‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 55 sur 77 · Vous rendrez la politesse en ouvrant vos rangs · texte numérisé non relu

Vous rendrez la politesse en ouvrant vos rangs

j. Les plus belles retraites suai celles où Is proie n'est donnée qu'aui armes; elles n'ont rien de commun avec la double supplique de ce bataillon espagnol an! livre ses drapeaux-, le ton allier des Hoii,«no;itûiics placées en tête de ce volume fait encore ressortir son humilité.

2j6 D'aucunes retraites de guerre.

firent six ou sept mille soldats romains ("encor faut-il parler un peu des antiques 1 puisqu'ils ont esté si braves, et les mesler un peu parmy nous autres} eschappés de la sanglante battailie de Cannes; lesquels, après avoir faict jusqu'au dernier debvoir, et combattu jusqu'à l'extrémité, considerans ne pouvoir plus servir, sinon d'autant augmenter les morts et ensanglanter d'autant la battailie, se résolurent de se demesler du combat et se retirer où bon la fortune les conduiroii; comme ils firent et en très-bel ordre, sentant mieux leurs vainqueurs que leurs vaincus.

Ce que pourtant ceux de leur ville ^approuvèrent, avant esté loing des coups et sous la cheminée, jugeant tt leur ayse les choses autrement qu'elles ne se conduireni là à l'œil et à l'effect; et, comme résolus censeurs et reformateurs jusques au bout des ongles. Ces messieurs firent de grandes indignités à ces pauvres soldats, leur faisant faire, advant que tourner à leur service, plus de pénitences que ne firent jamais les hermites du Calvaire, de Spolette, ou du Mont-Serrat. Et pourtant tels gentils soldats estoient beaucoup à estimer de s'estre ainsy retirés; et ne faut doubter qu'Annibal, s'il les eust peu tous faire massacrer, l'eust faict trés-volontiers; mais les voyant se retirer en si belle contenance, reigle et ordre, il les laissa là; possible, s'ils fussent allés en déroute, les eust-il chargés et mis en

. Notez qu'au débul dt o

lUNES RETRAITES DE GUERRE.

En nos seconds troubles, après la journée c Meaux, par les huguenots au roy ', et qu'ils e furent jettes dans Sainct-Denys, le roy commanda à M. de Strozzy, ma'istre de camp tant seulement des dix enseignes de la garde du roy (lesquelles pourtant alors n'estoient point près sa personne, mais les avoit envoyées aux frontières de Picardie en garnison), de les aller quérir et mener dans Paris à son secours, où il estoit à demi assiégé. M. de Strozzy y alla; et d'autant que ces dix compaignies estaient la force principale du roy, et sur laquelle i! s'appuyait le plus, pour estre tous vieux soldats choysis et quasy la pluspart qui avoient commandé, ou dignes de commander, comme quasy tous ont faict despuis, M. le prince et M. l'admirai*, encor

au'ils aymnssent naturellement M. de Strozzy, etacherent aussy tost M. de Mouy Saint-Fal avecques douze cens chevaux pour l'aller deffaire, quoy qu'il fust; car c'estoit une dangereuse petite troupe pour eux. M. de Mouy ne faillit pas de les aller rencontrer entre Abbeville et Amyens; et les trouvant marchans en vrais gens de guerre, serrés, résolus et entournoyés de tous eostés de bons chariots oui marchoient tousjours en forme de barricade, ne les osa attaquer ny nullement enfoncer,

sa résolut™ de ne pas invoquer l'histoire ancienne. Mais il lui en coûte trop de ne pas allonger ses redis.

i. Le ïg septembre 1 167, ilsavaicnl cherché à enlever le Roi àMeaui, ei se tirent battre à Saint-Denis le 10 novembre suivant,

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