Avaient pour habitude de
212 Discours sur les sermens
min, et n'estoit en bon estât* que doit estre un vray et bon chrestien et catholique ; et par àinsy ce malin esprit, estant par eux chassé du corps de ce pauvre homme, pourroit entrer dans le sien, le trouvant tout immonde et honny.
A quoy M. de Orignaux respondit promptement : « Le prenez-vous là* r j'y ay trouvé un bon remède; car je me jetteray tout chaussé et tout vestu dans k grand benistier, et m'y plongeray jusqu'à la gorge. Mais, avant, je prendray de l'eau beniste ma pleine bouche ; et, lorsque vous aurez faict vos oraisons, imprécations et brinborions, et que je pourray au plus près cognoistre que ce diable voudra sortir, je commenceray à jetter par ma bouche, et rejaillir peu à peu mon eau beniste, et l'entretiendray tousjours ainsy jusqu'à ce que le diable aura sorty par la vitre, ou rentré dans le corps de quefqu un de V0UJ5 autres, qui n'estes pas plus nets, ny ne valiez pas plus que moy, et estes pires que le diable. Car, pasques-dieu ! (tel estoit son serment), vous estes, et votre maistre, tous traystres, qui ne faictes que trahir et tromper le roy mon maistre' » (ce qui arriva puis après).
Voylà donc comment M. de Orignaux, voulant mettre ordre aux trous de haut et du bas