, 372.

^ai/grene/zx, piquant, salé, saugrenu. J'en eusse allégué d'autres encor (des contes) eijcor plus saugreneux et meilleurs, IX, 230.

M, de la Roche-du-Mavne jiiroit : « Teste-Dieu pleine de reliques,».... et autres que je nommerois plus saugreneux que ceuxlà, II, 398.

Sau/)ifjuet^ sauce piquante; conte gras en saupiquet ^ conte épicé. Je prie toutes les honnestes dames qui liront dans ce chapitre aucuns contes.... me pardonner s'ilz sont un peu gras en saupiquet, IX, 229.

Sauvagine, bête sauvage. Après plusieurs et diverses morsures (le chien) l'aterra (un cerf) finalement, comme il avoit faict la sauvagine du matin (un loup-cervicr), X, 110.

SauvCj sauf. Dans deux coujis l'autre demeura roide mort sur la place, et La Chapelle sain et sauve se relira, VI, 3o6.

Sauveté, sauvette, salut, action de sauver, sauvelage. De peur que.... l'universelle sauvette de la fortune publique ne tombe en danger irre'parable, I, 201. Voylà une très belle recognoissance de courtoisie et sauvette de vie, IV, 226.

Sauveté, sûreté. Voy. Grabouil.

Sauvetc (à), en sûreté, hors de péril, avec garantie de la vie. Estant parti (Henri III) de Pouloigne à la dérobée et grandes traictes, il se vint jetter, quasi par manière de dire, dans ses bras (de Maximilien II), à sauvette, I, 89. Il (Castelnau) se rendit, sur la paroUe dudict M. de Nemours, à sauveté et qu'il n'auroit aucun mal, III, 182. Cf. I, 2ol. Dont fallut qu'il (ïhoré) se retirast en Allemaigne en sauveté, tant pour le danger que pour y dresser et amasser une petite armée, III, 37o.

Saye, espèce de casaque. L'empereur marchoit monté sur un fort beau genêt d'Espaigne.... armé de fort belles et riches armes d'orées et couvertes d'un saye de drap d'or, I, 43. Cf. Séon.

Scabreux^ difficile; en italien scabroso. Voy. Exate. Cf. Escahreux, Scalabreux .

Scalahreux, scallabreux, dangereux, difficile. M. le vidasme (de Chartres).... disoit qu'il en avoit vende fort belles et chaudes (escarmouches) en son temps, mais n'en avoit jamais veu une si scalabreuse que cela, III, 370. Aussi disoit-on de luy (La Chastaigneraie) qu'il estoit trop haut à la main, scallabreux et querelleux, V, 87. Cf. Escaltabreux.

Scalabreufcnierit, dangereusement. M. de Guise en ayant longuement exercé la charge (de commandant des gens de pied) et fort scalabreusement, III, 227.

Scaldatif^ échaiifTant. De bons grands pastez, que l'on a inventez depuis quelque temps, avec force pistaches, pignons et autres drogues d'a|)oticaiies scaldatives, IX, 221.

Sçaroit^ sauroit. Voy. Innoble.

Sçtivnir^ oser. Voy. Ordre.

Scavoir mon (à), c'est à savoir. J'ay veu faire une demande et dispute à scavoir mon : s'il est permis de punir des poltrons qui ont fuy des battailles, IV, 19. Assçavoir mon, si l'empereur se fust tant advancé en parolles, III, 100.

Scavous pas (ne), ne savez-vous pas. Ne sçavous pas l'ordonnance qui a été faite, de ne sortir sans passeport du prévost des marchans? VII, 87.

Scisme^ schisme; en italien scisma; en espagnol cisma. Voy. Diversion. Cf. Siiniatif/ue.

Scander j seconder. Une (dame) que je sçay, laquelle estant à la suite d'une grand' dame mariée, ainsi que ceste grande dame fut surprise dans sa chambre par son raary, lorsqu'elle ne venoit que recevoir ung petit poulet de [)apier de son amy, vint à estre si bien scondée par ceste soubz-dame, etc., IX, 549. Voy. Se^ conder.

Séance^ ce qui sied, ce qui convient, convenance. Voy. Proprêté.

Seconder^ servir de second. Voy. Tiercer. Cf. Sconder,

Secourir, venir en aide. Voy. Jnesgal,

Secours (envoyer au), envoyer demander du secours. Voy. Envoyer. — Brantôme emploie aussi dans le même sens l'expression courir (recourir^ au secours.

Secret, caché. Voy. Mire.

Segrétajre. secrétaire. A ce que j'ay ouy dire à ce grand M. de Vyginaire, son secrétayre et grand favory (du duc de Nevers), IV, 377,

Segrète on secrète, espèce de casque appelé aussi pot de fer. Azevedo s'estant entré dans le camp, le prieur de Messine vint porter deux segretles et deux rapières bien tranchantes, VI, 2o8.

Seillau, seillatid^ seau. Le page.... tire de l'eau du puis d'Aysnay mesmes, et ainsy qu'il ad visoit le seillau dans le puis, III, 176. Cf. IX, 276. 712.

Séjour (être de), séjourner quelque part. Quand ils estoient de séjour (Guise et La Brosse) et qu'Uz n'avoient rien affaire que

passer un peu le temps, vous les eussiez veuz tous deux consommer un' après dinée à jouer à la renette du tablier, V, 48.

Selon qiie^ d'après ce que. Voy. Dire (avoir à).

Seiiihlnnce^ ressemblance, image, portrait. C'est un très bon et gracieux prince (Montpensier), vraye semblance de ce bon roy sainct Louys, V, 26. Cf., II, 320; X, 70.

Semblant^ mine, visage; dans le sens de l'italien semblante et de l'espagnol semblante. La dame pour cela ne luy en fit (à Brissac) mauvais semblant ; mais elle mourut quelque temps après, VI, 143.

Sembler^ ressembler. Et disoit le roy François qu'ainsy il falloit régner; qu'il (Louis XI) sembloit un juge de Montravel en Périgord, II, 346.

Semonil^ ça mon, oui, vraiment. Semond, semond ; ouy, ouy, nous en sçavons et en faisons de bonnes ; car nous sçavons des secretz que tout le monde ne sçait pas, IX, 370.

Sénateur^ magistrat. Le roy luy donna (au prince de Melfe) pour commissaire et adjoint le président Cote!, très habile auvergnac et grand sénateur, H, 231. Cf. VI, 367.

Sens (perdu de). Voy. Perdu.

Sens froid ^ sang- froid. Puis luy demanda de sens froid (une dame à François I") comment il vouloit qu'elle le servît, IX, 480.

