Para hacer tremar ialtaliayla f'rancia, mas para potier
28 Rodomontades espaionoi
gloire, des triomphes, des vicioires et !
réputation 1 . »
Parlons un peu d'aucuns particulie Je vis à la cour de Madrid un brave soldat qui avoit une très belle façon. H esloit Gascon, mais fort espaignollisé, et nourry de longue main parmy les bandes espaignolles, et s'estoit desbandé de sa compaignie pour quelques affaires qu'il avoit â la cour, ce me disoil-il. Et, le voyant ordinairement se pourmener dans la cour et parmy la ville sans espée, je luy demandis pourquoy il ne portoit point l'espée, luy qui esloit soldat. Il me respondit en espaignol : « Monsieur, c'est que |e crains la justice, parce que mon espée est si carnaciere, qu'à chasque pas elle me donneroit la peine de la tirer riors du fourreau, et, une fois tirée, on ne verroit que carnage et que sang'. ■
Celuy là n'est pas mauvais, et l'espée encor plus mauvaise 3 . Aux premières guerres civiles, que nous tenions Orléans assiégé, un jour que nous passions par le cartier des Espaignols*,
i. Vayainus, imi-j; aduiiile quereis : que los soldados espaSoles no van à la guerra como obreros, segun el uso de los soldados mercenarios; sina i ganar filoria, triunfcs, vielorïas y réputation.
2. Seiior, yo tengo miedo de [a justicia, porque mi espada esta tan carniccra, que à cada pasome daria pries» de sacarla fuera; y, sacada una vez, no harîa otra cosa que came y sangre [a),
3. C'est-à-dire, ce came n'es! pas mauvais cl celte epee est des plus amusantes.
4. Ils servaient comme auxiliaires dans les troupes commandées par le duc de Guise en lj6j devant cet '
(iij Que chair et sang, chairs sanglantes.
Rodomontades espaignqlles.
M. de Maisonfleur, qui estait un fort gallant et gentil cavalier, et moy, nous vismes un soldat espaignol qui avoit un débat avec une pauvre femme rev.inderesse d'harans. Et y avoit plus de crîeries entre luy et elle, que vous eussiez dict qu'il esioit question d'une grande somme : enfin, c'estoil pour deux harans blancs, si bien qu'il vouloit frapper la pauvre femme. Maisonfleur se voulant faire de feste', s'advança pour luy en dire un mot de remonstrance. Luy, regardant desdaigneusement Maisonfleur, ne luy dict autre chose, sinon que : « Qui estes-vous donc, vous qui m'adressez la parole"? n Maisonfleur, qui parloit fan bon espaignol, luy respondit : « Je suis capitaine'. » L'autre luy répliqua, après avoir songé un peu en soy et regardé en terre : ■ Eh bien, allez-vous-en à tous les diables avec vostre capitainerie, et me laissez en repos*»; et passe oultre. Maisonfleur demeure estonné, et non pourtant sans en faire colère face, mais hante. Car moy je luy dis aussy tost : « Par Dieu ! Il la vous a donné belle, et vous a faict vostre compte prestemeni en trois gettons. H n'a pas faict grand cas de vostre qualité. Aussy estiez vous bien à loysir* de vouloir, vous François, entreprendre de cor-
i. Voulant s'aimiiM.