‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 15 sur 251 · Veillaquerie, eoquinerie; de l'espagnol bellaqueria · texte numérisé non relu

Veillaquerie, eoquinerie; de l'espagnol bellaqueria

ESPAIGNOLLES.

pouvoit dire autrement : que c’estoient les meilleurs soldatz du monde, et plus dignes pour la guerre et pour en porter mieux toutes les fatigues : et allégua qu’à la guerre d’Âllemaigne il veid huict cens soldatz espaignolz deffaire douze cens chevaux en campaigne et plaine raze; cela se lit aussy.

Je n’aurois jamais fait si je voulois par trop m’arrester sur les vertuz et les louanges de ces gens-là. Je retourne à mon pris fait de leurs rodomontades.

Lorsque nous autres François fusmes à Malte pour le secourir, le roy d’Espaigne, comme bon calholiq et brave prince certes , y envoya neuf à dix mill’ hommes de guerre pour le secours, soubz la conduicte du marquis de Pescayre, dernier mort 1 , brave et gentil seigneur, nostre capitaine général, et tenant fort de ses prédécesseurs. Je vins à demander à un soldat espaignol qui me parressoit gallant par dessus les autres : Seiior, de quantos soldados esta compuestu esta armada ? — Seiior, me respondit-il, yo le dire : ay très milt Italianos, très mil Tedescos, y seys mil soldados. « De combien de soldatz est composée ceste armée? — Je vous diray, me respondit-il. Il y a trois mill’Italiens, trois mille Tudesques et six mille soldatz. » Voyez un peu et considérez quelle responce; car les Italiens et Tudesques, il ne les conte poinct pour soldatz ; mais les Espaignolz, il les comprend et les nomme pour soldatz. Quelle gloire pour eux, et quel mespris pour les autres ! Si est-ce que

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