‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 65 sur 251 · Alphonse II, roi des Asturies, mort en 8ï · texte numérisé non relu

Alphonse II, roi des Asturies, mort en 8ï

RODOMONTADES

de conquérir grandes terres et ne les sçavoir soustenir ny garder, et parce qu’aux braves et valleureux leur monslrant le péril, le cœur leur croist, je vous faitz asçavoir que vous estes tous sententiez et condempnez par les François à perdre les vies, sans aucune grâce ny merey. Je vous prie que vous les leur vandez si bien que vos tueurs tumbent plustost en terre que vostre sang ; et parce que je vois les enseignes des ennemis s’aprocher, je vous encharge que vous exemptiez de toute honte le nom et la gloire d’Espaigne. »

Voylà de beaux motz et [de] grand poix, encores qu’ilz soient courtz. Aussi un chef de guerre ne se doit jamais amuser aux grandes harangues, lorsqu’on est prest à venir aux mains : les efïectz y sont plus propres; ainsi que faisoit ce grand capitaine Jules César, lequel, sur le poinct du combat, n’emploioit le temps en grandes et longues concions, comme nous voyons en ses Commantaires, qui parloit si briefvement, et en gallant soldat et capitaine à ses gens. Ce brave Catillina , dans Saluste 1 , lorsqu’il falut donner sa bataille, triumpba de bien dire et courtement en peu de motz, qui portarent si grand poix que les solda tz, de ce esmeuz, tous moururent en le mesme champ de bataille qu’ilz avoient cboysi, sans en bouger le pied. J’ay veu beaucoup de grands capitaines qui se sont mocquez, comme M. le mareschal Estrozze, ainsi que j’ay ouy dire à un de ses capitaines, de leurs compaignons grands harangueurs, principallement en telles besoignes si has-

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