‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 91 sur 251 · Luy , à Madeleine de Girone · texte numérisé non relu

Luy , à Madeleine de Girone

k. Charles Routiaud, seigneur de Landercau.

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RODOMONTADES

que, s’il l’eust prise, il luv eust faict bonne guerre et toute honneste raison, en luy faisant payer pourtant le tribut de son ancienne arrogance.

Certes, il y a des dames aussy arrogantes en Espaigne comme des hommes et cavalliers; et l’air du pays le porte ainsy. Aucuns aiment à servir ces femmes et filles de ceste humeur, qu’ilz disent bravas y fieras como toros *. Aussy dict-on que chaseun ayme son semblable. Si l’on en obtient la victoire, d’autant plus en est-elle à priser : et si l’on en est vaincu, la gloire n’en est pas moindre ; ainsy que dit un galant cavallier un jour, et qui portoit pour devise une branche de laurier avecques ces molz : Los un us le han traido por ser vencedor; jo , por scr bien vencido'. Voilà comme telz braves se plaisent en leur gloire, et ayment les dames altières et généreuses.

J’ay veu d’autres fois chanter en Espaigne une vieille chanson, que proprement on appelle la romance, qui est bien gentille, où l’on introduict une dame se lamentant et s’affligeant de son mary qui estoil prisonnier en Angleterre, et ne le pouvoit ravoir par rançon ne autrement; et, pour ce, elle escrit une lettre au roy d’Angleterre, de sa propre main, et luy mande qu’il ait à le luy renvoyer sain, sauve et sans danger : autrement, qu’elle luy annonce guerre et le menace de la luy faire très cruelle par mer et par terre, et puis, dit-elle : Que si me

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