‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 134 sur 179 · I. De Dhona · texte numérisé non relu

I. De Dhona

D'aucunes retraictes db guerre. 24J

grosse armée composée de cinquante mille estrangiers, tant Allemands que Suisses et autres (plus qu'il y a long-temps que pour un coup entra en France), et quelques François, Darmy eux tous, menaçant (plus que ne fit amais Rodomont^ quand il passa de la Barbarie vers nous) de la destruire et ruyner de fonds en comble, comme il parut à son commencement par les grands feux qu'il alluma en la Lorraine et Bourgogne, si s'en fallut-il beaucoup de son espérance et furieuses menaces. Car ce vaillant M. de Guyse, lui faisant maintenant teste, maintenant le costoyant, le mena si beau par tant de fatigues qu'il lui donna, et par les combats, comme auprès de Montargis et Auneau, que tout ce grand peuple qu'il avoit conduit fut réduit à rien. Et fut contraint, avec messieurs de Bouillon et de La Marche frères, de composer avec le roy, et tirer vers leur pays avec une composition telle quelle. J'ay veu un homme qui estoit alors avec M. de La Noue. Il les vit arriver avec cinq cens chevaux seulement à Genesve, bien mallotreux, du reste de leur naufrage.

Or, M. de Chastillon, fils de ce grand admirai, et qui commençoit desjà à le suivre de près en ses valeurs et vertus, si par trop tost il ne fust esté prévenu de sa mort naturelle, qui pourtant mt advancée d'un coup qu'il avoit çeceu au siège de Chartres, ne voulut jamais signer ceste composition. Tant s'en faut qu'il répugna et contredit tout ce qu'il

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