‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 137 sur 179 · Qui avait · texte numérisé non relu

Qui avait

d'aucunes retraictes de guerre. 259

Joinville, son fils, laissé avec eux, qui estoit tant jeune que rien plus. Mais pourtant il suivoit par tout M. son père, tant dès-lors monstroit-il ce qu'il debvoit estre un jour.

Et, sortant de la tranchée, alla faire un grand cerne *, et, prenant les ennemis en queue, les chargea si furieusement, n'ayant seulement que deux cens chevaux des gentilshommes de la cour, de sa suite et de sa cornette, qu'il les fausse, les ouvre, les escarte, et passe par le mitan, et fait halte après, et puis se retire froidement, sans que les autres s'osèrent rallier pour Içs venir charger, ainsy qu'il les attendoit. Et se retira le petit pas dans la tranchée, où il parla bien à ces messieurs les gendarmes et chevalliers fuyards, leur reprochant leur fuite, et leur disant tout haut (car j'estois avec luy et l'ouys) : « Ah! gens-d'armes de France, prenez la quenouille, et laissez la lance. »

Il estoit lors monté sur son bon cheval morel', des beaux genêts et bons, qui sortist il y a longt-temps du royaume de Naples. Et, en descendant, il le loua fort, et dit que, pour le jour de la battaille, il n'en vouloit pas de meilleur, ny d'autre. Ce que l'ennemy ayant sceu, et pensant qu'il y lust monté, mirent tous leurs esprits et leurs efforts pour le tuer à la battaille de Dreux. Mais il avoit changé d'opinion; car il prit le bay Samson, grand

1. M. de Guise alla £ûre un grand cercle, mouvement tournant.

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