‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 23 sur 77 · No como Isones, mas coma verdaderos Eipanoles · texte numérisé non relu

No como Isones, mas coma verdaderos Eipanoles

l. Il éta il bien le chef de l'armés envoyée contrecePiiane, rire du conquérant du Pérou.

j. Vayamasà morir, como buenos y mdaderascrkïianos. Que era j.irfiento mayor del campo impérial. — Y yo, Mit-il, soy Gonialo Piiaro cl desdichatlo.

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Il marchoit en brave cavalier, et en contenance royale. !l estoit monté sur un beau et finissant cheval, que ce jour il avoit faict errer de treize clous de chaque pied, afin qu'il ne luy manouast au besoing, armé d'un jacque de maille, et une cuyrasse fort riche, et par dessus une casaque de velours, et en sa teste bourguignotte' toute d'or, qui estoit un œuvre non moins beau que riche. Ce sergent major fut fort ayse d'avoir faict butin d'un tel prisonnier, et incontinent le mena devant de Gasca, qui estoit celui qui commendoit,

3ui luy demanda soudain s'il estoit beau 'avoir esmeu et bandé tout ce royaume contre l'empereur son souverain et maistre. Pizarre respondit : «Mes frères et moi, ayant conquis ces terres et ce pays à nos propres despens, travaux, frais, et notre propre sang, nous n'avons point pensé pécher contre Sa Majesté, • en les gardant et les gouvernant comme légitimes souverains et conquerans'. »

Alors Gasca dict qu'on l'ostat de devant luy; et y eurent plusieurs soldats qui eurent chascun plus de cinq ou six mille pesans d'or pour leur butin. Le lendemain de sa prise, il fut sententié à mort, et à estre décapité et mené sur une mule les mains liées, et ayant

I . Casque employé d'abord pat les Bour^ nierions de illiarlos le Téméraire; i! prctfgêair leirâne, la nuque ci les oreilles,

I. Yoy mis hermanos. Ub.endo conquislado estas tîerrasy payses, a nu esuss restas, iiibcuos, gasios vsangre, no hemos pensado pecar confia Su Sacra Magestad, guardandolas, y rigiendo, y fcobtraar.dolai, coma légitimes sefiores y conquislado: es.

CHJOMONTADES ESPA1GNOLLES. 107

une cappe sur les espaulles. II mourut en bon chrestien, par signe, sans parler un seul mot, retenant au reste avecques soy une autorité encor grande, grave façon et contenance severe. Sa teste fut portée en la ville des roys 1 , où elle fut mise sur un pilier de marbre, enfermée d'un treillis de fer, avecques ce tiltre ou escriteau : « C'est ici la teste du traître Conzalve Pîzarre, lequel donna la battaille contre l'armée royale de l'empereur son souverain, dans la vallée de Xaqusagnava, le lundi 9 avril 1548". n

Voylà la fin de Gonzalle Pizarre, qui ne fut jamais vaincu en battaille qu'ij aye donné, encore qu'il en ait donné plusieurs". Diego Centeno paya au bourreau ses habillemens, qui estoient fort riches, afin qu'il ne le dépouillas! point, le faisant enterrer avec eux en la ville de Cusco, nonobstant qu'il eust esté son grand ennemy capital. Acte beau, et et certes digne, disant : n Qu'il n'estoit point d'un chrétien, non plus que d'un cavaiier, d'injurier et offenser les morts'. » Il se dict

1, CuîCo, ancienne capitale de la monarchie péruvienne.

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