‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 27 sur 251 · Vallès, liv. VI, ch. v, fol · texte numérisé non relu

Vallès, liv. VI, ch. v, fol

RODOMONTADES

u rcy; y si os librais salvo de la pelea, acordar os eys , « conto amigo y piadozo, de mi nombre y honrado « fin. » Lequel combattant vaillamment mourut devant son roy par une honnorable Gn de vie, sattisfit très bien de ce qu’il devoit à l’amytié et bonne grâce que le rov luy portoit et à son honneur très grand tout ensemble; lequel lumbant à terre par la cheute de son cheval, s’estant tourné vers monsieur de Langeav, gentil chevailler qui le vouloit secourir en un cas si extrême, luy dist : « Laissez-moy, mon Gis, « jouir au moins de ma destinée et partez viste d’icy, o et avec le plus de prestezze que vous pourrez, et a allez secourir le roy, et si vous eschapez ceste mes- « lée et ce combat, je vous prie de vous souvenir, a comme mon bon amy et charitable , de mon nom « et de ma Gn honnorable » ; qu’cstoit bien autant à dire qu’il ne la celast, et la publiast.

Ces rodomontades et parolles graves sont belles. Mais encores plus est une que prononça le marquis de Pescayre de cy-devant, lequel, allant un jour à un combat contre Berthelemy d’Alviano, grand capitaine vénitien, dexarulo el cavallo, a pie, con una pica en la mano, buelto atras, dixo : « Ea, soldados ! tened cuy- « dado que si enlrando yo en la batalla, querra mi « ventura que muera honradamenle en el/a , vosotros « no permitays que sea antes hollado de los pies de « los ennemigos, que de los vuestros. » Los soldados, gritando aninwsamente , le respondieron muy alegres, que passasse adelanle con buen animo, porque ellos estavan determinados de ganar loor de tan gran oirtud, siendo le muy obedientes como a capitan, y conio a soldado peleando esforçadamente ; y no en-

ESPAIGNOLLES.

gano el successo a sus trocadas esperanças , parque todos combatieron muy bien non furioso asallo *. a Haï soldats, ayez soucy et souvenance que moy a entrant en la bataille, si la fortune veuille que j’y « meure honnorablement, que vous autres ne périt mettiez que mon corps soit plustost foullé des « piedz des ennemys que des vostres. » Les soldalz alors avec un grand cry luy respondirent tous joyeux qu’il passast et se mist hardiment devant avec son brave cœur, parce qu’eux estoient tous résolus et déterminez gaigner la louange d’une si grande vertu, luy estans très obéissantz comm' à leur capitaine, et comme soldat aussi qui, comme soldat, combattoit si bravement avec eux ; et qui fust le bon succez * ne les trompa point en leur espérance, parce que tous combattoient très vaillamment et emportarent la victoire. »

En ceste rodomontade il y a à remarquer deux choses : l’une, qui se peut mieux représenter que dire, d’autant qu’il se faut représenter que c’est une grand’gloire au soldat, alors qu’il void son corronnel abbattu mort par terre à sa teste, qui 1 ne s’estonne point et ne reculle point en arrière, mais pousse plus advant, aymant mieux fouler le corps de son général et luy passer sur le ventre en vengeant sa mort vaillamment, que si son enncmy venoit après triumphant et luy foulast le corps, et passant par dessus, et suivant les autres siens ennemis sans autre forme de vengeance; ce qui estoit certes très bien ad visé et

1. Ceci, saufla dernière ligne, est encore tiré de Vallès, liv. I, ch. vin, fol. 27.

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