‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 100 sur 251 · La renommée volait par tout l'univers · texte numérisé non relu

La renommée volait par tout l'univers

RODOMONTADES

per do ne s se ganan : que aunque sehalado cumino no hubiera, solamente bustaria de seguir el kilo de la gente, para mirar y adorarla, corno reyna de la tterray la generala de ludeu las otras reynas y damas las mas senaladas de la Europn, y pregonarla tal con juslo y honrado /halo, por su divina beldad, real mugestad, y buenas gracias *.

Certes , cest honneste homme avoit raison de tenir de lelz propos ; car je pense qu’au monde 11e s’est jamais veu princesse plus belle. J’en puis parler au vray; car j’en ay veu force, et en France et aux pays eslrangers, où la beauté se loge. Il ne luy manque qu’une chose : qu’elle n’est autant heureuse en ce monde comme ses mérites le requièrent, et que ses plus affectionnez serviteurs souhaitent et disent. Je n’en puis conjecturer autre raison , sinon que le ciel qui l’a faicte ne veut, comme jaloux, qu’elle dépende d’autre que de luy, bien qu’elle ne se soucie point de ceste grandeur du monde que tous et toutes recherchent tant; se fondant sur une raison qui est belle certes, qu’elle me fit cest honneur de me dire il n’y a pas longtemps : qu’elle n’avoit af-

1 . Eh bien, monsieur, que vous semble-t-il de notre reine de Navarre? — Ce qu’il m’en semble, monsieur? je jure Dieu qu’elle me parait telle, que si elle était à notre cour de Madrid, comme elle est en celle-ci , le chemin serait si fréquenté pour la visiter et la voir, qu’il paraîtrait un chemin de |>èlerinage où l'on gagne bien des pardons ; même s'il n’y avait point de chemin tracé, il suffirait de suivre la file des gens pour la voir et l’adorer comme reine de la terre, et la première de toutes les autres reines et dames les plus signalées de l’Europe, et la proclamer telle par un juste et honorable titre, à cause de sa divine beauté, de su royale majesté et de ses bonnes grâces.

ESPAIGXOLLES.

faire d’ambition ny de grandeur plus haute que celle qui luy estoit née et venue d’nne si grande race de roys ses aveulx et ancestres ; si qu’elle se peut dire estre aujourd’huy la seule restée de la plus grande maison du monde, et qu’il n’y a royaume, empire, ny monarchie, qui la peust rendre plus grande qu’elle est. L’ambition est bonne pour les princesses basses, et [qui] luy sont nullement égales; mais, pour quant à elle, à part 1 l’anfbition. Elle se contente de ce qu’elle est, ny ne sçauroit voiler plus haut. Ses belles et amples aisles de sa noble maison, de ses vertuz et de ses qualitez, luy peuvent donner le vol, voire jusqu’au ciel, quand elle se voudra laisser porter à elles.

Finissons donc ici par ceste belle lin ; car j’en ay faict un fort long et grand discours à part \

1 . A part l'ambition, c’est-à-dire elle a mis l'ambition de côte.

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