‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 31 sur 77 · I. Un capitan Léon y un Espinosa, de los quales era lanlo · texte numérisé non relu

I. Un capitan Léon y un Espinosa, de los quales era lanlo

10 hùjnbiti miiertos de una y orra

150 Rodomontades espaignollës.

et interrogé par un capitaine des nostres aussy s'il n'y avoit point parray leurs bandes quelque brave capitaine, et parmy eux qui sceust et voulus! tirer quelque coup de picque pour gentillesse contre luy, l'autre lui respondit : h Ouy, par Dieu, il y en a, et plus que vous n'avez de poils en votre barbe ' . «

Un autre, pris vers la frontière de Picardie, et mené au roy, tournant de la Franche- Comté après la prise de Cambray, il luy demanda ce qu'on disoit de luy parmy son armée. Il respondit : « Rien autre chose, sinon que pour trente mille ducats que vous avez gagnés en Franche-Comté, vous avez perdu Cambray'. n Celuy-là pouvoit dire vray; car, si le roy ne se fust amusé à la Franche-Comté à y faire la patrouille, il n'eust pas perdu Cambray; car sa présence seule eust estonné l'ennemy. Bien est-il vray qu'on pourra là-dessus objecter les prises de Calais et Gulsnes a sa barbe. Cela est vray; mais il faut avoir ouy les raisons du roy qu'on dict

3u'ii n'a esté bien servi, et qu'il ne vouloit esmordreuneplace, La Fere, qu'il avoit eue à la fin par sa brave resolution; et si eust faict l'un et l'autre s'il fust esté cru et bien servy.

Quand le prince de Parme vint pour desassieger Paris par le commandement de son roy,

t. Si hay, juro â Dios, muchos y mas que no hay pclca

1. Ko Dira EM1, si no que par trcinta mil ducados qi habeis ganado en la Fraiiche-Comlé, habeis perdido C

Rodomontades ëspaignolles. 151

qu'il luy avoït donné exprès, usant de ces propres mois : « Ne faillez d'aller secourir ma ville de Paris », comme la tenant desjà sienne, il assiégea Lagny pour faire à nostre roy desmordre Paris et l'attirer à la batlaille ; ce que le roy desiroit fort, et l'autre nefaisoit que le semblant : là où il y eut eu une grand faute de laisser une telle ville de conséquence pour secourir une bicoque, et quitter un beau champ qu'il avoit à luy desjà, pour aller chercher un autre bien loïng pour combattre. Ce prince de Parme donc ayant sceu que le roy disoit qu'il entreprenoit trop de vouloir

E rendre une ville à sa barbe, et donner une attaille comme il se vantoit, il fit ceste resfionse à quelque prisonnier françois : » Diciesuy que je la luy prendrai, encore qu'elle fust placée sur la pointe de sa moustache '. n Le roy luy fit rendre response qu'il luy opposeroii tant de montaignes de fer qu'il I en emescheroil bien. Le prince répliqua : « Plût à lieu qu'elles fussent d'or, nous n'en serions |ue plus riches*. ■ inférant par là qu'après ivoir porté par terre toutes ces montaignes de r er, qui estoient ses gens armés, et les avoir deffaicts, pour une tant riche despouille ils viendroient tous riches et opulens.

Le dire ne trompa point ledict prince, car

ODOMONTADES ESPA1CNOLL!

il prit la ville sans donner b leva* le siège de Paris comme il vouloil; qui luy fut un très-grand honneur, et tout pareil encore à celuy qu'il receut à Rouen; car le roy, sçachant qu'il vencit le desassîeger, luy manda qu'il le tiendroit â ce coup pour le plus grand capitaine du monde s'il luy faisoit lever le siège sans donner a ceste fois baitaille. Le prince luy manda seulement : « Dites-!uy donc qu'il me commence tenir pour tel; car je leveray le siège, et si ne donneray point battaille. » J'eusse bien mis ces parolles en espaignol, mais elles sont communes. !l fit encor ceste fois lace qu'il voulut, ainsy que j'espère !e dire au discours que je feray de luy".

Voylà deux fortunes et deux gloires incomparables. Ceux qui veulent gloser sur la parolle dudict prince, disent qu'il entendoit par sa moustache celle qu'il portoit si grande, et si pendante de ses cheveux 1 , dont plusieurs de son royaume l'ont imité en cela; mais despuis il 1 a faict couper. Car s'il eust entendu les moustaches de la barbe, il eust usé de ce mot propre espaignol qui dit : « Les moustachesde sa barbe". »

En ces deux belles et mémorables actions, les F.spaignols s'attribuent la gloire, comme

libérateur.

:, puisque Paris tenait peut lui et le reçut e

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