Sens réprouvé. Voy. Réprouvé,

Sentence^ décision, volonté. Voy. Impériosité,

Sentencier^ condamner. Plusieurs disoient que s'il (D'Amville) fust mort de ceste poison, que M. de Montmorency fust été sentencié, III, 36"). Le lendemain de sa prise, il (G. Pizarre) fut sententié à mort et à estre décapité, VII, 97. Voy. Esgard.

Sentiment^ ressentiment. Voy. Parti,

Sentir^ entendre ; en italien sentire. Le marquis (del Gouast) vint trouver le roy, lequel le sentant venir, vestu d'une belle robe fourrée de martres subelines, et un chapeau de plumes à la soldade, l'alla recuillir jusques sur le perron de l'escalier, I, 208. Cf. II, 170; VIII, 124. Voy. Locataires.

Sentir^ paraître. Desquelz (des violons de Brissac) en ayant esté faict grand cas au feu roy Henry et à la reyne, les envoyarent demander à M. le mareschal pour apprendre les leurs qui ne valoient rien et ne seatoient que petitz rebeczd'Escosse au prix d'eux, IV, 82.

;{fi2 LEXIQUE.

Sentir^ être toucliéj se ressentir. Voy. Foguer. Sénn^ sayon, espèce de casaque. Hz estoient accouttrez de..,. mantellines, se'ons de drap d'or, de vellours ou satin de'coupez, II, 304. Voy, Plumar.

Séparé, éloigné. Voy. Rébarbératif.

Séparer le combat^ séparer les combattants. Enfin la nuict arrive et sépare le combat, VII, 289,

Serayne^ sirène. Faut qu'ilz bouschent leurs oreilles, comme on fait au chant des seraynes, Vil, 03.

Sercot, surcot. Ladicte effigie (de la reine Anne) estoit.... vestue dessoubz d'une cotte de drap d'or, et dessus un grand sercot de vellours cramoisy de pourpre, VII, 322. — On lit dans Oudin, et sans autre définition, au mot surcot : « Un surcot que les reines mettent et vestent sur leur cotte. »

Serée^ soir, soirée. Comme fit ce brave Philippe de Vallois après la battailie de Crécy, qui, après avoir combattu tout ce qu'il se pouvoit jusques à la serée, II, 73. (M. d'Imbercourt) n'aymoit point aller aux matinées ny serées, ny prendre tant ses aises aux frescheurs, II, 40>^.

Séreineté^ sérénité. Son beau visage blanc, qui ressembloit un ciel en sa plus grande et blanche séreineté, VIII, 37.

Scrinsité^ chose sérieuse; en italien seriosiih. Il y a de la sériosité et de la joyeuseté mesiées enseml)le, VII, 3.

Serpentin, pièce de la platine du mousqiiet où l'on appliquait la mèche allumée. La niesche de l'harquebuz se portoit parle soldat toute entortillée en rondeur dans le bras, fors le boutdelamesche que l'on tenoit en la main, pour la mettre au serpentin, VI, 73.

Serré. Voy. Donrois^ Sarré.

Serfiable, de serf, servile. Je me puis servir de vous autres en telle et vile condition serviable qu'il me plaira, VIII, 177.

Serfiable^ digne d'être servi. Cette dame (Diane de Poitiers) emportoit tousjours les plus belles fleurs de son jardin (de Catherine de Médicis) ; ce qui faschoit fort à la reine, car elle se sentoit aussi belle et agréable que serviable, et digne d'avoir de si friands morceaux, IX, 283.

Ses^ pour ces. La confusion, au point de vue orthographique, du pronom possessif et du pronom démonstratif, est très fréquente dans les écrivains du XVP siècle, et il faut y faire une grande attention, car elle peut souvent être la cause de graves erreurs.

Seurté^ sauf-conduit. Je me defEois (dit Sforce à Charles-Quint) de vos capitaines et généraux qui m'ont faict tant de tort, et m'en eussent faict de mesmes, m'estant mis en chemin sans votre seurté, II, 21G.

Sij signe, marque. S'il l'eust bien veue et recogneue toute nue (un mari sa femme)..., il l'eust cogneue à plusieurs sis, possible, IX, 68 ; ibid., 500. Cf. VIII, 96.

Si^ condition, convention. Et despuis, par traitté, nous nous sommes dellivrez par tel si : Fouille et Calabre luy demourent (à Charles de la Paix), VIII, 163; IX, 6.

Si, défaut. On ne donna que ces deux sis à ce grand roy Anthoine, sinon aussi qu'il estoit fort adonné à l'amour, IV, 370. M. de Montpensier..,. a esté un prince qui en ses colères a esté fort subject à gourmander et offenser les personnes : aussi n'avoit-il en luy autre sy que celuy-là, VI, 493. Cf. VII, 312.

Sij six. La première fois, il (Valesergues) y mena (en Turquie) si braves soldatz et un capitaine, V, 388.

Sij pourtant. Si ceste bataille luy fut malheureuse pour sa prise (la prise de François I" à Pavie), elle luy fut bien autant heureuse si après ce malheur.. , pour avoir esté estimé le plus vaillant homme de son royaume, III, 148.

5/, ainsi. Si ay-je ouy dire à un grand personnage théologien, V, 148.

Si bien que^ quoique. On vist aux pleines de Farsalle, mesmes Romains, dit Lucain, mesmes aigles, mesmes armes et pareilles ordonnances et formes de guerre, si bien que Pompée mit force estrangers ramassez et vraie racaille, IV, 336.

Si que^ si bien que. On sçait aussi comme il (Charles-Quint) brava et menassa la France... ; si que ces parolles hautaines et rodomontades braves donnoient un grand effroy partout, VI, 215. Voy. Brac^ Désagréer^ Irrecognoissablc^ Perrucque.

Si très tant^ tellement. On les suivoit (les reitres) par les pistes de leurs chevaux las, boiteux, qu'on trouvoit par les chemins, si très tant que la pluspart.... les laissoient à l'abandon, IV, 321.

S'il (pour ce il], à ce qu'il. La mer estoit si haute qu'elle nous pouvoit adonq' couvrir, s'il nous sembloit, VIII, 163.

Sie-cngue (faire) (pour scie-vogue), virer de bord. Dragut fit lever l'ancre et faire sie-vogue, tant qu'on l'eust perdu de vue, II, 52, note.

Siedsnir^ seoir. S'il \ny (au cardinal de Châtillon) siedsoit bien de tenir une si grande dignité ecclésiastique et en exercer la religion contraire, If, 239.

Sien^ à soi. Sien nonpareil, qui est inférieur à soi. Voy. Nonpareil,

Sigillé, ciselé; sigillatus. Il (le duc d'Anjou) achepta d'un orfèvre une très belle coupe d'argent doré .., la mieux élabourée, gravée et sigillée qu'il estoit possible, IX, 43.

