Voyex Déclaration, p. 46S
M. DE LA NOUE
ceste maxime : que c’estoit pour les consigner dans ses coffres ny pour s’en prévaloir.
Outre ces raisons, ledict M. de La Noue dit 1 2 : que M. de Bouillon venant à mourir à Genesve, après la routte de sa grande et incroyable armée qu’il avoit emmenée en France’, il pria ledict M. de la Noue, qui estoit là pour lors résidant, de prendre la tutelle de mademoiselle de Bouillon, sa sœur, estant pupille, ce qu’il accepta très volontiers, plus certes par le désir qu’il avoit de faire desplaisir à M. de Lorraine (ainsi qu’il le monstra) que pour curiosité du bien et de la personne de la fille ; car d’obligation à M. de Bouillon n’en avoif-il aucune, sinon qu’ilz estoient d’une mesme religion : car d’avoir sollicité pour sa liberté, d’avoir respondu pour sa rançon, comme M. de Lorraine, rien moins q»e cela. Davantage, il sçavoit bien que M. de Lorraine faisoit la guerre aux terres de la fille, et tenoit Jamets assiégé. Ce n’estoit donc que pour endommager M. de Lorraine, et luy faire la guerre de gayeté de cœur. Encore, s’il y fust esté contraint, ou de force, ou de crainte, ou de parenté, ou d’obligation, ou autre chose, ou bien que de longtemps avant il eust esté chargé de ceste tutelle, certainement il avoit quelque occasion et raison de s’en acquitter et faire valoir, et s’ayder des raisons des jurisconsultes, qu’il allègue tant en sa déclaration, par lesquelles le tuteur est obligé et lié estroictement pour son pupil ou pupille. Mais, sur la plus chaude colle qu’il venoit de recep-