I . De lui, M. de Lorraine
Discours sur M. de la Noue. 27^
semblables mots : a La Noue m'a si souvent rompu -sa foy, et si mal recognu les grâces et les plaisirs Vjue je luy ay faicts, que jamais il n'en recevra de moy. »
J'en suppliay la reyne sa femme, allant un jour à la messe à Sainct-Maur, et M. de* Mercuer, estant au dict Sainct-Maur un jour assis près de luy dans la chambré de la reyne mère, qui me firent semblables responses, me reprochans fort son ingratitude, encore que je la rebattisse* de tout ce qu'il falloit. Estoit avec moy un solliciteur dudit de La Noue, qui estoit un grand homme blond, qui n'avoit à la cour autre recours qu'à moy. Je ne sçay s'il vit, mais luy, lisant cecy, m'en pourra desmentir.
Il y avoit aussy un autre poinct : que le roy cr Espaigne ne vouloit nullement la liberté dudict M. de La Noue, ainsi qu'il paroist bien par la longueur du temps qu'il l'a tenu en prison, et par les liens estroicts dont ledict sieur de la Noue ad voue estre lié en sa capitulation, estant le naturel du roy espaignol de se craindre et de se deffaire, en quelque façon qu'il puisse, d'un grand capitaine qui luy soit ennemy et peut nuyre, tesmoings le prince d'Orange et autres', et aussy de gaigner et de rechercher celuy qui beaucoup luy peut servir. De façon qu il ne faut nullement doubter que, sans les grandes importunités et