Signallément, d'une manière signalée | en italien segnaMtamente, en espagnol sennladamente. Le plus grand roy de toute l'Europe pris en une battaille signallément par la vertu de ceste grandissime nation, I, 232. Voy., sur l'introduction du mot signalé^ H. Estienne, p. 72.

Signe, cygne. L'autre (tableau) d'un Mars couché avec sa Vénus, l'autre d'une Lœda couchée avec son signe, IX, SO.

Signet, seing, signature. Une chose que j'ay notté en ses lettres (celles de Louis XI), c'est qu'en une centaine que j'en ay veu, au diable le seing d'un seul signet, ny le sien particulier que j'y aie veu, II, 334. C'estoit l'homme du monde (Saint-Martin) qnicontrefaisoit mieux toutes escritures et signetz, tant vieux que nouveaux, IV, 117. Cf. Ibid., 32o.

Siller, fermer.

Ores bien que j'ay mes yeux sillez pour désormais, X, 81. (Nous n'avons plus que le \erhe dessiller.) Simplesse, simplicité. J'en ay veu plusieurs refTuser des places de capitaines, pour demeurer en leur simplesse de soldatz, tant ilz s'y plaisoient, V, 367.

Sincérité, pureté. Si fut aussy respandu sur leurs cheveux force cynamome d'Ethiopie, l'odeur et la sincérité duquel n'avoit point esté altérée ny gastée par l'attouchement des hommes, X, 26-27. Singesse, femelle du singe. En son bras gauche (le grand prieur) avoit, au lieu d'un petit enfant, une petite singesse, qui estoit à luy, IV, 160.

Sinon, personne que, rien que. Et n'aiant (Louis XI) auprès de luy, sinon son fui qui le descouvrit, II, 329, note 3.

Sismati(/ue, schismatique ; en espagnol cismaiico. Ayant (Urbain VI) pris prisonniers sept cardinaux sismatiques et bandez contre luy, en fit jetter à Gênes quatre au sac dans l'eau, II, 200. Cf. Scisntc.

Snîdnde (à la), à la soldat; de l'espagnol joWatfo. Voy. Sentir.

Soldodesque^ de soldat (en bonne part). Ceux ausquelz il (Guise) leur apercevoit une bonne façon et grâce belle soldadesque, les caressoit bien fort, V, 373.

Soldadiii^ soldat; diminutif de l'espagnol ioWac/o. Un capitaine, enfant de Poictiers, qui s'appelloit La Roue, gentil soldadin certes, mon grand amy, II, 46.

Songeait, snngeard, endormi. Voy. Lentitude, et Sourdaut.

Son^eart^songeard, méditatif, rêveur. Estant (Cliarles IX), fort ouvert, prompt et actif, vigillant, esveillé et peu songeart, comme doit estre tout dissimulateur, V, 2j4. Voy. Bizarre.

Son»/ieuXj soigneux. Quand il (iMonigommery) avoit une fois le cul sur la selle, c'estoit le plus vigillant et songneux capitaine qu'on eust sceu voir, IV, 3j9. Cf. IX, 54,

Sonner^ jouer. Les violons montans jusques à une trentaine, sonnans quasy un air de guerre fort plaisant, VII, 371. Cf. IX,

Sonner^ résonner, Voy. Raisonner.

Sonneur de cornet^ joueur de cor. Voy. Harpeitr,

Sotterie^ sotie, farce théâtrale. Paradvant on ne parloit que des farceurs, des conardz de Rouan, des joueurs de la basoche et autres sortes de badins et joueurs de badinages, farces, mommeries et sotteries, III, 2j6.

Soubitenir, soutenir. Voy. Condictionner.

Soubz-dame, dame suivante. Voy. Scondé.

S'iucier (se), avoir du souci, s'affliger. Elle print (Valentine de Milan) un chantepleure ou arrousouer pour sa devise, sur le hault de laquelle estoit un S en signe.... que seulle souvant se soucioit et souspiroit, VII, 3j0.

Soudurdatlle (la), les gens de guerre, les soudards. Pour pratiquer si souvent la gendarmerie et soudardaille, elle (Eléonore de Guyenne) se laissa fort aller à son honneur, jusqu'à là qu'elle eut à faire avec les Sarrasins, IX, 433.

Souefve^ suave. On ne vist que dragée de toutes sortes plouvoir et gresler, et..., plouvoir amprès toutes sortes d'eau de senteur, si bonnes, si odorllférantes et si souefves que la compaignie en demeura en toute admiration, VI, 116.

Su uffrener^ gémir ^ soupirer. Elle (M'^'d'Uzès) s'eslant despartye d'auprès de lui (François 1"), se mit à faire semblant de plorer,

se tourmenter et crier, et souffrener, comme si ell' eust senty quelque grand mal ou fortune, III, 91.

Sou [fret cil. r^ plein de souffrances. Auquel voyage (d'Italie) fut (Louis XII) en plusieurs périlz et dangers, tant sur le combat qu'il fit.... que pour la fiebvre qu'il y eust et le souffreteux siège de Novare, où il mangea jusques aux chats et aux rats, II, 3d9.

Souffrir, endurer. Mal aisément il souffroit en jeu, quand on le vouloit picquer ou par trop agasser, VI, 144.

Souplesse, tour d'agilité. Gentilz compaignons qui avoient bons corps pour fayre souplesses, II, 301.

Souppe à quelqu'un (donner une), l'appaiser en lui donnant un morceau. On leur donna à tous deux (Montpensier et le cardinal de Bourbon) ceste petite souppe à la gorge (ainsi parloit-on) qu'ils seroient les chefs du Conseil, Et sur ce encor, la reyne les sceut bien mener et plastrer, qu'ilz se sentirent encor très heureux de ce petit morceau, V, 14.

Souppée (la), le souper. Par ainsi se passa la souppée aux despans des capitaines de Piémont, IV, 78.

Sourdaut^ silencieux, taciturne ; en espagnol sordo. Telle humeur active lui plaisoit fort (à François P') en ses enfans, et aux gentilhommes françois, ne les estimant point s'ils estoient songeards et sourdauts et endormis, III, 180.

Sous quelqu'un (danser), danser aux sons de sa musique. A M. d'Estrozze il (Charles IX) luy fit donner un luth.... et dist audict M. d Estrozze qu'il en jouast. .., et puis commanda à M. de Brissac de danser soubz luy, VI, 142.

Soustenemcnt, action de soutenir, de supporter. A toute heure, ilz (la garnison de Metz) faisoient des plus belles sorties du monde qui valoient bien des soustenemens d'assautz, IV, 190.

Soustraire, extraire. Et sur ce (les prédicateurs) s'aydoient de quelques passages qu'ilz alloyent soustraire de l'Escriture Sainte pour leur faire trouver la sausse bonne, I, 123.

Souveraineté, souverain. Pour retourner encor aux obligations, qu'aucuns publiant et cellèbrent tant, que nous devons à nos pays et à nos souverainetez, en quoy peuvent-elles estre si grandes? VII, 236. Voy. Supériorité.

