Le roy n'est pas ici bien à l'abri des canonnades
4. Parce, qu'il est raisonnable que les choses célestes soient traitées les premières.
ESPAIGNOLLES.
dille et qu’elle ne fust point rompue ny démolie. Le roy leur respondit gentiment : « Il est raison que « la sépulture de don Hernandille soit démollie et « rompue, puisqu’il a fait rompre et démollir les « murailles de ma ville d’Amiens. » Hz demandèrent après el saco de la villa *, demande certes très irraisonnable et très impudente, et mesmes à un tel roy, qui leur respondit bravement : « Et comment ! une « chose que vous avez desjà pillée il y a longtemps, « la demandez-vous? » Ilz jurèrent aussytost qu’ilz n’y avoient jamais touché. A quoy le roy aussytost répliqua bravement : * Puis donc qu’elle n’a esté « pillée en mon absence, à vostre advis, si je per- « mettrai qu’elle le soit en ma présence! » J’ay mis ces trois articles non pour belles rencontres de l'Espaignol, ny pour grandes rodomontades, sinon la dernière pour demander le sac, mais pour les gentilles responses de nostre roy, qui est fort subtil en beaux dires et gentilles responses et fort courtes, s’il en fut onc. J’espère en dire aucunes en sa vie. Enfin la capitulation fut faicte et bien gardée, à l'honneur de nostre roy. Que s'il ne fust esté généreux et miséricordieux , il les tenoit tous la corde au col ,
1 . Hermantello Porto-Carrern, gouverneur d’Amiens, avait été tué le 3 septembre, et inhumé dans la cathédrale, dit de Thou (liv. CXVIII), avec une épitaphe à sa louange, gravée en lettres d’or sur une planche de bois couverte de velours noir. — Un des articles de la capitulation porta que les tombeaux élevés dans les églises d’Amiens en l’honneur de Porto-Carrcro et des officiers espagnols tués pendant le siège seraient respectés, pourvu que les épitaphes- ne continssent rien d’oQcnsant pour la France.