‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 14 sur 251 · C’est la vérité ; Dieu est plus puissant que nous · texte numérisé non relu

C’est la vérité ; Dieu est plus puissant que nous

RODOMONTADES

de jours comme on l’avoit gardée d’années, qui estaient trente une (j’cn fais le discours ailleurs*), à quoy il ne faillit. Mais certes les Espaignolz pour le coup y eurent un grand blasme, et oflànçarent grandement leur belle et aqtique valeur et réputation; car tout à coup sortirent de la garnison quatre cens Espaignolz (c’estoyt trop), qui s’allarent jetler dans le camp de l’Oehaly, et se reniarent. Et ne tiens ce conte de moy, mais de feu M. de Savoye (et qu’il est assez commun aussi), car luy estant à Lion, ayant aceompaigné le roy à son retour de Poulloigne, nous l’estant allé voir un jour, M. d’Estrosse et moy, et luy ayant demandé des nouvelles de la Gollette, car en ceste saison ell’estoit assiégée, il nous dist : « Ve- « nez vous-en demain au matin disner avec moy « vous deux, et disneronsà part tous seulz ensemble. « J’attans mon courrier, qui sans faillir viendra à ce « soir ou ceste nuict; et je vous en diray. » L’endemain nous n’y fallismes, qui nous conta la prise, et la faute grande de ces Espaignolz ainsi retirez de leur devoir et réputation; dont il en estait très despit : et dist que les soldalz espaignolz en une si grande multitude n’avoient erré jamais, ny fait telle veillaquerie’ que celle-là, et qu’ilz faisoient grand tort à leurs compaignons; et pour une telle si énorme faute, il ne falloit blasmer le reste, car ilz avoient toujours si bien fait en toutes partz qu’ilz avoient esté, qu’à jamais ilz méritaient un’ éternelle gloire ; et que, de ce que de ses yeux il avoit veu, il ne

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