Soyent-ilz, quels qu'ils soient. Tous et toutes, soit grands on grandes soyent-ilz aujourd'huy, paressent auprez d'elle (Jeanne de Naples) comme une petite estincelle, VIII, 175.

Sopposer^ supposer; en xidiW&n snpponere. Voy. Compo.seur.

Snudre, sourdre. Et si en cuida soudre entre deux frères (Henri III et Henri de Navarre) quelque contention sourde et hayne, VIII, 68.

Spalverarle, le même mot que rspalverade . Voy. ce mot. En

voyià sortir six (galères) lesquelles n'estoient des pires choisies,

mais très bien spalverades, IV, 151.

Spéciautéj curiosité. Pour sa souvenance, il (le cardinal de Bourdeille) ne nous laissa que son chappeau do cardinal que nous gardons par grande spéciauté, HI, 112. Je luy ay ouy dire aussi (à La Garde) qu'il avoit veu au Grand Seigneur un pennache de plumes de phœnix, et qu'il luy avoit fait monstrer par grand' spe'ciauté, IV, 142. Cf. IX, 45.'

Spécieux, beau ; dans le sens de l'italien spezioso. Mais c'est chose trop spécieuse qu'une couronne pour demeurer si conscientieux (à tenir sa parole), VIII, 191. Nom (celui de gueux) certes vil, par trop bas, fatal et malheureux, bien différent de celuy qui est venu après, qu'on nomme Estatz, nom certes plus beau, plus spécieux et plus heureux que le premier, H, lo3:

Spirituel (chevalier), chevalier du S. Esprit. Les pages.... de tout temps ont poccession de faire la guerre aux passans parmy eux, mais non si cruelle ny si scandaleuse, comm' ilz firent à ce pauvre hère de chevallier spirituel, V, 108,

Stase, extase. Ce que l'autre (l'amant) accomplit, demeurant toute la nuict en grand' stase, tentation et continence, IX, 6. Cf. Estaze.

Strette^ accident, mésaventure; de l'italien stretta. C'est ast' heure à penser, quand le marquis (de Pescaire).... sceut cette strette, le contentement qu'il eut et la risée qu'il en fit, I, 234, Les Espagnolz disent qu'après que ceste strète et mocquerie fut faicte par Charles de L'Annoy à tous ces grands capitaines, I, 227. Cf. VI, 389. Voy. Estrette.

StYgien^ du Styx. Voy. Oublieux.

Subelin. Voy. Suhlin.

Subeline (martre), zibeline. Voy. Sentir.

Subj'ectj assujetti. Voy. Eschapper et Sujet.

Subjection^ sujétion. Si bien que les Ferruccys qui paradvant la tenoient en subjection (Civita Castellano), II, 203. Cf. X, 37. Voy, Suspect.

Sublin^ suheli'n^ habile. M. Marillac, qui estoit subelin à bien parler, I, 83. Voy. Talent.

Suh//n, subtil, fin. Le roy en trouva le mot très bon, comm' il estoit, et subliii, et toute la compagnie, III, 217.

Stihlin^ sublime. (Charles-Qiiint) fraia le cliemin à tous les plus sublins espritz de la terre et leur monstra que, pour gaigner le ciel, il faut fouler aux pieds les grandeurs de ce siècle, I, 57, note.

Sujet «, expose' à. Une fort belle et grande dame que je ne nommeray point, estant fort sujette aux médisances, quitta un serviteur fort favory qu'elle avoit, le voyant mol à départir de la main et ne braver et ne quereller, pour en prendi^e un autre, IX^ 401. Cf. Ibid.^ 469.

Sujet au sangj voy. San^.

Sujet (se rendre), s'assujettir. Le roy disoit que M. d'Espernon ne s'y rendoit pas subject (à sa charge de colonel) et qu'il s'amusoit trop aux autres grandz charges qu'il avoit touchant ses gouvernemens, VI, 103.

Sumerger^ submerger. Voy. Obruer.

Sumité, sommité. Renaud.... luy paracheva de parler et dire qu'il sçavoit combattre estant caché parmy les bois, et semblablement sur la sumité des montaignes, VI, 392.

Superbelé^ supcrbité, magnificence. Après avoir bien recogneu (Charles -Quint) la grandeur, la fertilité, la beauté et superbeté et forteresses des villes (de Flandre), I, 36, note 2. Cf. II, 304, IV, 149, IX, 636.

Supercherie. Voy. Or ion.

Voici comment l'un des interlocuteurs des Dialogues de II. Estienne, Celtophile, explique ce mot qui comme la chose qu'il exprime « a eu sa naissance en Italie : jj « Supercherie, dit-il, c'est à mon avis quand quelqu'un vient assaillir un autre sur lequel il a avantage. Or, vous sçavez qu'on peut avoir tel avantage en diverses sortes, mais en deux principalement : sçavoir est, quand on est en plus grand nombre, ou quand on est mieux armé. Et e:)core plus grande est la supercherie quand ceux qui sont armez se ruent sur ceux qui du tout n'ont point d'armes, ou quand plusieurs se ruent sur un seul » (p. 56, 57). Voy. encore p. 59, 603-605, au sujet de l'emploi de ce mot avec le sens

de tromperie, de fraude, que nous lui donnons aujourd'hui et qui alors était tout nouveau.

Supériorité^ puissance; en espagnol superioridad. Certainement ilz pouvoient esviter le danger préparé et fiiyr la fureur de la patrie et de la souveraineté irritée..., afin de donner occasion à leur supériorité de s'appaiser, Vil, 238.

Siipernaturel, surnaturel. Il (Saint- Martin) sçavoit beaucoup de secretz naturelz et supernaturelz, IV, 117.

Super numéraire^ surnuméraire. Ledict sieur d'Aluye arrive, qui promet audict sieur de Bourdillon un estât de mareschal de France, le premier vacquant, voir un supernuméraire, V, 76.

Supp'-ditery mettre sous les pieds, dompter. Si vous estiez bien uny avec vostre roy et frèr3, vous nous fairiez à tous la loy, et nous braveriez et nous suppéditeriez tous, V, 143. Cf. IX, S9.

Supporter^ soutenir, appuyer. Voilà pourquoy ledict prince (de Portien) couroit grand' fortune et avoit tort d'avoir voulu braver, bien qu'il fust assez supporté de messieurs de Guise, VI, 491. Cf. X, 72.

Sur^ pardessus. Voy. IX, 561,

Sur ses j'ours^ à la fin de ses jours. Voy. Délices.

Surcéer, surseoir à. Et pour ce (les juges de Salvoyson) surcéarent la sentence, IV, 104.

