Le messager, procaccio
SERMEN’S ET JTJREMENS
procache. Après que nous eusmes disné en une ville qui s’appelle Bellistre 1 , aussy mal qu’il est possible, et de très meschante viande, on nous porta pour le fruict deux plats de sallade, où il y avoit des herbes que le diable n’en eust pas mangé, tant elles estoient sauvages et amères. Dans deux autres plats à part il y avoit un peu de vinaigre et force huile, comme il y en a force en ces quartiers, et aussy qu’ilz n’y veulent que fort peu de vinaigre. Caravajal, voyant ce beau mets aveeques ceste grande quantité d’huile s’escria du haut de la table où il estoit, et moy près de luy : Senores , quien quiere morir de vosotros , que aqui esta la extrema uncion'? Parce que l’extrême onction se faict d’huile. Nous nous mismes tous à rire, fors un moyne qui estoit présent, qui dit : Senor capitan, estas palabras no son buerias a decir*. Le capitaine luy respondit : Senor frayle , estas yerbas no son btienas a corner. Tome este aceyte, y llevele al vicario *. Le pauvre moyne demeura estonné; et fallut qu’il beust ceste -là, car l’autre ne s’en soucioit guières.
Un pauvre un jour demandant l’aumosne à un soldat, et qu’il prieroit Dieu pour luy, il met la main à la bourse, et luy donne une réalle, en disant: Tomadf que yo no presto a uzura'.