‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 31 sur 179 · Mira el puerco que sube · texte numérisé non relu

Mira el puerco que sube

2. Si, yo soy puerco; mas, vos no me matareis, dict-il à Tun; y vos, no me comereis. — Picquant l'un, qui suit, veut cure : Adressant à l'un ce mot piquant.

j . Marrane est ici pour maran. On appelait ainsi les Maures qui avaient ^passé d'Espagne en Languedoc et y avaient abjuré .

(a) Il y a dans le texte au demi-carillon de la cloche, c'està-dire au premier appel, avant que la sonnerie de cloche ait fini de se faire entendre.

58 Rodomontades espaignolles.

fort gros et gras; et l'ayant laissé, ainsi que aucuns de ses ^mys, en sortant de sa chambre, luy eussent demandé comment il se portoit, il ne dict autre chose, sinon : «*Plût à Dieu que mon mulet se portât aussi bien* ! »

Un pauvre diable espaignol au'on menoit pendre, ainsy que le cordelier l'admonestoit de son salut, et luy demandoit s'il ne s'estoit pas bien tousjours soubvenu d'une oraison qu'il luyavoit apprise, et s'il ne l'avoit pas tous^urs dicte (laquelle la disant tous les jours, il n« se mourroit jamais de feu ny d'eau, et si sçauroit le jour de sa mort) ; le gallant, tout prest à estre jette au vent, luy respondit arrogamment : « Eh ! allez au diable, mon père. Vous n'avez que trop bien prophétisé ; puisque je ne meurs pas, à la vérité, dans le feu ni dans l'eau, niais dans l'air, qui est encore pire; et que, quoique votre oraison. ne m'ait de rien servi, jesçais néanmoins le jour de ma mort» », et ainsy mourut- il. Le conte tient plutost de la plaisanterie que de la rodomontade : et l'ay plutost escrit que pensé : toutesfois je ne m en repens, car il n'est point mauvais.

Un capitaine espaignol estant allé un jour voir une courtisane sa dame à Toledo, elle, luy pensant remonstrer qu'il ne venoit à la bonne heure, d'autant qu'à telle heure du soir passoient et repassoient trois bpves et rodo-

Page 1