Surpassé de^ supérieur à. Advant ces deux grandz capitaines et corsaires Dragut et l'Ouchaly.... avoit esté ce grand Barberousse, le surpassé de tous deux..., duquel.... le monde sçache que jamais des Romains ny des Grecs.... il n'y en a eu de tel, II, 67.

Surpelj^ surplis. Elle (une carpe) à tous coups, soubs sa robe (la robe d'un prêtre) et surpely, levoit la queue, III, 284.

Surprendre^ tromper. Voy. Double.

Survenir j subvenir. S'il faut vendre de son bien pour survenir à un voyage de cour ou de guerre, IX, 173.

Sus^ sur. Que maudite soit-elle (la mort) qui me le ravit (le duc d'Anjou) et à d'autres honnestes gens qui avoient mis sus luy leur confiance comme nioy, V, 209.

Sus (mettre à), imputer, reprocher. Louis XIP succéda à Charles sans aucune contradiction que aucun s'y opposast, en luy mettant à sus le port d'armes contre son roy et sa patrie, II, 357,

Sus (à), sus. Voy. Assus.

Sus bout. Voy. Bout.

Susannc, suzanné, chargé d'années, suranné. Elle (Marguerite d'Angoulême) trouva ce mot (l'annonce de sa fin prochaine) fort amer et reppéta,... qu'elle n'estoit point encor' tant susannée qu'elle ne peut encor' bien vivre quelques années, VIII, 122. Je m'estonne que ces femmes qui sont si chaudes et si promptes à se remarier, et mesmes ainsi suzannées, IX, 687.

Suspecta^ soupçonneux envers; en italien sospettoso. En son adolescence il (Louis XII) fut tenu soubs la subjection du roy Louys XP, prince très austère et suspecta ses parens, II, 358.

Suspend^ en suspens, incertain. Délibérant qui çà qui là, (Pescaire) mouvoit son esprit suspend et doubteux par la nouveauté et grandeur de l'affaire, sçachant bien que les louanges de tant de vertuz qu'il y a se sallaudissent et s'enlaidissent fort avec le seul crime de trayson, I, 192.

Suzanne. Voy. Susanné.

Sy. Voy. Si.

Table j planche. Elle (la reine de Hongrie).... lui représenta (à l'empereur) après disner un chasteau faict de tables peintes en façon de bricque, III, 239. Cf. IX, 268; X, 50.

Tablier^ échiquier. Voy. Renette. Cf. IX, 231.

Tahut, cercueil. Voy. Tau.

Taisa (se), se tut. Par ainsin, elle (Marguerite de Valois) se taisa, et M""* de Dampierre se retira, VIII, 65.

Taise ^ tû. Si les dictes escritures espaignoUes ont taise son nom (celui de Montluc), I, 300. Cf. IV, 236.

Talent, tallant^ argent, bien, marchandise (allusion au talent de l'Évangile). Un bancquier ou marchant signallé..., s'il n'a des facteurs habiles et sublins pour faire valoir. ... le talent de leurs bancques et de leurs boutiques, IV, 72. Son grand-père fut musnier à deux lieus près de Florance, d'un moulin où il (Raiz) se retira durant la Ligue, n'osant demeurer en France ; mais il y laissa sa femme pour y faire valoir son tallant, V, 253. Cf. VI, 101; IX, 546. Il

Tallent (mal), mécontentement, mauvais vouloir. Voy. Mal tallent.

Tamisé (au figuré), discuté minutieusement. Nous autres petits.... ou il se faut battre, vanger et mourir, ou en sortir par des accords bien pointillez, bien tamisez et bien solennisez, IX, 449.

Tancement^ réprimande. J'ay ouy dire du roy François qu'il fit une grande re'primande et tancement une fois à un chevallier de son jeune temps, V, 99.

Tant, autant. Il (Condé) manda audict mare'chal (Vieilleville) qu'il avoit tant fuy qu'il avoit peu (pu) et que terre luy avoit duré, V, 52.

Tant (A), cependant. Voy. A tant.

Tant (de), d'autant. Voy. Vénus.

Tant.... comme, autant... que.

Frère, j'abhorre tant ma demeure première

Comme j'estime autant ma demeure dernière, X, 76.

Tant sij aussi. Voy. Coquin.

Tante, tenture. Entr'autres y avoit une tante de tapisserie de la battaille de Farsalle, V, 30. L'église (à Malte) estoit parée et tapissée d'une fort belle tante de tapisserie, Ibid., 231.

Tapis (être au), être à l'extrémité. Hz (les Rochellois) estoient au tapis pour les poudres, IV, 39. Cf. V, 330 ; IX, 101.

TardancCj lenteur; en italien et en espagnol tardanza. Geste tardance et temporisement valloieut beaucoup, I, 155-156. Voy. Poste (A).

Tardivettéj lenteur. Voy. Pestilential.

Targue^ targe. Une targue ou pavoys le long d'un bras, III, 2î^l . Targué^ couvert d'une targe. Ce sont (les petits hommes) des mirmidons targués pour faire la guerre aux grues, VII, 110.

Tarrotté^ marqué de tares. Tant d'autres (dames) y a-il.... qui sont viciées, tarrottées, marquetées et marquées, IX, 278.

Tartre bourbonnoise, bourbier, fondrière. (Les royalistes au combat de Saint-Yrieix) furent deffaictz par l'infanterie et harquebuserie, pour s'estre perduz et engagez, sans y penser, dans certains petitz maretz et tartres bourbonnoises, IV, 209. — Dans la 29' nouvelle de Bonaventure Despériers, il est question d'un âne fantasque qui, à certains moments, plantait son cavalier a en un fossé ou en quelque tartre bourbonnoise », et l'éditeur, La Monvoye, met en note (éd. 1723, in-12, t. I, p. 300) : « Tartre bourbonnoise, c'est un boui'bier tel qu'il s'en trouve en divers endroits des chemins du Bourbonnois. Le dehors qui en paroit beau, sec et uni, ressemblant à une grande tarte, invite à passer pardessus ceux qui ne connoissent pas le terrain. » Ajoutons que l'on désignait aussi sous le nom de tartre bourbonnoise une certaine pâ-

tisserie mentionnée dans XHystoire du petit Jehan de Saintré (ch. 76) et dont Taillevent donne la recette dans son livre de cuisine, recette, hâtons-nous de le dire, qui ne ressemble en rien à celle dont s'est servi Panurge pour composer la tartre bourbonnaise qu'il avait fabrique'e à l'encontre « des pauvres maistres es arts. » (Voy. Pantagruel, liv. 11, ch.16.) Disons enfin qu'Oudin explique ce mot par un autre rualifié avec raison de « bas » par le Dict. de l'Académie^ et qui se rend en italien par stronzo.

Tasché^ entacher, Cesiuy-ci (Ferd. de Gonzague) fut fort tasché, au sac de Rome, de n'avoir espargné la maison de son oncle, le cardinal de Mantoue, I, 249.

