Voyez. Sallustc, Catilina, ch. lviii
ESPAIGNOLLES.
tives et preignantes 1 . Il est bien vray que les consulz romains s’en sont meslez bien fort, comme nous lisons en nos histoires, et mesmes en Tite Live : mais c’esloit longtemps devant qu’ilz commançassent leur combat qu’ilz harangoient , [et] se préparaient de bonn’ heure, car telle estoit la coustume : autrement le mistère n’en eust rien valu. Mais lorsque se venoit à enfoncer sans marchander, s’ilz se fussent mis sur leurs beaus dyres et discours millitaires, ce fussent estez de vrais fatz; et se fussent trouvez les ennemis sur les bras, de telle façon qu’ilz n’eussent eu loysir de songer en eux, ny se recognoislre, ny leur ordre, ny leur place de bataille; et si n’eussent jamais fait de si beaux exploitz de guerres et gaigné tant de batailles, et fussent estez ainsi sottement deflaitz. Voilà pourquoy les grands capitaines, s’ilz se veulent fonder sur les grandz araisonnemens que l’Espaignol appelle razonam/entos, faut que ce soit la vigiile de la bataille, lorsqu’on l’attant, ou un’ heure ou deux devant la bataille, mais non point sur le poinct du choc, lequel ne demande que les plus courtes et briefves parolles. Guichardin s’est voulu mesler d’imiterTite Live en ses harangues millitaires. Entre autres, il en fait une par trop prollixe ’ que fit M. de Nemours prest à donner la bataille de Ravanne, qui certes est des plus belles et des plus dignes, pour animer ses soldatz, comme ilz furent : mais il est à présumer qu’il abrégea bien autrement son dire ; car là il estoit question promptement de venir aux mains aussitost qu’ilz