‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 150 sur 179 · Le roi de France · texte numérisé non relu

Le roi de France

2. M. de La Noue. — Tout ce récit est singulièrement long et diffus.

Branthôme, IX, 18

274 Discours sur M. de la Noue.

telles : « La première cause du bénéfice de ma délivrance fut la bonté de Dieu qui se souvint de mon affliction; la seconde, le prisonnier *que je tenois, pour lequel je fus eschangé, qui estoit de beaucoup plus grand prix que moy; et la tierce, Tobligation de cent mille escus, faicte par le roy de Navarre sur ses biens de Flandres, pour la seureté de ma promesse de ne porter jamais les armes contre le roy d'Espaigne en ses pays. »

Or, sur toutes ces paroles, réplique M. de Lorraine que, pour la première cause de la délivrance attriouée à Dieu, il passe cela fort aysement, d'autant que, sans la bonté divine, tous les effects humains sont très inutiles et vains. Et quant à la seconde touchant l'eschange, c'est (sçachans tous, et M. de La Noue ne le sçauroit desnier, ou sa femme ou autres

f)ersonnes qui ont négocié pour luy) que, sans es entremises et prières de luy*, l' eschangé ne se fust jamais fait. Car le roy d'Espaigne ne le voulut, ny nostre roy ny nostre reyne, qui estoit fort proche du prisonnier, qui sollicitoit fort et ferme la délivrance de son parent, mais nullement l'eschangé.

Et moy Branthome, qui escris cette histoire, j'en puis porter asseuré tesmoignage; car, comme amy intime que je suis dudict M. de La Noue, j'en parlay au feu roy à Sainct-Maur, un peu advant les nopces de M. de Joyeuse, et le suppliay pour ayder sa liberté. Il m'en refusa tout-à-trac, et me dit

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