Tau^ tahut^ cercueil, catafalque. Le tau (du conne'table de Bourbon) estoit couvert d'un fort beau drap d'or frizé et rouge, I, 283, note \. Fut ordonné et advisé par ceux de l'armée qui coinmandarent après luy (Du Guesclin) qu'on porteroit sur son tahut, oii estoit le corps, les clefs (de Chasteau-Randon), II, 201.

Tavelle^ tacheté. D'autres (dames) y a-il encor qui sont de la peau fort maléficiées.... et tavellées comme faons de bische, IX, 264.

Taverner, fréquenter les tavernes. Moynes clostraux,... qui ne servoient de rien qu'à boire et manger, taverner, jouer, etc., III, 108.

Taxer, accuser, blâmer. Il (Tavannes) fut un peu taxé, ce disoit sa femme (la femme de Dampierre), d'estre cause de la mort du sieur de Dampierre, V, CO, Pour ceste raison, Lucresse est taxée d'aucuns, IX, 133. Cf. ibid., 262.

Tays^ tessons. Elle (la maîtresse de M. Tays) en portoit une devise ou plustost un rébus de Picardie, qu' estoit des tays d'un pot ou d'un buye cassez, car telles pièces en vieux françois s'appellent des tays, VI, 2.

Température^ tempérament, humeur; dans le sens de l'espagnol tempérât ura. J'ay ouy dire que tous ces estrangers, tant grandz que petits, jettoient fort l'œil sur luy (le dauphin François) ; car il particlpoit de leur température, III, 174.

Tempéré y qui tempère, calmant. Voy. Expeller.

Temporisement^ temporisation. Voy. Accroire (s'en faire) et Cunctation.

Temporiser son martel, couver son ressentiment, Voy. Chaud et couvert.

Temps (aller à), avoir une allure réglée. Voy. Aller.

Temps (hausser le), boire. Voy. Hausser,

Tenant, retenu, parcimonieux. On le disoit (Ferdinand d'Aragon) fort tenant en sa desj)ance, et pourtafit quand il fut mort on ne luy trouva grands amas de thrésors, I, 124.

Tendre «, être proche de. Tels convois et pompes fimèbres, certes, contentent aucunes personnes, soit ou qu'elles se leur attribuent en leur vivant ou tendant à la mort, ou que leurs parens et amis, les pensant plus honnorer, les font faire telles, II, 201.

Tendre à, avoir pour but. M. de Guyze ne le fit qu'arregarder seulement (le corps de Coligny), sans luy faire outrage, tendant à la mort (c'est-à-dire n'ayant eu d'autre but que la mort de Coligny), IV, 303.

Tendrelet, qui est dans un âge tendre. Monsieur (Henri III) son mieux aymé filz, qui jeune et tendrelet ne faisoit que venir à une si grande et grosse charge, IV, 87,

Tendrette^ toute jeune. Mais eust-elle fort désiré (M""* d'Aubeterre) de vivre encor un peu pour l'amour de sa fille qu'elle laissoit tendrette, IX, 4oS.

Tendron^ tendre. Voy. Jeunement.

Tenir. Voy. Main.

Tenir (n'être qu'à), ne tenir à rien. A l'ouyr discourir (le grandmaître Parisot)..., il n'estoit qu'à tenir que le Turc n'eust eu de terribles venues, V, 229.

Tenir cher, garder précieusement. Voy. Cher.

Tenir en ses délices. Voy. Délices.

Tenir du pied. Voy. Pied,

Tenir lieu^ prendre rang, siéger. Voy. Lieu,

Tenir tort, faire tort, prêter un tort. Voy, Advantage (d') et Respect.

Tenser, tancer. Mon oncle (LaChastaigneraie), curieux de l'honneur de son maistre (le dauphin) et le voyant en peyne, car il craignoit que le roy (François P"") le tensast, IV, 289.

Tenser, faute d'impression à l'article Curieux; lisez Penser.

Tentaiif, tentant. Quelquefois faisant semblant de lui (à la duchesse de Guise) vouloir toucher la jambe qu'il nevoyoit que trop belle et trop tentative pour lui, II, 406.

Tente, tante. Par le moyen de Jehan-Jacques TriviJse qui avoit espousë une de ses tentes, 1, 184.

Tente. Voy. Tante.

Tenté de^ excité par. Ce baron de Luxebourg.... fut si outrecuydé, ou pour mieux dire, tenté de vin, ainsi qu'il le conffessa, IV, 221.

Termes^ thermes. Ainsi que l'ont voit à Rome..,, les ruines de

ces beaux pallais, ces superbes colissées et grands termes, IX, 343.

Terrain^ terre. Elle (Marie Stuart) commanda au timonnier,

sitost qu'il seroit jour, s'il voyoit et descouvroit encor le terrain

de la France, qu'il l'esveillast, VII, 417.

Terrier^ butte, éminence ; de l'espagnol terrero. (Lautrec) ordonnoit des assautz, des prises de villes, ou dans sa tente ou sur le haut d'un terrier, d'où on voyoit le passe-temps, IV, 240.

Terze, troisième ; de l'italien terzo. Ainsi que lit de mesmes le pape Paulo terze Fernez (Paul III) à l'empereur Charles, I, 108. Terze, régiment; de l'espagnol /emo. Guevara, maistrede camp du terze de Lombardie, I, 21.

Test de la tête ^ crâne. Cette belle dame d'Allemagne que son mary contraignoit à boire ordinairement dans le test de la teste de son amy qu'il y (lui) avoit tué, IX, 38.

Teste (montrer), tenir tête, faire face. Il (Ferdinand) avoit assez à monstrer teste à ce grand sultan SoHman, IX, 614.

Testiffier, certifier, témoigner; en italien /e.s'///îc«re; en espagnol testificar. Il y a encores force vieux capitaines et soldatz qui le testiffient, VI, 1. Y oy. Blanc.

Testimonial^ de témoignage. Et (Dragut) porta cet honneur testimonial à M. le grand maistre qu'il avoit cogneu, II, 229.

Tiercer, servir de troisième (dans un duel ou au jeu de paume). Ribéra et Chombert.... secondoient et tierçoient Antraguet ; Maugiron et Livarot secondoient et tierçoient Quélus, VI, 312-313. Tigne^ teigne ; en italien tigna. Je croy qu'il (L'Ouchaly) prit le turban plus pour cacher sa tigne.... que pour autre chose, II, 63.

Tintinement, tintement. Ils (les compagnons).... se garnissoient et accommodoient de certaines sonnettes au temps qu'ilz avoient compaignie avec la dame, à ce qu'au mouvement, elles faisans un son et tintinement, donnassent.... advertissement aux passans, V, 12.

