‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 12 sur 179 · Voyez Capitaina étrangers, ch. xu · texte numérisé non relu

Voyez Capitaina étrangers, ch. xu

(a) Qu'au fond de l'enfer, je coupai le bout du nez de Pluton. •

Rodomontades espaignolles. 33

campa devant, faisant quelque forme de forcer la tranchée de l'ennemy^ ce qu'il ne fit. Cependant qu'il demeura là devant campé estant en soucy de prendre langue de l'ennemy *, duquel il n'en avoit aucune, il fut faict cas' audict Prospère qu'il y avoit là parmy les bandes espaignolles un soldat espaignol qui s'appelloit Lobo *, qui estoit le meilleur ingambe et le plus grand coureur qu'on sceust voir; car, ayant un mouton sur ses espaulles, il eust couru contre le meilleur coureur quiconque, fust sans aucune charge.

Cela pleut audict Prospère; et, pour ce, l'ayant envoyé quérir, luy desclare le service au il désiroit tirer de luy pour le service de lempereur, et qu'il falloit qu'il essayast avec ses bonnes jambes sçavoir ce que l'ennemy faisoit. Soudain Lobo luy promit qu'il feroit merveilles, et prit avecques luy un sien compaignon d'armes, gentil soldat espaignol, bien ingambe aussy comme luy, et sur tout fort adextre et prompt à charger son harquebuse et à tirer une harquebusade. Lediet Lobo va près du champ de l'ennemy de nuict, et là rencontre en sentinelle perdue un grand et démesuré advanturier irançoiâ, qui ayant demandé : Qui va là! Lobo soudain à luy, et le saisit, et le charge sur ses espaulles comme un mouton, et soudain reprend sa route vers son camp, et s'y retire avec l'escorte de son

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