‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 84 sur 251 · Voy. tome II, p · texte numérisé non relu

Voy. tome II, p

2. Voyez Plutarque, Pie de Scipion l'Africain , ch. xu et suiv.

ESPAIGNOLLES.

Christ fist en son désert. Mais ne pouvant faire ces miracles, il faut bien qu’ilz vivent ; et vivre ne peuvent-ilz s’ilz n’ont leur payes, ou ne brigandent. Et, ne leur voulant permettre le brigandage, leur retenant leur solde, que veut-on qu’ilz fassent? Voylà en quoy ces grands capitaines et généraux d’armées doivent bien arregarder sur ces chastimens, car il y va de la conscience. Cependant je brise icy, estant le discours trop long, et faseheux possible à aucuns.

Un de ces ans, que nostre roy print et gaigna Paris de la façon que chacun sçait', les Espaignolz qui estoient dedans, qu’aucuns nommoient Napolitains (mais autant y avoit-il des uns que des autres), ilz furent fort estonnez, et comme gens braves et vaillans se résolurent au combat; et s’estant mis en battaille, le roy leur manda qu’ilz ne s’amusassent point à cela, autrement qu’ilz estoient tous perdus s’ilz en venoient là; toutesfois s’ilz vouloicnt estre sages, qu’il leur feroit si bonne et honneste guerre qu’ilz auroient occasion de se contenter en leur octroyant, leurs vies et bagues sauves, la retraicte de gens de guerre, ensemble seure conduicte. Leur maistre de camp qui leur commandoit, avec d’autres capitaines, admirans la générosité de nostre roy, se mirent tous à dire : Mira tique/ rey va 1er osa, et quai no se contenta de vencer los hombres con las armas , ruas los vence y gana con loda cor tes ia y gentileza'. Pour ce

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