Tintiner^ tinter, sonner ; en italien tintinnare. Le clavier avec sa multitude de clefz faisoit un bruict comme si ce fussent esté

sonnettes, pour l'amour des sautz du cheval, qui en mesme temps que lui sauttoient en l'ayr et tintinoient ainsi, IV, 161.

Tirade^ traite, course ; en italien tiratn. Luy, au lieu de faire une belle tirade et grande cavalcade, s'en alla repaistre et dormir à trois petites lieues du camp seulement, VII, 282.

Tirasse de chien couchant, filet servant à prendre les cailles et autres oiseaux arrêtés par un chien couchant. Voy. IX, 273,

Tire^ traite ; en italien //ao, Qu'eussent-ilz faicjt, s'ilzne l'eussent obtenue (la victoire de Ravenne) et perdu la bataille ? Hz eussent fuy jusques en France, tout d'une tire, sans se pouvoyr résoudre, III, 16.

Tirer, lancer. Ce jettement du baston que leurs majestez tenoient en la main, et le tiroicnt, portoit telle loy en soy si rigoureuse, qu'aussitost qu'il estoit tiré, il ne falloit, sur la vie, que pas un des deux combattans passast plus oultre, VI, 262.

Tirer, se diriger. Vous avez celuy (le grand chemin) de Picardie tirant vers Callais et Angleterre ; celuy de Picardie [aussi tirant devers Péronne, II, 263. Leur disant à tous (le connétable de Bourbon) ainsi qu'il tiroit à Rome, I, 233.

Tirer de longue. Voy. Aposté et Longue,

Tirer du pied^ donner des coups de pied. C'est la locution italienne : Tirar calai. Voy. Rioteux.

Tirer sang^ verser du sang. Voy, Proffez.

Tordion^ tortillement. Et alors son contentement estoit de les voir remuer et faire les mouvemens et tordions de leur corps, IX, 283. Cf. Ibid., 471.

Toréon^ torrion^ tourelle; de l'espagnol torejon. La batterie.... qui avoit abattu une partie d'un toréon, et faict quelque chemin de bresche, III, 261, 264.

Tort (tenir), faire tort. D'avantage quel tort tient-on à madame de Nemours, fille de madame de Ferrare, en partie héritière de la duché de Bretagne ! IV, 273.

Tort, tors. Voy. VII, 341.

Touche^ choc, coup. Quand deux grandz capitaines.... se sont tastez une fois en telz hasardz, sièges, combatz..., voulontiers ilz en craignent la seconde touche, I, 102. Cf. IX, SOI.

Touche (donner la), donner ou rendre des coups. On me parla fort de luy (le capitaine Perot), et l'attendoit-on en Espagne et

Portugal en bonne dévotion, s'il y fust allé lors, pour luy donner la touche, IV, ki .

Toucher, atteindre. Ce Valantin (C. Borgia, duc de Valentinois) fut touché de ce vice (la perfidie) en son temps, II, 217.

Toucher les gens devant soi, les faire marcher devant. M. de Montluc, qui ordonnoit l'ordre de l'assaut (de La Rochelle) luy avoit dict (à Strozzi) et prié de toucher ses gens devant luy, et qu'autrement tout n'iroit pas bien, VI, 62.

Touret^ touré, petit masque qui cachait le nez et un peu le bas du visage. Elle (la duchesse de Guise) l'escoutoit parler.... de l'amour, non pourtant sans rire soubs son touret de nez, II, 406. Cf. IV, 38; IX, 236. Suivant H. Estienne (p. 1S6) les tourets de nez avaient porté d'abord le nom de cachenez.

Tourmenter, se tourmenter. Laissez-les tourmenter, disoit-elle (Catherine de Médicis), et prendre de la peine pour rien, IX, 484.

Tournemain^ tour de main. Il (Ferdinand d'Aragon) s'alla en un tournemain se liguer contre luy (Charles VIII), I, 117. Cf. V, 201.

Tourner^ ramener. Ainsi que deux archers le tournoient ( Mazères) en prison.... et le pressoient d'aller, il leur dist : Tout beau, messieurs! Pleust à Dieu que je ne crainse pas plus les robes longues.... que vos hallebardes, VI, 43.

Tourner^ s'en retourner, revenir. Les pallefreniers (huguenots à Cahors), qui alloient abreuver leurs chevaux, s'habilloient des chappes des églises qu'ilz avoient prises, et montez sur leurs chevaux, alloient à l'abrevoir, et en tournoient ainsi vestus, I, 273. Cf. IX, 119.

Tourner, aller faire un tour. Voy. Eschapper.

Tourner^ traduire. Voy. Converser.

Tourner à soi, garder. Il (le marquis de Marignan) s'estoit si bien accommodé et aproprié de ceste place (le château de Mus), qui n'estoit pas à luy, que despuis il se la tourna toute à soi, I, 291.

Tourner au bâtnn^ être docile, obéissant, Voy. Baston.

Tout (à), avec. Voy. Mandil.

Tout (du), en tout, complètement. Le cardinal d'Amboise, son oncle, l'avoit poussé là (Chaumont), lequel gouvernoit du tout le roy et le royaume de France, III, 3.

Tout à coup^ à la fois, en même temps. Un très grand prince....

\nnt une fois à estre aTnoureur. de deux belles dames tout à coup, ainsi que cela arrive souvent aux grands qui ayment les variétez, IX, 262. Voy. Variété.

Tout au coitp^ tout à coup. Voy. Coup.

Trac (tout à), tout à fait, complètement. Et par ainsi Brusquet, qui avoit donné la peine aux autres de crier si haut après sa femme sourde prétendue, il l'eust tout à trac, !î, 2o5. Cf. V, 83; IX, 46, 6a. Voy. Guet (être du).

Tracasser^ aller çà et là. Il estoit bien aisé à Luculus de faire ses despences en une bonne ville, mais aux champs tracassans et tous les jours dans des villages, dans des déserts et des boys, et porter tout un attirail de court...., c'est une chose incroyable à qui ne l'a veu, III, 122.

Tracé^ où l'on a passé. Je sçavois bien..., qu'un autre y avoit très bien passé, mais non pas moy ; et la trouvant entamée et tracée, elle estoit perdue, IX, 488.

Tracquet^ poignard. Ce fut luy (La Rocheoot) qui commança dans Anvers à cellébrer la feste de Sainct-Anthoine, où s'estant saisy d'une porte, donna le premier d'un coup de tracquet dans le corps d'un bourgraaistre de la ville, et le tua tout roide mort, VI, 194. (Je n'ai trouvé le mot que dans le Dictionnaire provençal d'Honorat, art. Traquet.)

Traffiqueur, entremetteur. Ce fut luy (Perez) qui le premier fut médiateur et traffiqueur des amours d'entre la princesse de Deboly et le roy (Philippe II), II, 136.

