Monseigneur
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comme des vaincus, mais selon nostre valeur etnostre courage; lesquels, quant à moy, i ay mieux aymé confier, il y a quelques années, à Fontainebleau, en présence du roy François, au sort doubteux d'un combat singulier et défi plustost que de souffrir aucun deshonneur ni affront, chérissant plus mon honneur Sue mon sang et ma vie, laquel e l'ai tous- • iours employée de bon cœur en tant de milliers de dangers, passant et repassant tant de mers et de terres, et seulement pela pour gagner de la eloire et des louanges; en quoy la fortune, ennemve des hommes braves et courageux, m'a tellement agréé et favorisé, que ,e me peux compter entre ceux qui ont gaigné Suelque chose par leurs efforts et par leurs Srouesses; ce qui est pour moy un souverain Eien, dont je me puis buer et advant^er les armes estant le comble de ce que l'ay.et le fond de ce que je n'ay pas. Leur garde et conservation mWnt plus chères que toute chose, 'Tfaùt que je les perde, je veux que tout le monde me méprise. Et si ce malheur m'arrive nue nous soyons obligés de les abandonner, nous aymons mieux, tant que nous sommes, comme désespérés, si les rames nous manquent, nous ayder de voiles, combattre jusques à la mort, et faire voir par notre desespoir que nous aymons mieux mourir les armes à la main aue de nous sauver sans elles comme des laiches. C'est pourquoy, monseigneur, mov et mes compaignons, nous supplions Sa Maiesté qu'elle nous laisse aller et sortir avecquis S?te honorable et noble condition, et
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qu'elle se contente de ceste ville, devant laquelle tant et tant de grands hommes ont eschoué d'autrefois ; et en nous faisant ceste grâce, il pourra justement se nommer un Roy Auguste et Vainquçur, ayant si généreusement traicté de vaillans soldats vaincus, moins faute de courage et de cœur que par leur mauvaise fortune*. »
A ces parolles, par trop audacieuses pour un vaincu, respondit M. le connestable, qui estoit de son naturel fort impatient d'un glorieux, et qui le sçavoitgourmander et rabrouer très bien quand il l'entreprenoit, ainsy que je
I . Monsehor, si de todas las artes no hay mejor juez que los mismos oficiales, asi pues no hay senor ni capitan que haya mejor tratado y practicado las armas como V. Excelencia. Yo espero tanto en ella que hoy favorecerâ, de todo su poder, hacia nosotros soldados espaholes, recogiendonos, y tratandonos, no como vencidos, mas segun nuestro valor y ânimo ; que en quanto à mi toca, he querido confiar en la suerte dudosa de una pelea singular y desafio/ algunos anos hay, à Fontainebleau, delante de la magestad real del rey Francisco, mas bien que padecer alguna deshonra y afrenta, y hacer cosa Poca digna de soldado y hombre honrado, âpreciando mucho mas mi honra que mi sangre y mi vida, la quai siempre de buen animo he empleado en tantos millares de peligros, pasando y repasando tantas tierras y mares, y solo esto para ganar gloria y loor ; en que fortuna, amiga de los bravos y valientes, ha sido tan agradecida, que me puedo nombrar entre los que ganaron algo por sus esfuerzos y proezas, por mi soberano bien, del quai me puedo alabar Y aventajar, siendo las armas la cumbre de mi todo, y el rondo de mi nada ; de las quales deseo mas la guarda v conservacion que de todas cosas; las quales armas tenienao perdidas, quiero que la gente me tenga en poca estima. Y si tal es mi desdicha que las dexemos, queremos mas presto todos nosotros, como desesperados, oue si nos faltan los remos, ayudamos de las vêlas y combatir hasta morir, y mostrar por desesperacion que, mas presto queremos monr
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l'ay veu souvent : « Capitaine, mon amy, je vous estimerois grandement si vostre force et pouvoir estoient correspondans à vostre parolle et bon vouloir que vous me voulez tant faire paroistre. Mais je vois bien que vous ne cognoissez pas vostre fortune, ou bien que vous la dissimulez : voulant, par advanture, faire nouveaux droicts en guerre, que le • vaincu donne loy au vainqueur, et, par advanture, vous vouloir reserver un si grand advantage, que de vouloir emporter les armes, non seulement sur moy qui sçais assez ce qu'elles vallent, mais sur un roy jeune, courageux et présent en ce siège, qui ne voudroit céder, non à vous (avecques lequel la paragon * n'est nullement semblable, non plus que du ciel au plus bas de la terre), mais au plus grand prince du monde. Et semble que vostre demande est fort contraire à vous mesmes, en ce que faites nostre roy si grand (comme certes il est assez cogneu tel partout, sans
3ue le disiez) : et néanmoins vous prétendez 'emporter sur luy et avoir l'honneur de ce qu'il pourchasse le plus en ce monde, comme voulant dire que, quelque grand prince qu'il
con las armas en las manos, que salvarnos sin ellas como soldados vellacos. Por eso, Monsenor, yo y mis companeros suplicamos su Sacra Magestad que nos dexe ir y salir con tal condicion y partido noble y generoso, y se contente de esta tierra, la quai tantos grandes y principes no pudieron tomar otras veces; y haciendonos esta merced, justamente se podra llamar el Rey Augusto Vencedor por tal illustre trataraiento hecho à valientes soldados vencidos, no por falta' de corazon y animo, mas por mala suerte.