‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 110 sur 251 · Tiens, je ne prête point à usure · texte numérisé non relu

Tiens, je ne prête point à usure

ESPAIGNOLS

Un autre, en demandant l’aumosne de mesmes, et qu’il prieroit Dieu aussi pour luy, il luy dit, en ne luy donnant rien : Rogad por vos que teneis harto meriester de vuestras rogarias para sus pecados, sin gastarlas por otrus *. Cestuy ne fut pas si courtois que le précédent.

Un autre pauvre demandoit l’aumosne à un cavallier, et qu’il la luy donnast, pues que era su hermano'. L’autre, estonné, luy demanda comme il estoit son frère; il respondit : Parque todos somos de un mismo padre, A dan y Eva L’autre, tirant sabource, luy donna una blanca. Sur quoy le pauvre respliqua que c’estoit fort peu pour estre son frère. Le cavallier, le renvoyant bien loing, luy dit : Si cada uno de tus hermanos te diese otro tanlo , no habria principe tan rico como tu *.

Un cavallier espaignol voyant un jour un autre qui parloit à sa maistresse d’amour, lequel estoit laid et noir comme un beau diable, s’approchant de luy, il luy dit : Fade rétro , Satanas ; no lenleis mi seiiora

Un autre amoureux, contemplant en un tableau les mystères de la passion de Nostre-Seigneur, ainsy que les peintres nous le représentent, il dit : Igualar

1 . Prie poui toi, tu as assez besoin de tes prières pour tes péchés, sans les prodiguer pour les autres.

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