Trahistre^ traître. En despit du dieu Mars qui est un dieu fort trahistre et ambigu, I, 98. Cf. Ibid.^ 223; IV, 2o4.

Traict^ traitement. (La reine Jeanne) a.... essayé (éprouvé) par la faute d'autruy la fuitte, l'exil..., le mauvais traict non mérité, VIII, 169.

Traicteur, qui traite. Ainsi que coustumièrement telz traicteurs d'amours ou porteurs de poulletz sont coustumiers de faire; lesquelz ne sont si remplis de fidellité à l'endroict de ceux qui les employent.... qu'ilz n'eschansonnent et ne tastent, ou devant ou après, le bon morceau qu'ilz appareillent pour eux, II, 136.

Traisne, solive, poutre. L'empereur voyoit bien les petites pailles dans les yeux d'autruy, et dans les siens propres n'appercevoit pas une traisne qui luy devoit crever les yeux, V, 60-61,

Traisnée^ suite. îl y avoit (Mustapha à la conquête de Chypre) consommé une grande traisnée et laps de temps, II, 65.

Traits de corde, supplice de l'estrapade. Ce grand capitaine Sforze.... ayant esté pris..., rais en estroitte prison et en quelques traits de corde, sans doute il avoit la teste tranchée, sans que sa sœur Marguerite se mît en armes et aux champs, IX, 423.

Traitter, pratiquer, faire. (Isabelle de France), pour traitter l'amour avec un seigneur de Mortcraer, fut par son fils confinée en un chasteau à finir ses jours, IX, 433. Voy. Habiliter.

Traitter^ passer. Voy. Chevance.

Trajetter^ passer; en italien tragettare, Craignans que, soubs couleur de trajetter en Flandres, elle (l'armée du duc d'Albe) ne vinst fondre sur la frontière de France, VII, 359.

Tranche^ bêche. J'ay ouy dire que la place est très mal envitaillée, non pas seullement pourveue de pâlies, de tranches ny de hottes pour remparer et remuer la terre, III, 392.

Transpercé par (être), passer au travers de. Elle (Louise de Savoie) vid la nuict sa chambre toute en clarté, qui estoit transpercée par la vitre, IX, 45i.

Travail, anxiété, inquiétude. Le comte d'Aiguemont commença à solliciter fort l'advancement de sa mort, disant que, puisqu'il devoit mourir, qu'on ne le devoit tenir si longuement en ce travail, II, 460.

Trai'ailler à la mort, être aux approches de la mort. Son seigneur et père (de Jeanne de Naples) travaillant à la mort, l'avoit priée et enjoincte.... qu'elle résignast tous et chascuns ses biens ez mains du pape, VIII, 167.

Traversé^ transperçant. Et sur ces petitz motz traversez et picquans jusques au cœur, la dame monte à cheval, après avoir baisé le gentilhomme d'un bon cœur, IX, 702.

Traversé, pervers, de travers. Quelle finesse et bonne pour un si bon roy (Louis XII), mais non pour un autre qui eust l'âme traversée! I, 219.

Trempe, disjjosition d'esprit, humeur. (Mme de Dampierre) la trouvant (Marguerite de Valois) en assez bonne trempe, elle en entama les propos, VIII, 03.

Treper, fouler, trépigner. Passant, m'ayant tant de fois fouUée et trepée, je te prie ne me treper ny ne me fouler plus, IX, 342. (L'espagnol trepar signifie grimper.)

Très que hien^ très bien. Et (Ta vannes) continua tousjours à très que bien faire et à gouverner très bien.... son gouvernement de Bourgoigne, V, 113, — Suivant H. Estienne (p. lo8), l'expression très que était une « élégance dauphinoise. »

Très tantj tellement. Lequel (Des Querdes) le roy regretta si très tant que,.., II, 356.

Trestous^ tous tant qu'ils sont. Qu'au diable soient-ils trestous ! III, 75. Voy. Raison.

Tribunal, de tribunal. Ceux.... qui ne vont point aux coups, qui jugent dans leurs chaires tribunalles comm' il leur plaist, II, 178.

Tridet. Je jure Dieu et le proteste que je me souciois autant de cet estât que de tridet, car j'ay tousjours aymé ma liberté, V, 207. Bien souvent nous donnons cet honneur aux roys et aux grands princes que quelquesfois pour l'événement des choses et qu'elles sont arrivées, nous les disons prudens et providens... ; à quoy y ont autant songé qu'en tridet, VII, 364. Je n'ai pu trouver nulle part ce mot dont le sens général est fort clair, mais dont le sens précis m'échappe. Tout ce que je puis dire, et vraiment ce n'est pas grand' chose, c'est que en périgourdin trido^tridou (turdus), signifient grive et petite grive, et que terida en languedocien désigne une espèce de bruant.

Trier, tirer. J'ay ouy conter.... que feu son père (de La Chastaigneraie), lorsqu'il fut trié de sa nourrice, V, 87. (Il est probable qu'il n'y a ici qu'une faute de copiste et qu'il faut tout simplement lire r/re.)

Trinqat, tringat, fin, fourbe. Sa Sainteté.,., s'aida du seigneur Hierorirao Mouron, un très habile et trinqat homme, pour conduire ce faict et en porter laparoUe, I, 190. Cf. ibid., 230.

Trinque (faire), trinquer. Le cardinal de Trente.... bon compagnon à mode du pays pour faire trinque, IV, 103.

Triquenique, niaiserie, bagatelle. Ce sont des battailles celles-là, bien rendues et débattues, non pas les triqueniques des nostres, II, 118.

Trister (se), s'attrister; en italien tristarsi. Il ne faut pas aussi que les bravasches et vieux routiers qui se sont im peu ressenty des fureurs de l'espée abusent de leur fortune et gourmandent un jeune homme qui ne fait que venir, car Dieu s'en triste, VI. 379.

Triumpher de^ excelLr à.... Je n'y allay (souper) pour le coup, mais une autre fois où il (La Roche-du-Maine) triumpha de dire, III, 406.

Trivinlle, commun. Combien que les compagnies de gens de pied fussent lors de grand honneur, et non si trivialles ny vulgaires comme despuis, III, 386.

Trousse (jouer une), jouer un tour. Le roy d'Espagne sçavoit bien que l'un et l'autre (lui et le duc d'Albe) en avoient trop faict, et que les diables leur pourroient jouer une trousse en cachette,

Troussé j enlevé, pris. ^1 (Gonsalve de Cordoue) s'enfuyst.... à belles erres.... jusque dans Hège, que bien luy servit de l'avoir trouve'e à propos, car il estoit -ti-oussé, I, 134. Ce qui (la bataille de Gravelines) fut un second contrecoup à la France fort dangereux. Que si le tiers s'en fust ensuivy, elle estoit troussée,

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