‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 54 sur 251 · Lima appelée anciennement Ciudud de los reyes · texte numérisé non relu

Lima appelée anciennement Ciudud de los reyes

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RODOMONTADES

ne le despouillast point, le faisant enterrer avecqu’eux en la ville de Cusco, nonobstant qu’il eust esté son grand ennemy capital. Acte beau, et certes digne, disant que non era tratto de c/irisliano, ny tan poco de cavallero , injuriar y offender los muertos. « Que ce n’estoit traict de chrestien ny de eavallier injurier et offancer les mortz. » Il 1 se dict de plusieurs, et s’en voit qui ont fait ce traict à leurs ennemys, dont Dieu les en pardonne.

Après la sentence de Pizarre, on la donna de mesmes à Francisque Caravajal, l’un de ses complices et capitaines, à estre pendu et mis en quatre quartiers, et sa teste mise avec celle de Pizarre, dont il dist : Harto es, pues que no puedo morir dos vezes . « C’est assez; je ne puis mourir deux fois*. »

Un’ soldat gascon, en Piedmont, ayant esté ainsy condemné avoir la teste coupée, comme dict Rabelais, il dict : Cqb de diou, lou cal ! You donne lou reste per un hardyl *. Il dict bien un autre mot, mais il estoit trop sallaud; et pour ce je le tays, bien

1 . Cette phrase et le commencement de la suivante manquent dans le manuscrit.

2. Tout ce que Brantôme raconte de Gon/.alo Pizarre et de F. de Caravajal est tiré soit des Commentarios renies de l’inca Garcilasso de la Vega, deuxième partie, liv. II, ch. xxxvi et suiv., Cordoue, 1617, in-f°, p. 20U et suiv., soit de XHistoria del descubrimiento y conquista del Peru, d’Augustin de Zarate, liv. VII, chap. vit et vin.

3. Ce qui suit jusqu'à la ligne 10 de la p. 100 manque dans le manuscrit.

k. Tête-Dieu ! La tête ! Je donne le reste pour un hardi. — Le hardi était une monnaie de billon frappée en Guyenne et qui valait trois deniers.

ESPAIGNOLLES.

qu’il fust plaisant, et mesmes estant sur le poinct de la mort.

Ainsi en dict de mesmes un pauvre Espaignol qu’on condemna estre pendu : Harlo es. Yo muerto, que me lleven a la carniceria *.

Un autre, ayant esté condempné par le juge d’estre pendu, il ne sceut que luy dire, sinon, d’un despit, qu’il ressembloit bien à Pilate; mais le juge respondit bien mieux : A lo menos, no /avare mis manos, para condenar un tan gran vellaco como vos *.

Un autre dict aussy bien, estant condemné d’avoir les deux oreilles coupées. Ainsv que le bourreau lui eust haussé les cheveux pour les voir et les luy couper, et ne les ayant point trouvées, le bourreau luy dict en colère : Os hurlais asi de la genle? L’autre luy respondit : Cuerpo de lal, estoy ohligado a dar orejas coda martes'? Pensez que c’estoit un mardy qu’on les luy avoit coupées auparavant, et que pour cela il n’en amanda ny n’en empira son marché.

Voylà comment ces marauds se gaudissent sur le poinct de la mort. Ce ne sont pas eux seulement, mais gens de plus grande estofïe et de plus saincte vie qu’eux; ainsi qu’il advint à un fray bernardine * espaignol. Ainsy qu’il estoit sur les agonies de la mort, et qu’un sien compaignon le vint consoller et remonstrer qu’il n’en mourrait point ce coup, et que

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