‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 58 sur 77 · quelques beaux fils · texte numérisé non relu

quelques beaux fils

me, IX. 16

242 D'aucunes retraites de guerre.

sieurs l'Admirai et d'Andelot, leur couronne!, les ravirent, et un chascun qui les ouyt, en une merveilleuse admiration de leur fortune, et de leur vaillance, et de leur retraicte.

Ainsy sauvés, ils furent par après si bien venus, traictés et respectés, que j'ay ouy dire a feu M. de Teligny qu'un jour le ban don estant faict de ne toucher plus à la démolition de l'église de Saincte-Croix, qui est un œuvre très-admirable, ainsy que M. d'Andelot passoit devant et en ouyt le bruit, il entra dedans et y trouva trois soldats faisans encor ravage, et, de colère, leur remonsira la deffense qui en avoit esté faicte, et qu'ils seroient tous

Pendus. Ainsy que ie bourreau fut venu pour exécution, il y en eut deux des trois qui dirent : u Monsieur, sauvez-nous la vie. Nous sommes des cinquante soldats de Mets qui vous sommes venus trouver, et avons si bien faict et tant paty et combattu pour l'amour de vous. » M. d'Andelot dit aussy tost :

« Estes-vous de ceux-là? la vie vous est sauve. » Et le tiers, qui n'en estoit pas, fut pendu pour donner exemple.

Voylà une retraicte belle celle-là, et de grand hazard et de grand'peine, veu le petit nombre de gens qu'ils estoient, et tous compaignons ensemble sans avoir aucun qui leur commandas!, si-non un caporal que d'euxmesmes ils esleurent.

Dernièrement en ceste guerre de la Ligue que le baron Dona' vint en France avec ceste

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