‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 33 sur 77 · I. Dan Phelipe, por gracia de Dios, rey de CMtilt», de · texte numérisé non relu

I. Dan Phelipe, por gracia de Dios, rey de CMtilt», de

tugal, de Navarra, de Granada, de Toledo, de Vuntia, de Galicia, rie Mallorca, de Sev'lla, de Cordoi'a, de Zerdena, de Corscga, de Murria, de Jaen, de loi Algarves, de Algezïras, rif Gibraltar, de Lk i:,],rs de Canarb, Je U; Indiss Orienuk-s. islas y lierra firme del mat OceMO; .1 : ■ Lii li.i-, i ie de Anslria, duqiie de Borgoii.i, rie Brabaurc, y Mil.tn : coude de Abspurg, de Flandes, Tirai, y Barcelona; senor de Bîscaya, de Ge-

i$6 Rodomontades espaic

dire que les Romains ne furent jamais si grands terriens ny opulens que luy. Cela est aysé à cognoistre, qui en veut computer et mesurer les terres de l'un et des autres.

Comme j'ai parlé cy-devant de la discipline militaire des Espaignols, certes elle est trèsbelle, bien pollicée et gentiment observée; mais il faut confesser le vray ; qu'ils sont fort fascheux et importuns en cela, d'estre fort subjets à se mutiner quand leur paye leur manque, et dont pourtant guieres pour autre subject; car ils ne se veulent mettre à sédition que bien à propos et avecques raison. Il y a longtemps qu'ils en ont prisceste cousiume,et l'ont continuée soubs le grand marquis de Pescayre, soubs M. de Bourbon et soubs le duc d Albe. Ils n'y ont pas faici de grandes fautes en cela 1 , car ils les sçavoient avoir, et leur donner tant de pillages, qu'ils avoient beau moyen de patienter et attendre leurs payes, qu'ils n'en voùloient perdre pourtant pas une seule : tesmoing le sac de Rome, qui les rendit saouls jusqu'à la gorge, et pourtant fallut que le pape baillast de l'argent pour les payer.

Or voicy la façon qu'ils ont à se mutiner, ainsy que j'ai ouy dire et conter à aucuns d'eux : ils commencent à se plaindre les uns les autres, et puis sourdement font courre

ODOMONTADES ESP AICNOLLËS.

ces motsparmy eux : «Mutinerie, sédition 1 !» Et puis tout haut commencent à crier :

« Dehors, dehors les gentilshommes! Qu'ils se retirent, parce que nuus voulons nous révolter*. » Car, s'il y a des gentilshommes et des gusmans, qu'ils appellent ainsy parmy eux (comme il y en a force), ne les veulent point recevoir en leur compagnie ; aussy eux ne le feroient pour tout le bien du monde, car ils seroient deshonorés pour jamais, bien qu'il y en ail aucuns, ainsy que j'en ferois un beau discours; mais il seroit icy trop long et superflu. Les capitaines qui en sentent le vent se retirent de bonne heure, tant pour ne courir fortune de la vie que de l'honneur; car ils penseroient estre deshonorés à perpétuité; et leur seroit reprochable s'ils se trouvoient brouillés parmy leurs menées. S'estant joincts en bonne troupe, qui plus qui moins, ils eslisent pour leur chef le plus habile et le plus advisé qu'ils peuvent choisir parmy eux, et l'appellent ckgUo, et nous autres disons esleu. Us le contraignent d'en prendre la charge ; et ne faut pas qu'il la refuse; autrement ils le feroient mourir et passer par les armes. Cela faïet, ils luy obeyssent comme à leur vray chef et capitaine , se reservans pourtant quelques voix entre eux , puis taschent à surprendre quelques villes pour leur servir de retraictes. De là ils font mille maux, volleries et rançonnemens.

i, A fuera, a fuera, 1 quaremos amolinar.

gusmanesl Aparten^, parque m

( Rodomontades espaignolles.

Entre les plus signalés amutinemens que j'ai ouy raconter parmy eux 1 , ce fut celuy qu'ils firent en Sicile à Ferdinand de Gonzague, en estant visce-roy. La première source en vint de la Collette, et pouvoient estre bien près de quatre mille. Mais Bernardin de Mandozze, gênerai des galleres de Sicile, en prévoyant le danger, y remédia de bonne heure; car, s'ils se fussent ralliés avecques les Allarbes* et les Mores, la Collette, Tnunis, et tout de par delà, alloit très mal pour l'empereur. Par quoy, soubs belles promesses et parolles qu'il leur fit, il les chargea tous sur les galleres

Pet navires, et les trajetta en Sicille, où estans et pensans toucher argent, n'en touchèrent pas une maille : et alors ce fut pis que devant, car ils firent mille maux, prindrent des villes, tinrent les champs, rançonnèrent et pillèrent tout le monde; enfin ils firent le diable. Us avoient esleu par-dessus tous, d'une mesme voix, pour chef, un certain Heredia, parce qu'il estoit fin, subellin' et surtout fort é!o-

3uent, et qui parloit d'or; car il avoit esté 'autres fois moyne bien preschant, et avoit ■ quitté le froc pour porter les armes. Il avoit pour compaignon un Mont-Dragon, Navarrès, qui advisoit sur la criminalité*. Pour fin de i. M. Lalanne a consisté que ce récit de révolte provient de Paul Jove, et non d'un récit de soldat.

a. Les Arabes. Dans Ailarbt, qui est le mat espagnol, le substantif al a été conservé, et aibt n'est que l'abréviation

T Subtil.

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