Caréage, chariot ; de l’espagnol carruage
RODOMONTADES
comme les nomme Cæsar. Parquoy fut commandé que les capitaines de cliasque bande n’eussent cliascun que quatre chevaux pour soy, et deux pour l’alfier , et nul pour soldat qui fust sain , mais ouy bien que les mallades en eussent chascun le leur pour les porter; encore falloit-il qu’ilz fussent visitez par les médecins pour voir s’ilz estoient vrayement mallades, et qu’ilz eussent tousjours sur eux leur patente pour faire foy, signée et de son capitaine et de son médecin.
Ce bandon fait, il y eut un capitaine nommé Vega, Grenadin, el quai, con arrogancia militar y con gesto y palabras desbaratadas de enojo, en un corillo de so/dados, commencer , casi razonanilo en publico y braeeandv : que si hallava hombres sernejanlcs a si en aninio y juizio , que trabajaria de modo que lus soldados no luviessen necessidad de aquella patente , lus quales siendo debilitados par lo sangre derrarnada en lantas batallus y victorias, merescian , por la honra de su valor, no soiarncnle ser llevados a caeallo, mas en carros triumphales , a mariera de los anliguos consules y emperadores romanos en sus glorias y triumphos. « Il y eut un capitaine Vega, Grenadin, lequel avec une arrogance millitairc et gestes et parolles braves et débordées de despit, commança à dire parrny quelque troupe de soldatz, et bravant et le publiant, que, s’il trouvoit gens semblables à luy en courage et en esprit et jugement, qu’il fairoit dire que les soldatz n’auroient besoing d’aucune patente. Iceux, disoit-il, lesquelz estans foibles et débilitez par tant de leur sang respandu en tant de batailles, méritoient pour l’honneur de leur valeur non seule-
ESPAIGNOLLES.
ment d’aller à cheval, mais sur des chariots triumphans à la mode des anciens consulz et empereurs romains, en leur gloire et triumphes 1 . » Voyez quelle brave superbité !
Moy, estant un jour au Louvre, je vis entrer deux soldatz espaignolz, braves et bien en poinct, et de fort belle façon. Je eogneuz aussitost qu’ilz esloient Espaignolz; et d’autant que mon humeur a esté tousjours de lesaymer, les pratiquer et entretenir, comme certes parmy les gens de guerre il me semble n’estre point plus brave entretien que du soldat espaignol, car il triomphe de discourir de son art, je me mis à les accoster et araisonner en espaignol; car j’ay veu que j’avois ceste langue aussi famillière que la mienne, et telles gens sont fort aises quand ilz rencontrent un eslranger qui parle leur langage; et leur demandis d’où ilz venoient. Ilz me respondirent : De Fia/ieles, seîior. — Y que nue vas?* leur répliquay-je. — Non otras, senor , me dirent-ilz, s/ no quando somos partit/os, ay seys (lias, vinieron al principe Je Panna mil y dozientos luimbres d' armas de las viejas compahias de Napoles, las mas bradas de valor y de cavallos que salieron jamas ael reyno , tan bien armadas, tan luzidos d’oro y de plata, tan bien alaviados y ernplumados de grandes y gentiles panachos, a manera de los antiguos soldados y legioneros romanos , a los quales se pueden ygualar en todo : de
t. Ce passage est tiré de Vallès, liv. III, ch. îv, P 85 : Del castigoque dio el marques de Pescara al capiton f'ega, Granadino, pur que avia amotinado parte del exercito. Brantôme a ajouté au texte les quatorze derniers mots, depuis a mimera.
i. De Flandre, monsieur. — Et quelles nouvelles?
RODOMONTADES
modo qiC agora la F landes no a da lener, pues que s ta brava cavalleria esta juntada en nueslra infante ria espaignola, que se puede dezir la flor de todas las o/ras nationes , sin gastar ( digo jo) l'honra de los so/dados f rance zes , qu'en verdad bravos es tan. Mas adonde son los soldados espagnoles , todos con razon deven callar, corne Vues Ira Merced lo puede bien saper , puesque los aveys pratiquados y tratados, comme yo lo cognosco en su trage y hablar soldadesco. « Autres nouvelles, me dirent-ilz, n’y a point, sinon quand nous en sommes partis il y a six jours, sont arrivez au prince douze cens hommes d’armes des vieilles ordonnances du royaume de Naples qui sont les plus belles qui en sortirent jamais; car ilz sont très bien montez sur de si bons chevaux et bien armez, tant luysans d’or et d’argent, tant bien en poinct et tant bien emplumez de grands et gentilz panaches à manière des anciens soldatz et légîonaires romains, ausquelz on les peut accomparer en tout, de façon que la Flandre maintenant n’a que tenir, puisque si brave cavallerie est joincte avec nostre infanterie espaignolle, laquelle se peut dire la fleur de toutes autres nations, sans que je veuille toucher à l’honneur des soldatz françois, lesquelz certes sont bons soldatz; mais là où sont les soldatz espaignolz, tous les autres doivent caler' et se taire devant eux, comme vous-mesmes le pouvez sçavoir puisque les avez pratiquez ainsi que je le puis cognoistre en votre façon et parler soldadesque. »
Considérez, s’il vous plaist, où ces gens m’allèrent